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s. DOMINIQUE ET S. FRANÇOIS 249
Il est facile de s'imaginer rémotion qui s'emparait des assistants, lorsqu'éclatait dans ce cadre de paysage ombrien, cet office de la Pentecôte, le plus enivrant, le plus apocalyptique de la liturgie catholique : l'antiennç Alleluiay Alléluia, Emitte Spiritum tuum et creabuntur, et renovabis faciem terrœ. Alléluia ^, ne renfermait-elle pas tout le rêve franciscain ?
Mais ce qui émerveilla surtout Dominique, ce fut Tabsence de préoccupations matérielles. François avait recommandé à ses frères de ne s'inquiéter de rien pour le boire ou le manger; il savait par expérience qu'il pouvait sans crainte s'en remettre à l'amour des populations voisines. Cette insouciance avait vivement étonné Dominique, qui la trouvait exagérée; il put se rassurer, le moment du repas venu, en voyant les habitants de la contrée, accourus en foule, apporter bien plus de provisions qu'il n'en fallait pour les quelques milliers de frères, et tenir à honneur de les servir.
La joie des Franciscains, la sympathie du peuple pour eux, la pauvreté des huttes de la Portioncule, tout cela l'impressionna vivement ; il en fut si ému que dans un élan d'enthousiasme, il annonça sa résolution d'embrasser la pauvreté évangélique ^.
Hugolin, quoique touché, lui aussi, jusqu'aux larmes',
1. Répandez, Seigneur, votre Esprit, et tout sera créé, et tous renouvellerez la face de la* terre.
2. 2 Cel. 3, 87 ; Spec. 132 b; Conform. 207 a, 112 a; Fior, 18. Les historiens de saint Dominique n*ont pas fait bon accueil à ces détails, mais un point incontestablement acquis par des documents diplomatiques, c'est qu'en 1218, Dominique, à Rome, se faisait donner des privilèges où les propriétés de son Ordre étaient indiquées, et qu'en 1220 il amenait ses Frères à professer la pauvreté.