Gel. 3, 104; Bon. 119; Fior. II consid
Cette scène si naïve n'a-t-elle pas une douceur délicieuse et poignante? Ces paroles où Titalien tout k coup ne suffit plus à François et où il est obligé de recourir au langage mystique du bréviaire pour exprimer ses sentiments ont dû véritablement être prononcées par lui^.
Quelques minutes après, le rocher de l'extase avait disparu. La descente dans la vallée se fait rapidement. Les Trères avaient décidé d'aller coucher le soir à Monte- Casale, le petit ermitage au-dessus de Borgo San-Sepolcro. Tous» même ceux qui devaient rester à TAlverne, suivaient encore leur maître. Quant à lui, absorbé par le songe intérieur, il était devenu tout à fait étranger à ce qui se passait, et ne s'apercevait même pas du bruyant enthousiasme qu'excitait son passage dans les villages devenus nombreux aux environs du Tibre.
A Borgo San-Sepolcro, on lui fit une véritable ovation, sans qu'il revînt à lui-même; puis, quand on fut déjà bien loin de celte ville, comme s'il se fût réveillé, il demanda à son compagnon si l'on n'y arriverait pas bientôt^.
La première soirée passée à Monte-Casale fut marquée par un miracle. François guérit un frère qui était possédé^. Le lendemain matin, s'étant décidé à passer quelques jours dans cet ermitage, il renvoya les frères de l'Alverne et le cheval du comte Orlando.
Dans un des villages traversés la veille, une femme
4. Parti san Francesco per Monie^Acuto prendendo la via di Monte Arcoppe e del Foresto. Ce chemin pour aller de TÂlverne à Borgo San-Sepolcro est loin d'être le plus court ou le plus facile, mais au lieu de gagner immédiatement la plaine on reste encore de longues heures sur les cimes. Tout François n'est-il pas dans ce choix?