Gel. 102. Spec, 83 b
"À, 2 Gel. 3, 416; Spec. 67 a. Conform. 143 b 1 et 225 b 2; 2 Gel. 3, 117 ; Spec. 130 a.
l'Ordre, une lettre qu'ils se transmettraient, et où ils trouveraient, non des directions pour des cas particuliers, mais rinspiralion même de leur activité
Au Révérend Père en Christ K.... Ministre Général de tout rOrdre des Frères Mineurs. Que Dieu te garde et te maintienne dans son saint amour.
La patience en tout et partout; voilà, mon frère, ce que je te recommande essentiellement. Si même on te fait de Topposition, si on te frappe, tu dois en être reconnaissant et désirer qu'il en soit ainsi et non autrement.
En ceci se manifestera ton amour pour Dieu^ et
pour moi, son serviteur et le tien, s'il n'est pas un seul frère au monde, qui ayant péché, autant qu'on peut pécher, et venant devant toi, puisse s'en retourner sans avoir reçu ton pardon. Et si lui ne l'implore pas, toi, demande-lui s'il ne le veut pas.
Et reviendrait-il encore mille fois devant toi, aime-le plus que moi-même, afin de l'amener au bien. Aie toujours pitié de ces frères.
Ces paroles indiquent assez comment François avait jadis dirigé l'Ordre : ce rôle de pure affection, de tendre dévouement qu'il rêvait pour les ministres généraux, était-il possible à la tête d'une famille étendant ses rameaux sur le monde entier? Il serait téméraire de se prononcer, car parmi ses successeurs, les esprits distingués et les cœurs d élite n'ont pas manqué; mais, sauf pour Jean de Parme et deux ou trois autres, cet idéal contraste violemment avec la réalité : saint Bonaventure lui-même traînera son maître et ami, ce même Jean de Parme, devant un tribunal ecclésiastique, l'y fera con-