Pour le tcxie V. Conform, 136 b 2 ; 138 b 2; 142 b
LA DBRNIÈaE ANNÉE 367
damner à la prison perpétuelle, et il faudra riùtervention d'un cardinal étranger à TOrdre pour faire commuer cette peine ^.
Les cris de douleur poussés par François mourant sur la chute de l'Ordre seraient moins poignants s'ils ne se compliquaient du reproche de lâcheté qu'il s'adressait à lui-même. Pourquoi avait-il déserté son poste, abandonné la direction de sa famille, sinon par paresse et par égolsme? Et voilà qu'il était trop tard pour réagir, et dans des heures d'affreuse angoisse il se demandait si Dieu ne le rendrait pas responsable de cette déroute.
a Ah ! si je puis encore aller au chapitre général, soupirait-il, je leur montrerai quelle est ma volonté. j>
On le vit même, brisé par la fièvre, se dresser tout à coup dans son lit, criant avec une violence désespérée : ce Où sont-ils, ceux qui m'ont ravi mes frères? Où sont-ils, ceux qui m'ont volé ma famille? ]>
Hélas! les vrais coupables étaient bien plus près qu'il ne le pensait. Les ministres provinciaux, auxquels il semble avoir surtout songé dans ces paroles, n'étaient que des instruments entre les mains de l'habile frère Élie; et celui-ci, que faisail-il autre chose que mettre son intelligence et son savoir-faire au service du cardinal Hugolin?
Bien loin de trouver quelques consolations autour de lui, François était sans cesse tourmenté par les confidences de ses compagnons qui poussés par un zèle maladroit, avivaient sa douleur au lieu de la calmer^.
i. Tribul. Archiv. t. II p. 285 ss.