INTRODUCTION XV
la tendance de certains catholiques arriérés pour lesquels la grande affaire est d'apaiser Dieu^ ou d'acheter à force d'oraisons, de cierges et de messes la protection de la Vierge et des Saints.
Les autres religions au contraire visent l'homme : leur effort porte sur le cœur et la conscience pour les transformer. Le sacrifice disparaît, ou plutôt d'extérieur il devient intérieur. Dieu y est conçu comme un père toujours prêt à accueillir celui qui va à lui. La conversion, le perfectionnement ou la sanctification deviennent les actes religieux par excellence. Le culte et la prière cessent d'être des incantations et deviennent réflexion, méditation, effort viril. Tandis que dans les premières le clergé a un rôle essentiel, comme intermédiaire entre le ciel et la terre, dans les secondes il n'en a aucun, chaque conscience entrant en relation directe avec Dieu.
C'est aux prophètes d'Israël qu'il était réservé de formuler avec une précision inconnue le point de départ du culte en esprit :
Cessez d'apporter de vaines offrandes :
J'ai en horreur Tencens,
Les nouvelles lunes, les sabhats et les assemblées ....
Quand vous multipliez les prières, je n'écoute pas :
Vos mains sont pleines de sang.
Lavez-vous, purifiez-vous,
Otez de devant mes yeux la méchanceté de vos actions ;
Cessez de faire le mal.
Apprenez à faire le bîen^.
Chez Isaïe, ces violentes apostrophes ne sont guère que des éclairs de génie, mais chez Jésus le changement intérieur devient tout à la fois le principe et la fin de