Soc. 3; 2 Gel
4. Cum esset gloriosus animo et noîlet aliquem se prœeéllere, Jord. 10.
JEUNBSSfi DE S. FRANÇOIS 11
s'était pris d'une sorte de passion pour la chevalerie, et croyant voir dans la dissipation un des traits dislinctifs de la noblesse, il s'y était jeté éperdument.
Mais celui qui, à vingt ans, court de fête en fête et n'a pas le cœur absolument fermé, est bien obligé d'apercevoir parfois, au détour du chemin, des pauvres qui ont faim et qui vivraient des mois avec ce qu'il dépense en quelques heures pour des futilités. François les voyait et, avec sa nature impressionnable, pour un moment oubliait tout le reste. Il se mettait par la pensée à leur place, et il lui arriva de leur donner tout l'argent qu'il avait sur lui et jusqu'à ses vêtements.
Un jour, il était occupé par des acheteurs dans la boutique de son père, lorsqu'un homme survint demandant la charité, pour Tamour de Dieu. Impatienté, il le renvoya durement; mais se reprochant bien vite sa brutalité: «Que n'aurais-je pas fait, pensa-t-il, si cet homme était venu me demander quelque chose au nom d'un comte ou d'un baron? que n'aurais-je pas dû faire quand il venait au nom de Dieu, je ne suis qu'un manant ! » Laissant ses clients il courut après le mendiant^.
Cependant Bernardone, durant les premiers temps où il l'avait employé, avait été fort content de ses aptitudes commerciales ; si son fils ne savait que trop dépenser l'argent, il savait du moins bien le gagner^. Mais sa satisfaction ne fut pas de longue durée. Les mauvais compagnons exerçaient sur François la plus pernicieuse influence. Un moment vint où il ne pouvait