‹ Vie de s. François d'AssiseChapitre 95 sur 257 · Soc. 6;2Cel. -f, 2; Bon · texte numérisé non relu

Soc. 6;2Cel. -f, 2; Bon

quand on lui demandait pour la centième fois d'où lui venait toute cette joie^ il répondait avec une étonnante assurance : c Je sais que je deviendrai un grand prince ^ 3>

Le jour du départ arriva enfin. François à cheval, son petit bouclier de page au bras, dit avec joie adieu à sa ville natale et prit avec la petite troupe le chemin de Spolèle, qui serpente sur les flancs du mont Subasio.

Que se passa-t-il alors ? Les documents ne l'indiquent pas. Ils se bornent à dire que le soir même, François eut une vision qui le décida à revenir à Assise 2. Peut-être ne serait-on pas loin de la vérité, en pensant qu'à peine en roule, les jeunes nobles se vengèrent sur le fils de Bemardone de ses allures de futur prince. Ce sont choses qu'on pardonne difficilement à vingt ans. S*il y a, comme on le prétend souvent, un plaisir que les profanes ne soupçonnent pas à brimer un inconnu, ce doit être une jouissance presque divine de brimer un jeune fat, sur lequel on a à exercer une si juste vengeance.

En arrivant à SpolètC; François se mit au lit. La fièvre le dévorait; en quelques heures, il avait vu s'écrouler tous ses rêves. Dès le lendemain, il reprit le chemin d'Assise ^.

Un retour si inattendu fit grand bruit dans la petite ville et fut une cruelle déception pour ses parents. Quant à lui, il redoubla de charité pour les pauvres, et chercha à se tenir à l'écart ; mais ses compagnons

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