CHAPITRE XWV
ex (pjm m.nmMM à >Aff moR u ÈSis$ Ém eÊnorAmim m »Mff le sBRViœ 9v MI, vKnbAm bas VRoumn q«ï GomMï^ÈMffi!^ ÉJjmamt
Pour FeméSier elffeacenieiit i quelque nraï, wûTcst pas àSsez d'ei empêcher tes effets ; il faut, si l'ott peut, en faire* cesser la* cause. Toutes les assistances charitaMes que M. Vîtaeent procurait aux patitres peirdant la guerre, poutaient bien les soulager (Tune partie des misères que ce fléau leur faisait ressentir ; mais pour les eu délivrer entièrement, et pour iiaire cesser les antres désordres époarantaBïes, et les péciiés énoi^mes qui se commettaient de tous côtés pendant ce temps* rfe trouble et de divisron, ce grand serviteur die Dieu, qui en était vivement touché, et qui avait autant de prudence que de zèle, voyait Bien que tout ce qu'où ferait aurait peu de succès, si l'on n'apportait le remède à la racine dti mal, et si on n'en faisait cesser la cause qui était la division' et la guerre, en rétabfissant une pait assurée , par l'entière soumission' et obéissance que tes sujets doivent à leur souveraiu : l'union et la jitste correspocrpohdance âes membres avec leur chef, étant établie die Bien aussi bien dans le corps politique comme dans te naturel, pour y maintenir Perdre', et par conséquent pour j mettre la paii, qtii n'est autre chose, comme dit saint Augustin, que b tranquillité de Tordre*.
M. Vincent donc voyant que te feu de ta guerre allait s'alTumant ék jour en jour en la plupart des provinces dte ce royaume, et prévoyant les gran* désastres et pour l'état et pour la relîgionqui en arriveraient, si ce mat continuait, if se résolut de s'employer, autant qu'il serait en hri, pour y remédier et pour Téleindre. La prenHère et principale chose qu'il fit pour ce sujet, ce ftit dte recourir à Dieu, et d'inviter toutes- lesr person^nés verttieuses et bien intentrùnnées qu'ît connaissait à foire de même, par prières, aumônes, jeûnes, et autre» oeuvres dfe-péniCence, pour apaPser sa justice, réparer les offenses éommises contre Sa Majesté, fléchir sa miséricorde, et obtenir la paix. Il établît pour cet cflfet en lir maison de S.-Lazare , que tous tes jours trois mi^onnaii-es jeûneraient àf celte intention , un prêtre, un clerc et un frère : que 1er prêtre céBébrerait la naessece joiir-là, et quêtes deux autres communieraient péUr la même mtention; et lUi^méme ne manquait pas de s'aequttter exactement de ce devoir à son tour, quoiqu'il »t p|us que septuagéfaairc.
Et une Ibis entre lés autres, étant extraordlnairtment louché dès mt^ «ères que le fléau dfes guerres causait non-seulement en France, niaii aussi en plusieurs autres royaumes chrétiens, au sortir de Poraison
' Fax eit tranqaillitas ordînig. Augast., Ub. de ord.
mentale, dont le sujet était de Tutilité des souffrances» il parla à toute sa communauté en ces termes :
ff Je renouYcUe la recommandation que j'ai tant de fois feite, et qu'oo ne saurait assez faire , de prier Dieu pour la paix , afin qu'il plaise à Dieu réunir les cœurs des princes chrétiens. Hélas ! nous voyons la guerre de tous côtés , et en tous lieux : guerre en France, guerre en Espagne , en Italie , en Allemagne, en Suède , en Pologne attaquée par trois endroits , en Hibernie dont les pauvres habitants sont transportés de leur pays en des lieux stériles, en des montagnes et des rochers pres^ que inaccessibles et inhabitables : TÉcosse n'est guère mieux; pour TÂngleterre, on sait Tétat déplorable où elle est; guerre enfin par tous les royaumes, et misère partout. En France tant de personnes qui sont dans la souffirance. 0 Sauveur! ô Sauveur ! combien y en a-t-il? Si pour quatre mois que nous avons eu ici la guerre, nous avons vu tant de misères au cœur de la France, où les vivres abondent de toutes parts, que peuvent faire ces pauvres gens des frontières, qui sont exposés à toutes ces misères et qui ressenfent ces fléaux depuis vingt ans? S'ils ont semé, ils ne savent s'ils pourront recueillir : les armées viennent qui moissonnent, pillent et enlèvent tout ; et ce que le soldat n'a pas pris, les sergents le prennent et l'emportent. Après cela, que faire? Il faut mourir. S'il y a des vraies vertus, c'est particulièrement parmi ces pauvres gens qu'elles se trouvent. Ils ont une vive foi ; ils croient simplement ; ils sont soumis aux ordres de Dieu ; ils ont patience dans l'extrémité de leurs maux ; ils soufirent tout ce qu'il platt à Dieu , et autant qu'il plaît à Dieu, tantôt par les violences de la guerre, et puis par l'àpreté du travail ; ils sont tous les jours dans les iatigues, exposés tantôt aux ardeurs du soleil, et tantôt aux autres injures de l'air. Ces pauvres laboureurs et vignerons qui ne vivent qu'à la sueur de leurs fronts, nous donnent leurs travaux, et ils s'attendent aussi qu'au moins nous prierons Dieu pour eux^.'flélas! mes frères, tandis qu'ils se fatiguent ainsi pour nous nourrir,' nous cherchons l'ombre et nous prenons du repos ! Dans les missions même où nous travaillons, nous sommes au moins à l'abri des injures de l'air dans les églises, et non pas exposés aux vents, aux pluies et aux rigueurs des saisons. Certes, vivant ainsi de la sueur de ces pauvres gens et du patrimoine de Jésus- Christ^ nous devrions toujours penser, quand nous allons au réfectoire, si nous avons bien gagné la nourriture que nous y allons prendre. Pour moi , j'ai souvent cette pensée qui me donne de la confusion, et je me dis à moi-même : Misérable, as-tu gagné le pain que tu vas manger , le pain qui te vient du travail des pauvres? Au moins, mes frères, si nous ne le gagnons pas conmie ils le font, prions Dieu pour eux, et qu'il ne se passe aucun jour que nous ne les of*
frions à Notre-Sei^neur, afin qu'il lui plaise leur âonner la grâce dé faire un bon usage de leurs souffrances. Nous disions ces jours passés, que Dieu s'attend particulièrement aux prêtres pour arrêter le cours de son indignation; il s'attend qu'ils feront çomraè Aaron et qu'ils se mettront Tencensoir en main entre lui et ces {lauvres gens, ou bien qu'ils se rendront entremetteurs comme Moïse pour obtenir la cessation des maux qn'ils souffrent pour leur ignorance et pour leurs péchés , et que peut-être ils ne souffriraient pas s'ils ayaient été instruits et si on avait travaillé à leur conversion. C'est donc à ces pauvres auxquels nous devons rendre ces olfices de charité , tant pour satisfaire au devoir de notre caractère, que pour leur rendre quelque sorte de reconnaissance pour les biens que nous recevons de leurs labeurs. Tandis qu'Hs souf« irent et qu'ils combattent contre la nécessité et contre toutes les mfoères qui les attaquent, il iaut que nous fassions comme Moïse, et qu'à H)n exemple nous levions continuellement les mains au Ciel pour eux; et s'ils souffrent pour leurs péchés et pour leurs ignorances, nous devons être leurs intercesseurs envers la divine miséricorde, et la charité nous oblige de leur tendre les mains pour les en retirer ; et si nous ne nous employons même aux dépens de nos vies pour les instruire et pour les aider à se convertir parfaitement à Dieu , nous sommes en quelque façon lés causes de tous les maux qu'ils endurent. »
Yoilà comme M. Vincent excitait les siens à prier, à travailler et à souffrir pour bannir l'ignorance et les péchés des peuples, comme étant les principales causes de tous les fléaux qu'ils ressentaient, et pour obtenir de la bonté de Dieu une paix véritable et assurée, qui était le plus souverain remède de tous les désordres qu'on voyait alors. Il ne se pouvait lasser de recommander aux siens de persévéra à demander à Dieu cette paix par leurs prières ; et ayant coutume de réciter tous les matins publiquement dans l'église de Saint-Lazare, avec ceux de sa maison, les litanies du sacré nom de Jésus, quand il venait à ces paroles : Jesu Deuspacis, il les prononçait d'un ton plus grave et plus dévot, et les- répétait toujours par deux fois. Outre cela, il faisait en toutes occasions la même recommandation à toutes les personnes vertueuses qu'il connaissait, les exhortant d'offrir à Dieu des prières, et faire des aumônes, des pèlerinages, des jeûnes, des mortifications et actions de pénitence, pour tâcher d'<*tenir de Dieu cette paix si nécessaire et si désira. Voici ce qu'en a témoigné un très-vertueux ecolésîaslique des plus aqciens de la Conférence de Saint-Lazare :
« Si sa charité (dit-il, pariant de M. Vincent) a été grande pour le secours et pour le soulagement des pauvres ruinés par les guerres, scn zèle n'a pas été moindre pour en faire cesser la cause: pendant que les
fyum 46 la Ctwité ret ^uUm t^nioiuies ^ertiaepef «'enyfof aient à r^* psmltk i^ wmf^Bi» flt oaotribiitiMi uésmmts pwr U MmUen des pjrwvînees 4iéMlée$» «>«6 éàwé^m avee fiidUe ardeur at q/àfile teodresM ^ ^mur il leur r MXBoiwd^ de ioî»dr# à ees «uyres de msérieorde iie$ vwo» to j^îères, les jeâ9e«> lei o^erlificAtiOM et autres e^rdees d# péaîteQee, ifi$ déi^iom, tel pèkrîttaijses à Naia*e-Da{a^ à <^t£ ^ieiDff ièir« et êmur4» 6wits ti^4Ji^re$ de Paris iSté^Ui tr^^e ; les oohfmiom et oumsuHiiei^s fré^ipi^ates, les otesifes et sacrifiées pour essayer 4e4MMrlaflmérie9rdedeI>ieyaetd'a^PsP8i^r«aei^ Ninis si^ons ee ^'ettt lÉlt par ses jstîs pjbosieurs bouoes Âma^ duirwt ftasle^i^ aiuAées yeuTMli; MiuUett ded«fli#s ^t dâi^l^ ORt iwt^e tivèsrfud^ austé- «ttés en i&ait$ eerps, «fui a'r m^ çf^ ^fi^ef^ jtos baires, d^ipUpies et autres «aeéraiieBs, ppur les jeiftdre aux aiODiies pr<ejpres, et à celles de aa CoRspagAÎe^ ate d'Abtwîr eette paix tant désirée é/mt fçusJOiûssoDs suûstaMpt. Qui pourrait $J9fiam ^ douleur aur tes désoidres des ar- «ies? Ccmkim il était s€Psiî>teoseut et wiy^mot t^UiH^d^sirieieuoes iftt ae MfiQwettateDt M li#us li^ux, ^ eofttre i(^^ Âes aaerMéces et des profauatiaDs du très^iiM; saer€«aaeDt etdes ^iseï»^ itf de l0«sk»a(tU^ désorilres causés parler £e«ys de e9<^ Cwbm ée lois a4rg dit» pariaAt aux ecidésîasti^pies ; Ah l MessieijLrs, si jpotre maître est près de neeef oir eûi<{R,aii<^ eeiiiis de t#09« tAd¥¥^ ^^ ^^' ÉMuer le amoIiu*^, ,et de lui eu ^uiirer ^u^Vgues-t^s j F^ûsous ifp;^ue jdioae ipow* riiparer ces outnswes» qu'il y ait du moiuf <fl|elf^*4m qui le «nasole dans «ses jMNrséciitiaBs éA «es soufiiraiiees. » . Outre ^ees priènes et exereie^ 4e jiéiuteaee, M. Vio^^t jçpil qu'il létait de «M de? air de «s'esai^opir iautaot qu'il pouirai^ e/f^^x» feux qui «raîaBt ifuelfue er>édilv pour les poiter ^ firjomr^r la fi^ix, et ^ isire eo «cmte qm l'iMttiritd du râi 4«t rifcoQiiue de lUm m ^Hi^,» ^t qfjîm lui MB4tt«& 4osis/i(^s iiwm de aou r^auupe utj^e eoM^^ ^ |^&ite spumis- MMiifVii ébdt l'iiftique ui^^eo de faire eess^ les guerr^ss m,Ùes €it les 4Mmi0BS jidMiiiec^. £t <«w<m'# ^ fôt to^jiou^s fib^nu d^ f fffiir^ lébMqsu», s^ ;par ib«pul|té^'^iitseant (acap^ble, ^.oit.f^^G^ j[»ar ui\e ipundeoee ieb»âtit»i»^ i^oiir ne ae détaui;aeir ^ ss^ ^^ fV^o^^ W ^oaMeoMeirt le;iiei^ioe'dei)i^u 'et Je.bic^ .^^^ ^o)raiitlarFiuHM)e4iiettfi^de,aadei^iiièrei^^ ce^|;uerr^s destines .dmiaieiit euaore^p9li«^;lj«ap<» .$tiCQfinais^t.b|^.que Famour de la ^prtirieie9t«UQ deipoir^î^ebaritét ^t ^ue le ^ecyice {[u'on çeud ,au roi M une partie de celui qu'on doit à Dieu» il prit résolution de^faire tout ce ^uits^ratten son pouTOir jour aecpurir aa patrie, et pour s^rw son jpnoae dans ime-oecavjpn ai pressante et si importante. Im pteniers^aiafluels il crut :df9!|oir s'adresser j[K>ur cet isff^t, fureat
MM. ies éfHfom, phnijurs dcBfiieb ayant qMl^ uréiHce m M^ il %*en ftervit âiit à propos porir tel «tfaortdr m. eMoufAye^ dé hMAn^ éÉ Hmrs diottèses pendant tes tfouHes; afifi qucpar leur pi'éieiioe et pwt leur antorité, ilè possiôit eobtebir iei peuplés en leur devoir, et l'oppMer ai» desseins de ceux qui les TMlefent soimtrMre de robëissenee en toL Il écrivit diverses lettres sur ee sujet à plqsieurs de œs prélats» eux UIM pour les congratuler d'avoir empêché que les villes de leurs dioeèsei n'çitosent heçu taî tetorieë le pat*U dôntrâtre; aut autres» peur les dissuader de venir à la euiir se {ttaindre des dMnaages qu'ils sotifi^aiéht par les armées, ne jugèaÉt pas qde le temps 7 fàtpropre peur lori; mais plutét de demeurer dans leori disicèses pour 7 eoneeler leiM petipMs^ et pow y rendre tous le^ sefviees qu'ils pourraient au rei, qui sauf ait bien un jour lès recefuns^ti^ et réparer tous ces demmages. nous r^-* p<Mrteroni ici seriément les eietmits de deux on trois de ees tetires, eAr l'une deiqnelles^ qui s'ftiressirtt à feu M. Tévèque d'Aeqs/ du «ieeè^e itnqnel il éuîi erif^nsrire, fl parle en ees termes s
c J*avone, MoÉset^Denr, que f serais vtûe grnskàe joie 4e tMs voff ï Paris» mais l'aufMs nn égal i^gret ^ vous y vinsêfez inniileÉmtt, ne croyant pas que votre préseuecf ici êkt atoii^ aneun bon suK$eès^ ^ ee temps misérable^ aoqnel le vM dont vous sitefc à tous phMIre est qwasi umvemd dans (eut le foyaume ; piairteiit tfk les années ofrt pnds^, elles y ont eoenms les sàerKéges, les vote et le^ inq^été^ que votre éioèèse â soufferts ; et non-seulement dans la Guienne et le Périgordf t^î^ ansti tts Smttaffe» Poiten, Botiréé^ie, Cbampaiifiie, Picardie etefl beaneoop d'autres, et mené ate environs de l^ris; et géilér<teiieM partent le^ eodéssâstiqies aussi bi^ quule peuple sont tort affilés et dépourvus; en iorle qto de Paéîs efu leur env«le' dhns le» p#o¥iMe^ phis ptécUéS^, dd linge et des.laKts pour les ei»uvrir, et qndquls «uiMies pour leu¥ aider à vivre; autrement il en demeurerait fort peu poor atfÉufîirirei^ les sacreineEite alit niaiadèa. 1^' s'idveséer à meiftteiM de Oér^ p6ur ta diaiÉBlItM dés décimes, Hs Asenl qae la plupart dés diocèse» d^M«^ danila «Mié chose, et qiie tonsseressenlant et raflMion deli guerre, ils ne savent sur qui rejeter cette diiofnolidilf. C'est nn fléaii géifArat dMft H plaît à IHeil exercer ee royaume. Et ainsi, Monsetgnear, éou# àe sHurkmn oriéiix Mre que de non» sènnrettre jr sa Justice* en aftettdUnf que sa mieéricorde reiwMie à tant de niisères. Si vous êtes député poikf Vét^ semblée «énérale de 141^ ce sel*a ikm que vMs pouffeif plus {ustémeM prétefière q»d^ sonlBitetnéTTt pour vofie dè^gé. Il serii eepeJUdiM aeiisolédejewr de V<tti9 AèreprÀeaeedeâiAft, oàdie IM tatit di^bt^^ Blême peor le service Al ror^ >
Cette lettre mdnpte^ d^aœ part> rénu ^InriklHi^oir la nmo^ «Mit
réduite, et l'assteiaiioe <|B'on doimait aux ecclésiasifaïues rubiés» afin que le service de Dieu ne demeurât pas abandonné, pendant que le diable s'efforçait de le détruire. Et d'autre part elle fait Toir comme M. Vincent détournait prudemment ce bon prélat du dessein qu'il avait de venir à Paris, pour l'obliger à demeurer ea son dliocèse, où il pouvait plus avantageusement s'employer pour le bien de son Église et pour le senrice du roi.
Il y a une autre lettre qu'il écrivit à M. Jacques Raoul, évèque de la Bocbelle, sur le même sujet, où il lui parle en ces termes :
€ J'ai reçu comme une bénédiction de Dieu la lettre dont vous m'avez honoré; elle m'a fort consolé dans les afSictions communes de ce pays. Si celles qui, ont menacé votre diocèse ne l'ont pas tant incommodé, je crois qu'après Dieu il en a l'obligation à vos sages conduites, qui ont détourné l'orage en servant le roi; et c'est de quoi je rends grâces à Dieu, aussi bien que de tant d'autres biens que vous feites et dedans et dehors votre ville, par lesquels les peuples sont maintenus en leur devoir envers Dieu, envers l'Église et envers leur prince. Lés hérétiques mêmes qui voient cela, voient aussi rexcellence de notre sainte religion, l'importance et la grâce de la prélature, et ce qu'elle peut quand elle est saintement administrée, comme elle l'est par votre sacrée personne. Je prie Dieu, Monseigneur, qu'il nous donne quotité de prélats semblables à vous, qui travaillent à ravancement spirituel et temporel da peuple, etc. >
C'était une pratique assez ordinaire à M, Vincent, quand il écrivait ou parlait aux personnes constituées en dignité , de les porter aux actions dignes de leur état, plutôt par manière de congratulation que d'exhortation^ ce qu'il foisait, et pour témoigner le respect qu'illeur portait, et aussi pour s'insinuer plus efficacement et plus doucement dans leur esprit.
Voici un extrait d'une troisième lettre qu'il écrivit à un autre prélat encore vivant, qui exprime mieux que les deux précédentes l'afifection de ce grand serviteur de Dieu pour lé service du roi, et la prudence avec laquelle il l'mq^irait aux personnes de cette qualité.
c Je suis bien marri , Monseigneur, lui dit4l , de ce que le malheur du temps vous prive des fruits de votre abbaye : je me trouve bien emp^ ché de vous dire mon sentiment là-d^sus, tant pvce que je ne suis pas en lieux 4e vous servir, qu'à cause des brouiUertes du royaume : né^. moins, Monseigneur, il me semble que l'état présent des affaires voua doit divertir du voyage de la cour, jusqu'à ce que les choses soient ua peu éclaircies. Plusieurs de nosseigneurs les évoques se trouvent en la même peine- M> de N. n'a pas s^lem^t perdq (QUt m mm cou^
rant » mais encore toutes les provisions qu'il avait faites pour long* temps ; et bien qu'il soit en grande réputation à la cour, et cela avec sujet, toutefois ayant hit un voyage ici pensant se réparer, il n'y a pas eu satisfaction. M. de N. qui a tenu ferme en son diocèse , a fait revenir la ville sous Tobéissance du roi , lorsque dans les premiers mouvements elle s'était déclarée pour le parti contraire ; de quoi il a veq\i de gran* des louanges à la cour, et s'est ouvert la voie à une reconnaissance. Et quoique vous n'ayez pas occasion de rendre un pareil service à Sa Ma^ jesté, votre présence néanmoins peut notablement aider à contenir la province, étant estimé et considéré au point que vous êtes. C'est une chose qui est maintenant fort à désirer, et qui sera aussi fort bien remarquée. Je vous supplie très-humblement d'agréer ma simplicité , et les ofires de mon obéissance , etc. >
M. Vincent écrivit plusieurs autres semblables lettres à divers prélats sur le mime sujet.
Après cela , se ressouvenant que saint Bernard et plusieurs autres saints personnages qui menaient une vie encore plus retirée que lui, avaient néanmoins quitté leurs solitudes et leurs retraites pour venir à la cour des empereurs et des princes, quand il était question de pacifier les divisions et les troubles, et de procurer la paix et la tranquillité publique, il crut les devoir imiter : fermant les yeux à toutes les raisons humaines qui l'en pouvaient détourner, et préférant le service du roi et le bien de la France à toute considération de son propre intérêt, il se résolut de s'entremettre et de faire tous ses efforts pour procurer la réunion des princes avec Sa Majesté. On n'a pas su en particulier tout ce qu'il fit pour réussir dans ce dessein, parce qu'il Ta tenu fort secret; mais il est certain qu'il alla plusieurs fois à la cour, et vers MM. les princes , auxquels il parla en diverses rencontres par ordre de Sa Majesté, et lui rapporta leur$ réponses. On a trouvé après sa mort la minute de la lettre suivante écrite de sa main sur ce sujet à M. le cardinal Mazarin, pendant que la cour était à Saint-Denis, où Ton peut voir quelque chose de cette entreprise.
« Je supplie très-humblement votre Éminence de me pardonner de ce que je m'en revins hier au soir sans avoir eu l'honneur de recevoir ses commandements ; je ftis contraint à cela , parce que je me trouvai mal. M. le duc d'Orléans vient de me mander qu'il m'enverra aujour-. d'bui M. d'Ornano pour me faire réponse, laquelle il a désiré concerter avec M. le prince. Je dis hier à la reine Tentretien que j'avais eu l'hon^ ncur d'avoir avec tous les deux séparément, qui fut bien respectueux et gracieux. J'ai dit à son altesse royale, que si Ton rétablissait le roi dans son autorité, et que l'on donnât un arrêt de justification, qae vôtre
Ëmioence donoerait la satisfaction que l'on désire; que dificitefiaent pouvait-on accommoder cette grande affaire par des déimtés ; et qu'Q fallait des personnes de réciproque confiance qui traitassent les choses de gré à gré. Il me témoigna de parole et de geste que cela lui revenait, et me répondit qu'il en conférerait avec son conseil. Demain au matin j'espère être en état d'aller porter sa réponse à Y. É., Dieu aidant. »
On n'a pas trouvé dans les papiers de M. Vincent quelle fut la suite de ces entremises qu'il tenait, comme nous avons dit, fort secrètes; mais le succès a fait voir que Dieu 7 avait donné bénédiction, puisque peu de temps après, cet accommodement si important se traita, et s'ac- |)omplit.
Les troubles du royaume étant ainsi terminés au dedans par la divine miséricorde, M. Vincent ne laissa pas de faire toujours continuer en sa maison de Saint-Lazare les prières , les messes , les communions, les jeûnes et autres exercices de pénitence quMl y avait établis. Et comme on voulut lui persuader de les faire cesser, attendu que ces pratiques de pénitence étaient beaucoup à charge à la communauté, et que les divisions publiques et guerres civiles pour lesquelles on les faisait étaient finies , il répondit : « Non, non, il n'en faut pas demeurer là, il les faut continuer pour demander à Dieu la paix générale. » Et en effet elles furent toiijours continuées Jusqu'au temps que cette paix tant désirée fut enfin heureusement conclue en l'année 1660, c'est-à-dire huit ans après que ces pratiques de pénitence furent commencées , et six ou sept mois avant son décès ; Dieu lui ayant voulu donner avant sa mort la consolation de voir le fruit de ses prières, de ses jeûnes et de sa persévérance.