‹ Vie de S. Vincent de Paul, instituteur et premier supérieur général de la Congrégation de la missionChapitre 65 sur 80 · FRANGE · texte numérisé non relu

FRANGE

Le premier témoignage que nous produirons ici sei'a du même M. Yin^ cent, dans une lettre qu'il écrivit à un prêtre de sa compagnie qui était à Rome en Tannée 1655, où il lui parle de l'abondance dé son cœur, des bénédictions que Dieu versait sur ces exercices des ordinands dès leurs premiers commencements.

c II faut que vous sachiez , lui dit-il, ce que je pense ne vous avoir pas encore écrit» qu'il a plu à la bonté de Dieu donner une bénédiction toute particulière, et qui n'est pas imaginable, aux exercices de nos or* dinands ; elle est telle que tous ceux qui y ont passé, ou la plupart, mènent une vie telle que doit être celle des bons et parfaits ecclésiastiques: Il y en a même plusieurs qui sont considérables pour leur naissance» ou p0ur|les autres qualités que Dieu a mises en eux, lesquels vivent aussi réglés chez eux que nous vivons chez nous, et sont autant et même plus intérieurs que plusieurs d'entre nous, n'y eùt-il que moi-même. Ils ont leur temps réglé , font oraison mentale, célèbrent la sainte messe , font les examens de conscience tous les jours comme nous; ils s'appliquent à visiter lés hôpitaux et les prisons, où ils catéchisent, prêchent, confessent, comme aussi dans les collèges, avec des bénédictions trèsparticulières de Dieu. Entre plusieurs autres, il y en a douze ou quinze dans Paris qui vivent de la sorte, et qui sont personnes de condition; ce qui Commence à être connu du public. Or, ces jours passés, un d'entre eux, parlant de la manière de vie que menaient ceux qui avaient passé avec lui par les exercices des ordinands, proposa une pensée qu'il avait eue de les lier ensemble par manière d'assemblée ou de compagnie, ce qui a été fait avec une satisfaction particulière de tous les autres. Et la fin de cette assemblée est de vaquer à leur propre perfection, à moyenner que Dieu ne soit point offensé , mais qu'il soit connu et servi dans leurs familles, et à procurer sa gloire dans les personnes ecclésiastiques et parmi les pauvres : et cela sous la direction d'une personne de céans, où ils doivent s'assembler tous les huit jours. Et parce Dieu a béni les retraites que plusieurs curés de ce diocèse ont faites ici, ces messieurs ont désiré faire le même, et ont en eifet commencé. Or, il y a sujet d'espérer de grands biens de tout ceci, s'il plaît à Notre-Seigneur donner sa bénédiction à son œivre, que je recommande particulièrement à vos prières. »

Voilà quels ont été les premiers fruits des exercices des ordinands que T. I. 28

M. Vîtteeftt a eti kl cotwohtion de recueillir ûcb preiptèrs «erttfe»^ leur a rendus, qui ont eu des suites si avantageuses à l'Église que ces exercices ont toujours continué depuis ce temps-là , non-seulement à Parié , teais aussi en plusieurs antres diocèses , tant ée France <i«e d'Italie , et même à Rome, où il y a des prêtres de la Congrégation de la MissiM, les^pell, ammés de l'esprit deiaBr saint luiâirteBr et uBtitiilair, tt dressés de sa main, traTaileot avec la même bénédâctton penr fleurer fue rÉgtise soit remplie de bons prêtres; ce qui s'est «èmeréyandu en beaucoup d'autres Keux eà les préfet de la Mission se sont point encore établis, et où messieurs les prélats toast finre les exersiess 4e l'ordination , à Texemple et sar le modâe de en» que M. Vincent a oomaeiieés et ^e les siens contsanent en tous les lieux ok îh tnrv«i* laat.

Nous joindrons an témoîfna^ de M. Vincent cekii deqoslqiiai artm eaclésiastiques.

Meswe Ifenri-l^onis Cbastirigner delà Roch&-Poxay, érèfie es Poitiers» ayant envoyé ses ordlna^b à Ri<Arelieii, «à les peètresdelaliK^ sion leur fircat fatire les «lêiMs exereices qu'à Paris , le saféiîev 4e RicbeUeu en écrivit à M. Vtnce&t au mois de jnm 1649 «i ecs :l « Nous n'avcMfê , dît-îl» que quarante-trois ordmaoés , deet la i eemmenee à dioiner uae merveîHeuse éâiieaÉieft , en smrle fie les |iw- ^ qjoi les voîNit à l'office divîn ne peuvent reteanur leârs liiraaes4e len- Aresse, Toyant f ordre, la décesee, la dévo^fon i^vee la^aelle as y ji$tist^ i sifbten qu'il semble i ces bonnes gens de voir, non desiMmoM, nuiis des anges de Paradis. Â Dieu seul en soit la gh»re , et à M. leeM^ dinal de Richelieu, qui nous a établis iei , le màrtte et réeempe^e; et à nous, la bonté et la confusion devant les putssaiiGaseéièsleêetieErastres , d'être employés à un si haut mmistèr^ . »

A^ mois 4e.âéceo)bre 4e rwoée sulvanle iSUZ, M. VmcMt reçrtvK lettre de la part de monseigneur Tévècpte d'Angoulêofe, {>ar toqfldle, entre plusieurs autres eonsidépations , pour le f orter à eonseiiÉir i^ rétablissement d^s prêtres de saCongr^atton èâis «on dioe^^ Mini Teprésente la bénédiction que Dieu avait donoée mm éik»*aees éeèurèh naads qu'ils y avaûent remmenées le mène aaois, laquelle b^iééivtitn il 4it avoir été si grande , qu'il n'y aurait personne dans la vHle d'Ange»- Mme qui n'w louât et bénît le saint nem de Dieu , et qui ne seuhsôllt la eentinuation d'un » grand bien.

En la même année f^^a, M. Éléonor d'Estampaa, arriievè^na de &eû»s, ayant désiré que M. VincmiÉ lui: envoyât de ses prêtres pour feireles mêmes exercices aux premières ordinations qu'il démît tenir ^€e4ioeèse, où il était noutidleBent établi, tei^éeiiitit Wftèêim ces

termes : • Je ne sturais assez tous remercier de là M veur que vous in'a<- Tez faite, de m'envoyer de vos missimnaires pour fidre Aire les exer-^ ciees à mes ordinands. Je tous assure que j'en arais un très-grand besoin, et ils ne pouvaient aller en lieu où ils ftissent plus nécessaires. Ils vous feront eux-mêmes le rapport des grands ihiits qu'ils y ont fiiits. »

En la même année 1643, les mêmes ^erdees des ordinands ayant été commencés par les prêtres de la Mission en la ville de Noyon, les ecclésiastiques de la conférence de cette même tille en écrivirent i M. Vio^ cent en ces termes : « Si 1^ actions de grftocs doivent correspondre ft ia grandeur des bienftiits reçus , la compagnie ne peut qu'elle ne dêmeurtË eourt dans les devoirs qu'elle est (^ligée de vous rendre pour rédMea*tion singulière qu'elle a reçue de vos prêtres en la conduite et instruc*tion àes ordinands. Il y a bien longtemps que nous souhaitions cette bénédiction de votre part; mais maintenant que la «ompagnie m a ressenti les eflbts avantageux , elle les estime et les chérit en un si haut point, qu'elle manque de paroles poui" vous en exprimer ses sentiments. "

£t un très*vertueux ecclésiastique de cette même conférence , dans une lettre particulière qu'il écrivit à MrVineent sur le même sujet : « 3% voudrais, lui dit-il, poovofa* trouver des termes qui fussent suffisante pour ezinimer la consolatton et rédiScatton qu'ont reçue, non-^eule^ ment les ordinands, mais encore messieurs de la conférence , des entre-» tiens ^e bous a faits M. N. de votre compagnie. Il a tellement tou^ ché les cœurs, que ces messieurs ne se sauraient lasser d'en parler. Et , parmi les ordinands, il y en avait plusieurs , lesquels fâchés de ce qu*on les assujettissait à feire ces exercices , s'étaient proposé , avant que d'y entrer, de ne point faire du tout de confession générale, et d'autres de ne la point frire à vos prêtres ; mais après avoh" entendu les entretiens , ils en ont été si fortement touchés, qu'ils ont avoué et déclaré tout haut, en la présence des autres, leurs mauvaises intentions, et ensuite la résolution c<mtraire qu'ils avaient prteede fab^leur coi^ssion générale, et même de la lEaire aux prêtres mûsionnaires , ce qu'ils disaient tous» fimdant en larmes » tant Ss étaient touchés. Je vous rends donc des aillions de grâces inâmea de votre grande charAé envers nous , tant de ma part que^ de celle de ces messieurs , qui m'ont diargé de vous écrire pour vous témoigner la satisfaction qu'ils en ont reçue. »

Au mois de mai de l'année 1644 ^ M. Yincent ayant envoyé d^ux prêtres de sa C(Migrégation à Chartres au sujet des mêmes exercices que Qiestsire Jacques Lesc(H, qui en était pour lors évéque , désirait que l'on fit à ses ordinands; ils y travaillèrent avec tant de bénédiction, que ce sraaà prélat lui en iitdes remercfanents par lettres en ces termes : « IM é9ux missionnaires que vous mavez fait iltoniKur de m'envoryer iei^

pour les ordres de la Pentecôte , sont des eeclésiastiqaes très-honnètes , sages , capables» soigneux et zélés : aussi ont-ils fait, grâce à Dieu , de très-grands fruits » dont je tous suis infiniment obligé , avec tout ce diocèse , que je trouve assez porté au bien ; mais il nous feutde TassistaDce» que j'attendrai , s'il vous plaît, Monsieur, de TOtre charité, qui est si générale et si grande que tous ne la refusez à personne. >

Au mois de mars 1645 , Mgr. Févèque de Saintes écrivant à M. Vincent pour le remercier des prêtres de sa Congrégation qu'il lui avait envoyés pour les mêmes exercices : « Nos ordinands, lui dit-il , vont avec une merveilleuse bénédiction , et il y a maintenant autant de presse pour être reçu à ces exercices qu'il y avait ci-devant de difficulté dans les particuliers pour les y faire entrer. >

Il faudrait des volumes entiers si l'on voulait rapporter en détail tous les bons effets que ces exercices ont produits en tous les lieux où ils ont été mis en usage, et toutes les grâces et bénédictions qu'ont reçues ceux qui n'y ont point mis empêchement, lesquelles ont paru même à Textérieur , après leur ordination, dans le changement de leur vie, et dans la pratique de toutes les vertus ecclésiastiques : il nous suffira de dire qu'ils ont été tellement approuvés et goûtés par les prélats de ce royaume, qu'il a été impossible à M. Vincent , faute d'ouvriers , de satisfeire à tous ceux qui lui en ont demandé pour travaiOer à ces exercices dans leurs diocèses , et qu'une approbation si générale de ce bien est une marque évidente de son excellence et de son utilité.

SECTION VI

LES MÊMES EXERCICES DES ORDIMAMBS AYANT ÉTÉ PRATIQUÉS EN ITALIE f Y ONT AUSSI PRODUIT DE TRÈS-GRANDS FRUITS.

Comme c'est le propre du bien de se communiquer et de se répandre» il ne faut pas s'étonner si cette pratique des exercices de l'ordination, qui était si bonne et si utile » s'est répandue hors de France , et a été introduite avec facilité en Italie et en d'autres pays , où elle a eu un même succès et une même bénédiction. Nous ne rapporterons ici que ce que l'on a mandé de deux grandes villes , dont on pourra juger ce qui est arrivé en d'autres.

La première est la ville de Gènes, où M. le cardinal Durazzo, qui en est archevêque, ayant fait un établissement des prêtres de la Congrégation de la Mission, pour s'en servir non-seulement à rinstructîon de son peuple, mais aussi à la réformation de son clergé, il a désiré, toutes les fois qu'il tenait les ordres dans son diocèse, que ces messieurs fissent les exercices aux ordinands ; d'où s'en est suivi un merveilleux

fruit da0S les ecclésiastiques qui ont participé à eette gràee. Voièi ee que le supérieur de la Mission de Gènes écrivit à M. Vincent sur le sfh jet d'une ordination , d'où l'on pourra inférer ce qui est arrivé en toutes les autres :

c Notre ordination , lui dit-il , a été médiocre en nombre; mais abon-» dante en bénédictions , Dieu y ayant communiqué ses grâces aveC: plénitude. Le règlement a été observé exactement; un grand silence dans tous les exercices, et une telle modestie, principalement pendant le temps de la réfection , qu'il semblait que les ordinands euss^t été toute leur vie élevés dans notre maison. Mais la grâce de Dieu s'est encore davantage manifestée dans l'oraison et dans les conférences qui se fat« saient ensuite : je ne sais si l'on peut vaquer à ce saint exercice avec plus de ferveur qu'ils faisaient : on en voyait qui pendant le temps de l'oraison fondaient en larmes , et même pendant la conférence de l'oral* son; d'autres remerciaient hautement Dieu de leur avoir fait la grâce d'entrer dans les exercices, et d'y recevoir une nouvelle lumière pour bien conndtre l'état qu'ils embrassaient, et ce qu'ils devaient faire pour correspondre aux desseins de Dieu, et pour vivre en véritables ecclésiastiques. Il y en eut un entre autres qui, prenant congé de moi à la fin des exercices, me dit avec une voix entrecoupée de sanglots, qui ne l'empêchaient de se bi^ exprimer, qu'il priait Dieu de lui envoyer plutôt mille morts que de permettre qu'il vint jamais à roSeoser. Ce qu'ayant rapporté hier à M. le cariai Durazzo, archevêque, il se mil à pleurer de joie et de satisfaction, son cœur ne pouvant contenir le» sentiments qu'il avait des bénédictions que Dieu avait versées sur cette ordination. >

La seconde ville est celle de Rome, en laquelle les prêtres delà Congréliation de la Mission ayant été reçus par le souverain ponlife Urbain VIII, d'heureuse mémoire, et établis en l'année 1642, ib commencèrent dès l'année suivante à recevoir en leur maison ceux qui y venaient de leur propre mouvement pour se disposer à recevoir les saints ordres ; en quoi ayant réussi avec bénédiction pendant plusieurs années, et le fruit qu'ils y faisaient ayant été rapporté à Sa Sainteté, on y publia, au mois de novembre 1659, un mandement de M. le cardia nal-vicaire, par lequel il obligeait tous ceux qui aspiraient aux ordres sacrés de se retirer chez les prêtres dé la Mission, pour se préparer à les recevoir, en assistant à ces exercices; ce qui s'exécuta par l'ordre même de notre Saint Père le pape Alexandre VII.

Lorsque la première publication de ce mandement fut faite, le supérieur de la maison de la Mission de Rome en écrivit à M. Vincent en ces^ termes: «Nous allons, dit-il, nous préparer selon notre cfaéttvetéà

aarvir mesNinn les ordioands : notre confiance est en Dieu, qui se iMntre d'autant plus raoteor de cette œuTre, que Ton ne sait comment eette résolution a été prise» ni qui en est le promoteur. De sorte que je puis dire que, à Domino factum est tstud, et ainsi il y a lien d'espérttr que» qui oa^it, ipseperficiet. »

Sî M. Vinaent fut consol(i de voir de son vivant l'usage de ses saints exerciees » auquel Dieu avait voulu qu'il donnftt le premier commence^ ment, établi dans cette maltreaBe ville de toute la] chrétienté , il le fut encore davantage de ce que ceux de sa eompagnie étaient choisis pour y stt^vir, sans qu'ils eussent non plus reebeixbé cet emploi en Italie 91e Ton avait fût en France.

Cette première ordination se fit en décembre 1669 , et la {Mtyvidenss de Diea voulut que messieurs les Ahf» de Cbandenter , neveux de M* le eardinal de; la Rocbefoncault, étant allés i Rome en ce temps*li, se trouvèrent logés chez les prMre de la Mission lorsque les ordinands ; fiurent reçus ; Dieu en ayant ainsi disposé» afin que ces deux vertoeot eeeléstastiques contribuassent par knrs saints exemples à l'édifteatioa de tons ceux qui étaient présents en ce lieu, comme ils firent d'une fii^ ^fXL excdtente ? étant véritable que Ton n'eût pu choisir deux modMas de modestie plus accomplis, pour fisire voir à ceux qui aspiraient aux ordres oomment ils devaient être coo^osés extérieurement. L'atné eé« lébrait tous les jours la Grandliesse dans k diapelle de la Mission, en la présence de tous les ordinands , avec la gravité, la dévcftion et le re* eveiUement qui hû étaient ordinaires , et raouMeur son frère avaft Fhuh miUlé d'y finre les eflkcs d^aeotyte et de timrifiiraire* DeoK prêtres M^ liens delà Congrégation de la Mission firent les entretiens du soir et du Bsalin ^ et twt se pansa, si bien, que le rapport en ayant été fsità notre Saint Pèrs^tepape^ Sa Sain^ témaicna, daneunesnsisteifiqQîfU tenu bitintât après, qrfîl était extrègasmant oontent des exerciees de l'qrdination : de quoi le supésienr de bi Miasien ay«it été averti par M. le oardioaLde Sainte^Creix» il en donna avis à M. Vincent, lequel sm>cela loi fit quehpies damandei dont voiet la réponse r dn 10 Uvrier lôôO :

€ Vous m'ordonneat , Moanisnr, de vous mander comment l'ordination Amière s'est passée, et si en a resonsn du profit dans les (N*dteatien9 depuis^ les eaereîess.. Pour ce 9» esides exercices , et de tontes les parties du règlement qu'en y observe en France, noue avons tMié et tâchons de les foire observer en la même manière qu'à Par»^, nous n^ l^mit jeurpour jour, et heure pour heure , sur les mémoires que nous ^ avons rof tts de Saint-Lasare» Messieurs les ordinands ont témoigné en être fart œotents ; et non^sentement non», omis aussi diverses pei^

Mumdtt éêlbm mtreMiBAi le fruit fue phKfeim d'ettra en , par la mMfiMrde de Dies , eut nmifOiié de ees exereioes. Noos ea avoss de eeux-tà mêmes ea cette eecmde evdiMttkm, en leqoelle nous tn^ ^ileai meiiiteiiiBt , qui est fai premièro de ce carême » lesqoels y doa^ MRl «raad exemple aax atHres ; et il Miable que IMeii par lea fnlMe bettté ▼«aille doter MpiMietieB à eei eKercaeet, et e«wamrif|Mr ses grâces par cette voie aux eeelésîasliqsei de ee pifs, fsemme il a Mt aiNeiirs. »

Gesapérfewrmaadaittoiifwitt IM.Viaeeat» àlafindeehaqueef*aatieH, de quelle Ai^on eHe atait réussi; mm rapporterons iei woÊ»ineDtqortqaes petilseitfaitsdesesMIr^a, par INmedoifiiieHes îi parte en ces termes :

« Pour ee qoi est du IrMt des ordiiiirfîom pissées, il y ta parait p* la «risérieorde de Dieu. Plusieurs de ces messieurs qui oat hià eéaas te ejumees nom ▼iewieot toir de fois k autres , pour nous (émcrfgDer qo'Hs persisleirt toijours dans les boas seatimeats qu'ils ea oat remportés ; et f «m d'eaire eux , qui est uae persoaae de condiliofE, lequel a assisté amc exercices de trois orfiaatioas , viat liier eéaas eéiéiNfser sa ymaiètte messe , ayaat eaeore fiait auparataat qiidques jours de retraite poar s'y mieux disposer. »

Daas «ne autre lettre, le même supérieur partant à M. Ytaeeat d'ufie autre ordinatîoa , lui maDde (pie « quelqoes-uas de MN . tes eardmauK et antres prAats étaient veMs eateadre les eatretie&s, et qu'entre les ordiaaads H y avait diverses personnes àt qoêiM et de mérite , et entre autres ua eimioiae de 8aint^Jeaa de Li^an, neveu de M. le eaanjteal ManeM, et un autre de Saiat^Fîerre , nommé le comte Mareseotti , d an* tr^spersonaes de marque; le pape teaaatferme, et ne toulaUt exenspt€r nneim d'assister à ees esenrfees. •

Il dit dans une autre : « Les ordînaads qne nous etaes au eomme»eemeirt; du earème , et ceux que aoas avms préstnlemait , sont si exacts ètousles exerdces, et les fent avec tant dedéf otion, ipie nous ea sonmies étanaés4 Je puis dire qae , pour ce qin retarde la modestie et le silenee, fl me semble qu'il n'y a rien , ou bien peu à désirer dafaatage ; et par eett Motre-Selgneur veut nous Mre eonaattre seasifelemeat qae c'est kii seul qui est l'auteur de tous ces btens4à. »

Par une autre lettre H dit : « Nom eûmes dans Fordinatiott denrfé#e un gentilhomme espagnol qui est du dioeise de Plaeentia , dont Té? èqae est présentement en cette eour ambassadeur extraordinaire du roi d'Espagne. Ce bon gentilhomme ayant eu dessein de recevoir lés saints ordres , vint avec gr^oide affection pour assister aux exercices ; mafe ayant entendu les entretiens, et reconnu de quelle importanee il

était den6 se pas ingérer dans les ordres saerés si cm n'y était bieai appelé de Dieu, et d'ailleurs ayant aussi considéré les grsffldes obligations que l'on oontraetait en recevant les saints ordres, il fut touehé d'une grande crainte > et ressentit beaucoup de difficulté à se résoudre de les embrasser : ce qu'il fit néanmoins enfin atec,de très-bonnes dispositions, dont la. marque assurée a été le grand changement qui a paru en lui, aussi bien qu'en beaucoup d'autres , après l'ordination .

« Au sortir des exercices, il en fit le récit à Mgr. son évéque, quia désiré nous parler ; et nous ayant feit avertir ; nous avons été ce: matin ebez lui, où nous avons trouvéun prélat plein de zèle , qui a fait quantité de missions dans son diocèse presque en la même manière que la compagnie, si ce n'est qu'il les fait un peu plus courtes. Il prêche, il con> fesse et feit lui-odéme le catéchisme ; mais cette, invention de travailler à faire de bons ecclésiastiques le ravit ; il veut venir céans durant la prochaine ordination , et demande $i , lorsqu'il s'en retournera en Espagne, nous ne lui poivrons pas donner quelqu'un des nôtres; et toujours, en attendant, il veut 'envoyer en son diocèse une instruction de ce que nous faisons en l'ordination , pour commencer à le faire pratiquer. »

Ce bon prélat ne manqua pas d'aller en la maison au commeaeement des exercices de l'ordination suivante; et non content d'en savoir la ttéorie , il en voulut voir la pratique , et se trouver à toutes les actions des exercices, pour faire exercer le même en son diocèse.

M. Vincent ayant reçu cette nouvelle, eut appréhension que ses prêtres de Rome ne s'avançassent trop envers ce bon prélat espagnol touchant l'envoi de quelque prêtre de sa compagnie en Espagne , ayant toujours été fort éloigné de la pensée d'étendre par aucuns moyens humains sa. Congrégation et ses emplois; il leur en fit un avertissement par lettres : ce qu'on apprend par la réponse que lui 6t le supérieur de la maison.de Rome , en ces termes :

<( Pour, Mgr. l'évêque de Placentia, ambassadeur d'£spagne. Dieu joousabitla grâce, selon votre désir. Monsieur, de ne point retourner chez lui depuis qu'il nous fit prier d'y aller pour avoir les méqioires de l'ordination ; et selon votre ordre, nous ne ferons rien en cela , ni en aucune autre chose. Dieu aidant, pour chercher de l'emploi. ou pour nous pousser de nous-mêmes; et même si on nous en pressait, nous remettrions toujours le tout à votre réponse et résolution, comme nous ne pouvons point faire, autrement. »

Or, comme les meilleures et les plus saintes entreprises sont ordinairement les plus exposées à la jalousie et à la contradiction, il arriva que les grands fruits que ces exercices produisaient, et les bruits avantageux qui s'en répandaient dans la ville de Rome, donnèrent de l'énau-

Jati<m à quelques pereooues religieuses, qui erureot faire %etvm à Dieu d'attirer ees exercices eu leur compagnie, et de les ôter aux prêtres de la Mission. Voici ce que le même supérieur en écrivit à M. Vincent au mois de mai 1660 ;

c Je crois vous devoir donner avis , Monsieur , de quelque opposition qui s'est faite depuis peu de teiiq)s à la continuation des exercices de l'ordination. Premièrement , il y a quelque temps que Mgr le cardioal- Ticaire me fit Thonneur de me dire qu'une autre communauté avait den^andé de laire ces exercises , et qu'on lui envoyât les ordinands, et non point à nous; ee que son éminence leur avait absolument refusé. J'avais déjà été averti par quelque autre personne de cette sollicitation, qui m'avait aussi déclaré quelle était cette communauté. En second lieu,^ on. m'a encore donné avis que , dans le dernier examen qui se fit pour les ordres sacrés, le révérend père N. avait dit que, puisqu'il se présentait quantité de personnes de condition pour recevoir les ordres à Rome , l'on ne pouvait pas continuer à les obliger d'aller, aux exercices de la Mission , et qu'on en parlerait au pape. Or, j'ai su qu'on lui en a parlé et qii'on a fait ce qu'on à pu pour lui persuader de ne plus obliger les ordinands à venir céans, et que Sa Sainteté, qui était fort bien informée de ce qui se faisait dans les exercices des ordinands, n*avait point voulu avoir égard à toutes ces remontrances et était demeurée ferme dans ses premières résolutions. Voilà, Monsieur, comme nous avons Ja grâce de dépendre visiblement de la protection de Notre-Seigueur et de sa sainte Mère. »

On a fait encore depuis ce temps-là de nouveaux efforts pour abolir ees exercices. On s'est plaint au pape et aux cardinaux de ce qu'on les faisait plutôt chez les prêtres de la Mission qu'ailleurs , et qu'il semblait que ceux qui les appuyaient ne faisaient estime que des exercices qui se font chez eux, au mépris des autres : mais tout cela n'a fait aucune impression sur l'esprit du pape et n'a pas empêché qu'il ne se soit encore rendu plus inflexible pour faire observer le contenu de son premier bref; en ayant fait publier un second en l'an 1662 , par lequel de sou propre mouvement il approuve et confirme tout ce qui a été fait sur ce sujet, et oblige non-seulement tous ceux qui recevront les ordres en la ville de Rome, de quelque nation et diocèse qu'ils soient, mais: aussi ceux des six évêchés ses suffragants qui voudront être ordonnés en leur diocèse , d'assister à ces exercices avant que d'être promus aux saints ordres. En quoi il témoigne tant de zèle pour procurer par ce moyen la perfection des ecclésiastiques , qu'il se réserve à lui seul le pouvoir d'en dispenser; et il tient si ferme pour n'en exempter personne , qu'il oblige même ceux à qui il donne dispense de rece-

voir les ùràn$ extra tempora, de Mre aupartviM une mtriite ipH* luelle chez lee prêtres de la Mission.

On peut avec raison attribuer toutes ces fl|?eiirs et ees ()rlees à h grande confiance que M. Vincent a toujours témoigné avoir en la pr^ tection de Dieu et à cette pureté d'intention toute singulière q«f animait tons ses bons desseins : ce qui àiisait qu'il ne se mettait pas fsit en peine de tous les orages qui s'élevaient contre ; roeonnaissant que eet emploi leur ayant été donné de Dieu , il était assez psissant et assez bon pour les y maintenir autant de temps qu'ils seraient fldtfes à leurs règles : ee qui n'empAohait pu qpi'il ne Jugeât que ù sa eompagnie venait à négliger les dons de Dieu , il était juste 91'dle en ftit dépouiHée.

Mais tant s'en tmi que toutes ees émulations et entreprises aient apporté aucune diminution ou aucun déchet aux fruits de ces exercice» de l'ordination , qu'au contraire il semble que cela ait attiré de nouveBes bénédictions pour les étendre encore davantage ; car on a su qu'un seul ordinand du royaume de Naples ayant assisté i ces exercices , et étant retourné chez lui, a persuadé à son archevêque de faire passer par les mêmes exercices tous ceux de son diocèse qui désirermit recevoir les ordres sacrés.

£t Mg^r le cardinal Barbarigo ayant ouï psM'ler des grands fruits de ces exercices de l'ordination» a appelé des prêtres de la Mission de Rome en la ville de Bergame, qui est dans l'état de Venise, dont 11 était pour lors évêque» où il a commencé à y taire par eux ces exereiees des ordinands, avec résolution d'en procurer la eontinnation , en ayant reconnu l'importance et l'utilité. Et étant retourné de Bergame I Rome en Tannée dernière, 1663, il a eu dévotion d'y ftire lut-même quelqu'na des entretiens des ordinands, où assistèrent [dusieurs cardiDaux; en quoi il réussit avec tant de bénédiction , que non-seulement les ordinands en furent s^sibiement touchés, mais aietN'e les cardinaux présents en furent erandement édifiés. Et quelques-uns d'entre eux en ont fait aussi à son exemple aux ordinations suivantes, à savoir, Mgr ie cardinal Alhici, et depuis Mgr le cardinal de SafnteOoix, t'un et l'antre avec l'applaudissem^t d'un bon nombre de cardinaux, d'évêqoos, 4e prélats, de généraux d'ordres, et d'autres personnes considérables qui s'y trouvèrent.

Le même supérieur a encore remsurqué en plusieurs de ses lettres éorites depuis cette a^née , que , par la grâce de Dieu, l'on v<rft de bons eiCrts de ces exercices pour la perfection du dei^é, et que mêUM les fruits s'en répandent hors de Rome, parce qu'entre les ordinatids il y en a, outre ceux d'Italie, plusieurs autres de diverses nations.

Voilà quelques petits exemples des suites très*tieur«ttses de eet on-

vrage eûBUBeoeé et étiHi dans TÉglte imhp le 2èle imivenel de M. Vin* cent» et par la bénédietira siiigtdidre ctQO Dieu y a donnée pour sa plus grande gloire.^

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