‹ Vie de S. Vincent de Paul, instituteur et premier supérieur général de la Congrégation de la missionChapitre 66 sur 80 · PREMIER ÉTABLISSEMENT DE LA CONFÉRENCE DES ECCLÉSIASTIQUES A · texte numérisé non relu

PREMIER ÉTABLISSEMENT DE LA CONFÉRENCE DES ECCLÉSIASTIQUES A

SAINT-LAZARS.

Il y a ttfke liaison seerète entre It^ tertos, qui feit qae non-seulement <dl6s se suivent, mais même qu'elles s'attirent les unes les autres dans les sujetii qu'îles trourenît disposés : r<m peut dire le même des grâces, qui icmt eomme les semenees destertus, et généralement de tous les dons de Dieu, qui vont toujours se multipliant, pourvu qu'on n'apporte poititrde résistance, et qu'on ne mette point d'obstacle à cette volonté souverainement bienfitisante qui en est la source.

Dieu Avait voulu employer M. Viucent, après qu'il eut donné le cours au^s missions, pour commencer l*exerciceâe Tordination, et en répandre fe fruK de tous côtés. Et il plut eusuite & sst divine bonté de se servir du même pour produire un autre bien dans TÉglise , qui devait être utile non^seuiement pour conserver et affermir les grâces reçues en TonHuatitm, mais aussi potn* disposer les ecclésiastiques à tous les emplois propret de leur ministère, et les rendre capables de s'en acquitter di^ement et utilement. Toicl de quelle ftiçon la cbose arriva. Ce grand ^atiteur de Dieu voyant les bons succès des exercices de rordinatton, en ressentait une grande joie dans son cœur, qui l'excitait ft en rendre de continuelles actions de grâces â sa divine Majesté. Mais considérant la faiblesse et rinconstance de la volonté bumaine, il craignait qu'au sortir de ces exercices les ecclésiastiques retournant dans les conversations ordinaires du monde et étant oMigés de vivre, comme dit le saint apôtre, au milieu d'une nation méchante et perverse , ils ne vinssent à ééefioir peu à peu de cette première Iferveur, et peut-être ensuite à perdre la grâce qu'ils y af aient reçue. €ela lui faisait rechercher en son esprit par quek moyens on les pourrait prémunir et fiort^r, en telle

sorte (|U6 ni leurs prç^Nres infirmités, ni la dépravation du siècle , ne put éliranler ou altérer les saintes résolutions qu'ils y avaient prises. Quoiqu'il eût diverses vues sur ce sujet, néanmoins son tuimilité le faisant toujours défier de ses propres lumières, et une de ses maximes étant de ne se pointingérer de soi-même dans les desseins de Dieu, il se contentait d'invoquer le Saint-Esprit en attendant qu'il lut plût faire connaître ce qui lui serait le plus agréable. Et voilà que, comme il était dansées pensées, un vertueux ecclésiastique qui avait assisté aux exercices des ordinands à Paris le vint trouver et lui proposa de foire quelque sorte d'.union entre les ecclésiastiques , lesquels s'étant préparés à recevoir les saints ordres par le moyen de ces exercices, auraient désir de vivre conformément à la sainteté de leur vocation, et pour cet effet qu'il trouvât bon de les fsiire assembler quelquefois à Saint-Lazare, pour conférer ensemble des vertus et des fonctions propres à leur ministère.

M. Vincent reçut cet avis comme venant de Dieu; et considérant les bons etfets que les conférences spirituelles avaient autrefois prodmts parmi ces anciens pères des déserts de TÉgypte, qui s'en servaient comme d'un moyen très-utile pour se fortifier contre les attaques de leurs ennemis invisibles et pour s'avancer dans le chemm de la perfection, il jugea qu'il ne serait pas moins profitable aux ecclésiastiques qui devaient vivre et servir Dieu dans le monde. C'est pourquoi, après.avoir beaucoup recommandé cette affiiire à Kotre-Seigneur, et l'avoir £ait agréer et approuver par Mgr l'archevêque de Paris, il se mit en devoir de faire choix des sujets propres pour y donner commencerait, et la providence de Dieu lui en fournit une occasion fort à propos» qui fut telle.

Plusieurs vertueux ecclésiastiques qui avaient passé par les exercices de l'ordination, reconnaissant combien ils étaient obligés à M. Vincent des bonnes dispositions où Dieu les avait mis paî son assistance, étaient venus s'offrir à lui pour travailler à toutes les fonctions. ecclésiastiques propres de leur état auxquelles il jugerait à propos de les employer. Cela lui donna sujet de les prier de faire une petite missipn aux maçons, charpentiers et autres qui travaillaient aux bâtiments de l'église de la Visitation de Sainte-Marie, près la porte Saint«Ântojne, à Paris, desquels il était le supérieur et père spirituel. Ce fut au commencement du mois de juin de Tannée 16^3 que ces bons ecclésiastiques s'employè* rent à cet ouvrage avec grande affection, ayant tellement dîsposé leur temps par une ingénieuse charité, que, sans détourner ces gens de leur travail, ils trouvèrent moyen.de leur faire tous les jours les exhortations et instructions accoutumées, et de les disposer à faire une bonne

confession générale, et à mener une Tic Traiment chrétienne, selon leur condition.

Comme ils étaient occupés à cette mission, M. Vincent voyant le zèle dii salut des âmes dont ils étaient animés, et avec lequel ils travaillaient dans une grande union d'esprit, les jugea très-propres pour commencer ce qu'il avait projeté; et pour cet effet il les alla trouver un jour de saint Barnabe, onzième du même mois, et leur ayant communiqué à chacun en particulier la pensée qu'il avait eue de les unir ensemble plus particulièrement pour les fortifier davantage dans le service qu'ils désiraient rendre à Dieu , il les y trouva tous portés avec grande affection, se remettant entièrement à lui de disposer et ordonner tout ce qu'il verrait être le plus expédient pour leur bien et pour la plus grande gloire de Dieu. Sur cela il les convia tous de venir à Saint-Lazare, et leur donna jour pour s'y assembler ; où étant arrivés, il leur déclara plus en particulier ses sentiments sur ce sujet : il leur parla de la nécessité de conserver et cultiver les saintes dispositions où Dieu les avait mis, et les grâces qu'ils avaient reçues en Fordination , les exhortant fortement de se donner à sa divine Majesté, pour continuer toute leur vie ce qu'ils avaient commencé par sa grâce, et pour satisSaire jusqu'à la fin aux obligations de l'état qu'ils avaient embrassé, en sorte qu'il n^ eût point sujet de dire d'aucun d'eux qu'il avait commencé à édifier, mais qu'il n'avait pas eu le courage d'achever son édifice ' ; et qu'ayant été honorés du caractère sacré de la prêtrise , et élevés à un état vraiment saint, qui les dédiait entièrement au service de Dieu, il ne leur arrivât pas ce que le prophète Jérémie déplorait de son temps, que l'or s'était obscurci, qu'il avait perdu son éclat et son lustre, et que les pierres prêteuses du sanctuaire avaient été dispersées et foulées aux pieds dans les rues ^ : ce qui s'accomplit toutefois quand ceux que Jésus^Christ a choisis pour ministres de son Église vienn^t à déchoir de la charité et de la perfection qui doit accompagner leur état ; et que ceux qui approchent plus près de son sanctuaire , et qui sont les dispensateurs de ses mystères, se laissent aller à la dissipation dans les grands chemins du monde, et se rendent méprisables par le dérèglement de leur vie. Ensuite de cela, leur ayant fait entendre que son dessein n'était pas de les porter à se séparer et retirer entièrement du monde , pour demeurer et vivre ensemble dans une même maison , ce qui eût pu recevoir diverses difficultés , mais bien qu'en continuant à demeurer chez eux, ou chez leurs parents, ils fussmit unis ensemble par un lien particulier de cha-

* Iste homo cœpit aedificare , et non potuit consummare. Luc, eap, 14.

* Qnomodo obscnratnm est anrom, mutalus est color opiîmus, dispersi sunt lapides sanctoarii in capUe oflurimn platearvin. Thren., cap, 4.

rite» et par und ca&foriiiité d'exeieiees da ? «rttis et d'enàiiloîs coeWiiaft^ tiques; se proposant à cet effet un même ordre et règlement de Tîe» pour l'observer fidèlement, et par ee moyen se prémunir contre la cc»-ruption du siècle et s'acquitter parMement des oMigations de Icar vocation ; en sorte qu'on pût leur appliquer ce qu'a dit mi prophète : Stellœ dedemnt lumen in custodUs suis, et vùcatœ diaeruni : Adsumuss et luxenmt iili wmjmcmhiiiate , qui feett ilias ; et qa^ik fussent dans FÉglise eomme autant de brillantes ëtmte qui répandusent la lumière de leurs bons exemples dans leurs feniUes» vif anl < une disposition continuelle d'aller travaîBer aux lieux et aux i où ils seraient appelés ; afin que Jésus*Gbrisi» auteur de l^ir saeerdoee, eût sujet d'être content et satisfait de leur service*

Celui qui avait feit la première proposition de ce desaebi à M* Vincent ne se trouva pas en cette assemblée ^ étant pour loir» occupé à tra^ vailler en quelques missions hors de Paris ; c'est pourvoi M. Yinecat lui écrivit la lettre suivait :

< Dieu soit béni, Monsieur, de toutes te gràees et béaMietioia qoi'i répand sur \o^fi mission. IVe vous S6ad»le4*il pas que tani d'ouvriers qui demeurent oisife seraient bien employa en la grande uHitsaoB à bh quelle vous travaillez maintenant ; et que ceux qui comi^aiseent le besoin que le maître de la moisson a d'ouvriers seront coupables du ams de son Fils, qu ils laissent inutUe faute d'application? Oh! fuela pesaée que vous me fites Thonneur de me commumquer ces jours passés a été bien reçue de MM. les ecclésiastiques, de tous lesqu^ nims avms p^ié en général , et de chacun en particuU^ ! Nws les vtmes il y a qninse jours ensemble , et ils résohv^t ce que vous me proposftti^dans une uniformité d'esprit, qui parait toute de Dieu. Je eommen^ mm àkhe<^rs par les paroles que vous me dUcs, sans vc^s nommer, sinm lorsqu'il fallut vous mettre de leur noQd)re , et retenir votre place fwm eux. Ils se doivent encore asjsembiler aujourd'hui. 0 Mon^iew» çi'U y a s^jet d'espérer beaucoup de tûen de cette compagnie ! lous en êtes k promoteur, et vous avez intérêt qu'elle réussîise à la ivoire de Dieu. Priez-le pour cela, s'il vous platt. Monsieur, et pour moi partifittUèrement. >

Ces messieurs les ecclésiastiques &'étant donc derechef asseoiUés le neuvième du mois de juillet suivant^ ils arrêtèrent l'ordre qu'ils devaient tenir dans leur conférence , firent choix de quelques offibriers peur maintenir cet ordre, et déterminèrent le jour du mardi de 4dumue se^ maine, comme le plus propre pour s'assembler, et pour conférer ensemble des vertus et des fonctions de leur ministère. M. Vincent leur donna pour sujet de leur prenûère conférence 7 qui se fit le 16 ^

taèmemriÊ, oilméd Ymptit eetléiiastiqiie» et le ditrita en trofe poiiU. Le premiflr eentinait toi raî^mis et les motift pcwr lesquds il importe aux jHPÉtreê et autrei qui sont dans le» ordres et ministères sacrés d'à-» ▼oir Feapiit eeeUiiafti^ie ; le second , en quoi conôste cet esprtt ; el le iroiMèffie, les mc^ens de Taequérir, de le conserver, et de s'y perfectiaaner. Ce premier s^^et de Conférence, aussi bien que les suivants, et ee Qii'fi y a de ^s considérable toudbant cette assemblée, ftit remar* que par vu des premiers de cette compagnie, qui a foarai les principaux BBécaoïres de» choses qm mus en dirons.

Ces meistem^ ont toujours continué depuis ce temps^à de s'assembler tomes les semaines , et de foire leur eoniérenee sur les sujets que M. Vineenl leur donnait, qui étaient toujours des vertus ou des fonctions propres et eonTCBables à leur condition : et leur manière de parler dans ces eonfiSrences était humble, simple et fismilière, selon le iDomrearait ^pie leur directeur km* en inspirait , et par ses exbortations, ol ptf son «temple : car il avait une grâce particulière de i^rler des vertus, et de tous les sujets de piété, avec efficace et bénédiction : son tegpageétttt simple et sans fiisfte , mais vigreureus et affectif; il n'emploTait pour l'ordinaire aueime étude pour se préparer à ce qu'il avait à dire dansiea conlér^ees, mais il le préméditait seulement devant Btea daM Voraison, d'oà il puisait de grâades lumières, qu'il communiquait aux autres avec grâce. Ses discours étaient fondés sur certains ppîâi^ tiaés derÉcritiire^ainte, et particulièrement des exemples et de» parole» du Fils de Dieu contenus dans les Évangiles, qu'il pénétrait et goûtait d'une hqùa tm^particolière; souvent même il n'ajoutait rien, M fort peu de eboee, à ce que les autres avaient dit , et se contentait de ftlerar quelque bonne pensée , ou quelque parole qui avait été avan* eéo par un aiUre ^ mais il doimatt une nwvelle force, car il traitait les ebose» les pbi» oaaMimnes et ordin^es d'une manière tout extraordi-^ saAre, Aatoe des expressions qui touchaient et portaient coup dans les esprit», et prodfiisaient tovyours de très4)ons effets ; ce qui faisait bien voir que Notre-Seignéur Jésus-Christ partait par sa boudie , et animait »à pttrele, aussi bien que »an ooMir. Entre autres bons efltets qui en réusaissaieat, Tun était d'enker dans son même esprit , et d'agir et parler aamme loi» avac bumiKté, simpiic^ et stecérité : en sorte que dans ces aantéraioes on ne s^étudiait point à laire de beaux discours pour palattre docte et âoqaent, ou pour tsire estimer son e^it; mais on n'y ckerahaît Mbte ebose que rhoaneur et la gloire de Dieu , l'avancement spiritBal des autres, et sa pr<^re humiliation et confusion. Il conseillait peurlai^ ma ecclésiastiques de la conférence de se préparer sur les sui^ mm ptatM par mantèra d'orateon que d'étude ; si ce n'était que la

matière qu'on devait traita* demandât nne application partieriière, et une lecture attentive de quelque bon livre, pour en rapporter ce qui serait de plus utile et de plus nécessaire, comme qu^md il s'agissait des offices et des emplois ecclésiastiques, et d'autres semblables sujets.

f Or, pour attirer plus de bénédiction sur cette compagnie d'ecclésiastiques , M. Vincent jugea à propos d'y établir quelque ordre par forme de règlement. Il porte, entre autres choses, que les ecclésiastiques désirant conserver les bonnes dispositions qu'il avait plu à Dieu leur donner pendant les exercices de l'ordination, avaient pris résolution , sous le bon plaisir et avec la permission de Mgr. rarcbevèque de Paris , de s'unir ensemble, et de faire des conférences en la maison de Saint-Lazare, pour honorer la vie de Notre-Seigneur Jésusr Christ , son sacerdoce éternel , sa sainte famille, et son amour envers les pauvres : et cela en s'eiforçant de conformer leur vie à la sienne , et de procurer la gloire de Dieu dans Tétat ecclésiastique, dans leurs familles, et parmi les pauvres, non-seulement des villes, mais aussi de la campagne, selon la dévotion d'un chacun ;

« Que cette compagnie serait composée seulement d'ecclésiastiques promus aux ordres sacrés, qui n'y seraient reçus qu'après une longue perquisition de leur vie et mœurs : et après avoir fait les exercices spirituels, qu'ils tâcheraient encore de faire tous les ans autant qu'ils pourraient;

Qu'ils s'assembleraient les mardis de chaque semaine, pour conflérer des sujets qui leur seraient proposés, et qui seraient ordinairement des vertus et des fonctions et emplois propres à leur ministère;

• Qu'ils se représenteraient enfin que Notre-Seigneur les avait liés ensemble d'un nouveau lien de son amour, pour les tenir parfaitement unis en lui ; et que pour cela ils devaient s'entre-chérir, se visiter, et se consoler les uns les autres dans leurs afHictions et maladies, et assister à l'enterrement de ceux d'entre eux qui décéderaient , à l'intention desquels chacun des prêlres offrirait trois fois le sacrifice de la Messe, et les autres feraient quelque communion.

« lis se prescrivirent outre cela un petit ordre pour l'emploi de la journée , qui contenait enCre autres choses : qu'ils se lèveraient tous les jours à une certaine heure, après avoir pris un repos suffisant; que tous les matins ils feraient au moins une demi-heure d'oraison mentale , célébreraient la sainte Messe , et ensuite liraient un chapitre du Nouveau Testament à genoux , et tête nue , accompagnant cette lecture de ces trois actes intérieurs, dont le premier est : adorer les vérités contenues dans le chapitre qu'on a lu ; le second : entrer dans le sentiment de ces mêmes vérités ; et le troisième : se proposer la pratique des ch(Ose$

— 44» — qa'elie& emrignefit ; qu'âpre» cela, ils s'appUqœrafeBt à meétuée^i^ valable à leur conditioD ; qu'avatit le ^er ils feraient une petite reeelleetion intérieiire, ou examen particulier; qu'ils emploieraient quelque temps Taprès-dinée à la lecture d'un livre spirituel, et le reste dn tempe à quelques études, ou autres exercices convenables à leur état. >

SECTION IL

LES ^KOQAÈS Dfi CETTE COMPAGNIE, ET LES FRUITS QUI EN ONT RÉUSSI.

Cette compagnie ayant eu de si bons commencements par la sage conduite de M. Vincent, a toujours continué avec de nouvelles béné« dictions que Dieu y a répandues par les mains de son fidèle serviteur. L'on peut mettre entre ces premiers fruits sa multiplication et son accroissement , qui s'est feit en fort peu de temps , en telle sorte que plus de deux cent cinquante ecclésiastiques y ont été reçus pendant la vie de M. Vincent; entre lesquels il s'en est trouvé plusieurs très-considérables, soit pour leur naissance, soit pour leur doctrine, y en ayant eu plus de^quarante qui étaient docteurs en la faculté de Paris. Or, quoique le dessein de M. Vincent et de tous ceux qui la composaient ne fbt point de se produire, mais plutôt d'honorer la vie cachée de Notre- Seigneur, demeurant inconnus autant qu'ils pourraient, travaillant avec humilité dans les emplois les moins estimés, mais les plus utiles et avantageux au salut des âmes, particulièrement des pauvres, allant catéchiser et confesser dans les hôpitaux, dans les prisons ou dans les villages ,• Dieu n'a pas voulu néanmoins que cette petite cité qu'il avait édifiée par la main de son serviteur, sur la montagne de la charité , demeurât longtemps cachée; mais il l'a manifestée en diverses occasions, ainsi que nous allons voir, par les bénédictions qu'il lui a plu verser sur ses emplois, et outre cela sa providence en a ^ulu tirer jusqu'à vingtdeux prélats, tant archevêques qu'évèques , pour travailler très-utilement^ comme ils ont fait et font encore dans leurs diocèses; auxquels on pourrait ajouter un grand nombre de vicaires-généraux , officiers , archidiacres, curés, chanoines, directeurs de séminaires , supérieurs , visiteurs et confesseurs de religieuses ^ qui sont sortis de la i^éme com* pagnie, et qui répandent de tous côtés la bonne odeur de Jésus-Christ par l'exemple de leurs vertus.

Sur quoi il faut observer que c'est principalement du chef de cette compagnie, savoir, de M. Vincent, que cette bénédiction s'est répandue sur tous les membres qui la composent , lesquels , par la dépendance et liaison qu'ils ont eues par ce moyen avec ce père des missionnaires , ont participé en q^elq^« façon mx influences saluUire» qu'il counauni^

Vmi à iMl te MPp» éê li GQii(tr«gati«A « dtlis l««Mi il if tit db le WMMQMiiaat iotnidfiit aette laiate pratique de te^ pMT l'entretenir fur les vertus et tur les defoirs de le^ieenlétU»tique s eu «erte que ? erent ptr expérience le grand bien qui réussisaift de ces eooMrenees spirituelles pour raveneement intérieur des sojets de sa Congrégation, il jugea que Tusage de ces mêmes con^rences ne aérait pas moins avantageux aux prêtres de dehors : et ce fut dans cette vue qu'U rétablit en la manière que nous avons dite en la section précédente* A oe si^et , parlant un }our à sa eommunauté de Saint^Lazare , il dit : c S'il 7 a des personnes au monde qui soient obligées de se servir et de profiter des conférences , il semble que ce sont les prètrea de la Congrégation de la Mission; parce que c'est à eux à qui Dieu s'est adressé pour introduire dans le monde, parmi les ecclésiastiques, cette manière de faire des conférences sur les vertus particulières. Quand je vins à Paris , je n'avais jamais vu de sembables conférences, au moins sur des vertus propres à son état particulier, et pour bien vivre eo sa condition ; mais bien des académies où Ton conférait de quelques pointe de doctrine, et en quelques lieux des cas de conscience. Il 7 a environ cinquante ans que Mgr le cardinal de Sourdis introduisit dans son diocèse de Bordeaux cette manière de traiter de quelques points de la théologie morale, assemblant les curés et les autres prêtres, pour leur donner le moyen de s'en mieux instruire, et cela avec succès i mais sur des vertus propres à son état , et entre des ecclésiastiques du clergé comme nous, il ne s'en était point vu jusqu'à nous, et pour le moins je ne l'ai point vu ni ouî dire. Il est bien vrai que plusieurs bons religieux sont dans cette sainte pratique, ainsi que les anciens moines 7 étalent autrefois ; mais quoi qU'il en soit, c'est à cette cbétive Congrégation qu'il a plu à Dieu s'adresser en ce siècle pour rétablir au dehors, nonseulement comme un antidote propre pour les bons prêtres, qui demeurent exposés pour le service des âmes à l'air corrompu du monde, mais aussi pour les aider à se perfectionner en leur profession. C'est donc à la Congrégation de la Mission que Dieu a ins(»iré de s'exciter et de s'affectionner, en la manière que nous le fiisons, à l'exercice des vertus par les conférences, dans lesquelles on traite des motift deles acquâ^ir^ Ide leur nature , de leurs actes particuliers, des mo7en$ de les mettre en pratique, et enfin des obligations de notre état, tant envers Dieu qu'envers le prochain : voilà quelle est la fin de ces conférenees. Or que serait-ce de nous si nous étions les premiers à les négliger? Quel compte aurions-nous h rendre à Dieu si nous venions à mépriser des moyens si utiles et si efi&caces, que ces anciens pères et anachorètes embrassai^t avec tant d'avidité, ainsi que Cassîen le rapporte dans

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