‹ Vie de S. Vincent de Paul, instituteur et premier supérieur général de la Congrégation de la missionChapitre 67 sur 80 · ISI · texte numérisé non relu

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lai fivff» 4i^fl efe a firil9 il liut quef a^one par ma propre fflepérianoe 4U -il q'j a rteo dt si te^obant ^ ri«i qui m'atteËdrissa tsait , rim d« tmrt ee fue j'antesdé» que }« Us «i qoa ja vm, qui me pëftètre 1 l-égal da aai oQofëreiiees. I

Outre nés pramîen firuito, qui anl été eovne mtérlaBri à a^tte aom*pasoie des eeeMsiastiques qui s-assemMait à Saint^Lazare » il T en a en plusieurs autres tris^eousidérables qu'dle a produits au débats. Et pré» luièrement Ton peut rapporter entre ces fruits les effets salutaires que les bons exemples des ecclésiastiques de cette compagnie ont produits parmi les autres, car ces messieurs de la conférence étant pour la plupart assez considérable^ à raison de leur condition , ou de leur doctrine, ou des diarges et bénéflees qif ilé tenaient dans TÉglise , leur tic exemplaire a été de^rand poids pour porter les autres à les imiter, sort en la modestie de leurs babits et de leurs cbeveux , soit ep leur éloignepaent des compagnies et des façons de faire du monde, soit en leur appiicar tipn aux œuvres de charité et autres fonctions propres de leur mini^ tère ; à quoi un grand nombre d'autres ont été attirés et se sont portifs à faire le s^nblable : ce qui a donné en plusieurs lieux un grand suj^t d'édification.

£n sçoond lieu , M. Vincent a sourent employé les plus savants et les plus pieux de cette compagnie à faire les entretiens de Tordinatlon, ailn que leurs exhortations , qui étaient joihtes aux exemples de leur vie, pussent profiter doublement à ce grand nombre d'ordinands qui se trouvent h Paris, de tous les diocèses de France; voyant d'un c6té ^es modèljss pariaits de la forme qu'ils devaient prendre, et d'un autre appr^ant de leur bouche ce qu'ils devaient savoir et ^ire'pour leur re^ , sembler, £n quoi M, Yincent a imité le grand ouvrier de la nature , qni feU que les fruits d'un arbre produisent d'autres arbres semblables, «tt que les enfents d'un père deviennent les pères d'antres enfants i car cette compagnie d'ecclésiastiques étant une production des premiers exercices de Tordination » elle e^t aussi devenue la cause de plusieurs bons eflfets à l'égard de ceux qui passent par les mêmes exercices.

En troisième lieu, messieurs les ecclésiastiques de la même compv- ^e ont été souvent envoyés m appelés exprès en d'auti^s diocèses pour y travailiier, soit aux exereices des ordtnands, ou aux retraites spirituelles que qudquearuns de MM* les évéques ont ftit faire anx curéi, vieaii'es et aitfres ecclésiastiques d^ leurs diocèses* Quelques^ms mèo)e ita^ aili^ aux champs pour leurs affisâres, se sont servis de rocca^ian ^ Jeiirs voyages pour assembler les ecci^astiques des lieux où Us le trouvaient, et les porter à fairiç entre eux des con^einpe^ ^PiritM^^ tOQfihipt Im» foactîjWiaM wif^om; epume aussi à s'a^ower J^ l'prai-

son mentale, et i la pratique des Tertos conftntnes à leur roeation. Et eomme une des fins de leur eompagnie est de s'employer autant qu'Us pourront pour proeurer le bien spirituel des prêtres , ils ont sou? ent et notablement contribué de leurs soins et de leurs aumônes à l'égard des pauvres prêtres qui se trouvaient non-seulement dans la nécessité, mais aussi dans le désordre, lesquels ils ont portés à une véritable ccmversion , et ont par ce moyen ôté le scandale de l'Église.

SFXTION m.

niVERSES MISSIONS FiUTES PAR LES ECCLÉSIASTIQUES DE LA MÊME COM- PAGNIE EN QUELQUES HÔPITAUX ET AUTRES LIEUX DE LA VILLE DE PARIS.

Comme entre tous les emplois auxquels lés ecclésiastiques puissent s'appliquer, les missions ont toujours été estimées des plus utiles et avantageuses au salut des âmes; aussi M. Vincent écoutait volontiers les oflFres que messieurs de cette compagnie lui faisaient d'y aller travailler, selon qu'ils le jugeraient expédient : et à cet effet plusieurs d'entre eux, avec son agrément, se joignaient aux prêtres de sa Congrégation pour les aider dans leurs missions. De plus , quelques-uns. d'entre eux ont été souvent députés par leur compagnie, pour foire de leur chef plusieurs autres missions en divers diocèses, avec la permission et approbation de MM. les évèques, et particulièrement dans les plus grosses villes, où les prêtres de la Congrégation de la Mission ne vont pas ; leur humilité les ayant portés à ae réserver entièrement pour les pauvres lieux de la compagnie, comme nous avons dit ailleurs. Et il a plu à Dieu donner de telles bénédictions à ces missions, qu'on y a vu souvent des conversions qui ont donné autant d'étonnement que d'édification, par les restitutions , les réconciliations et autres efibts extraordinaires qui s'en sont suivis.

Mais outre ces missions, auxquelles il se sbnt appliquées depu/s trente ans en quantité de villes et autres lieux de ce royaume, ils en ont fait d'autres non moins profitables dans la ville de Paris.

Avant que l'Hôpital général eût donné retraite aux pauvres mendiants, ils en ont assemblé plusieurs ibis un bon nombre, auxquels en distribuant quelques aumônes ils faisaient des instructions nécessaires pour les disposer à iaire de bonnes confessions, et à mener une vie plus chrétienne que par le passé. Ils réussirent particulièrement avec grande bénédiction en la mission qu'on fit aux pauvres Lorrains réAigiés à Paris, dont il a été parlé au premier livre.

Ils en ont fuit aussi aux soldats du régiment des gardes dû roi» qu'ils

fidMient asieBiMer eoi 4h Iteax propras» avec Vagrémeiit de leurs ea^iitailles. 11$ en oDt fiiit encore en divers temps » en plusieurs grands et nombreux ateliers de la même ville de Paris, aux matons et manœuvres qui y travaillaient; ce qui a toujours réussi avec fruit pour le bien spirituel de ces bonnes gens» qui pour la plupart n'assistaimt guère aux instructions et catéchismes de leurs paroisses, et passaient leur vie dans une grande négligence des choses de leur salut. Et pour ne les point défai^iniier de leurs ouvrages. Ton prenait les heures de leur relâche pour les instruire, et pour les disposer à feire de bonnes confessions générales.

Us ont fait diverses missions en plusieurs hôpitaux de la même ville de Paris. Ils commmicèrent dès Tannée 1683 à foire mission dans Thô*pital desQuinze-Yingts, tant aux pauvres aveugles et à leurs femilles, qu'au peuple de la ville qui voulut y prendre part. Ils ont foit de plus quantité de tnissions à diverses fois aux pauvres de l'hôpital de la Pitié, et particulièrement du Refuge , qui étant un lieu de retraite forcée aux femmes et filles qui se trouvaient dans le désordre, avait un particulier besoin d'être assisté pour le spirituel; et c'était le principal motif pour lequel M. Vincent, qui avait grande compassion de ces pauvres misérables créatures, portait volontiers les ecclésiastiques de cette compagnie, non-seulement à leur faire dés missions de temps en temps, mais encore aies visiter les dimanches etfètes, pour leur administrer les sacrements et leur prêcher la parde de Dieu, avec la permission et approbation de Mgr l'archevêque.

Ibont fait aussi une mission à l'hôpital des Petites-Maisons, dans lequel, outre les pauvres aliénés d'esprit auxquels la mission ne pouvait profiter, fl se trouve quantité de pauvres familles avec lesquelles plusieurs habitants du faubourg prirent part aux instructions qui s'y firent. Ce fut en cette mission que l'on composa et rédigea TExercice du Chrétien en une feuille , d'une manière fort succincte et familière, afin que les plus simples et les plus ignorants le pussent mieux entendre et pratiquer. Et il a plu è Dieu y donner une telle bénédiction, que l'on en a depuis distribué dans toute la France et ailleurs jusqu'à des millions, en peu de temps, avec un fruit incroyable parmi les pauvres, et autres personnes de toute sorte de condition.

Ils ont fait plusieurs missions à l'hôpital des galériens à la Tournelle, qui est le lieu où ces pauvres criminels sont conduits, et gardés jusqu'au temps qu'on les mène aux galères : et comme leurs besoins spirituels sont pour lors extrêmes , aussi les instructions et assistances charitables qu'ils ont reçues de temps en temps de ces messieurs leur ont été d'un très-grand profit.

II» itioiiteeMM wptol^f ett toiit te»piiii^ INBS siMritutUei au piu? res aial«dAt 4e l'Hétel-Dieu da Paris t car me 4^1 prisoipalei résebilipiu de leur eonpagnie éUot de proenrer le bien ipjurituel des paiivres. et eeia ne se pouviAt exécuter avee plus de fruit 411e dans l'Hdtel-Diett de Paris» où il jr ea a vn très-gratid nombre» il fnt premièreBient résola entre inul d'y aller tous m eorps» pour porter et disposer les pauvres malades à fiûre des eonfessiens gfoérales; epsujle ib doutèrent de temps en temps quelques-uns d'eirtre eni, pour y al^ 1er tpus les jours, et continuer cette même charité 1 et tous les vendredis il y en a eu toiqours quelques-uns de cette compagnie qui ottt été employés pour y faire des esdboitatiw^et des cÉtéchômea auxconva- Jbseôeirts. £nfin ces messieurs, de l'avis de M» Vincent, et par eoncert avec lui» y firent une mission Mtière en Tannée 16W^$eloQ le désir qu'en avaient témoigné les supérieurs» tant pour les mdades, oficierset serviteurs» que même pour les religieuses de cet hdpital» auiquellesils Isisaîent des conférences spirituelles trois fois la semaine.

Enfin les pauvres mendiants ayant été renfermés dans}'Bôpîtalg6néraU et le premier recteur de cet hôpital ayiunt été tiré de cette compagnie, comme Tintention de tous ceux qiû ont contribué à ce grand innvre, et particulièrement de messieurs les administrateurs et directeurs nommés par le roi , était non-seulement de pourvoir à la mendî- ' eité et 4e retrancher tous les désordres qu'elle produisait, mais aussi de procurer le bien spirituel des pauvres qu'on enfermait» et de travailler efficacement à leur salut, il fut jugé expédient et même nécessaire dés le oommeneanent de cet établissement de &ire des missions dans tontes les maisons de cet bdpitid : a quoi messieurs les ecclésiastiques de cette coo^aignie s'employèrent avec un très^grand zèle, et un soco^s plein de bénédiction. Et comme il entre tous les jours de nouveaux pauvres dans cet hdpital, et qu'il ^ sort aussi plusieurs» on y a souvent réitéré les missions ; et outre les assistances presque eontimelles que les ecclésiastiipies de cette compagnie rendent pendant le cours de Tannée dans toutes les maisons de cet hôpital» y allant ordinairemeiait lei dimanabes et ffttes pour iprécber rt confesser, et en d'autres ocfasJOB]^, auxqueltes ik ont été eràviés par celm qui a succédé au premier recteur» lequel a aussi été tiré de la même compagnie^ il ne s'est guère passé d'années qu'ils n'y aient fiât queiq^ mission, selon que le recteur Va jfft^ lexpédfeiit pour leplus grand bien des pauvres.

SECTION IV

QUELQUES FRUITS BEMÀRQUABtES ]>E BEUX MISSIONS FAITES PAR I^ES ECCLÉSIASTIQUES BE LA MÊME COMPAGNIE.

G'tMt pour abréger, et faire f oir eomine un éebaataioB des béoëdiotioBs qu'il a plu i Diea donner 1 ees eecMtiasttqiief, trayaillapt sous la dire<^n et seioB l'esprit de M. Yineeirt, que bous rapporterons leuleiraent tei ee qui s'est passé de plus re&iarquable en deux missions qu'ils ont faciles, laissent toutes les autres, pour ne pas ennuyer le teeteinf des reditfis qiâ seraient inévitables*

Il Y afdusieurs années qu^ ces ibessieurs ayant entrepris de fsire D|i^ «on d^ns un gros bourg qui était habité pour la {dupait d'ofteiersd^ Justiee et de esèaretiers, ils j trouvèrent beaucoup de désordres panai les uns et Ips autres. Les eabaretiers étaient comme en possession de reœvoir impunément les habitants du lieu pour boire et ivrogner les jonvrs des diniaiiahas et ffttes pendant le service divin. Et pmu' ce qui eat des officiers de fustice» il 7 avait de grands abus qai allaient jusqu'au scandale. Les juges allai^t boire et manger avec les pariieS) qui les traitaient dans les oabarets. Les procureurs n'en faisaient pas moins, et ne voulaient travailler pour leurs parties que dans ees mêmes cabarets, où ils se faisaittOit traiter sans aueune diminution dateurs droits, et usaient de tant de sortes de chicaneries pomr prolonger leurs procès, ipié souvent il se trouvait qu'un pauvre paysan avait nupséâmit son bien tti frais avant que son procès fût en état d*étre jugé > et êes jugements ne le rendaient inresque point à l'andiciice, maisibufattatelit toujours i^ptiintef les parties pour en tirer plus d'argent et les eonsomer toutenfk*aiat

Les sergwts ne faisaient pas imim de désordres et d'i&ifastteess ee ^ avait teUement décrié tom to cAsieis de ce lieu^là^que^ seloaie commun proverbe du pays, le lieu où se tenaient les séances pour ren^ dre la justiœ était appelé un pUie^ifm%fÊr^

(k voiai ce que les eedésiastiques de cette compa^iie» ou phitât Btan par eux , fit pour remédier à tous ces désordres* PremièFemeBt ils part^n^t fortwient w {duiieurs de lemrs prédicati9Qi MSipàst Tabus etle désordre qui se commettait <^a les eabaretiers ttiSt joui!s; d»diman ebes «t fètesf Ils {Mmnidèrentiq^ àeeini pétait chef de Itpoltoede faire un règlement et des défenses telles qu'il était nécessaimaur ee auîat{ 4e ftâre^hii<fiiém# la visita de» cabarets dans œs jours-là» etdftpunir p« ^iMP^s ^ litres peines tant les eiiber«4î«r« que i^edK ifufita f mi^ MotMiwalpeiiipM^

Après cela Us fkirmt voir le prétôt, qui était le premier mac^trat du lieu, et eurent diverses conférenees avec lui, dans lesquelles ils lai re^ montrèrent qu'outre la gloire de Dieu et le devoir de sa conscience , il y allait de son honneur et même de son intérêt de ne pas souflfrir ces désordres et toutes ces injustices, et de prendre une forte résolution de travailler à les déraciner. Enfin ils lui persuadèrent d'employer sonaalorité et imposer des peines , soit d'amendes , ou interdiction aux proeureurs , sergents , ou autres officiers de justice qui manqueraient à leur devoir ; leur faisant défense d'aller avec leurs parties dans les cabarets, tebant lamain à ce qu'ils ne prolongeassent les procès par leurs chica:neries, et jugeant aux audiences tous les procès qu'il pomrait, sans les appointer à écrire , qu'en une absolue nécessité. Après quoi comme parmi ceux qui travaillaient en cette mission il y en avait qui appartenaient à des présidents et conseillers du parlement, ils lui donnèrent assurance qu'en cas qu'on interjetât appel des règlements qu'il ferait m des amendes et peines qu'il imposerait pour'ce sujet , l'on s'emploierait pour les faire maintenir et autoriser par les juges supérieurs. Ce qu'A promit d'accomplir , et d'y être ferme et constant à l'avenir.

Ensuite ils firent assembler tous les procureurs du lieu, et dans une conférence qu'ils eurent avec eux, ils leur représentèrent la nécessité qu'il y avait de réformer tous ces abus et désordres auxquels ils se laissaient aller, qu'ils ne pouvaient absolument faire leur salut tant qu'ils demeureraient en cet état , et que même on ne pouvait pas licitement ni validement leur administrer le sacrement de pénitence s'ils ne prenaient uneentière et ferme résolution de se comporter autrement qu'ils n'avaient fait, et d'obéir simplement aux règlements qu'on leur devait prescrire sur ce sujet. Enfin ils les exhortèrent et prièrent instamment de faire de leur bonne volonté et pour l'amour de Jésus-Christ ce à quoi M. le prévôt pouvait les obliger, et même les contraindre par l'autorité de sa charge : à quoi ils acquiescèrent et le promirent de grand cœur.

Ils eurent une semblable conférence avec les sergents, lesquels leur présentèrent une grande liste de tout ce qui regardait la fonction de leurs charges, qui contenait vingt-cinq ou trente articles, à la marge de chacun desquels l'on écrivit la manièreselonlaquelle ils devaient s'y comporter ; à quoi ils se soumirent tous , et, pour ime marque plus assurée dé leur somnission , ils en dressèrent un acte, auquel tous souscrivirent:

Après ces ccmférences et les résolutions qui y furent prises, tous ces otfiioiers de justice se présentèrent au sacrement de pénitence , avec grande édification pour le public. Et l'on a su depuis que toutes ees

Digiti

choéeà avaient été exécutées et observées avee me telle exaetitnde « que même le préirôt n'épargna pas son propre père » qui était proeureur , rayant en pleine audience condamné à Tamende pour avoir voulu dans un procès user de quelques chicanes et employer des formalités inutiles.

L*aatre mission dont nous avons à parler dans cette section se fit an faubourg Saint-Germain de la ville de Paris en Tannée 1641 , à laquelle les ecclésiastiques de cette compagnie travaillèrent avec grande bénédiction. Ce faubourg était alors comme la sentine » non-seulement de Paris , mais presque de toute la France , et servait de retraite à tous les libertins, athées et autres personnes qui vivaient dans Timpiété et dans le dé8<Mrdre; la grands difficulté d'y apporter remède, qui passait dans Tesprit de plusieurs pour impossibilité morale, leur donnant occasion de se licencier en toutes sortes de débauches et de vices avec une entière impunité. Une dame de grande vertu , touchée de ressentiment de tant de péchés énormes qui se commettaient contre Dieu , en déchargea son cœur à M. Vincent , et, connaissant les effets admirables que Dieu opérait de tous côtés par ses missions , elle lui proposa la pensée qu'elle avait eue qu'on en lit une dans ce iaubourg. M. Vincent lui représenta que cda ne se pouvait pas itaire par les siens, lesquels par leur institutne devaient point faire mission dans les villes épiscopales, et que d'ailleurs il voyait desobstacles et des difficultés presque insurmontables à entreprendre an tel ouvrage dans ce faubourg, eu égard à tous les désordresquiy régnaient et au peu de disposition qui s'y trouvait. Cettedamenedésista point pour cela, mais redoubla ses prières avec de si fortes instances, qu'enfin M. Vincent, croyant que c'était Dieu qui l'inspirait d'agir delà sorte, en parla à la compagnie des ecclésiastiques qui s'assemblent à Saint-Lazare, et leur proposa d'entreprendre cette mission. Ils y ressentirent d'abord beaucoup de répugnance, et représentèrent à M. Vincent diverses raisons très-fortes pour lesquelles ils n'estimaient pas se devoir engager à une telle entreprise, de laquelle , selon toutes les apparences humaines, ils ne pouvaient attendre aucun bon succès. Néanmoins M. Vincent, après avoir beaucoup recommandé cette affaire àNotre- Seigneur , persista dans ses premiers sentiments, et leur dit qu'il y avait sujet de croire que Dieu demandait d'eux ce service, et que sa bénédiction et sa grâce pouvaient surmonter tous les obstacles, et en tirer quelque grand bien , malgré tous les efforts de la malice des démons et des honomes. Et voyant que sa fermeté faisait peine à quelques-uns de ceux qui avaient opiné au contraire, il se mit à genoux, et demanda pardon à toute la compagnie de ce qu'il avait été si misérable que d'avoir trop éoatenu son sentiment, mais qu'il avait été pressé î&té-*

riflonnMt df le frire aûiii, parM qall ero MTioede leur piété et de leur lèle. Le griDde tamflité. de ee saint boouae fit un tdefltt sur les esprits, qoecmix quiéCdeot les pk» opposés à cette missMMi donnèrent eossitAt les mains» et d'un eommim coo^ sentement, par nn esprit de soumission, résolurent de rentreprmdre. Mais avant que de la commencer» ils oonoertèrent avec M« Yineent de tout ee qu'ils y afaimt aflSiire, voulant ab^dument se eonduire sek» ses a? is et ses ordres. Et» ce qui est digne de remarqoe, lui ayant de> mandé de quelle ftçon et avee quelle méthode ils devaient faire les pié^ dications et les eatéchinnes, vu que les persMnes auxquelles ikiaraient à parler étaient bien diffirentes des gens delà eampagne, et qu'ils seraient exposés aux censures et répréhensions de phttiaors, ce grand senritemr de Dieu leur répondit que la hqan et la mMiode qu'il estimait la plus propre et la plus utile était d'agir avec la mèoBe simidieité qu'ils avaient ftiit dans toutes les autres missions» auxquelles îl avait plu à Dieu donner tant de bénédiction : que l'esprit du monda dont ce faubourg était rempli ne se pouvait condiattre ni abattre avec fins de succès que par l'esprit de Jésus-Christ ; qu'ils devai^t entrer dam tes mêmes sentiments, et chercher comme lui» non leur propre glohre M«r time» mais uniquement la gloire de Dieu ; mais se mettre comme M dam la disposition d'embrasser les abjections et les mépris, et même de souffrir les contradictions et les persécutions , si telle était la volonté de Dieu 'y prêcher et pari^ comme lui » simplement et familiêsenieAt» avec humilité et diarité» et que par ce moyen ils pourraient avoir eatta eônftance que ce ne serait point eux» mais Jésus*Christ qui parlerait par eux 9 et qui se servirait d'eux comme des instruments de sa misâioûrde et de sa grâce pour toucher efficacement les cœurs les plus endurcis et convertir les esprits les plus rebdles»

Ceà meideurs reçurent tous ces avis eomme si Jésus-OuM leur ett parlé par la bouhe de son serviteur. Ils commeaeirent donc à travriHet à cette mission dans un parihit acquiescement à la vdonté de Dieatt vme grande e<mftance en sa bonté : il lui phit aussi y verser des Maédio^ tkms toutes extraordinaires » et communiquer des grâces si aboidantes et si efficaces qu'elles opéraient das cMverstons presque miracaleoses, dent ceux même qui travailtaient à cette mission étment tout remplis d'Aonnement» voyant û peu de proportion entre les moyras qu'ils cmptaqraieiit etlMciats qui en réussissaient i car» outre le grand eonaaurs qu'A y avait ordinairement à lemrs prédications et eatéchisaMa, qaoiqu'ib lès fsseM d'une tnaniàre fort sim^ et tuaSière» scloii les avii de M. Tinoeiil, ib étaient smpris d'admiration voyant ensuite des pértiaui» iav^tMB» des uiumrs eadvietoi dfii» fennei atMWdowdes» des

XsWl «UBv QW tlf UIVBV JPWW ^TWraw AVWU Tsw WW SW UVUUl VU V9 f wlIIIU iKvv

hommes sans foi et sans Dieu, quf se Tenaient jeter à leurs pieds» les yeux tout baignés de larmes et le cœur TiTement touché du regret; de ietlrspéchés» qui demandaient miséricorde. L'on poufatt bien reconnaître par làf et dire avec vérité : Digttus Det hic est, ou bien , Non manus nostra, sed Dominas fecit hœc omnia. Et certes s'il ibllait rapporter en détail tous les biens qui se firent en cette mission , toutes les fsonversioQs , réconciliations, restitutions» etc«, il y aurait de quoi reo»plir un volume. U suffira de rapporter ici une ehose très-digne de remarque qui arriva à la fin de la sûssioB. Un bourgeois de Paris ayant eu dévotion d'assister à toutes les acti<ms qui s*y étaient fcites, et ayant TU les grands biens que Dieu y avait opérés» en fiit tdlement touché qu*U Tint un jour dans la maison où ces ecclésiastiques prenaient leurréfiectiott, et ayant demandé à parler aux principaux d'entre eux, il leur dit qu'il était booune veuf > Dieu ayant retiré de ce monde sa femme et 9e$ enfimts » et qu'il venait leur offrir tous ces biens temporels , qui consistaient en sept ou huit mille livres de rente» et sa personne même pour les servir le reste de sa vie , pourvu qu'ils voidussent toijours demeurer ensemble et eontimier en d'autres lieux le travail qu'as avaient ftût en ce fisubourg» ajoutant 91'il ne croyait pas pouvoir rendre a Dieu un meUleur servioe ni {ffocurer un pins grand bien à l'Église, ni par oonsétpent mieux employer sa personne et ses biens. On le remercia fort affiectueusement de cette bonne volonté, et on lui représenta que, quoique tous ceux qui avaient travaillé à eette mission fussent dans la résolution de servir IMeu toute leur vie en des emplois sesdilahles , qu'ils ne pouvaieirt pas néanmoins pomr plusieurs raisons se lier ensemUe en la manière qu'il désirait, et que Dieu néanmoins aurait bien agréable sa bonne volonté.

La providence de Dieu voulut se aervir de cette mission» am-sedement ponr les Uens qu'elle opéra pour lors» mais aussi pour disposer le fonbourg aux bénédiotions et grâces i^'il xoriait y répandre dans la euitodu temps, parleoÉii^rede M. l'afebé (Hier» lequel^ peu après, lUoppelé à la cure de Samt-Suipioe» oà^ avec messieurs de sa eommu* nautéet de son séndnaire, iLanMMeuteaBMteQnserni, mais au^nenté «t perfoatioaBé le bien qvi araiC été fttt en eette oHMion.

SECTION V

LA dOMPAGNIK DES ECCLÉSIASTIQUES QUI s'aSSBMBLENT A SAINT-LAZARE A DONNÉ COMMENCEMENT A PLUSIEURS AUTRES SEMBLABLES COMPAGNIES QUI ONT ÉTÉ ÉTABLIES EN DIVERS DIOCÈSES.

Gomme c'est le propre de la eharité de se communiquer, aussi ces Ixms ecclésiastiques, étant animés de cette vertu, en quelques lieux qu'ils se trouvassent, étaient dans un désir cratinuei de rendre tes autres participants du même esprit que Dieu leur avait communiqué par l'entremise de M. Vincent. De là est venu que plusieurs d'entre eux se rencontrant en d'autres diocèses, soit qu'ils y fussent allés pour leurs aflàires particulières, soit qu'ils y eussent été appelés pour travailler aux missions ou pour remplir quelques charges ou bénéfices, tâchai»^ en toutes occasions , de porter les autres ecclésiastiques à faire des assemblées entre eux, avec la permission et l'agrément de leurs éFéques, pour conférer et s'entretenir ensemble de tout ce qui pouvait concmieT les vertus et les emplois propres de leur état. Et même plusieurs prélats ayant eu connaissance (de grands avantages que ces conférences peu* valent produire dans leurs diocèses, les y établirent , non-seulem^t dans leurs villes épiscopales pour le clergé de leurs églises, mais encore en divers lieux de leurs diocèses, pour les curés et vicaires de la campagne.

Or, pour faire voir quelque petit échantillon des fruits que ces assem* blées et conférences ont produits dans les lieux où elles ont été établies hors de Paris, nous ra^[K)rteroiis ici les extraits de quelques lettres qui ont été écrites sur ce sujet.

Feu M. l'abbé Olier, qui était un des premiers de cette conférence de Saint-Lazare , étant allé faire mission dans les lieux dépendants de soa abbaye de Pébrac en Auvergne, avec quelques prêtres de la Congrégation de la Mission, et quelques autres de la Conférence, en l'année i6$ê, il porta messieurs les chanoines de l'église cathédrale du Puy à fHtner une semblable compagnie, et leur donna les mêmes règlements, accommodés néanmoins à leur profesMon de chanoines ; et à cesifjet ils écrivir^t une lettre à messieurs les ecclésiastiques de la compagnie de Paris, contenant que, M. l'abbé de Pébrac leur ayant fait récit de ce qui se pratiquait en leur compagnie, ils en avaient con^^u un très-grand désir de l'imiter; que pour cela ils s'étaient prescrit un règlement à peu près conforme à celui de Paris, à la réserve de quelques articles qu'ils avaient ajustés à leurs exercices particuliers, lesquels ils leur ^voyaient, les suppliant de les voir et d'y changer ce qu'ils jugeraient à propos, et 4^ les

associer à leur eompagnie» leur Cûstnt |M(rt{de iem pri^^et sah erifices.

Le même sieur abbé» éerivant aux ecclésiastiques de la compagnie de Paris sur le sujet de celle qui avait été nouvellement établie au Puy : « Vous êtes établis, leur dit-il, par Notre-Seigneur dans la ville de Paris» comme des lumières posées sur un grand chandelier pour éclairer tous les ecclésiastiques de la France; à quoi vous devez être particulièr^nent encouragés par les grands fruits et profits spirituds que fait, dans la ville du fuj, la compagnie de Messieurs les ecclésiastiques , qui ont heureusement participé à votre esprit. Us donnent des exemples de vertu qui ravissent toute la province : les catéchismes se font par eux en plusieurs endroits de la ville ; la visite des prisons et des hôpitaux y est fréquente ; et à présent ils se disposent pour aller Êûre des missions dans tous les lieux qui dépendent du chapitre. Je démeure confias, voyant leur zèle, et de ce qu'ils désirent que j'aille faire l'ouverture de cette mission, en étant si peu capable. »

Messieurs les chanoines de Téglise cathédrale de Noyon ayant formé une semblable compagnie par les soins de M. Bourdîn ». docteur en théologie et archidiacre de cette église, qui était aussi du nond)re des ecclésiastiques de la compagnie de Paris , leur écrivirent, au mois de novembre 16S7, en ces termes : c Messieurs,voici un petit ruisseau qui retourne à sa source ; nous prenons la liberté de vous parler de la sorte , puisque notre petite assemblée naissante ne reconnaît , après Dieu , autre principe de son établissement et de son être, que votre vénérable compagnie, dont la renommée, les saintes pratiques de charité et de piété qui s'y exercent continuellement , les avantages singuliers qu'en rei^oit la sainte Église, les fruits incomparables qu'en retirent les ecclésiastiques qui ont le bonheur d'y être admis, nous ont excités d'en établir une semblable parmi nous. Pour ce sujet nous nous sommes assemblés plusieurs fois , et après avoir bien concerté et enfin conclu l'affaire » nous avons dressé ce petit règlement que nous vous envoyons ; et, bien que nous ayons tâché de le conformer au vôtre et ajuster le plus que nous avons pu à la condition des chanoines et des autres ecclésiastiques; néanmoins nous vous supplions humblement nous faire la charité de le voir, rexaminer» y ajouter, retrancher et changer ce que vous jugerez à propos. Quand il aura passé par votre censure , nous le suivrons avec plus d'inclination et d'assurance. Au reste', nous ne saurions vous exprimer les obligations que nous avons à sa divine bonté de nous avoir inspiré un désir si avantageux, et à vous , Messieurs, de nous avoir donné un si bel exemple , et frayé un eheann si favorable et si assuré pour nous porter aux saints devoirs de notre condttion. Mous en béurons à jamais, Dieu lôdint, sqq

élirtMitepiwitelie, «i tMenn de Ktenii^ nos prières , le bénéfice singulier que nous avons re<;u de vous. Cepea* diot permettei-neus eùoore , Messieurs , de prendre eette liberté j q^e de f DUS demander par écrit le résultat d'une de vos conMrraees sur l'esprit particulier de votre compagnie, afin que nous puissions tous nous bien revêtir de cet esprit , sans lequel nous ne pourrions jamais bien réussir en notre ^treprise. Nous demandons encore I votre eha* rite qu'il vous plaise nous assure!* de votre association ^ et de nous lUre part de vos saints sacrifices et prières , ut qut cc^it fn nobU opus homun, ipte perfictat soHdetque y ce sont les obligations éterndles que nous vous aurons , etc. »

Les ecclésiastiques de la ville de Pontoise ayant formé entre eux une pareille association , en écrivirent à M. Vincent, au mois de mai de l'aunée i6tô , par la plume de l'un des principaux de leur compagnie, en ces termes :

« La petite compagnie de là Conférence des ecclésiastiques de Pontoise m'a obligé de vous écrire , pour vous témoigner les satisfeetkms que nous ressentons. tous de notre petite assemblée. Il faut que je vous confesse qu'au commencement nous ne savions pas encore ce ^e c'était; mais à présent nous goûtons tous les jours de plus en plus les grâces et les bénédictions qu'il plaît à Notre-Seigneur d'y verser. Nous voyons tous quel profit nous en peut arriver en notre particulier, et d^ns tout le corps de l'Eglise. C'est à vous. Monsieur, à qui, après Dteo, nous avons toutes les <d)ligations de nous avoir reçus pour être associés à votre bonne et vertueuse campagnie de Paris. Nous avons tiré de voos les premières instructions pour cette petite compagnie, qui nous ont servi de semence pour produire plusieurs biens qui s'y présentent tons les jours à faire, et auxquels Dieu donne accroissement et bénédiiAion. Nous vous demandons une grâce , qui est que , comme nous ne sommes encore que des enfants en la vertu, qui n'avons pas assez de force pour nous soutenir et pour nous conduire , il vous plaise nous accorder défais à autre la visite de quelqu'un des ecclésiastiques de votre compagnie de Paris , qui nous apprenne à marcher avec plus de solidité dans les exercices que nous commen^ns tous avec grand courage. Nous vous décoor vrons ainsi notre faiblesse, afin cpie vous nous fassiez le bien *de nous vouloir assister. »

Une semblable compagnie ayant été établie en la ville d'Angoolème , Ton des ecclésiastiques qui la composaient écrivit la lettre suivante, en l'année 1644 , à M. yineent , au nom de tous les autres :

c Notre compui^ie , lui dil41 , a eru ne devoir pas dilKrer plus loofl^ tenfM à f Mi rendra «a» dmroifs, et f<ms témoigner ^u'die lie ee iieeoti-

Mit im d^fM éè llioiilitor qiM TMS loi Mies, de prendre part en ee qui tooehe «on a? aneement et la perfeetion. Elle tous rapplie très-htimbleaaent » Monsieur, de lui permettre qu'elle vous reeonuaisse pour son grand^pdre , puisque e'est un de vos enfhnts de qui Dieu s'est serti pour la mettre au monde ; et que vous ajoutiez encore eette obligation k la première , de la regarder non comme une^ftrangère , mais comme votre petite^fille, et de dire en sorte que eette belle et illustre compagnie de Paris, qui est comme votre fille ateée, ne dédaigne pas de la tenir pour sa soeur, quoiqu'elle lui soit inférieure en toute manière. >

Nous laissons quantité de semblables lettres écrites d'Angers, de Bordeaux ^ et d'autres villes de ee royaume , et même d'Italie, où de pareilles compagnies et conférences ont été établies k Texemple de celles de Paris I et nous finirons ce chapitre en rapportant les sentiments que M. Godeau , alors évéque de Grasse , et maintenant de Vence » témoigna de eette compagnie , en l'annfe 1637, par la lettre suivante , qu'il écrivit un peu avant son départ :

« Messieurs, je pensais bien aujourd'hui avoir l'honneur de vous db*e adieu» mais je suis tdlement accablé d'affisires, que je ne me saurais donner ce contentement. Trouvez donc bon , s*il vous platt , que ]e vous conjure par eette lettre de vous souvenir de moi dans vos sacrifices ; et croyez que je tiens à une bénédiction singulière d'avoir été re<;u parmi vous. Le souvenir des bons exemples que j'y ai vus et des choses excellentes que j'y ai entendues rallumera mon zèle quand il sera éteint, et vous serez les modèles sur lesquels je tâcherai de former de bons prêtres. Continuez donc vos saints exercices dans le même esprit, et répondee fidèlement aux desseins de Jésus-Christ sur vous , qui veut sans doute renouveler par votre moyen la grâce du sacerdoce ai son Eglise. »

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