CHAPITRE V
Institution des fiUes • servantes des pauvres malades, -r- Distributions de secours dans les guerres civiles. ! ■
A côté de ces ''congrégations de charité prises dans les hautes classes de la société , nous avons vu que Vincent de Paul établit' la sainte institution des filles servant^ des pauvres malades. Elle avoit pour objet de seconder par des services continus la charité nécessairement un peu distraite de femmes vertueuses ■quri en se consacrant au sérvice ’des pnuvrés'i rte pouvoient cependant abandonner les soins de leurs familles. Cette.institution fut approuvée par l’archevêque de Paris qni en plaça la direction suprême dans les mains de saint Vincent. « Et d’autant , dit le prélat dans son mande-, ment , que 'Dieu a béni le travail que nolVe Irés-aimé Vincent de Paul a pris, pour 'faire réussir cc pieux dessein , nous lui avons confié et comme par ces présentes, confions et con>j
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mettons la conduite et direction de la susdite société et communauté. »
Une fois chargé du noble fardeau d’uno telle direction , Vincent de Paul en apprécia loute.s les obligations, en comprit tous les devoirs : le troupeau des saintes Qlles commises à sa garde étoit animé du plus beau dévouement; mais le zèle le plus vif a besoin d’être dirigé dans ses œuvres. Dans le règlement primitif qu’il donna à cette communauté, le serviteur de Dieu leur recommande l’obéissance h leurs supérieurs et h messieurs les curés ; l’indifférence pour les lieux, les emplois et les personnes; la pauvreté, les habitudes de la souffrance, la patience pour supporter de bon cœur les incommodités, contradictions, moqueries, calomnies et autres mortifications qui peuvent leur arriver, même pour avoir bien fait.
Ces règles générales ne lui paroissoient point encore suffisantes pour diriger une communauté entière; il lui- falloit , pour ainsi dire , assigner à chacune de ces saintes filles un office jjarticullèr. Nous avons sous les yeux six règlcxncns différons ; le premier, pour les sœurs qui assistent les malades des paroisses; le deuxième, pour celles qui tiennent les écoles ; le troisième,
f »our les filles qui ont soin des enfans trouvés ; e quatrième , pour le service de rHôlel-Dieu de Paris ; le cinquième , pour les sœurs qui sont h l’hôpital des galériens, et le sixième , pour celles qui servent les malades dans les autres hôpitaux du royaume. Ces règleincns leur indiquent les services qu’elles doivent remplir dans tous ces offices différens,' les occasions (ju’clles doivent éviter ; enfin la pieuse sollicl-
tiule de leur pasteur s'étend jusqn’h ce (ju’elles doivent faire et dire pour bien nourrir, panser et cansoler tes pauvres, grands et petits, sains et malade^. L’iiistoire contemporaine a remar-
3 lié que les règieinens qui sorloient des mains é saint Vincent étoient des chefs - d’œuvre de perfection, et toujours l’expression d’une longue expérience; ils pouvoienl servir, selon la
E ensé© d’un saint prélat, de manuel à la sainte umanité dm chrétien. La pièce qu’on va lire est curieuse en ce qu’elle précise en peu d’articles tous les devoirs des filles de fa Charité. «Les bonnes sœurs considéreront, dit - il , qu’encore qu’elles ne soient pas dans un monas - 1ère, cet état n’étant pas convenable aux emplois de leur vocation , néanmoins parce qu’elles sont beaucoup plus exposées que les religieuses cloîtrées et grillées, n’ayant pour monastère que les maisons des malades; pour cellule, quelque pauvre chambre , et bien souvent do louage; Dour chapelle, l’église paroissiale; pour cloître, les rues do la ville; pour clôture , l’obéissance ; pour grille, la crainte de Dieu, et pour voile , la sainte modestie ; pour toutes ces considérations, clics doivent avoir autant et plus de vertus que si elles étoient professes ' dans un ordre religieux : c’est pourquoi elles lâcheront de se comporter en tous lieux avec autant de retenue et d’édification que les vraies religieuses dans leur monastère; et pour obtenir de Dieu Cette grâce , elles doivent s’étudier è 1 acquisition de toutes les vertus qui leur sont recommandées par les règles, et particulièrement dune profonde humilité , d’une parfaite obéissance et d’un grand détachement des créatures ,
cfèürto'dt éHes useront de toutes les précautions possibles pour conserver parfaitement ta cbasteté 4u corps et du cœur. Elles penseront souvent à la fin principale pour laquelle Dieu a Voulu qu’elles fussent employées en la poroisso O*» elles se iroureront , (pii est de servir les pauvres nralsdes, non-seulemeni corporellement maiseocore $piritaellement,en veillant h ce qu'ils reçoivent de bonne heure les sacremens; en sorte que tous ceux qui tendront à la mort , partent de ce monde en >boa état « et que ceux qui guériront prennent la' résol ution^ de bien vivre à l’arenir : et pour mieux leur procurer ce seccmrs spirituel elles y contribueront autant que leur petit ponroir et te peu de temps qu’elles ont pour cela le leur permettront , et selon que ta (foalité et la condition des malades le requerront. Or, le seconrs qu’elles tâcheront de leur donner sera partieulièrement de les consoler , encourager et instruire <tes choses nécessaires pour leur salut , leur faire répéter des actes da foi , d’espérance et de charité en* vers Dieu et enversdo prochain , et do,contrH lion,* les exhorter à patronner à ieuv ènhemis , et & demander pardon h ceux qu’ils oai offonsés; b se résigner eu bon plaisir de Dieo, soit pour souffirir , soit pour guérir , soit poor moorir , soit pour vivre , oi autres semblables actes, non tou» b la fois , mois un pe» chaque }our, et te plus süccincicmcffl qn’ri leur sera pesibfe , de peur de les em»%er. » ‘
Dans des rnstructiohs particiflièrds , qui expriment toujours une grande sollicitude pour les miles t^ayactx de ces saintes filles , voici comment s exprime saint Vincent de Paul : « Une
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fille de la charité a besoin de plus de vertus que les religieuses les plus austères-; il n’y a point , en effet , de religieuses qui aient tant d'emploi qu’elles en ont , car elles travaillent d’abord à leur propre perfection comme les Carmélites ek autres communautés semblables; elles s’occupent du soin des malades comme les religieuses do rilôtel'Dieu de Paris , et de l’instruction des pauvres filles comme les Ursulines. » Une lettre, qui nous reste de saint Vincent, nous fait encore eonnoitre les devoirs des saintes filles de la Charité. * Je prie Notre Seigneur, dit-il, qu’ildoone sa sainte bénédiction à<nos très-chères sœurs, et qu’il leur fasse part de l’esprit qu’il a donné aux saintes dames qui coopèrent à l’assistance des pauvres malades et à l’instruction desenfàns. O bon Dieu I quel bonheur pour ces bonnes filles d’aller'continuer aux lieux où elles sont envoyées la charité que Notre Seigneur a exercée sur la terre ! O que le ciel se réjouira de voir celo I et que les louanges qu’elles auront en l’autre vie seront admirables 1 Avec quelle sainte confiance .paroUront-elles au jour du jugement , après tant de saintes œuvres de charité qu’elles auront exercées 1 CeKainement, il me semble que les couronnes et les empires de la terre ne sont que.de la boue , en comparaison du mérite et de la gloire dont il y a sujet d’espérer
qu’elles seront un jour couronnées li faut
qu’elles se comportent dans l’esprit de la Sainte Vierge , en leurs voyages ét en leurs emplois ; qu’elles la voient souvent des yeux de 1 esprit et qu’elles fassent toutes choses , ainsi qu’elles. SC représenteront dans la pensée que pourroit faire celte très-sainte Dame ; il faut qu’cites c^i»
sidèrent - surtout sa charité et son '^bmnilité; qu’elles soient bien humbles à l’égard de Dieu , cordiales entre elles , bienfaisantes è tousi et portent l’édilication en tous lieux; qu’elles fassent leurs petits exercices do piété tous les matins, qu’elles disent leur chapelet et portent avec elles quelques livres de piété pour les lire en chemin ; : qu’elles contribuent aux entretiens qui se feront de Dieu et nullement à ceux du monde . et moins encore à ceux qui seront trop libres; enfin qu’elles soient des rochers contre les familiarités! que les hommes voudcoient prendre avec elles. » i ' .>-1 ; ■ ..'iri.'-v')
Elle est comme un échange dé bonnes pensées; celte. cori'espOndance entre le saint pasteur et les filles de la charité! J’éprouve je ue sais quelle émotion lorsque je jette <Ies yeux sur la loltre suivante , ouvrage d’une de ces bonnes sœurs . et qui l'écrit au milieu des périls et des pénibles ocüupations d’un; hôpital ; « Monsieur, nous sommes accablés de travail et" nous nous en réjouissons ; je suisCoutrainte de vous tracer ce peu de lignes la nuit en veillant nos malades, n’ayant aucun relâche le /jour; en vous écrivant . il faut que j’exhorte deux hommes mourans j:'jâ vais .taplôt' è l’un lui dire : mon ami .;- '■ éleveX votre cwuiv à, Dieu, demandez-lui misé- •ricorde. Cela fai4, -Je. trace d*^ux lignes , et puis je coursa l’autre lui. crier!; Jésus, iMaria , mon Dieu , j’espère en voua; et puis je retourne encore à ma lettre ; aussi , suis-je toute troublée^ »
. Saint .Vincent connoissoit bien ces belles âmes ; il avoit plutôt hesçjn d’arrêter léut zèle que de le stimuler dans ses entreprises. Le siège . de Dunkerque avoit amené à Calais une multi-
lude de Liessés ; les bonnes soeurs deinnndè* rent k marcher vers les armées, pour se co«^ sacrer au service do ces hôpitaux son» ia4onte^ Dans toutes ses exhortations au milieu de la coœmanoQlé de Saint-Lazare, Vincent de Paul n’oublioit jamais de iàire nrention de cet inépuisable dévouement. « Je recommande , disoit-il un jour, k vos prières les filles de la Charité nous avons envoyées k Calais pour assister les pauvres soldats blessés ;■ de ^>atre qu’elles étoieot il y en a deux qui sont mortes ; elles éteient des plus fortes et robmlesde leur compagnie ; cependant les voiik qui ont succombé sons fe faix; imaginez-vous cinq ou six cents soldats bleseés et malades. Voyez an peu la conduite et la bonté de Dieu , de s’être susché on ce temps une compagnie de la sorte! ponvquoi faire? Porte assister les pauvres eorporellement et même spirituellement , en leur disant quelques bonnes paroles qui les portent k penser k leur salut ; particulièremfent aux mo^ ribonds pour les aider k bien mourir , leur faisant faire dés actes rie contrition et de cort-^ fiance enDicu„ En vérité, messieurs, eela est louchant me vêtis semMe^-il pas que c’est «na action de grand inérito devant Dieu que les fîlloS s’enaillent avec tant de courage et de résoltrtioTl parmi des soldats, lés soulager en leurs bo-’ sioiné et oonlribucr k lés sauver , qu’elles aillent s'exposer k de si grârids' travaux et mémo k #ïe fôcheuses maladies,- et enfin k fo mort pour ces gens Oui se sont exposés aux périls do la guerre pour le bien det’Ëtet?Nous voyons donc combien ces pauvres filles sont pleines de zèle de lu gloire et de l’assistance du- prochain. Lrt
reiae nous a (ait l’honneur de nous écrire ponr nous prier d’en envoyer d’aulres à Calais » et voilà que quatre s’en vont partir aujourd’hui pour cela: uue d’entre elles, âgée d’euviron cinquante ans, nie vint trouver vendredi dernier à l’hôtel oü j'étois pour me dire qu’elle a voit apprisque doux de ses sœurs étoient mortes à Calais
et quelle veiioils’ofirir à moi pour y être envoyée à leur place, si je le trouvois bon ; je lui dis : ma sœur, j’y penserai. Et hier elle vint ici pour savoir la réponse que j’avois à lui faire; voyez, messieurs et ides frères , le courage de ces iilles à s'oUrir de la sorte , et s’offrir d’aller exposer leur vie comme des victimes pour l’amour de Dieu et le bien, du prochain I cela n’est-U pas admirable? Pour moi je ne sais que dire à cela . sinon que ces filles seront nos juges au jour du jugement. Oui , elles seront nos juges si nous ne sommes disposés comme elles à exposer notre vie pour Dieu. » (a6)
Ces fonrlations charitables, toiles que nous venons de les faire connottre , avoient quelque chose de- régulier, en ce qu’elles se cicconscrivoient dans un lieu fixe et s’appliquoieot à des besoins déterminés; mais l’entreprise, dans laquelle il faut admirer surtout la puissance d’esprit et le courage sublime de Vincent de Paul, c’est l’établissement des secours pour ainsi dire ambulans en faveur des provinces envahies par l’ennemi. Qu’on se représente en effet un pays frappé des fléaux de la guerre; il semble que rien désoruvais ne puisse y être durable , qu’aur cune adiuiuislration n’y soit possible. C’est cepend.mt au milieu de ce chaos, de ccs'lempêlcs publiques, qu’il faut agir, qu’il fa4it agir sans
injustice, sans précipittilion , qu’il faut feire le bien Vîle et avec discerneraent.' Suivons >donc l’administration charilabie de saint Vincent dans cette épreuve difficile; c’est avec les monumens historiques , et-pour ainsi dire avec les certificats du pauvre à la main, que nous suivrons ce récit , que nous retracerons les bienfaits de l’homme de Dieu. Nous avons trouvé les pièces suivantes-dans les'mérnoires du temps.
Au mois de décembre 1640, voici Ce qu’écrivoient le maire et les échevins de Po^t-à-Mousson à saint Vincent : t Nous appréhendons, disent-ils, de nous voir en peu de temps privés des charités qu’il a plu à votre bonté de' faire départir h nos pauvres; il faut que nous recourions à vous, monsieur, afin de leur procurer, s’il vous plaît , avec autant de zèle que ci-devant, les mêmes seeburs, puisque la nécessité est au -même degré qu’elle a jamais été. Il y a deux ans que la récolte a manqué; les troupes ont fait manger lo récolte en herbe, les garni- ' sons coutinuelles ne nous ont laissé que des objets de compassion; ceux qui’étoient.un peu aisés sont réduits à la mendicité. Par tant de motifs autant puissans que véritables poür animer la tendresse de votre cœur, déjè plein d’amour et de pitié, pour continuer ses bénignes influences sur cinq cents pauvres qui mouroient 1 en peu d’heures, si par malheur cette doitceur venoit à leur défaillir, nous supplions votre bonté de ne souffrir ces extrémités, mais de nous donner des 'miettes de ce que les autres villes ont de superflu; vous ne ferez pas seulement la charité à nos pauvres, mais vous les tirerez des grifies de la mort. » • '
ï « Monsieur, écrivoient les échevins de Metz, vous, nous avez si élroileraent obligés, en subvenant, comme vous avez fait à l’indigence et à la nécessité extrême de nos pauvres, que nous serions des ingrats, si nous demeurions plus long-temps sans vous témoigner le souvenir que nous avons, pouvant vous assurer que les aumônes que vous avez envoyées ne pouvaient être -mieux * employées qu’envers les malheureux qui sont ici destitués de tous secours humains; tes uns ne fouissant pas de leurs petits revenus depuis la guerre , et les autres ne recevant plus rren des personnes «'accommodées <lo cette ville, qui>.leur faisoient l’aumône,' parce que les tnoyens leur en sont ôtés; ce qui nous oblige de vous suppliée, comme nous faisons bien humblement, monsieur, de vouloir continuer, tant envers lesdits pauvres qu’edvers les monastères de cette ville, les mêmes subventions' que vous avez faites jusqu’ici. C’est im sujet de grand mérite pour ceux qui font une si bonne administration avec eutant de prudence et d'adresse ,' en quoi vous voiis acquerrez do grandes aides dans le ciel, s > . :
Trois ans après, les habiinns de. Lunéville écrivoient en- ces termes à i’homme de Dieu : < Monsieur,- depuis: plnsienrs années que celte ' .««auvre ville a été afiligée de perles, de guerre et de famine , qui l’ont réduite au point de l’extrémité où elle est à présent , au lieu de consolations, nous n’avons'rien que des rigueurs de la part de nos créanciers, cl des cruautés du côté des soldats qui nous ont enlevé par force le peu de pain que nous avions ; en sorte qu’il sembloit que le ciel n’avoit plus
que la rigueur pour bous, lorsqu’un dë.'ws eola-ns élanl arrivé ici , chargé d’autôûnes, a gran* deD>eut tempéré l’excès & nos maux et relevé notre espérance en la tniséricorde de Dieu.
Nous l>éais.sons les inslrumens de son infinie clémence , tant ceux qui noua soutient de leurs charités si op{>ortuneSi que ceux qui:nous les procurenl et distribuent, et vous principaleuHïnt , que nous croyons être après DièuTaur tour d’un si grand bien. Vous diveus-nous inâiatenant tout ce que nous devons^ votre infinie charité? c’est ce q»ie nous souHnesd^nSi l’impuissaDce de vous exprimer. Les missionnaires que vous avez envoyés tj)us raeonterout. nos misères ; ils ont vu la désolation-et l'aboiuinalion dans le temple et dans les cités; mais ils ont tout réparé. » ^
Il faut lire en e£fet les lettres des prêtres de Saint-Lazare à leur supérieur, pour se faire une ' juste idée du bien qu’ils avoient fait dans leurs courses charitables. «Les potages, dit un deces bons pères, donnés par les aumônes de Paris aux malades réfugiés h Guise , Bibemont , la Fèrcet Ham , ont sauvé la Vie à plus de deux mille pauvres qui, sans ce sccoui's, eussent été jetés hors de ces villes, et fussent morts au milieu des champs, sans /lueune assistance. Les religieuses de la Fère et des autres ville», pou» la plupart, rneonnoissent qu’on leur a sauvé la vie par les assistances qu’on leur a données; elles prient Dieu sans cesse; pour lœ personne» qui leur ont procuré ces bienfait». Nous avons distribué lesi graies qu’on bons a ebvoyés d© Paris en ces quartiers; il» ont été seinés, et Dieu y donne grande Lcnédiclion; ce qui fait
que co-pauv.po ppu^le supporte ses maux avec .^vts (le paticAÇe, dans rcspurancc (|iiu la ré- .eollc qui eu.pro^ieucira leur douoera iiu <rnuu!l soula^emeol. Nousdonpous deux cents livres .p^ar moi6„pour faire subsister plusieurs pauvres jcurés> et , par le moyen de celte assistance , ,4oules les paroisses de Gui$e« Marie cl Vcrvins, sont desservies, et <au moins en chacune d’elles ' la sainte messe se célèbre une fois la semaine , et les sacre mens y sont administrés. Nous ne pouvons vous exprimer combien de malades sont guéris, combien .d’aliligés sont copsolés, quel nombre de pauvres honteux sont tirés du désespoir par notre assistance, sans laquelle tout auroit péri aux champs et à la ville. Nous avons acheté de vos aumônes pour sept cents livres de faucilles, de fléaux , de vans et autres outils, pour aider les pauvres à gagner leur vie par le tràvail de la moisson. Nos orges viennent fort bien , grâce à Dieu et par le moyen des
• seSnenccs que vous nous avez envoyées, nous •.espérons grand soulogeuscnt pour l’iiiver pro- .cbaio. Nous avons visité près de cent villages;
nous y avons trouvé des vieillards et des enlaos
• fM‘(^squje tout nus et tout gelés, dos femmes i dans 4e désespoir, toutes transies de froid ; nous <en avons revêtu piut^de quatre cents, et dislrir- .imé aux femenes des muets et du chanvre pour •■les occuper. L’a s&istan ce qu’on a commencé h ^rendre aux curés a toujours continué, et les
Ayant assen^blés pardoyenoés, noos en avons «trouvé qui éloient .presque tout dépouillés, •auxquels» nous avons donoé. des habits et des -Aoutanes; nous avons aussi fourni leurs églises dforpemens et de missels , et lait faine les répa-
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rations nécessaires pour la couverlui^e el les fenclres, afin d’empêcher que la pluie ne tombât sur la sainte hostie et que le vent ne l’emportât pendant la célébration de la messe. ».
Ainsi , dans la pensée de saint Vincent de Paul , les nécessités des pauvres furent toujours inséparables des besoins de l’Eglise; la religion et la charité se confondoient dans’ce cœur ardent de telle sorte, qu’il faisoil aimer le christianisme par la bienfaisance en même' temps qu’il faisoit de la bienfaisance le premier devoir du chrétien (27).