‹ Vie de s. Vincent de PaulChapitre 21 sur 28 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Sauit Vincent de Paul n’avoit ^as besoin de nos éloges; mais la société a besoin de scs vertus. Le ciel l’a récompensé , mais il faut que ,1a terre l’imite, et l’Eglise, en mettant une courmine sur une tête aussi belle, a voulu sans doute acquitter tout à la fois une dette sacrée et proclamer des leçons profitables et fécondes. Puisse cet écrit , composé sous l’égale inspiration de la piété et du bien public, avoir atteint le double bonheur de la fidélité dans les faits^ et de la sagesse dans les conseils. Historien religieux, nous avons raconté tous les litres do saint Vincent de Paul aux hommes de l’Eglise; philosophe chrétien, nous avons aussi voulu faire sortir de tant de détails inléressans une 'morale animée, exposer tous les droits d’un saint h riinitation des hommes, proposer enfin comme un modèle de vie .pratique celui qui est un exemple de vie bienheureuse.

• Oui, Vincent de Paul est peut-être le type de toutes les perfections pour les chrétiens de • tous les âges et de tous les* rangs ; c’est une de ces vertus qui sc laissent approcher et loii- I cher, qui n’efl'raienl point la foifijesse humaine, qui semblent dire aux plus petits comme aux plus ^nnds : Vous pouvez venir à moi et me ressembler i c’est une de ces renommées

prc&qne coDlemporaines que quatre générations de vieillards peuvent s’être transmises de souvenirs eu souvenirs, qui vit dans les cœurs plus encore que dans les monumens, qu’une érudition disputeusc ne peut contester h l’histoire du christianisme et h l’admiration reconnoissaute du peuple; c’cst une de ces gloires enviées par la philosophie elle-même , qui ont vaincu ses répugnances et ses dédains, et qu’elle ose adopter et recommander même à ses sages.'-

Lisez-la donc , esprits superbes ou frivoles , celte histoire d’une bienfaisance victorieuse de vos préjugés , cette vie d’un saint qui a conquis même une place terrestre dans votre Panthéon. Vous serez peut-être entraînés jusqu’à leur principe ; à l’approche d’une telle âme , au contact dotant d’actions sublimes, dont l’auteur révèle toujours la source plus sublioie encore; peut-être que l’oi^ueil de votre esprit sera contraint de s’abattre, et que l’admiration de tant de bienfaits vous rejettera aux pieds de celte • èroyance qui a pu seule elle-même les inspirer.

Mais lisez-la surtout cette vie de saint Vincent de Paul , cœnrs dociles et soumis aux'iuroières d’une religion sainte. C’est une histoire de la charité , c’est le manuel de la bienfaisance , que toute intelligence peut saisir , que toute âme peut imiter. Les œuvres du protecteur de toutes les misères vivent encore ; sci hôpitaux sont debout; ses associations eotou rent et cernent en quelque sorte l’humanité soulTraute pour la secourir ; que son esprit , que le souille de son âme, que le parfum de

scs vertus les soutiennent et en multiplient les miracles dans nos tristes jours , et pOur les soins d’une société où le bien semble devenir un combaU ' <

Que tous là lisent cette vie d’un saint qui a des exemples pour toutes les classes , des conseils pour tous les états , des consolations pour toutes les infortunes , cette vie de. journées chrétiennes toutes remplies. En la méditant ^ le pauvre ne sera plus inquiet de sa pauvreté , le riche ne sera plus embarrassé de ses richesses : l’un verra que Vincent de Paul a fondé des abris à sa misère , l’autre qu’il a tracé des voies à ses largesses ; l’afüKé des saintes œuvres sera soutenu dans ses travaux par l’image d’un tel patron ; la dame de charité , la mère des orphelins; en comptant tous ceux qu’il a recueillis , ne comptera plus ceux qu’elle pourra recueillir; le magistrat sur les fleurs de lis , le soldat dans la distraction des camps , l’artisan sous la sueur de scs fatigues , les plus hautes existences et les plus basses conditions sont sûrs d’avoir toujours un guide et un ami dans la pratique des plus rudes devoirs. C’est quel-

? ue chose qu’un livre qui peut aller droit à encouragement et la consolation de toutes les âmes chrétiennes , qui peut inspirer l’héroïsme ^

au malheur et l’enthousiasme à la vertu , qui embrasse dans les exemples d’une seule vie tout ce que Dieu commande et tout ce que les hon> mes implorent. Sublime religion qui , de la vie d’un de tes apôtres , de l’ensemble de ses ac' lions , fais uju code de préceptes , communique à cet écrit qn peu de celte popularité du saint qu’il célèbre , que son succès , commencé par

Im suffrages d’une ^pieuse asseœhlée , se eoaroone et se constate par des conversions et des aumônes ! Les bonnes actions sont la gloire des bons livres. ' -

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