‹ Vie de s. Vincent de PaulChapitre 23 sur 28 · SÔ · texte numérisé non relu

SÔ

je venx raccomnoj^crmoi*même, el rfrtremper par !a pénilenee une vie passée dans te dissipation el le plaisir. »

(29) J’ai recueilli plosieurs expressions de sailli' Vincent , louchant les pauvres. Je ne parts résister au plaisir de les rapporter encoee ici texlueHement : « Dieu aime les pauvres , et par conséquent il aime ceux qui aiment les pauvres ; car lorsqu’on aime bien quelqu’un , on a de rafleclioB pour ses amis et pour ses serviteurs. Or, -la petite compagnie de la mission tfichc de s’appliquer avec alToclion h servir les pauvres , qui sont les Lîen-aimés de Dieu , et ainsi cous avons sujet d’espérer que pour l’amour d’eux Dieu nous aimera. Allons donc toojours agissant et nous employant avec un nouvel amour à servir les pauvres , et même chei>- Cflons les plus pauvres el les plus abandonnés , recoonoissons devant Dieu que ce sont nos seigneurs el nos maflrcs , et que nous sommes iu'digues de leur rendre nos polits services. »

Une autre lois, il disoit : « Tous ceux qui ’ aimeront les pauvres pendant leur vie n’aurontx aucune crainte de la mort; j’en ai eu l’expérience en plusieurs occasions; et pour oel effet , j'ai continué d’insinuer celte maxime dans l'esprit dos personnes que je vois Iravailléos des appréhensions do la mort. »

« Les missionnaii'es , disoil-il dans une autre occasion , doivent être remplis par-deSsus tout' autre prêtre de l’esprit de compassion, étant obligés par leur vocation el leur état à servir • les plus miséraLIcs el les plus abandonnés , les plus accablés de misères corporelles et spirituelles ; el, premièrement ils doivent être tou-

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cfcés an nfct profondément affligés des misères du prochain; secondement, ü faut que cette misère et compassion du prochain- paroisseul en leur extérieur et sur leur visage , è l’excro-

Ï le de Notre Seigneur qui pleura surin ville de érusalem , à cause des calamités dont elle étoit menacée; troisièmement , il faut employer des paroles compatissantes qui fassent voir au prochain comment on entre dons les sentimens de SOS intérêts et de ses souffrances; enfin il faut le secourir et assister autant que l’on peut dans ses nécessités et dans ses misères , et tâcher de l’en délivrer en tout ou en partie , parce que l’amour doit être , autant que faire se peut conforme au cœur. * ‘

. Voici une pièce assez curieuse dont j’ai tenu dans mes mains l’original : « Le soussigné , 6U<périeur de la congrégation des prêtres de lu mission , cerlifis à, tous ceux qu’il appartiendra que, sur l’avis aue quelques personnes pieusea do celle ville m ont donné , que la moitié des habitans de Palaiseau étoit malade , et qu’il ep mouroil dix à douze par jour , et sur la prière qu’elles m’ont faites , d'envoyer quelques prêtres pour l’assistance corporelle et spirituelle de ce pauvre peuple affligé, à. cause de la résidence de l’armée en ce lieu , pendant l’espaCe de vingt jours., nous y avons envoyé quatre prêtres et un chirurgien pour assister ces pauvres gens ; que nous leur avons envoyé , de- ■ puis la fête du Saint-Sacrement, tous les jours, * un ou deux exceptés , seize gros pains blancs , quinze pintes de vin , et hier de la viande ; et que lesaits prêtres de noire compagnie m’ayant mandé qu’il est nécessaire d’envoyer de la fa-

riae, et an mnid de via pour l'ngsUlance desdits pauvres malades de Palaiseau et des villages cîr con voisins^ j’ai fait partir aujourd’hui une charrette à trois chevaux , chargée de quatre scliers de farine et deux demi-muids de vin , pour l’assistance desdits pauvres malades d« Palaiseau et des villages circouvoisins. Ën fui de quoi j’ai écrit et signé la présente âb ma main*

Saiot-[4axare>Iè5'Paris , le 5 jnio j6du.

Yiwcekt »ï Pauc. »

(5o) Voici tm article détaché dn règlement donné à sa congrégation , qui montre combien saint Vincent de Paul avoit une haute conGanoe en Dieu :fEt parce que cette sainte pratique, qui consiste h faire toujours et en toute chose la volonté de Dieu , est un moyen assuré de pouvoir bientôt acquérir la perfection chrétienne , chacun tâchera, selon son pouvoirs de la rendre familière en accomplissant ces quatre choses , en exécutant duement les choses qui nous sont commandées,et en fuya'nt soigneusement celles qui nous sont défendues , et cela toutes les fois qu’il nous parott que tel commandement’ et tcHe défense vient de la part de Die»

de l’Ëglise, ou de nos supérieurs ou de' nos règles et constitutions. >

< La perfection de l'amour, disoit-il une autre fois , ne consiste pa& en des extasea« mais à bien faire la volonté de Dieu. »

Une de ses plus belles vertus étott aussi h résignatioB. Dans un sermon qu’il pronooeadevant sa communauté, U s’exprimoit en. cet

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ter BIOS ; * Ob ! qu’il est bien vrai , m«sslftura et mes frères, que nous devons avoir unq grande confiance en Dieu et nous meflre entièrement entre ses mains ; croyant que sa providence dis- , p<>se ]>our noire bien et pour notre avantage tout ce qu’elle veut , ou permet tout ce qui nr rive ; oui ce que Dieu nous donne et ce qu’il BOUS ôloest pour noire bien puisque c’csl pour son bon plaisir, et que son bon plaisir est notre" prétention et notre bonheur* »

(5i) « On connoît , dit saint Vincent de Paul , ceux qui font bien oraison , non-seulement de la manière de la rapporter, mais encore plus par leurs actions et par leur déportement , par lesquels ils font paroîlre le fruit qu’ils en retirent. 11 en faut dire de même de ceux qui la font mal , en sorte qu’il est aisé de voir que ceux-là s’avancent et qne ceux-ci reculent. Or, pour tirer profit de ses oraisons, il faut s’y préparer, et ecux-Ià manquent grandement qui négligent celle préparation, et ue viennent faire oraison que par coutume et parce que les autres y vont , ante orationcm prépara animam. Tremble , dit le Sage , avant que de te présenter à l’orai* son ! prépare ton âme , car l’oraison est une élévation. 5 l’esprit de Dieu, pour lui représenter nos nécessités et pour implorer le secours de sa miséricorde et de sa grâce. Il est "donc bien raisonnable qu’ayant à traiter avec une si haute et si gp.uide majesté, l’on pense un peu à ce qu’on va* fÉir© , devant qui l’on va se présenter, et ce qu’on va lui dire , quelle gr ce on doit lui demander. Il arrive néanmoins .souvent'que b paresse et la lâcheté *uous empêchent do songer à cela , ou bien tout an con-

traire, 'les précipitaliont et l^infconsidëration nous en délournent , ce qui fuit que l'on tombe en ce défaut de préparation , b quoi il est nécessaire de remédier; il faut encore prendre garde-h notre imagination vagabonde et cotn-..

\ mencor par l'arrêter, et h la légèreté de notre pauvre esprit , pour le tenir en la présence de- Dieu , sans pourtant luire un trop grand effort , car l’excès est toujours nuisible.

(os) Quis nos separnbit à cliaiilate Chrlsli, tribuiolio ? au unguslia ? an famés ? hn mtdilas ? An periciilum? an pciseculio? an gladia?

( Boiru 8. )•

Forlitudo contcmpli'ix est limondorum , fortiludu ioexpiabili prælio advcrsüs vitia onmia deccrlat, iavicla ad labores, inlrepida ad peri- ^cula, dura advcrsüs illcccbras, rigidior advcrsùs voiijplales. [Amb. Ub. i' ojfin. cap. 35. )

« Une des marques les plus cerlainrs que Dieu a do grand» desseios sur «ne personne,avoit-ii l’habitude do dire , c’est quand il lui envoie désolation sur désolation et peine sur peine , et que le vrai temps pour comioîlre le profit spirituel d’une âme étoit celui de la tentation eide la tribulation , parce que tel on est dans CCS épreuves tel ou se trouve, orJinaire- Bocnl après. L’eau croupissante , qui devient bourbeuse et infecte représente une âme ^ui est toujours dans le repos, et qu’au contraire les âmes exercées par la lenlalion sont comme ' les rivières qui coulent parmi les cailloux et les rochers, dont le» eaux en sont plus belles et plus douces. »

(53) Voici une des prières habituelles de S. Vincent de Paul : «Je ne suis pas un homme

• mais un pauvre ver qui rampe sur ta terre e«t '* « qui ne sait oü il va , mais qui cherche seules

» ment à se laisser en vous, 6 mon Dieu ! qui

• êtes tout mon désir. Je suis ua pauvre aveugle s-^i ne saurois avancer un pas dans le Lien , »st vous ne me tendez la main de voti'e miséri^ » corde pour me conduire. »

• Et moi , comment suis-je fait , s’écHoit qodU qoefois saint yincent, et comment m’a-t-oû sotilTert jusqu’à cette heure dans l’emploi 'que j’ai , moi -qui suis le plus rustique» le plus rU dieule , le plus sot de tous les hommes, parmi les gens de condition avec lesquels je ne saurois dire dix paroles de suite , qu’il ne paroisse que je n’ai point d'esprit ni de jugement , mais, qui pis est , que je n’ai aucune vertu qui approche des saints, n

Je Unis ici ces citations ; on me pardonnera de les avoir multipliées; les paroles de saint Vincent sont si sublimes qu’elles m’ont entraîné comme malgré moi.

Fl?l SES ROTES.

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