‹ Vie de S. Vincent de PaulChapitre 25 sur 115 · CHAPITRE XXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIX

; L'rHSTltOTlON d'une COMPAGNIE DE DAMES POUR LE SERVICE DE L HC TEL-DIEU DE PARIS, ET POUR PLUSIEURS AUTRES OEUVRES PUBLtQl ES DE CHARITÉ, TAJ^T A PARIS QU 'AILLEURS . ^H

La multiplicité des misères qui se trouvent en cette vallée de larra^^ oblige lésâmes charitables de muîtiplier leurs soins, et diversifier les moyens pour secourir les misérables, et pour leur donner ou procu- , rer quelque soulagement. M, Vioeeut étant vraiment animé de cette vertu, avait toujours les oreilles ouvertes pour écouter les avis de cette nature, et le cœur disposé pour les embrasser, U est vrai qu'il tenait

frtle maxime do ne s'ingi^rcr Jamais de lui-mùme h entreprendre de noayelles œuvres, mais il attendait que la volonté de Dieu lui fut manifestée, plutôt par les sentiments des autres, principalement de ses mpérieurs, que par les siens propres; car son bumiUté lui donnait toujours de la déCance de ses lumières particulières, et lui faisait croire qu'il pouvait se tromper, surtout lorsqu'il était question de couialtre les desseins de Dieu dans quelques entreprises extraordinaires; c'est pourquoi ilécoatait non-seulement avec attention, mais loasi ayec respect, ce qui lui était proposé en telles occasions de la part des personnes qui faisaient profession de vertu. Ce fut dans cet esprit qa*il écouta une proposition qui lui fut faite en Tannée 1634, par madame la présidente Goussault, dont la mémoire est.enbénédiclioQ à cause de ses rares vertus, et particulièrement pour son excel- Icnte charité. Cette dame étant demeurée veuve à la fleur de son âge, et pouvant prétendre àdc grands établissements dans le monde, comme avant toutes les qualités et tous les dons de nature et de fortune qui sont ordinairement les plus estimés et recherchés, elle renonça néanmoins de grand cœur à tous ces avantages, et en fit un sacrifice à Jésus-Christ ; prenant une généreuse résolution de s^employer uniquement à son service en la personne des pauvres, particulièrement des malades. Elle allait souvent les visiter à rHôtel-Dicu de Paris, et n'y trouvant pas les choses dans Tordre qu'elle eût bien désiré, et tel qull a été depuis établi, elle eut recours à M. Vincent, le priant d'étendre sa charité sur ces pauvres et d'aviser aux moyens de procurer quelque secours à ce grand hôpital. Mais comme il se conduisait en t'Hites choses avec prudence et discrétion, il ne crut pas d'abord devoir porter (comme Ton dit) la faux en la moisson d'autrui, ni s'ingérer de faire aucune chose dans un hôpital qui avait pour directeurs H administrateurs, tant au spirituel qu'au temporel, des personnes qu'il estimait très-sages et très-capables d'y apporter les règlements Offcessaires. Cette vertueuse dame, après avoir continué longtemps ses !ollidtatJons envers lui, voyant qu clic ne pouvait rien gagner sur ^>n esprit, et qu'il s'excusait toujours de se mùlcr de cette affaire, •adressa à feuM.Tarcbevèquc de Paris, lequel fit savoir à M. Vincent qa il serait fort content qu'il écout<!kt la proposition de cette dame, qd était d'établir une assemblée de dames qui prendraient quelque ^in particnlier des malades de TUôtel-Dicu, cl qu'il pensAt aux Bojens de faire cet établissement.

M. Vincent ayant reçu cet ordre, et reconnaissant la volonté de Dieu par Torgane de son prélat, prit résolution d'y travailler. Pour ^\ effet, il assembla quelques dames, et leur en fit TouvcrtuYC vivec^

dt^e parole» si éuergîqueB, qu*ell6s prirent aussitôt réHolutioD de se douuer à Dieu pour entreprendre celle boime œuvre. Ynict lesnooii des premièreti daines qui [ont eommcncéef qui $e trouvent dans u^^ de Be8 lettres à mademoiselle le Gras. ^|

« L'assemblée se fît hier étiez madame GoussauU ; mesdames de Villesa^in^ de Bailleul, du Mecq, Sainctot et Poulaillou s y trouvèrent : la proposition fut agréée, et on resoïut de s'asiembLer ene4)re lundi prochain, et que cependant Ton offrira l'affaire à DiiHi, et que l'i commuiiiera pour cela ; et chacune proposera la chose aux dames demoiseili^sdeëa connaissance j madame de Beau tort en sera. L'on aura besoin de vous et de vos rdles i Ton estime qu'il en faudra quatre | c'est pourquoi il faut penser au moyen d'en avoir de bonnes. •

La seconde assemblée fut pi us nombreuse que la première ; madame la chancelière s'y trouva, madame Fouquet, madame de Traverlai, et plusieurs dames de vertu et de condition qui s'associèrent aui premières ; et toutes ensemble firent élection de trois oflicières, savoir: d'une supérieure, d'une assistante et d'une trésorière; madame Goussault fut la première supérieure, et M, Yincent demeura le directeur perpétuel de cette Compagnie. L* odeur des vertus et du bon eiemple de celleg-ln en attira un grand nombre d'autres; en 8orte que plus de deux cents dames &*y sont enrôlées, même de la plus hautu couditiaiif comme présidentes, comtesses^ marquises^ duchesses et princesses^ qui ont tenu à l'honneur de s offrir à Dieu pour servir ses pauvres, les reçs connaissant comme les membres vivants de sou (ils ié^us- Christ

Par celte Compagnie, SL Vincent commença dès la susdite aan^ 1G34, de procurer un service et un secours qui a été très-avantageus à THôtel-Dieu , et qui , ayant duré toute sa vie^ se continue encore a^ct héûédietton aprèssa mort. Il consiste en diversesassistanee^ corporelles et spirituelles que les dames rendent mix pauvres malades, et que père des pauTres leur conseilla d'ajouter aux anciens usages de cet pital, qui jusqu'alors, faute de soins ou de moyens, laissait manquer les pauvres de plusieurs choses requises pour leur soulagement. Ils y étaient alor.s pour le moins mille ou douze cents d'ordinaire, etdepu^ ils ont été jusqu'au nombre de deux mille et davantage; c*est un flutet un reflux continuel de pauvres malades, qui entrent et qui sorteali les uns y demeurent huit ou quinze jours; les antres un mois ou d^ vaotage ; il y a des Jours qu'oD en reçoit cinquante ou soixante^ oa quatre-vingts, et quelquefois cent; et tous les ans il y en pas*;e au moins vingt ou vingt-cinq mille, dont les uns guérissent^ les autret meurent : et pour les uns et pour les autres, il y a une grande mois* loû d'âmes à faire^ et une occasion favorable de travailler avec grai

- -, ,.*i cAcrcîce dans ^..^if 11, lorsqu'il leur représenta le mérite ) entreprise, qu'elle ne serait pas sans difficultés personnes qui poarraiant leor être cootcwei» ii^roices de charité fervfmtcraiiattroleidéfiu^ «t hôpital : de aorte qu'elles devaient se regsim le grande biens à faire, il y avait aqan beanooap BTy et par conséquent qu'il était nécessaire de a prendre ses mesures ; sur quoi il ne maqqua s les avis les plus convenables touchant la mar. El de sa part il jugea qu'il devait prévenir irituels et temporels de cet hôpital| leur don- I bonne intention de ces vertueuses et charita- Ire qui avait été donné par H. l'archevêque, 'assistance qu'elles avaient dessein de rendre \ l'agréèrent en effet.

orné celles qui devaient commencer cette cha-

s malades, et les autres qui les devaient sui-

j comme il a encore fait depuis en diverses

tous les jours, en entrant dans THôtel-Dieu,

neur, qui est le vrai père des pauvres, par

ite Vierge, et de saint Louis, fondateur de

enter ensuite aui religieuses qui ont le soin

s servir avec elles pour participer au mérite

o d'estimer et de respecter les mêmes rdi-

isibles, leur parlant avec don*^"- -^^ '

\e plus assuré de réunsir, que de rimiter en cette manière d'agir. Voilà quel était rcApril avec lequel M. Vincent entreprit cette Baitil ŒUvre, et la prudeulc et sage conduite gous laquelle ces vertueuse dames commencèrent d'aller exercer leur charité envers les pauvn de r Hôtel Dieu, où elles trouvèrent un facile accès par cet abord ami^ ble et respectueux à regard des religieuses, dont elles gagnèrent in continent les c<Eurs, par les services et assistances qu'elles rendaieii non-seulement auK malades et convalescents, mais aussi au3t paren des mêmes religieuses, lorsqu'elles les en requéraient pour qxietqm affaires de famille ; et par ce moyen elles eurent toute liberté d'alh de salle en salle, et de Ut en lit, consoler les pauvres malades, leur pai 1er de Dieu, et les porter à faire un bon usage de leurs inflrmit^.

Et pour ne point faire cette visite des malades les mains vides, elb convinrent avec H. Vincent gu*il était expédient, outre les paroles d consolation et d* édification qu'où leur disait, de leur porter quelque douceurs par manière de collation entre le dîner et le souper, A et effet, elles louèrent une chambre près THàtel-Dieu, pour j prépare et garder les confitures, fruits, bassins^ plats, linges, et autres usten sites convenables. Il fut aussi résolu d'y mettre des Filles de la CbaritiS pour acheter et préparer toutes les choses nécessaires, et pour aide les dames à distribuer ces collations aux malades. M, Vincent était ab sent lorsque ces Filles y furent établies, et l'ayant su il en écrivit à ma demoiselle le Gras en ces termes : " Dieu vous bénisse, Uademotselle de ce que vous êtes allée mettre vos filles en fonction a THÔtel-Dieu et de tout ce qui s'en est suivi* Ménagez votre santé; car vous voyez I besoin qu'on a de vous. « Mais parce que cette vertueuse demoiselle qui était fort zélée pour le service de ces pauvres malades, craignai toujours de ne pas faire assez pour correspondre aux desseins de Dieu quoiqu'elle s*y employât autant qn'elte pouvait, M. Vincent, dans un autre lettre, lui dit ces paroles digues de remarque : * D'être toujour à rHèlel-Dien, il n^estpas expédient ; mais d'y aller et venir, il est propos* Ne craignez pas de trop entreprendre, en faisant le bien qa se présente à vous; mais craignez le désir d'en faire plus que vous n faites, et que Dieu ne vous donne le moyen de faire* La pensée d allé au-delà me fait trembler de peur, parce qu'elle me semble un crim aux enfants de la Providence, Je remercie Notre-Seigneurde la grûjo qu'il fait ù vos filles, d'être si généreuses et si bien disposées à lui rcn dre service, il y a sujet de croire que sa bonté, comme vous dites daigne suppléer à ce qui leur peut manquer de votre pari, vous trou vaut nécessitée de vaquer souvent à d'autres choses, qu'à celles qn regardent leur conduite. »

Les dames ayant cette chambre et ces filles, faisaient an comment

it préparer des bouillons aa lait pour les malades auxquels ils propres, qui sont pour l'ordinaire en assez grand nombre, et faisaient la distribution tous les matins. Après le dtuer, sur les feoii lieareB, elles portaient la collation pour tons, c'est à savoir : du fâa blanc, du biscuit, des confitures et de la gelée ; des raisins et des «riaes en la saison, et durant ThiTer, des citrons, des poires cuites et hs rôties an siicre; quoique depuis elles en aient retranché le pain, hs Mscoita et les citrons, pour n'en pouToir soutenir la dépense, «■ne anan les bouillons an lait, parce que MH. les administrateurs en ■lUt donner. Elles allaient quatre on dnq ensemble chaque jour, à lav toar, diatribuer cette colhition, ceintes de tabliers, et, se sépanat par lea salles, passaient d'un lit à un autre pour présenter ces prito donoenrs et rendre ce seryice aux pauvres malades, ou plutôt k Mre-Srignenr en leur personne. Voilà ce qu'elles faisaient pour liBiaiaBenientde leur corps.

Ua ponr oe qui est de l'assistance spirituelle de leurs âmes, elle «■■iBÎt à leur parler avec grande douceur, leur témoignant compas- Ém éa ieors maux, les exhortant à les souffirir avec patience et avec I lavokmté de Dieu. Et quant aux femmes et filles qu'elles ; n'être pas suffisamment instruites des choses nécessaires au i leur enseignaient familièrement et par manière d'entretien \ étaient obligées de croire et de faire; puis elles les dispo- ■katàfaira-de bonnes confessions générales, si elles voyaient qu'elles tteMsentbesoin; et enfin, elles tâchaient de les préparer à bien mourir, ai lenra maladies étaient périlleuses, ou à prendre une ferme résode iiien vivre, si elles étaient en espérance de recouvrer leur

leor fMâliter cet exercice déchanté, H. Vincent fit imprimer

livret qui contenait les points principaux, desquels il était

lire d'instruire les pauvres malades, et recommanda par-

anx dames, lorsqu'elles iraient leur rendre

déchanté:

1* J>e tenir ce livre en leurs mains lorsqu'elles parleraient à ces paumÊ, afln qn'il ne semblât pas qu'elles voulussent leur faire des préleur parler d'elles-mêmes ; mais seulement selon ce eontenu et qu'elles apprenaient dans ce livre. T De iThabiUer le pins simplement qu'elles pourraient aux jours fiTdlea iraient àl'Hôtel-Dieu, afin de paraître sinon pauvres avec les imrea, an moins fort éloignées de la vanité et du luxe des habits, l^rnepas fiorepeine àces pauvres infirmes^ lesquels voyant lesexthet superflttités des personnes riches^ se contristeiit ordinal remeiii

davantage de ce qu'ils n'ont pas pour eux les choses même qui leur son nécessaires.

3° De se comporter envers les pauvres malades avec grande humilitéy douceur et affabilité, leur parlant d'une manière familière et cor< diale, pour les gagner plus fiicilement à Dieu. Enfin, il leur marqui de quelle façon elles devaient leur parler de la confession générale ;e quoique ce fût en termesfortsimpleset populaires,le pieux lecteur aun consolation en les lisant ici, d'y voir une expression naïve de la chariU dont le cœur de ce père des pauvres était rempli. Voici comme ilcon viait ces vertueuses dames de parl^ aux pauvres femmes et filles malades, pour les disposer et instruire à faire une confession générale :

« Ma bonne sœur, y a-t-il longtemps que vous ne vous êtes poin confessée? ?I'auriez- vous point la dévotion défaire une confession gé néralc, si l'on vous disait comme il la faut faire? On m'a dit a mo qu'il était important pour mon salut d'en faire une bonne avant qu€ de mourir, tant pour réparer les défauts des confessions ordinaires qui j'ai peut-être mal faites, que pour concevoir un plus grand regret d( mes péchés, en me représentant les plus griefs que j'ai commis en toat< ma vie, et la grande miséricorde avec laquelle Dieu m'a supportée, m m'ayant pas condamnée ni envoyée au feu d'enfer lorsque je l'ai mérité, mais m'ayant attendue à pénitence pour me les pardonner e pour me donner enfin le paradis, si je me convertissais à lui de tou mon cœur, comme j'ai un bon désir de faire avec le secours de si grâce. Or, vous pouvez avoir les mêmes raisons que moi de fairecetb confession générale, et de vous donner à Dieu pour bien vivre à T» venir. Et si vous voulezsavoir ce que vous avez à faire pour vousressouvenir de vos péchés, et ensuite pour vous bien confesser, on m'i appris à moi-même à ra'examiner comme je vais vous le dire, etc. Ci m'a aussi appris comment il fallait former en mon aeur une vraie con* trition de mes péchés, et à en faire les actes en cette manière, eto On m'a aussi enseigné à faire des actes de foi, d'espérance, d*amou] de Dieu en cette manière, etc. •

Voilà comment ces vertueuses et charitables dames, par Tavis de ce sage directeur de leur assemblée, se comportaient envers ces paa* vres malades, pour les instruire et pour les préparer à faire une bonni confession ; ce qu'elles faisait non-seulement avec succès et béné dicliou, mais aussi d'une telle manière que personne ne pouvait ^ trouver à redire, mais plutôt en tirer de l'édification, et profiter d< leurs bons exemples.

Environ deux ans après le premier établissement de cetto compagnie, M. Vincent jugea qu'il était expédient de députer un certaii

I troii moli, qui s'appliquenient [ilttion spiritaèlte dflB pauvres •iM «i^tm TiQBendelit à leur donner qneiquo tjfttiiérittieè ayant iait comIattreqa'U était dift à root passent s'employer à l'autre,- M nAgréliy olioisir et députer oeUes qui se- .«taMtaUf^lkl pltai^tfo^ras poitf l'exeraoe de œs œuYrea de mii^afetailMllè, Jes M* n*$ iyatit pis si grande aptitude que

D toolea à eet eielty et la compai qui ei^ fut faite^ on prit résoluw^ «l.a|i«Kdip«tà quatone pour tr«ttil)îr pendant i «dat «iMioi Dès le kiÉdMnain oeUês qui Went été M4iiiNMil,i<kiMlf «iturtrifis^^^ Yinoettt, prendre la M* krMéswUj d'entité JIMé les chanoines de NotrekJÉiShltfge de etipérieqn de THôtel-Djea^ et entAÉUrdeaaehaqaejoqrdelaaeauine, les visitq||.!donsoler. et instruire les malades. Se aiUL^ùatre temps de Vannée, on en élisait fcd04llme^.et.lI..^Yi9(9id assemblait tant oeUes IdoAvgaiMlBsautresqtii 7 entraient, avec les ofScièebanlbre près de l'HAtel-Dieu; et là rde .charge rapportaient de guelle façon elles 7 i.eyep frÉita que OÎèa en avait Mt réussir, afin que L tét eenrlt jde rigle aux autres qui leur succé- \ d'eBBouragemenl pour s'employer avec Mk Tineent appuyait de ses aTis^ B^ les Choses qu'il fsllait suivre et faisait iiyiifUÉMut à étîter, leur recommandant, tou- \ rsUgieoaea et les pauvres de la ma-

t suffisamment inMruita et dis- B) les dameé prenaient au coml^1iîariBtdé4di«|HrM quelques religien&de les aller en- ■ijBWsdiffiiiulHB ébutt snr venues qui les empêchèrent

:^ Mlsif9»mpli>)ti enit ama i'apilrobatton et permission

' ifBMPSB^ «■ leur doBMUt quelque honnête ré-

jetpaismull perler ptoaieurs langoes pour la com-

i. Bt comme ces deux n'y purent

malades augmentant, les dames

4e l'inatmcticii ; outre que la bienséance

\'9ftêÊm/àfméf vtfBBr à «eUedes hommes, pour leur ap*

générales; eUes ooinVuteta

avec MM. les supérieurs de mettre six prêtres h T Hôtel-Dieu p< instruire les hommes et entendre les confessions tant des hommes i des femmes, afin de suppléer par ce mojeo au défaut des autres p très habitués au même lieu^ lesquels étant altachés au chœur pour divins offices, ne pouvaient s'appliquer au soin des malades. Ces prêtres ne devaient s'employer qu*à rassistauce spirituelle de ces p vres malades, et pour cela ils n'étaient point du tout obligés d'assii an\ offices ; et avant d'entrer h l'Hôtel-Dieu, ils devaient faire une traite en la maison de Saint* Lazare^ où demeurait M. Vincent, e renouveler en la même maison tous les ans, pour se bien disposer; offices de charité qu'ils ex erçaientp Les dames leur donnaient quan écus à chacun^ et outre cela, ils avaient tous les jours leurs messe Téglise de Notre-Dame, et étaient logés et nourris à rHôteKDieu Or, pour connaître les grands biens que celle c ompaguie des dm a produits pour le salut et pour la sanctiCcation des pauvres mali de THôtel-Dieu, il faut remarquer qu'avant qu'elle fût établie, c*é la coutume de faire confesser les malades en entrant, lesquels, p lordinatre, n ayant point été instruits ni disposés, et étant dam trouble et dans la douleur que leur causait leur mal, faisaientsou^ des confessions nulles et sacrilèges i d'ailleurs il se trouvait parmi malades assez fréquemment des hérétiques qui, n'osant pas direqu était leur religion d^ peur d'être renvoyés, faisaient semblant di confesser comme les antres, et de la sorte il s'y coniraettail de ti grands abus, et ne s y faisait que très-peu de vraies conversions, Oi leur parlait jamais de confession générale, ni même de faire uneat confession^ sinon aux approches de la mort, lorsqu'ils étaient au( ou plus incapables de se bien confesser que la première fois, C*C: tous ces besoins et à tous ces abua qu'il a plu à Dieu de pourvoir l'établissement de cette compagnie des dames; lesquelles, par h emplois charitables et par leur zèle soutenu et assisté de la prude conduite de M. Vincent, ont non-seulement remédié à ces mansi, n aussi procuré de trèsr grands biens pour la sanctification et pour le lut de cci pauvres malades. C'est Dieu seul qui connaît tous le^ h effets que cette assistance a produits avec le secours de sa giàce; c lui qui sait le nombre de ceuitqui ont été mis en état de bien moi ou de commencer une bonne vie* On peut néanmoins dire qu'il ne p avoir été que trcs-grand, quant à la conversion des mœurs, s'il permis d'en juger par la comparaLsou des conversions qui regardai la relis^non : c^r dès la première année seulement, sans parler des aul sui vantcji, la bént^dietiou de Dieu fut si abondante sur celte sainte c vre, qu'il y eut jîlus de sept cent soixante personnes dévoyées di vi,iie foi^ faut luthériens, calvinistes que Turcs, dont plusieurs avai

été blessés et pris sar mer, ensuite menés à Paris, et envoyés à THôtel- Diea, qui se conTcrtirent et embrassèrent la religion catholique. £t cette grâce extraordinaire que Dieu répandait sur les emplois et les soins charitables de ces dames mit l'HôtcI-Dieu en telle estime, qu'une honnête bourgeoise de Paris étant malade, demanda d*7 être reçue en payant sa dépense, et bien au-delà, pour y être secourue et assistée spécialement comme les pauvres, ce qui lui fut accordé.

M. Vincent a eu la consolation de voir tous ces grands biens, qui étaient conoime les fruits de ses mains et de ses charitables entremises, qae Dieu lui avait fait goûter pendant sa vie, durant plus de vingtcinq ans, lesquels continuent encore après sa mort, avec la môme bénédiction. Il invita un jour les dames en leur assemblée à la reconnaissance qu'elles devaient rendre h Dieu de ce qu'il avait daigné les choisir et se servir d'elles pour opérer de si grands biens. « 0 mesdames, lenr dit-il, que tour devez bien rendre grâces à Dieu de l'atlention qu'il vous a fait faire atkx besoins corporels de ces pauvres ! car Tassistance de leurs corps a produit cet effet de la grAce, de vous iaire penser à leur salut en un temps si opportun, que la plupart n'en ont jamais d*autre pour se bien préparer à la mort. Et ceux qui relèvent de maladie ne penseraient guère h changer de vie, sans les bonnes dispositions où on tâche de les mettre. »

Page 1