CHAPITRE XXXVII
SERVICKS RENDUS PAR M. VlTfCRNT AU FRU ROT LOUIS XIII, DF GTX>niEUSB MEMOIRR, E?f SA DRRIVIÈRK MALADIE, POUR LE RTESf SPIRITUEL DE SOTf AME.
Quoique la dignité de^^roî^^ ]o^ élève au-1«s<5u<» de la condition des autres hommes jusqu'à un tel point que l'Écriture sainte le appelle des dieux V en tant qu'ils sont les lieutenants et les vivantes images de i>îeu sur la terre; c?tte môme Écriture néanmoins, après leur avoir d^nné un titre si sub-ime et si glorieux, les avertit au mAme endroit qu'ils ne doivent pas oublier qu^il^ sont hommes, et par conséquent obligés de payer le commun tribut de la nature, et de mourir comme îos autres hommes*.
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rtles plus Tertqenx princes, que les antres qui ne sont pas tels : avec cette différence toutefois, que la mort est aux bons rois, comme l'Église le déclare, un heureux échange d*une souveraineté temporelle et terrestre, en un royaume céleste et étemel : et aux autres, tout au contraire, elle est le terme de leurs vices, aussi bien que de leur vie, et le commencement de la punition que la puissance de Dieu leur en fera ressentir.
Si les vertus et qualités toutes royales de Louis XIII, de très-glorieuse mémoire, Font fait reconnaître pendant sa vie pour Tun des plus prands monarques de la terre, sa pieté s*est particulièrement siimalëe au temps de sa mort. Ce n'est pas ici le lieu de rapporter tout œ qne ce prince vraiment très-chrétien a fait et dit pendant sa dernière maladie; par où il a donné à connaître combien son c^ur royal était détaché des choses de la terre, et quel était son zèle pour procurer la conversion des hérétiques et des pécheurs, et pour faire, autant qu'il était en lui, que Dieu fût de plus en plus connu, honoré, servi et glorifié, en tons les lieux de son obéissance. Il suffira de remarquer ici qne ce bon roi ayant ouï parler de la vertu et sainteté de vie de M. Vincent, et de tous ses emplois charitables pour le bien spirituel de ses sujets, lui demanda de le venir trouver à Saint-Germain-en- Laye au commencement de sa dernière maladie, pour (Hre assisté en cet état de ses bons et salutaires avis, et pour lui communiquer aussi quelques desseins de piété qu'il méditait, particulièrement pour procurer la conversion des hérétiques de la vi*le de Sedan. Le premier compliment que M. Vincent fit de premier abord à Sa Majesté, fut de lui dire ces paroles du safje : • Sire, timenti Deiwi, hene eril in extremis; » à quoi Sa Majesté, toute remplie des sentiments de sa piété ordinaire, qui lui avait fait lire et méditer souvent ces belles sentences de l'Ecriture, répondit en achevant le verset, • et in die de f une- /lOfiic sua; benedicetur. »
El un autre jour, comme ce saint homme entretenait Sa Majesté du bon usa^c des grftces de Dieu, ce grand roi faisant réflexion sur tons Iffdons qu'il avait reçus de Dieu, et considérant réminenee de sa diîmité royale à laquelle sa providence l'avait élevé, les grands droits qui y sont annexés, et particulièrement celui de'nommer aux évrcliés «t prélatures de son royaume : 0 M. Vincent, lui dit-il, si je retournais eu santé, les évéques seraient trois aris chez vous; voulant dire qn*il oblifi:erait ceux qui seraient nommés aux évèchés, de se disposer as*acquitter de leurs charges, par la fréquentation des lieux et des personnes qui pourraient leur être utiles h (Ttle fin. Kn quoi ce grand
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ja h FPB piecift, en Ini disant :
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la charge très-pesante ûetes gniMh» un^ui*^,
M. Vincent demeura cette première fois environ huit jours à Saint- Germain, où il eut plusieurs fois l'honneur d'approcher le roi, et de Tentretenir des paroles de salut et de Yie éternelle ; à quoi Sa Majesté témoignait prendre une particulière satisfaction.
Enfin la maladie du roi s'augmentant de plus en plus, et surmontant tous les remèdes, ce prince très-chrétien voyant que Dieu voulait le retirer de ce monde, manda derechef M. Vincent pour l'assister en ce dernier passage. Il retourna donc à Saint- Germain, jet se rendit auprès de Sa Majesté trois jours avant son décès : où étant, il demeura presque toujours en sa présence, pour lui aider à élever son esprit et son cœur à Dieu, et à former intérieurement des actes de religion, et des autres vertus propres pour se bien disposer à ce dernier moment duquel dépend l'éternité.
Ce grand prince ayant ainsi fini sa vie par une mort très-chrétienne, qui arriva le 1 4 mai de l'année 1 643, et M. Vincent voyant la reine dans les saisissements d*une extrême douleur, et hors d'état de recevoir aucune consolation de la part des hommes, s'en revint aussitôt à Saint-Lazare, afin de faire prier Dieu pour leurs Majestés, bien affligé d'un côté, de la perte d'un prince si juste et si pieux, mais d'autre part, consolé des dispositions très-bonnes dans lesquelles il l'avait vu mourir : étant mort très-chrétiennement, après avoir vécu comme un prince très-chrétien. Le lendemain il fit faire un service solennel dans l'église de Saint- Lazare, et offrir le saint sacrifice de la Messe par tous les prêtres de la maison pour le repos de son Ame.