SPIRITUELLES
Ce fidèle serviteur de Dieu reconnaissant d'un côté les grands fruits que ces retraites pouvaient produire pour la gloire de Dieu et le salut des Ames, et sachant bien d'ailleurs qu'elles étaient fort à charge à sa communauté, tant pour la dépense que pour la peine d'avoir conti- Buellement affaire à tant de sortes de personnes de si différentes cou* ditions et dispositions, il appréhendait beaucoup que les siens ne vins- Kat à se lasser de porter un fardeau si pesant. C'est pourquoi il recommandait si souvent à sa compagnie de soutenir cette charge avec constance et persévérance, d'avoir toujours un grand soin de servir et aider ces âmes qui viennent chercher Dieu : « Craignons, Messieurs, leur disait-il, craignons que Dieu ne nous ôte celte moisson qu'il nous offre : car il transfère ses grâces à d'autres quand on n'en fait pas Tosage tel qu'on le doit. »
Et un jour, recommandant aux prières des siens une personne qui était en retraite, il prit sujet d'exhorter et d'exciter toute sa commonauté à l'affection de cette sainte œuvre. « 0 Messieurs, leur dit-il, que nous devons bien estimer la grâce que Dieu nous fait de nous amener tant de personnes pour les aider à faire leur salut ! Il y vient même beaucoup de gens de guerre, et ces jours passés il y en avait un qui me disait : Monsieur, je m'en dois aller bientôt aux occasions,
• et je déêire auparavant me mettre en bon état : j ai des remords de conscience, et dans le doute de ce qui me doit arriver, je viens me disposera ce que Dieu voudra ordonner de moi. Nous avons maintenant céans, parla grâce de Dieu, bon nombre de personnes en retraite. 0 Messieurs, quels grands bleus cela ne peut-il pas produire, si nous y travaillons fidèlement ! Mais quel malheur si celte maison se relâche un jour de cette pratique ! Je vous le dis. Messieurs et mos frères, je crains que le temps ne vienne auquel elle n'aura plus le zèle qui jusqu'à présent lui a fait recevoir tant de pcrsoimcs à la retraite. Kt alon qu'arriverait- il? Il serait à craindre que Dieu n'ôlùt à la comfÊffàù^ Bon-seulement la grâce de cet emploi, mais qu il ne la privât
^ » les autres. On médisait avant- hier que le parlement
avait déîîradiS ce jour-là un conseiller, et que, Tayant fait venir en II grand chambre, on toutes les autres étaient assemblées, vêtu de il robe rouge, le président appela les huissiers, et leur commanda di lui (^ter cette robe et son bonnet, comme indigne de ces matqntt d'honneur, et incapable de la charge qu'il avait. La même chose non arriverait, Messieui^s, si nous abusions des grâces de Dieu, en négligeant nos premières fonctions. Dieu nous les ôterait, comm e indignes de la comlition oii il nous a mis, et des œuvres aU xquelles il nouRi appliqués. Mon Dieu, quel sujet de douleur! Or pour nous bien persuader quel grand mal ce nous serait si Dieu nous privait de Thonneur de lui rendre ce service, il faut considérer que plusieurs vicO' nent céans faire leur retraite , pour connaître la volonté de Diea, dans le mouvement qu'ils ont eu de quitter le monde, et j'en recoffl* mande un qui a achevé sa retraite, et qui en sortant d'ici s'en va atti Capucins prendre Thabit. H y a quelques communautés qui noirt adressent plusieurs de ceu\ qui veulent entrer chez elles, et les envoient pour faire les exercices céans, afin de mieux éprouver Icar vocation avant que de les rec^îvoir : d'autres viennent de dix, de vingt et de cinquante lieues loin exprès, non-seulement pour se venir ré* f coiliger ici, et faire une confession générale, mais pour se déterml- 4 ner à un choix de vie dans le monde, et pour prendre les moyens de j s'y sauver. Aous voyons aussi tant de curés et d'ecclésiastique» qui y ■ viennent de tous côtés se redresser en leur profession, et s'avancer en la vie spirituelle. Ils viennent tous sans se mettre en peine d'appor* 1er de l'argent, sachant (pi'ils seront bien reçus sans cela ; et à ce propos une personne médisait dernièrement que c'était une grande consolation pour ceux qui n'en ont pas de savoir qu'il y a un, lieu n Paris toujours prêt à les recevoir par charité, lorsqu'ils s'y présenteront avec un véritable dessein de se mettre bien avec Dieu.
• Cette maison, Messieurs, servait autrefois à la retraite des lépreux ; ils y étaient reçus, et pas un ne guérissait : et maintenant elle sert à recevoir des pécheurs, q!ii sont des malades couverts de lèpre spirituelle, mais qui guérissent p;ir la grAcede Dieu; disons plus, ce sont des morts qui ressuscitent: quel bonheur que la mcTison de Saint- La/ure soit un lieu de résurrection ! Ce saint, après être demeuré mort trois jours dans le tombeau, eu sortit tout vivant; etNotrc-Seiir leur, <iui ie ressuscita, fait encore la même grâce à plusieurs qui, iiva?it dcneuré quelques jours céans, comme dans le sépulcre da i.iizare, en sortent avec une nouvelle vie. Qui est-ce qui ne se réjouira d un.; telle bénédiction, et qui n'entrera dans un sentiment d'amnnr et d.^ risconuaissanci; envers la bonté de Dieu pour un si grand bien?
Qael sajet de hoate si nous nous rendons indignes d*nne telle grâce ? Qaelle confusion, Messieurs, et quel regret n'aurons-nous pas un g|ciiiry si par notre faute nousensommesdégradés, po nr être eu oppro- ^bfle deTant Dieu et devant les hommes ! Quel sujet d'affliction n*aura pas un pauvre frère de la compagnie, qui voit maintenant tant de gens du monde venir do toutes parts se retirer un peu parmi nous pour changer de vie, et qui pour lors verra ce grand bien négligé î il verra qu*on ne recevra plus personne, euAn il ne verra p 1 us ce qu'il a vu : car nous en pourrons venir là, Messieurs, non pas peut-être sitôt, mais à la longue. Quelle en sera la cause? Si on dit à un pauvre missionnaire rclûché : Monsieur, vous plait-il de conduire cet exercitant en sa retraite? cette prière lui sera une gélienne, et s*il ne s'en excuse, il ne fera, comme on dit, que traîner le balai ; il aura tantd*envie de se satisfaire, et tant de peine à retrancher une demiheure ou environ après le diner, et autant après le souper, de sa rccréation ordinaire, que cette heure lui sera insupportable, quoique • donnée au salut d'une c\me, et la mieux employée de tout le jour. ; l)*iutres murmureront de cetemploi, sous prétexte qu'il est fort oné- - reax et de grande dépense : et ainsi les prêtres de la Mission, qui autrefois auront donné la vie aux morts, n'auront plus que le nom et la figure de ce qu'ils ont été : ce ne seront plus que des cadavres , I et non de vrais missionnaires ; ce seront des carcasses de saint Lazare, '■ €t non des Lazarcs ressuscites, et encore moins des hommes qui ressasdtent les morts. Cette Mission, qui est maintenant comme une piscine salutaire où tant de monde vient se laver, ne sera plus qu'une citerne corrompue par le relâchement et loisiveté de ceux qui l'habiteront. Prions Dieu, Messieurs et mes frères, que ce malheur n'arriTe pas ; prions la sainte Vierge qu'elle le détourne par son inter- ! cession, et par le désir qu'elle a de la conversion des pécheurs ; prions le grand saint Lazare qu'il ait agréable d'être toujours le protecteur de cette maison, et qu'il lui obtienne la grAce de la persévérance dans le bien commencé. •
Recommandant une antre fois un exercitant aux prières de sa communauté, il ajouta ce qui suit : « Je la supplie, dit-il, de remercier Dieu pour l'attrait qu'il donne de faire ici retraite à tant de |)cr wnnes, que c'est merveille; tant d'ecclésiastiques de la ville et des champs qui quittent tout pour cela, tant de personnes qui pressent chaque jour pour y être reçues, et qui le demandent avec instance longtemps auparavant. Grand sujet de louer Dieu! Les uns nie viennent dire : Monsieur, il y a tant de temps que je demande cette grAce, tant de fois que je suis venu ici sans pouvoir l'obtenir; les autres :
Monsieur, il faut que je m'eu aille, je sois en charge, mon 1 me demande, et je suis sur mon départ ; accordez-moi cette les autres : J'ai achevé mes étndes et je suis obligé de me n de songer à ce que je dois devenir ; les autres : Monsieur, j'en i besoin. Ah! Monsieur, si vous le saviez, vous m'accorderiez cette consolation. Il y a même des vieillards qui viennent { préparer à la mort. Grande faveur, grande grâce que Dieu i cette maison d'y appeler tant d'âmes aux saints exercices, servir de cette famille comme d'instrument pour leur couver quoi devons-nous penser qu'à gagner une âme à Dieu, surtout elle vient à nous? nous ne devrions avoir autre but et ne vif cela seul. Hélas! elles ont tant coûté au Fils de Dieu ! et c'est qu'il les envoie pour les remettre en sa grâce. 0 Sauveur ! ] bien garde de ne nous rendre pas dignes de ce choix, et que ] vienne à retirer sa main de dessus nous. Je veux croire qu'il a que fort peu qui n'en profitent pas; et pour quelqu'un q fait pas bon usage, il ne faut pas priver de ce bien tant de âmes qui en tirent tant d'avantages et qui en recueillent de si fruits, mais des fruits merveilleux. Je vous en ai parlé autref ne vousen rapporterai aujourd'hui qu'un exemple. Au dernier que je fis, il y a cinq ans, en Bretagne, d'abord que j'y fus an fort honnête homme me vint trouver pour me remercier de 1 qu'il disait avoir reçue, d*avoir fait en cette maison une retn rituelle. Oh! Monsieur, me dit-il, sans cela j'étais perdu ;j dois après Dieu mon salut, c'est ce qui a mis ma conscience e et qui m'a fait prendre une manière de vivre que j*ai toujoun depuis ce temps-là, et que je garde encore par la grâce de Die grande paix et satisfaction de mon esprit. Certes, Messieurs, t-il, je me tiens si fort obligé à votre charité, que j'en parle { et je dis dans toutes les compagnies où je me trouve que, san traite que j'ai faite à Saint-Lazare, je serais damné. Gombii dois-je estimer cette grâce que vous m'avez faite ! je vous croire que je m'en souviendrai toute ma vie.
« Après cela, Messieurs, ne serions-nous pas bien mail si par notre fainéantise nous venions à obliger Dieu de noi traire cette grâce? Tous ceux à la vérité qui font en ce lieu traite n'eu profitent pas tout à fait comme celui dont je viens parler. Mais le royaume de Dieu sur la terre n'est-il pas n bons et de mauvais? M'est-ce pas un rets ou un filet qui pren sortes de poissons? Dans cette grande abondance de gràOQi« répand sur toutes les personnes du monde, combien i
sent ! et quoiqu'il prévoie cet abus qu'ils en feront, il ne ourtant de les leur départir. Combien y en a-t-il qui nése servir des fruits de la Passion et de la mort de Notreit qui, comme dit le saint Apôtre, foulent aux pieds le I répandu pour leur salut ! 0 doux et miséricordieux Sausaviez bien que la plupart n'en tiendraient compte, et : pas pourtant laissé de souffrir la mort pour leur salut, >us prévissiez cette prodigieuse multitude d*infidèlesqui raient, et ce grand nombre de chrétiens qui abuseraient jue vous leur avez méritées.
I point d'œuvre de piété que quelques-uns ne profanent, aint dont ils ne fassent mauvais usage ; mais pour cela on désister de faire du bien, et nous ne serions pas excusat Dieu si nous venions à nous relâcher ou nous refroi- 3xercices de charité, jparce que tous ceux que nous y as- 1 retirent pas tout le fruit que nous pourrions souhaiter. ) perte et quel malheur pour nous, si nous venions à nous 3 cette faveur que Dieu nous a faite, de nous choisir entre es communautés pour lui rendre ce service, et priver sa esté de la gloire qu'il en retire. Oui, je le dis. Messieurs et ^ malheur à celui qui par sa paresse ou par la crainte de aises, ou par un déhir déréglé de chercher son repos quand ailler, fera ralentir la ferveur de cette sainte pratique. Mais arrive par la faute de quelques particuliers, il ne faut ja- B gros se relâche, il faut avoir toujours bon courage, et ^ Dieu, qui nous a donné cette grâce, nous la conservera, )us en donnera de plus grandes. Mettons donc toujours de lis notre confiance en lui, ayons un cœur ferme contre ice, et bon courage contre les difficultés. Il n'y a que ce prit de paresse qui se laisse abattre à la moindre repui appréhende trop les difficultés, et qui évite autant la peine lil qu'il recherche ardemment ses propres satisfactions; fet de Tamour-propre, qui ruine et gâte tout: c'est pourdevons le mortifier, et l'assujettir à l'amour de Dieu. De- .ni. que par sa miséricorde il nous conserve ce qu'il nous a Dent donné. Oui, mes frères, c'est un grand don qu*il a fait itite compagnie, et par conséquent nous devons prier sa l ne permette pas que nous nous en rendions indignes par sbalance. 0 Sauveur! suscitez en nous cet esprit du grand int, dont nous célébrons la fête, qui l'a fait triompher au de la rage de tout l'enfer. Suscitez en nos cœurs
ce feu divin, cette ferveur ardente, qui nous fassent semblablemcnt triompher de tous les empêchements du diable et de notre nature corrompue, qui s'opposent au bien. Fomentez en nous un «èlc ardeot de procurer votre gloire en tous nos emplois, afin que nous y persévérions constamment jusqu'à la mort, à l'exemple de ce grand saint. ■Vous vous en conjurons par son intercession.
• Remercions Dieu, mes frères, mille et mille fois, disait-il en une autre occasion, de ce qu'il lui a plu choisir la maison de Saint-Lazare pour être un théâtre de ses mis<<.ricordes, où le Saint-Esprit fait une descente continuelle sur les Ames. O ! qui pourrait voir des yeux do corps cette effusion ! combien serait-il ravi ! Mais quel bonheur pour nous autres missionnaires, que Saint -Lazare soit un trône des justifications de Dieu ! que la maison de Saint-Lazare soit un lieu où se prépare la couche du Roi des rois dans les Ames bien disposées de ceux qui viennent ici faire leur retraite î Servons-les, Messieurs, non comme des simples hommes, mais comme des hommes envoyés de Dieu. N'avcms aucune acceplion des personnes; que le pauvre nous soit aussi cher que le riche, et môme encore davantage, étant plus conforme à l'état de la vie que Jésus-Christ a menée sur la terre. J'en recommande un à vos prières, qui en a un besoin tout particulier, qui sans doute est capable de faire beaucoup de bien, s'il « convertit entièrement à Dieu ; et au contraire, s'il ne se convertit pa» comme il faut, il y a sujet de craindre qu'il ne fasse beaucoup de mal.
«< Nous avons céans un capitaine (leur dit-il une autre fois) qui veut être chartreux, et qui nous a été envoyé par ces bons pères pour éprouver sa vocation, selon leur coutume : je vous convie de le recommander à Noire-Seigneur, et en même temps considérer combien grande est sa bonté, d aller ainsi prendre un homme lorsqu'il cstengagé fort avant dans un état si contraire à celui auquel il aspire maintenant. Adorons cette miséricordieuse providence, et reconnaissons que Dieu ne fait point acception des personnes, mais quMI en prend de toute sorte d'états par son infinie bonté, et prend qui bon lui semble.
• Nous en avons encore céans un autre qui fait profession des armes, et qui est pareillement capitaine : nous en louerons Dieu, et le lui recommanderons aussi bien que Tautre. Vous vous souviendrez encore en vos prières d'un autre nouvellement converti de la religion prétendue réformée, mais très-bien converti, et qui travaille et écrit prc*sentement pour la défense de la vérité qu'il a embrassée, et pourra par ce moyen en gagner d'autres: nous en remerderons Dieu et le supplierons qu'il lui augmente ses grâces de plus en plus.
Ifons avions an prêtre ets jours passés (diMI encore en nne anoeeasion), lequel étant venu de fort loin pour faire oéans sa tfte, me dit d'abord : Monsieur, je viens à vous, et si vous ne me itet, je snis perdu : et lorsqu'il s'en alla, il paraissait tellement Aé de Tesprit de Dien, que j'en fus extraordinairement étonné, is autres sont partis du fond de la Champagne, s'étant encoarajB^ proqnement pour venir faire leur retraite à Saint-Lazare. O Dieu, kbien v en vient^il de loin et de près, à qui le Saint-Esprit donne aonvement ! Mais combien faut-il que la grâce soit forte, pour Mr ainsi de toutes parts les hommes au crucifiement ! car la re*le spirituelle est pour crucifier sa chair, afin qu'on puisse dire B le saint Apôtre : Je suis crucifié au mondCj et le monde tnest
^oHà quelques binettes des saintes ardeurs dont le cœur de M. Vintétait embrasé pour procurer Tavancement du royaume de Dieu s les âmes, par le moyen des exercices de la retraite spirituelle ; lit ce même feu divin qu'il tâchait de communiquer et inspirer à t de sa Congrégation, pour allumer en leurs cœurs une charité et lèle infatigable en faveur de tous ceux qui venaient se réfugiera ri de leur maison, et y chercher la gnérison et la sanctification eurs âmes.
SECTION IV
mmVTS DE PLUSIEURS AUTRES PERSONNES TOUCBART CES MEMES ITRAÎTES, ET QUELQUES EXEMPLES DBS FRUFFS QU*ELLES ONT PRO- IIIT8.
ià prêtre du Languedoc étant venu à Paris en l'année l6iO, voul^àbord faire sa retraite à Saint-Lazare ; après laquelle il en écrivit I prêtre de ses amis, qui l'y avait adressé, en ces termes : « J'ai reçu de témoignages de bienveillance, et tant de bons traitements en 5 maison de tons ceux à qui j'ai parlé, que j'en étais confus ; et dessus tous les autres, M. Vincent m'a reçu avec tant d'amour, f en suis tout saisi : mon cœur le ressent bien, mais je ne trouve it de paroles qui le puissent exprimer. Ce que je puis dire est que, rat le temps de nos retraites, j'ai été comme en paradis ; et mainnt que j*en snis dehors, il me semble que Paris m'est nne prison, rayez pas que je vous dise cela par manière de compliment, je B selon les sentiments que Dieu m'en donne. Au reste, je ne lis plus vivre au monde ; ma résolution est d'en sortir, pour me Wt entièrement à Dieu. »
— 4»2 — Un autre ecclésiastique d'Orléans écrivant à M. Vincent sur ce même sujet : • Je vous prie, lui dit-il, de m'octrojer, pour l'amour de Dieu et de la sainte Vierge, encore une autre retraite en votre maison. Je ne fais que soupirer après ce dessein ; et j'espère que, quand vous aurez reconnu pour quelle fin je la veux faire derechef, j'obtiendrai cette grdce de la miséricorde de Dieu et de votre bonté. Certainement, Monsieur, lorsque je pense aux bons sentiments qne Ton conçoit chez vous, j*en suis comme ravi hors de moi-même, cl je ne puis que je ne souhaite qu'il plût à Dieu que tous les prétrei eussent passé par ces saints exercices : si cela était, nous ue verrions pas tous les mauvais exemples que plusieurs donnent, au grand scandale de l'Église . •
Un vertueux curé d'une paroisse de la campagne qai n'est pu beaucoup éloignée de Paris, écrivant à M. Vincent en Tan 1642, loi dit : « Les fruits que remportent ceux qui ont fait chez vous hl exercices de la retraite spirituelle répandeut une telle odeur en tou les lieux où ils passent, qu'ils font naître eu l'esprit de plusieurs le désir d'en aller cueillir eux-mêmes sur l'arbre. Voyant donc un de mes proches parents dans cette bonne volonté, j'ai cru ne pouvoir mieux faire pour lui que de vous supplier très-humblement qu'il vous plaise le recevoir à faire en votre maison les exercices de la retraite spirituelle, dont il espère recevoir lumière et grâce pour 11 conduite du reste de sa vie. >
Feu M. le baron de Renty, aussi noble par sa vertu que parai naissance, ayant employé tous les moyens que sa grande charité loi avait pu suggérer pour rrtirer un curé d'un grand désordre où il avait lonîïtemps croupi, sans y avoir rien avancé, eut la pensée de Tadresser à M. Vincent, afin de le portera faire une retraite à Saint- Lazare; et dans la lettre qu'il lui écrivit sur ce sujet, il lui témoigne qu'il avait cette confiance, que, par le moyen des exercices de cette retraite sous sa charitable conduite, la vie déplorable qu'il avait menée jusqu'alors serait changée en une vie de bénédiction.
Le supérieur d'une religion réformée d'une maison de Paris ent aussi le même sentiment touchant un religieux de son ordre, coré d'une paroisse, qui était tombé en quelque désordre ; voici en qneh termes il en écrivit à M. Vincent: « Ce bon religieux, lui dit-il, a grand besoin, pour plusieurs sujets qu'il vous pourra dire, d'amender sa vie ci • devant assez déréglée, au préjudice des âmes qu'il a sous sa conduite. Ou lui a recommandé de se retirer chez vous, comme en iir. heu de sûreté pour les àme>, v{ d'adresse pour les remettre au cil iiiiu de leur devoir. Je vous prie très-instamment dt lui faire 11
recevoir, et do n'oublier rien de tout ce que tous jugerez legaguerà Dieu. »
religieux d'uu des plus célèbres couveuls de Paris crut mieux faire pour uu page qui voulait se convertir que entre les maius de M. Vincent, et le prier de lui donner r quelques jours en sa maison. « Je prie Dieu (dit-il dans ii'iliui écrivit pour cela en Tannée 1644) qu'il prolonge vos années pour sa gloire, et pour le bien du procbain, vous travaillez incessamment; voici uu sujet digue de é que je vous envoie : c'est un page du prince de Tal> isqu a présent a été élevé en la fausse religion c^ilviniste, tisé à moi pour se convertir ; mais ne me trouvant pas it pour une si bonne œuvre, je prends la bardiesse de letj comme à celui à qui Dieu fait des grâces très-partiès-grandes pour sa gloire, et pour le salut des pécbeurs es. Ayez donc la cbarité, mon très-honoré père en Notre- ) l'accueillir et l'embrasser comme une pauvre brebis hercbe où se retirer et se sauver de la gueule du loup. » lent s'il fallait ici rapporter par le détail toutes les perut eu recours à la cbarité de ce grand serviteur de Dieu, énombrement de toutes les infirmités, misères et néceslles, auxquelles il a pourvu et remédié avec bénédiction, 1 des retraites spirituelles, dans la seule maison de Saintaurait de quoi remplir plusieurs volumes; et Tou pourvue laçou dire du serviteur ce que l'Évangile rapporte Maître \ qu'on lui amenait de tous côtés tous ceux qui itsde quelques iufirmités et maladies, et qu'il sortait de 1 qui ic8 délivrait de tous leurs maux, et leur donnait {ueribou.
e ce n'est pas seulement en la maison de Saint-Lazare que M. Viuceut s'est fait resseutir, mais qu'elle s'est répausurs autres lieux, nous rapporterons encore ici quelques et exemples des biens que ces mêmes retraites spirituelles en d'autres eudroits, sous la conduite des enfants de ce siouuaires.
astique de Paris de condition et de très-grande vertu, !xercé plusieurs années dans tous les emplois de la Misr fait plusieurs retraites à Saint-Lazare, fut enfin nommé et aussitôt il s'y retira pour se mieux disposer à son sales autres devoirs de sa cbarge : ensuite étant allé en » exil>at, et saoïibat omnu. Luc., 1 2.
son diocèse avec quelques prêtres de la GoDgrégatioii de la Misrioo, il commença à mettre en usage tout ce qu'il avait vu pratiquer I M. Vincent, et à ceux de sa compagnie; et reconnaissant par sa propre expérience rutilité des retraites spirituelles, il convia les curéset autres ecclésiastiques de son diocèse d'eu >enir faire en son palais épiseopal, lequel il destina en partie à cet usage. Voici ce qu'il éerivit en \n'i\ de mot» ù M. Vincent en Tannée IG44 : • Pour vous faire part (le n(;s nouvelles, je vous dirai que nous continuons nos assemblées des ecclésiastiques, tant de ceux du diocèse que des autres dci lieux eireonvoisins qui demandent d*y assister; j'ai présentement environ 30 prêtres avt*c moi, qui fout les exercices de la retraite spirituelle dansTévéclié avec beaucoup de fruit et de bénédiction. »
In autre <;rand prélat, qui est même archevêque, et qui a fréquenté durant plusieui^s années la maison de Saint-Lazare et les exercices de la Mission, a cru ne pouvoir procurer un plus grand bien à son clergé que de faire venir en son palais archiépiscopal les curés et autrei ecclésiastiques de sou diocèse en diverses bandes, pour y faire les exercices de la retraite spirituelle, sous un prêtre de la CougrégatioD (le la Mission, lequel, lui rendant compte par une lettre du succès de la première de ces retraites, lui parle en ces termes :
« Au commencement, chacun se regardait avec crainte et murmure : les plus timorés ne savaient qu'eu juger; mais Dieu, qui lei a\ait contraints par votre minibière, et même traînés pour la plupart dans la solitude, changea teiiemeut leurs cœurs, que tous s'écrièrent : Verè Devis est in loco ihlo^ et ego tiesciebam ; et dans la suite des exercices, comme le jour s'avançait, et dissipait leurs ténèbres et froideurs, ils disaient : Quàm bonum et quàm jucundum habiiare fratru in unum! et à la lin de la retraite : Faciamus h\c tria labernacula. Ces bons messieurs, qui étaient au nombre de quarante, tant recteurs que vicaires, assuraient n'avoir vécu que cesdix jours : ils pleuraient a chaudes larmes, se ressouvenant de leur vie passée, et de rignorauee dans laquelle ils avaient vécu : les plus Âgés couraient aux exercices; et je vous puis assurer que je n'ai pas encore vu tant de ferveur, ni des opérations si seuhibies de l'esprit de Dieu, qui tient eu sa main les cœurs, non- seulement des rois de la terre, pour les tléchir où il voudra, mais encore des rois du ciel et des praires, dont la dureté apporte souvent plus de résistance à la grÂoe. Chacun a fait sa coufession générale, et ia plus grande part de toute leur vie, croyant n'avoir rien fait jusques ici ; tous ont pris de fortet résolutions de travailler a leur propre sanctification, et à ctUadakwi troupeaux, disant avec le Propbète-fioi : Dùpi^ nune eafii km iNH
> dêxurm exceki. À mesure que la grâce changeait les cceura, ils venaient trouver en particulier, et me disaient conmie quoi le on les avait aveuglés, leur faisant croire que la rt^traite n'était ne nouveauté insupportable, une prison et nue génenne; les 38 me disaieut : Ah I Monsieur, combien sommes-nous oblige à seigneur I que nous devons bien prier Dieu pour sa personne et • son retour ! Si nous eussions eu les lumières que nous avons, i n'eussions pas t'ait ce que nous avons fait. ËuUn, Monsieur, tous ni comme des petits enfants, et je m'étonnais comme des pères qui pouvaient être mes grands-pères prenaient tant de créance
si faible instrument. Viiulus et leOj lupus et ovis simul accuba- ; puer parvulus minabil eos. Toute votre vide a été embaumée mne odeur de ces bons messieurs, non-seulement de leurs paroiiais encore de leur modestie. Les ecdesiastiquesquise raillaient s exercices ont été surpris de voir leurs amis et leurs confrères ger de langage, et quelques-uns de votre chapitre demandaient id leur tour viendrait. J'espère, Monseigneur, que vos prières ndront de Dieu Texécutiou de tant et de si saintes résolutions, et par ce moyen votre diocèse prendra une uouvelie lace, les ciiefs int de si bonnes influences sur le reste du corps. » »us ajouterons encore ici un extrait d'une autre lettre écrite au 6 archevêque, touchant la continuation des bénédictions que versait sur le clergé de son diocèse, daus les autres retraites qui rent cette première, où le même prêtre de la Mission lui parla en (rmes :
Encore que ni le lieu ni le temps ne rende pas précisément les Des saints, néanmoins l'un et l'autre y contribuent beaucoup. La I a ses temps aussi bien que la nature. L' Eglise appelle les jours iréme jours de salut et de propitiation. L expérience de la der^
retraite ne nous permet pas d'eu douter. Ei je puis vous assutlonseigneur, que si Dieu s'est montré libéral aaus les précédentiraites, il s'est montré comme prodigue en celle-ci, qui iinit la ) du dimanche des Hameaux : car outre que chacun a remarqué la conduite de ces Messieurs l'opération merveilleuse de la gràui change les cœurs les plus rebelles, et tire la lumière des té^ es; je leur ai souvent entendu dire qu ils ne commençaient qu'à ir les yeux, pour connaître i'emiueuce de la dignité du sacerdoce Aie s'ils eussent plus tôt connue, ils ne s'y fussent jaouis engai légèrement, il y en avait qui oUraieut leurs bourses pour la conition de ces retraites chaque année; les autres voulaient résigner ibénéflccB pour dnwpm toiqomrs en de semblables exercicei ;
d'autres ennii demandaient à passer quelque temps dans le sëniinaire, pourvu que leurs cures fussent pourvues. Chacun se retira iwvv. un tel regret que leur visage était tout baigné de leurs larmes; et avec une telle dépendance de vos ordres et de messieurs vos grands- \ieaires, quils disaient être en état de faire tout, etd*aller où il vous plaira. Yoilà, Monseigneur, comme vous établissez des misûonnaires encliaque paroisse, pour arroser ce que la mission avait planté. ; oi.s les séculiers en louent la divine bonté, et reconnaissent dam It iir pasteur des entrailles de père, pour le spirituel et pour le tes- |i 'I el. Je vous puis assurer que, si vous aviez eu la consolation de voir irs merveilles delà miséricorde de Dieu, votre joie serait parfaite aat cl lit qu'elle peut i*étre en ce monde. Mais j'ai pensé oublier de vous dire comme Tun de ces messieurs, qui n'avait pas vécu en ecclésiastiqce depuis plusieurs années en divers lieux de votre diocèse, etqai lie venait aux exercices que par grimace, et pour sauver les apparences extérieures, ainsi qu'il l'a avoué depuis, peu à peu se laissa toucher le cœur; néanmoins, ne voulant pas que mes filets l'arritasi^ent, et cherchant un autre confesseur dans lequel il croyait troovor plus de conliance, Dieu lui eu ôta l'occasion, et, la nuit avant le jDui- de la communion, bourrelé par sa propre conscience, il ne put dormir : Quis enim ei reslilit et pacem habuil P Une sueur saisit tooi ses membres, un tremblement uuiversel le prend ; il entendait nne voix intérieure qui lui disait : Voici ton heure, il faut mourir; ta lésislos â Dieu. 11 appelle un de ses confrères couché en la même chao- 1)1 e, lui ditqu il va rendre ràme,et qu'il le prie de me venir appeler. Ce qu'ayant fait, je me lève; je le confesse depuis minuit jusqu'à (juaire heures du matin, avec des larmes et une reconnaissance envers la divine bouté qui n est connue que de Dieu seul. Il communia avec les autres, mais avec un tel regret que j avais crainte qu'il ne ptTdit le sens, et que le démon ne se transiiguràt en ange de lumière pour lui faire perdre uu si grand trésor. £n effet, ce bon monsieur (tait comme hors de lui ; mais étant revenu a soi, il me dit que c'était un sccrit ju<^vmeiitiio Dieu qui voulait que, comme ses fautes a\ aient été puotiques, la reparaiiou en fût publique et couuue de tout le clergé; et ainsi il se retira très-satisfait, disant : JUisericordia lua magna est super me, qui eruUli anirnam meam ex inferno inferiori, »
Passons maintenant en Italie, où l'on pratique les mêmes exerciceS| et commençons par Gènes. Voici en quels termes le supérieur de la Mission de cette ville en écrivit à M. Vincent en l'année 1646: • >'ous avons écrit de la part de Monseigneur le cardinal DarauO|
^evéque de cette ville, à tous les archiprètres des lieux oh s*est fite la mission, de donner avis à tous les curés et prêtres de leur arliprétré qae les exercices spirituels se doivent commencer à tel jour a la maison de la Mission, et que tous ceux qui voudraient se serir de cette bonne occasion se pourraient rendre ici à telle heure. lutteurs sont venus et se sont déjà retirés. Je ne vous puis exprimer I grande consolation qu'ils ont reçue, ni l'abondance des grâces que loIre-Seigneur leur a communiquées, ni la grande modestie et le sienee exact qu'ils ont observé, ni leur bumililé et sincérité à rendre onpte de leurs oraisons, ni les conversions admirables et presque Bînculeuses qui s'y sont faites. £utre autres il s'y est trouvé un curé pu m*a dit, et presque en public, qu'il était venu pensant se moquer, I plutôt par hypocrisie que par dévotion, aûn que monseigneur le anlinal lui procurât quelque augmentation de revenu. Il a dit de llu que la Mission n'a pas eu de plus grand ennemi que lui, qu'il en mit dit tout le mai qu'il s'était pu imaginer, et même de sou £minooe. C'était un honmie fort adonné au vice, qui avait obtenu un léuéfice par simonie, reçu les ordres sans autre titre que ce bénéfice, owrce les ordres, administré les sacrements, fait tous les oilices cuîaUy et demeuré plusieurs années en cet état, un homme de négoce A d'intrigue, etc. Mais enfin Dieu la touché, et l'a touché trëseili- ■eeoient; il s'est converti, il a pleuré, il s'est humihé, et a donné b grands témoignages de sou chaugement. Tous ceux qui l'ont vu bu ces exercices ou qui en ont entendu parler sont restes extréme- ■eat édiliés ; et nous ne le sommes pas moins de tous les autres qui mt fait beaucoup de fruit, chacun selon ses besoins. De vous dire namtenaut, Jdiousieur, combien grande a été la joie et la consolation |u'ea a reçue son Einiueuce, certes, les larmes qui sortaient de ses fcaXy quand quelques-uns de ces messieurs lui ont dit leurs senti- Mnu, le peuvent témoigner mieux que mes paroles : ce qui a fait la tel eciat dans la ville et encore aux environs, que plusieurs autres «présentent pour venir luire le même. »
De temps eu temps le même supérieur écrivait à >I. Vincent les suc- M de semblables exercices, qui seraient trop longs à déduire en ce lieu; nous n'eu rapporterons que ces mots : « Les curés, dit-il, se re- Liroreut vendredi acinier, lout pleins de ferveur et d'edificalion, et lisent merveilles des grâces que Dieu leur a taites, lesquelles en elTet lOut grandes; et je puis dire que jamais je n'ai vu une semblable dis- ^liuUy ui une ai graude quauiite de larmes répaudues ; je ne puis I y penser sans elouuemeut ei ddiniratiou : ils étaient tellement qu'ils rendaient leurs coutet^sions publiques. Et il y en eut T. u ^'-
(IQ qui dit : Nous sommes ici en la vallée de Josaphat| foyant la !• bcrté et gviutSrosit J avec laiiuelle cliacuu découvrait sou cœur ; etcdlp comme j'ai dit, avec gnaie aboudauce de larmes eu public et particulier. Ce sout des effets de la grâce toute-puissante : mais qudl merveille, si le bou Dieu s'est montré libéral euvers des persoiim qui out été si lldèles au petit réglemeuti et particulièremeut aa tuceiJe les voyais Ireutc ensemble daus la salle, en m'atteui sans qu'il y en eût un qui osât dire une parole a un autre. A'ousa encore présentement quatre cxercitanis, entre lesquels est ua ji qui se veut faire cbrétien et qui est venu de Pise tout exprès; Lttiiuence nous Ta envoyé.
« 11 y a un sénateur, lequel, désirant faire une bonne confei générale, et ne pouvant laisser les affaires publiques pour faire eiercices spirituels, a choisi ces trois jours de iôte pendant iesqi il vient deux lois le jour à la maison coulërer avec moi pour fau:e n coniebsion générale; il Ta commencée avec beaucoup de ferveur et' avec de grands sentiments de contrition : j'espère qu il la iinira de Biéme.
« Aous attendons à ce soir six ou sept prêtres qui doivent venir commencer les exercices; ils ont dessein d'entreprendre une mission dans la ville, comme nous faisons aux champs. J e prie votre charitédA ' recommander l'affaire à Dieu. »
Monseigneur le cardinal, archevêque de Gônes, a fait lui-même kl exercices plusieurs fois chez les prêtres de la Mission, non avec oei curés, mais avec les missionnaires mêmes qui les font tous 1«8 ani* \oici ce que le même supérieur eu écrivit a U. Vincent au mots dl novembre de Tannée lG4li :
<c L'£minentisbime cardinal a été huit jours avec nous, et a fait Im exercices spirituels avec les missionnaires, au nombre de dix. Otaî que c'est un grand bcrviteur de Dieu! ou ne saurait croire avec queUl exuctitude el ponctualité il a observé l'ordre des exercices, quoiqu'il soit d'une complexion lort faible, et ùgé de ôG ans, mais qui montn tu avoir davantage par ses continuels travaux, tant spirituels que corporels. 11 laihait oraison le matin en commun avec les autres, et i genoux, sans se mouvoir depuis le commencement jusqu'à la liu,biea que quelques-uns se levassent, et quant aux autics méditations qofl chacun faisait dans sa chambre, il les faisait a genoux; ou si parfois il se trouvait un peu fatigué, il me demandait s'il pourrait se lever : je lui avais dcju dit qu'il le pouvait, et que même il était a propoi qu'il s'assit quelque peu de temps pour ne se pas ti-op incommoder, et ne laissait pas à chaque fois de me le demander, pour avoir le mérite
ES l*obéinanee. Lorsqu'il commuiiiqaait les peiiflées et les lions senliviPQtsdesesoraisouSy il le faisait ayec autant de simplicité^ d'humiblé (t de dévotion qu'aucun de nous. Sitôt qu'il entendait la cloche jpMrroflSce^ ou pour les autres exercices de la communauté, il laissait
et, et se trouvait des premiers à la chapelle : à table il voulait être Il comme les autres ; je le suppliai de permettre que nous le trai- I ns différemment, à quoi euliu il condescendit. 11 montrait avoir qu'ouluidonnàt àlaver àpartySe voulant conformer aux autres. r kl lin des exercic^^s, je le priai de nous donuer à tous sa bénédiction, * împétrer de Dieu la persévérauce. Ce qu'il ne voulait pas faire ; i, au contrairCi il voulait absolumeut que je la douuasse moi-
EÉid : toutefois, après beaucoup d importuuités, il nous la donna, mim cher père, quel exemple de vertu avous-nous devant les