‹ Vie de S. Vincent de PaulChapitre 79 sur 115 · DES BENEFICES · texte numérisé non relu

DES BENEFICES

II faut confesser que nous sommes en un siècle auquel on pourrait avec, beaucoup de raison renouveler la plainte que saint Bernard faisait contre les abus qui se commettaient de son temps à la recherche des bénéfices. Où trouvera-t-on quelqu'un (disait ce saint Père) qui recherche, ou plutôt qui soit recherché pour être mis dans les charges et dignités ecclésiastiques, par la seule et sincère intention de s'offrir à Dieu pour le servir dans une Vraie sainteté de cœur et de cori)S, et pour travailler avec plus de ferveur à son propre salut et à celui des autres, en vaquant à la prière et au ministère de la prédication ? Au contraire, ne voit-on pas que c'est l'ambition cl le désir de paraître, ou bien l'affection immodérée de s'enrichir, qui fait era- ])loycr toutes sortes d'artifices, et se servir quelquefois de moyens iilicilesct môme honteux pour se procurer l'entrée dans le patrimoine iî? Jésus-Christ, et qui porte les pères et mères à rechercher des bénéfices pour leurs enfants, dès leur plus tendre jeunesse, et quelquefois même avant qu'ils soient nés ? Enfin on n'épargne ni les sollicitatUmtiii la importanités quand il est question d'avoir des bénéfices, ^obtenu ce qu'on demande ; et souvent c^wx^v

en reçoivent davantage sont les moins reconnaissants, et qaelqneloii les plus ingrats.

M. Vincenf a vu de son temps ces mâmes abus et désordres, et d'autres encore plus grands, dont son cœur était vivement touché. Néuamoins, à l'imitation de ce grand saint, il nes*eFt pas contenté degëmir devant. Dieu, mais il a fait tous ses efforts pour les empêcher, et s*y est toujours opposé constamment, sans avoir aucun égard aux respects humains, et sans se mettre en peine du ressentiment qu'eu taraient les personnes puissantes qui s'y trouvaient intéressées, ni do préjudice qui en pourrait arriver à lui ou aux siens, les intérêts de l'honneur de Dieu lui étant incomparablement plus chers que toul le reste.

Surtout il ne pouvait dissimuler le déplaisir qu'il ressentait, voyant l'ardeur avec laquelle plusieurs désiraient aveuglément, et faisaient tous leurs efforts pour s élever ù Tépiscopat ; employant à cet effet toutes les sollicitations imaginables, donnant des abbayes de grand revenu, et avec cela se chargeant de grosses pensions pour parvenir à cette dignité. Ce fidèle serviteur de Dieu, qui, d'ailleurs, était hirt réservé en sus paroles, ne se put empêcher de dire un jour à quelque personne de confiance, qu'il craignait grandement que ce damnable trafic n'attirât la malédiction de Dieu sur ce royaume.

Un aumônier du roi, qui d'ailleurs était fort homme de bien, étant sollicité par ses parents de représenter ses longs services, et de tt faire reconimander pour être nommé à quelque évéché, se sentit p«)^ té à le faire, se persuadant que s*il ne parlait ou ne faisait parler piw lui, il serait mis en oubli, et nes*avancerait jamais. Néanmoins, voyant que cela était contraire à l'humilité et modestie convenables à un ecclésiastique, et qu*il était bien plus assuré pour son salut de s'ab indonner à la providence de Dieu, il se trouva dans une grande pt' plexité d'esprit. Sur cela, il écrivit à M. Vincent, le priant de loi mander ce qu'il devait faire. A quoi ce grand serviteur de Dieu lépondit en ces termes :

« 3lonsieur, j'ai reçu votre lettre avec tout le respect que je vims dois, et avec toute l'estime et la reconnaissance que mérite la giï\cc que Dieu a mise en votre aimable ca'ur. Comme il n'y a que Dieu seul qui, dans l'inclination naturelle que les hommes ont de s'élevT, ail pu vous donner des vues et des mouvements que vous avez ressentis de faire le contraire, il vous donnera aussi la force de les mettre eu exécution, et d'accomplir en cela ce qui lui est le plus agréali'e. En quoi, Monsieur, vous suivrez la règle de TÉglise, qui ne permet pas qu'on se pousse soi-même aux dignités ecclésiastiques, et parti*

— us —

cnlièrement à la prélatare ; et tous imiterez le Fils de Diea^ qui, étant prêtre éternel, n'est pas néanmoins venu exercer cet office par luimême ; mais il a attendu que son Père l'ait envoyé, quoiqu*il fut attendu depuis un si long temps comme le désiré de toutes les nations. Vous donnerez une grande édification au siècle présent, où par malheur il se trouve peu de personnes qui ne passent par-dessus cette règle et cet exemple ; vous aurez la consolation, Monsieur, s'il plait à Dîeu de vous appeler à ce divin emploi, d'avoir une vocaliou certaine, parce que vous ne vous y serez pas introduit par des moyens humains ; vous y serez secouru de spéciales grâces de Dieu, qui sont attachées à une légitime vocation, et qui vous feront porter des fruits d'une vie apostolique, digne de la bienheureuse éternité, ainsi que Tcxpéricnr>e le fait voir dans les prélats qui n'ont fait aucune avance pour se faire évoques, lesquels Dieu bénit manifestement en leurs personnes et en leurs conduites. Enfin, Monsieur, vous n'aurez point de regret à l'heure de la mort de vous être chargé vous-même du poids d'un diocèse, qui pour lors parait insupportable. Certes, je ne puis écrire ceci qu'avec action de grâces à Dieu de vous avoir éloigné de la recherche dangereuse d'un tel fardeau, et donné la disposition de n'aller pas seulement au devant; c'est une grâce qui de se peut assez priser ni chérir, etc. »

Or, comme ce n'était pas seulement en la recherche des prélatures, mais aussi presque de toutes sortes de bénéfices, qu*on se portait avec empressement, et même pour en avoir on ne faisait pas souvent dediflîculté de commettre diverses simonies et confidences, M. Vincent employait une vigilance extraordinaire pour empêcher ce mal ; et quand il en découvrait quelque chose, il avertissait, premièrement, avec charité ceux qui le voulaient commettre ; et s'ils ne désistaient point, il les refusait absolument. Mais comme il savait bien que la malice des hommes est artificieuse pour se cacher et couvrir de divers prétextes, il se donnait soigneusement de garde des déguisements dont on se sert pour couvrir ce malheureux commerce ; et lorsqu'il ne voyait pas bien clair dans les permutations, démissions et autres traités touchant les bénéfices, il faisait renvoyer ceux qui y prétendaient, jusqu'à ce qu'on en eût un éclaircissement plus assuré; et, outre cela, il tenait aussi la main afin qu'il ne se commît aucun abus dans les pensions, et qu'elles ne fussent point excessives, ni trop onéreuses aux bénéfices sur lesquels elles étaient imposées.

II y avait encore un autre mal qui se commettait en la recherche des bénéfices, auquel il s'est efforcé de remédier autant qu'il lui a été possible, qui est que, plusieurs désirant ardemment de s'enrichir du

bien (l*l;i;li^^. cl n'en |.o:îvanl avoir par des \oieft droites, ils en prenaient d*obliques, jetant des dévolas sur les bénéfiees, pour donner de la crainte, par leurs chicanes et par leur crédit, à ceux qui en étaient les possesseurs légitimes, et les obliger à se rédimer delear injuste vexation par quelque composition; en telle sorte que s'ils ne ])ouvaient leur ùter le titre de bénéfice, ils tâchaient d'eo tirer ao moins quelque pension. Et parce que ces écumeurs du bien d'Église, pour rendre leurs poursuites moins odieuses, emploient ordinairement de« prétextes spécieux, qui semblent bons en apparence, quoiqu'ils soient le plus souvent supposés, M. Vincent pour n'y f^trepii trompé et pour couper la racine à ce mal, obligeait ceux qui s'adressaient au conseil touchant ces dévolus, avant que de leur en accorder les brevets qu'ils demandaient, de justiQer et prouver les causes et raisons sur leiiuelles ils prétendaient se fonder; ce que plusieurs Be pouvant faire suffisamment, il en faisait son rapport au conseil, et, donnant à connaître qu'il n'y avait pas lieu d'accorder leurs demandes, Ifs faisait renvoyer. Par ce moyen, il a étouffé une infinité de procès dès leur naissance, et rédimé de plusieurs vexations injostBi un grand nombre de vertueux ecclésiastiques, et même quantité de bons pas!enrs, qui sans ce charitable protecteur eussent été souvent oblif^és d*abandoTnier leurs ouailles, et d'aller employer les mois et (luel(jnefois les années entières à solliciter des procès devant diven tribiinaax, pour se défendre des Tiolences qu'on leur Toulait faire. Quoique le temporel des bénéfices ne soit pas si considérable que le spirituel, il ne doit pas pourtant être négligé, puisque c'est un bien (offert à Dieu, dont les bénéficiers, qui en sont les dispensateurs et économes, sont obligés de prendre un soin particulier. Néanmoins plusieurs abbayes de grand revenu étant possédées en commeode par des personnes puissantes^ qui pour l'ordinaire se contentaient d'en retirer les fruits, sans se mettre en peine d'en entretenir les bàlimoîîlset d'y faire les réparations nécessaires, il arrivait que les édifices et même les églises se trouvaient quelquefois en danger de tomber en ruine. M. Vincent voyant ce désordre, et voulant y apporter remède, fit en sorte qu'on écrivit de la part du roi aux procareon 1,'énéraux des parlements, à ce qu'ils eussent à se rendre partie oootR ci's abbés, et les contraindre, par saisie de leurs revenus, axÈStégÊr rations nécessaires.

— \2o — SECTION V.

EXEMPLE BEMARQUABLE SLll CE SLJLT.

Entre plusieurs exemples qui pourraient être ici rapportés du zèle jue M. Vincent a fait paraître pour procurer que les bénéfices et par- Liculièreroent les prélatures ne fussent conférées qu*à ceux qu on en pouvait juger dignes^ et desquels il y avait lieu d espérer qu'ils s'acç[uitteraieiit dignement de leur charge, nous en produirons seulement un, dans lequel on verra quelle clait la vertu et la disposition le Tesprit de ce grand serviteur de Dieu.

La cour étant il j a plusieurs années hors de Paris, M. le cardinal Hazarin écrivit à M. Vincent la lettre suivante : « Monsieur, ces lignes sout pour vous dire que M. N. ayant dépéché ici pour demander à la reine pour monsieur son fils Tévéché de N., qui vaque depuis quel- |ue8 jours, elle le lui a accordé d*autant plus volontiers qu'il a les gaalités requises pour en être pourvu, et que Sa Majesté a été bien lise de rencontrer une occasion si favorable de reconnaître les scrrices du père, et le zèle qu'il a pour le bien de r£tat,cn la personne tlu fils. La reine m'a promis de vous en écrire elle-même, et je l'ai bit par avance, aiin que vous preniez la peine de le voir, et que vous lui donniez les instructions et les lumières que vous jugerez lui être nécessaires pour se bien acquitter de cette fonction, etc. >

M. Vincent, ayant reçu cette lettre, se trouva en peine : car d'un oôté il avait un très-grand respect pour tout ce qui venait de la part de Sa Majesté et de son premier ministre^ et de l'autre, il savait fort bien que cet ecclésiastique à qui on donnait Tévèché n'avait pas les qualités requises pour en soutenir dignement la charge, et que d'ailleurs le diocèse dont il était question était un des plus grands de la province, et qui, ayant été négligé par les évèques précédents, avait besoin d*un pasteur qui voulût résider et travailler; ce qu'on ne pouvait pas espérer de celui qu'on y voulait mettre. Que fera donc ce fidèle et zélé serviteur de Dieu, pour essayer à détourner ce coup? Car de s'adresser à la reine et à M. le cardinal, il était trop tard, le brevet étant déjà expédié; et d'ailleurs la cour ayant pour lors un besoin particulier des services du père : si faut-il pourtant qu'il fasse quelque effort pour empêcher on dessein si préjudiciable au bien de ce pauvre diocèse et au salut du père et du fils. Gomme ils l'honoraient de leur amitié, il erat qu'à cette occasion importante il leur devait rendce nu c Charité d'autant plus pur et désintéressé,

qu'en toa^ *u^ Téritable et fidèle service, il

se meltuLl en danger de [)erdre leur afleetiou. Pour cet effet, il aUa tr(»uver le père chez lui, et lui représcuta tout ce qui niauquait a son /i!.* i)()ur le bon gouveruemeut (l*uu diocèse, et combien il était imi;orUiuLiie ue le point exposer aux suites trèr-fuuestcs d*une indigne promotion, pour n'atlirer sur sa propre personne et sur toute sa famille riudignalion de Dien; enlin il u*oublia rien de tout ce qu'il jugea propre pour diverlir ce père de la résolution qu il avait prise; il |)révint même ses objections^ répondant par avance à tout ce que l'amour palernel pouvait dire sur ce sujet. Ce bou seigneur Técoutt fort attentivement, et lui témoigna qu ii agréait sa remoutrauce charitable, et môme l'en remercia, lui disant qu'il y penserait.

Quelques jours après, 51. Vincent étant retourné chez lui pour qnelqu'autre aiïaire, il le reçut avec ces paroles : « 0 Monsieur! ô M. Vincent! que vous m'avez luit passer de mauvaises nuits! £t ensuite il se mit à lui représenter Télat de sa maison et de ses affaires, son âge avancé, le nombre de ses enfants, et Tobligatiou qu'il avait de les pourvoir avant que de mourir, pour ne pas les laisser dans rincommodité; que son iils aurait de bous ccelé>iastiques avec lui, lesquels élant vertueux et savants pourraient l'aider à faire sa charge, et que pour ces nisons il estimait ne devoir pas perdre roccasionde son établissement.

M. Vincent, qui lui avait déjà remontré tout ce qui se pouvait dire contre ces cousidcrations bumaincs, ne lui en paria plus, laissant la conduite et l'événement de cette all'aire à la divine Providence. Mais pi'u de temps apr js Dieu fit bien voir que ce dessein ne lui était pas agréable, ayant retiré de ce monde ce nouvel évoque aussitôt qu*U eut été élevé à cette dignité, ne laissant au père que le regret de n'avoir pas suivi le salutaire conseil qui lui avait été donné par M. Vincent.

SECTION VI

son am ec/j io.\ très-grakde pour le service des pbelats de

l'lclise.

.M. Vincent a toujours témoigne un respect singulier pour la dignité des é\éques, en la personne desquels il reconnaissait et honorait la puis^sauce et la majesté de Jésus- Christ; il a toujours fait une profession |>arliculièie de leur obéir et de les servir eu toutes sortes de rencontres, autant qu'il lui était posMble; et |>rineipalemeut depuis qu'il fut employé dans les conseils du roi, ii embrassait avec ardeur les occasions qui s'en présentaient, n attendant pas d'être rechercUSoa

prié de leur part; mais les prévenant, et recommandant de son propre mouvement leurs intérêts à la reine, à M. le cardinal, à M. le cbancelier et autres personnes d'autorité, avec plus d'affection que les siens propres.

Il s'employa de tout son pouvoir pour moyenner quelque accommodement entre M3[. de Rieux et Cupif, tous deux évt^ques de Léon en Bretagne. Le premier ayant été tiré de son siège durant le règne de Louis Xlll, de glorieuse mémoire, et poursuivant son rétablissemriit, prétendait en faire sortir le second ; lequel de son coté y ayant été mis par l'autorité des deux puissances, la spirituelle et la temporelle, voulait s'y maintenir : ce qui causait une fâcheuse division daos le diocèse, et beaucoup de bruit dans l'Église. Enfin, après diverses contestations, M. de llieux fut rétabli, et M. Cupif fut nommé à l'évéché de Dôle; de quoi ils demeurèrent tous deux satisfaits, et par ce moyen le trouble cessa.

1 1 a aussi contribué beaucoup à la translation du siège épiscopal de Haillezaisen la ville de la Rochelle, laquelle avait autrefois servi de boulevard àrhérésie,derefuge aux ennemis de TÉtat et de sujet au feu roi pour immortaliser sa piété, son courage et sa puissance, eu réduisant à son obéissance cette ville rebelle. Ou eut dès-lors la pensée d'en faire une ville épiscopale, pour y faire reileurir la religion catholique avec autant de majesté et de justice que les hérétiques séditieux avaient tâché de la ilétrir avec plus d'ignominie et d'impiété; mitis l'exécution de ce louable dessein avait été réservée, par l'ordre de (a divine Providence, pour la régence de la reine, laquelle par ravis de 3L Vincent choisit M. Jacques Raoul, alors évéque de Saintes, pour être le premier évèque de la Rochelle; M. de Réthune, évé< quede Maillezais, ayait été fait archevêque de Rordeaux ensuite du consentement qu il donna à cette translation, et M. de Rassompierre nommé à l'évèché de Saintes ; et pour fonder quelques chanoinies dans réalise cathédrale de la Rochelle, il fut ordonné que les bénéfices simples dépendants du chapitre régulier de Maillezais qui viendraient à vaquer seraient unis à celui de la Rochelle.

l e zèle de 31. Vincent pour le service de MSI. les prélats s'est encon^ signalé particulièrement lorsqu'ils ont eu besoin de l'autorité du roi et de la protection de M. le chancelier contre les hérétiques : il rédamait souvent Tune et l'autre, pour faire défendre leurs assemblrcsct leurs prèclies hors Ues lieux pour lesquels ils avaient obtenu peauibbion. lia lait ausbi ses eii'orlspour remédier a Tabus qui était eu usage parmi quelques-uns de ces pauvres abusés, lesquels, pour épouser des fiUes catholiques, faisaient semblant de se convertir, et

après leur mariage retournaient au prêche comme auparavant, faisant assez paraître qu'ils u avaient aucune foi ni divine ni humaine. Ll comme il s*en trouvait d'autres qui achetaient des charges considérahlcs deux et trois fois plusqu^elles ne valaient en plusieurs villes de ce royaume, et qui ensuite faisaient tous leurs efforts pour 8*y faire recevoir à quelque prix que ce fût, nonobstant les édits contraires, 31. Vincent ne manquait pas d*en porter ses plaintes à la reine et à M. le chancelier, pour empêcher qu*ils ne fussent reçus. Il faisait aussi souvent écrire de la part du roi aux intendants des provinces, pour arrêter les fréquentes et diverses entreprises des hérétiques, et recommandait autant qu*il pouvait le bon droit des catholiques dans les procès et différends qu*iis avaient avec eux.

Ce serait chose ennuyeuse au lecteur, si ou rapportait ici en détail tous ces services et tous les autres bons offices que les prélats ont reçus de ce saint prêtre eu toutes sortes d*occasions : il sufiira dédire qu'il ne s'en est présenté aucune qu'il n*ait embrassée de grand cœar, et en laquelle il ne se soit employé de tout son pouvoir, soit pour soutenir leurs légitimes intérêts et appuyer leurs justes prétentions, soit pour leur procurer la protection des puissances contre les injottes vexations qui leur étaient faites, soit enlin pour leur donner descouseils salutaires lorsqu'il en était requis de leur part,ou qu il le jugeait nécessaire pour le bien de leurs diocèses : en quoi néanmoins il était fort circonspect et grandement réservé, son extrême humilité et le grand respect qu'il portait à leur dignité lui fermant souvent la bouche, et rempêchaut de produire ses sentiments, desquels il se défiait toujours beaucoup; se persuadant d'ailleurs qu'ils avaient des lumières plus pures et plus étendues que les siennes, qu'il estimait fort petites et bornées. 11 est vrai qu'en certaines occasions, l'affection qa 0 avait pour leur service l'emportait au-dessus de son humilité : nous en rapporterons seulement ici un exemple, avec lequel nous finironi celte section.

Ce grand serviteur de Dieu regardait avec peine et doulear nn alms qui s'introduisait dans l'Eglise de France, par le mauvais usage qaoo faisait des appellations comme d'abus, lesquelles n'ayant été introduites que pour maintenir en sa vigueur l'observance des canons et de la discipline ecclésiastique, et pour empêcher le reldchcment qui s'y pouvait glisser, produisaient néanmoins un effet tout contraire, par la mauvaise disposition et par les injustes prétentions de plusienn, qui ne s'en servaient le plus souvent que pour se maintenir dans leun dérèglements et fomenter leurs vices, tâchant ainsi d'énerTer 1*'"^rité légitime des prélats, pour faire régner Timpii

. M. Vinoealdoiic, connaissant les pernicieux effets de en gémissait souvent deyant Dieu, et recherchait les pporter quelque remède. Mais voyant que le mal était pour le pouvoir entièrement ôter, il B^est ponr le moins iminuer, par les salutaires avis quHl a donnés en diverà plusieurs évoques.

réseutait qu'un moyen de prévenir le mauvais usage des appellations comme d'abus, était d*établir un bon irs cours ecclésiastiques, et d'y mettre des oflBciaux verbles, qui fussent versés en la connaissance du droit cavil, entendus et expérimentés en l'exercice des charges , irréprochables en leurs mœurs, inflexibles dans les ac- 3e, et fort exacts à observer les formalités qni se pratioyaume.

t particulièrement une fois à quelque prélat, qni lui avait avis sur ce sujet. £t pour lai faire encore mieux connaîl1 importait qu'un homme constitué en cette charge fut îxercer, il ajouta dans sa lettre ce qui suit : « Je portai M. Mole, qui a été procureur général et premier présintcs de quelques prélats qui avaient été fort malmenés leut, pour avoir voulu remédier aux désordres de quelet qui, se voyant ainsi empêchés, avaient témoigné, les ^eux, qu'ils étaient résolus de laisser aller les choses à t sage magistrat me dit qu'il était vrai que lorsque les ;s oUiciaux manquaient aux formalités qui leur étaient »ur radministration de la justice ecclésiastique, la cour i corriger leurs abus; mais quand ils observaient bien les u'elle n'entreprenait rien contre leur procédé. Sur quoi 2et exemple. Kous savons, me dit-il, que monsieur Tofs est habile en sa charge, et qu'il n'y a rien à redire en ts; c'est pourquoi, lorsqu'on nous apporte des appels is des sentences par lui rendues, nous n'en recevons au- ; en userions de même à l'égard de tous les autres s'ils se t de la même façon. »

SECTION VII

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