‹ Vie de S. Vincent de PaulChapitre 84 sur 115 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

soir SSFiRAMGK R «4 OOUFIAUGM ni D1X0.

Si la foi de M. Vincent a été grande, son espérance en Dieu n'a pas été moins parfaite ; et Ton peut dire en quelque façon de lui, qu'à rimitatiou du grand Père des croyants il a souvent espéré contre l'espérance môme ; c'est-à-dire qu'il a porté son espérance en Dieu lorsque, selon toutes les apparences humaines, il y avait moins de sujet d'espérer; et comme sa foi étant simple et pure ne s'appuyait que sur la seule vérité de Dieu, aussi son espérance, étant tout éle* Têe au-dessus des seuliments et des raisonnements de la nature, ne regardait que la seule miséricorde et bouté de Dieu.

Li premièrement quand il était question d'entreprendre quelque Affaire pour le service de Dieu, après avoir invoqué sa lumière et reconnu sa volonté, il en espérait tout le succès de la conduite et de la protection de aon inlinie bonté; et quoique, pour suivre les

ordres de sa Providence, il employ&t les moyens hnmalnfl nécessaires et convenables, il n*y mettait pas pourtant son appui, mais uniquement sur l'assistance qu'il attendait de Dieu. Quand il était une fois engagé de cette façon- là, il espérait tout de Dieu pour loi et pour les siens : et si quelques-uns d'entre eux, par défaut de confiance, ou par quelque regard de la prudence humaine, Ycnaient à lui représenter qu*il n*y avait aucune apparence qu*on pût réussir, ou bien qn*il serait Irès-dilBcile et presque impossible de 8u£Dre i ce qu'on entreprenait, il leur répondait ordinairement : « Laissons faire ^otre-^igneur, c'est son ouvrage ; et comme il lui a plu le commencer, tenons pour assuré qu'il l'achèvera en la manière qui lui sera la plus agréable. » Ou bien il les encorageait, leur disant: • Ayez bon courage, confiez-vous en Notre-Seigneur qui sera notre premier et notre second dans le travail commencé, à l'entreprise duquel il nous a appelés. »

Et écrivant un jour à un supérieur d'une des maisons de sa Congrégation : • Je compatis, lui dit il, à vos travaux, qui sont grands et qui croissent lorsque vos forces diminuent par les maladies : c'est le bon Dieu qui fait cela, et sans doute qu'il ne vous laissera pas une si grande surcharge sur les bras sans vous aider à la soutenir ; mail il sera lui-môme votre force aussi bien que votre récompense pour les services extraordinaires que vous lui rendez en cette occasioD pressante. Croyez-moi, trois font plus de dix quand Notre-Sdgnear y met la main ; et il la met toujours quand il nous ôte les moyens humains et qu'il nous engage dans la nécessité cle faire quelque diose qui excède nos forces. Nous prierons cependant sa divine bonté qa'il ait agréable de donner la santé à vos prêtres malades et de remplir votre communauté d'une grande espérance en sa miséricorde. •

Or, pour mieux disposer les siens en cette parfaite confiance en Dieu, à laquelle il les excitait souvent, il les portait à concevoir une très-grande défiance d'eux-mêmes et à se bien persuader qa'ils se pouvaient rien par eux-mêmes, sinon tout gdter dans les ouvrages et desseins de Dieu; afin qu'étant bien convaincus de leur insnflBsanoe, ils eussent à se tenir dans une plus entière et parfaite dépendance de la conduite de Dieu et de l'opération de sa grâce, et que pour eet effet ils eussent incessamment recours à lui par la prière. A ce sujety écrivant à l'un de ses prêtres : « Je rends grâces à JDien, lui dÛt-il, de ce que vous avez appris l'art de vous bien humilieri qui est de leconuaitre et de publier vos défauts. Vous avei raison de tous cniii fort peu propre à toutes sortes d'emplois. Iir oti

que Notre-Seigncur établira sa grâce jm. i

— 16ft — qu'il a sur vous. Hais aussi quand vous faites ces réflexions sur vos misères, vous devez élever votre esprit à la considération de son adorable bonté. Vous avez grand sujet de vous défier de vous-même, cela est vrai; mais vous en avez un plus grand de vous confier en Dieu. Vous vous sentez enclin au mal; croyez que Dieu se porte sans comparaison davantage à faire du bien, et à le faire en vous et par vous. Je vous prie de faire votre oraison sur ceci, et durant le jour quelques élévations à Dieu, pour vous bien établir sur ce principe, qui est qu'après avoir jeté les yeux sur votre faiblesse, vous les portiez toujours sur son assistance ; vous arrêtant beaucoup plus sur ses miséricordes infinies que sur votre indignité, et sur sa conduite que sur votre insuffisance, pour vous abandonner en cette vue entre ses bras paternels, dans l'espérance qu'il fera ses opérations en vous et qu'il bénira les œuvres que vous ferez pour lui. •

Lorsque M. Vincent envoyait les siens aux missions plus éloignées et plus difficiles dans les pays étrangers, il leur recommandait surtout de remplir leur cœur d'une véritable et parfaite confiance en Dieu, et leur disait : « Allez, Messieurs, au nom de Notre-Seigneur; c'est lui qui vous envoie, c'est pour son service et pour sa gloire que vous entreprenez ce voyage et cette mission ; ce sera aussi lui qui vous conduira et qui vous assistera et protégera. Nous l'espérons ainsi de sa bonté infinie : tenez-vous toujours dans une fidèle dépendance de sa fidèle conduite ; ayez recours à lui en tous lieux et en toutes rencontres ; jetez-vous entre ses bras, comme de celui que vous devez reconnaître pour votre très-bon père, avec une ferme confiance qu'il vous assistera et qu'il bénira vos travaux. »

£nfin, dans toutes les plus grandes et plus difficiles entreprises, qui ne se pouvaient soutenir qu'avec grande peine et grande dépense, depuis que ce saint homme avait une fois connu la volonté de Dieu, il allait tète baissée, sans s'étonner de toutes les difficultés qui se pouvaient présenter; tenant pour certain, et le disant souvent, « que la Providence divine ne manque jamais pour les choses qu'on entreprend par ses ordres ; « ce qui faisait qu'elle se portait avec d'autant plus de courage à de telles entreprises qu'il les voyait environnées de plus grands obstacles, et exposées à de plus grandes peines et travaux. .

Sa confiance en Dieu a encore paru dans les indigences et nécessités preasaDtes où il a vu quelquefois réduites quelques maisons et ratés de sa Congrégation : an sujet de quoi le supérieur 1- misons luiJyant mandé l'incommodité très-grande que à cause de la stérilité de l'année et de la cherté

de9 JVfftê : « Il ne faut pas tous étonner, lui rtfpondit-ilf pl ▼«» effrayer pour une mauvaise annéOi ni pour plusieurs : Dieu est aboiH dant en richesses ; rien ne vous a manqué jusqu'à présent, pourquoi craignee-Yous Tavenir? N*a^t-il pas soin de nourrir les petits oiaeaui, qui ne sèment et qui ne font aucune moisson ? combien plus aQra-t*41 la bonté de pourvoir à ses serviteurs I Vous voudriex avoir toutea-ves provisions faites et les voir devant vous pour ^tre assuré d*avoir tout à souhait; je dis selon la naturCi car je pense que selon Tesprit vous êtes bien aise d'avoir occasion de vous confier en Dieu aeal et de dépjendre, comme un vrai pauvre, de la libéralité de ce Seigneur, qui est infiniment riche* Dieu veuille avoir pitié du pauvre peuple, qui est fort à plaindre au temps de la disette, parce qu'il n'en sait pas bien user et qu'il ne cherche pas premièrement le royaume de Dieu et sa justice, pour se rendre digne que les choses nécessaires à la vie présente lui soient encore données par-dessus les secours reqoia pour l'éternelle. »

li'on a su qu'un jour celui qui avait charge de l'économie et da s^ de la maison de Saint -Lazare lui étant venu dire qu'il n'Avait pas va sou pour fournir à la dépense tant ordinaire qu'extraordinaire qu'il fallait faire pendant les exercices des ordinands qu'on allait oomm» cer ; ce grand cœur, tout plein de confiance en Dieu, éleraiit aa vdx: < 0 la bonne nouvelle ! lui dit-il, Dieu soit béni; à la bonne henrs, c'est maintenant qu'il faut faire paraître si nous avons de la oonfianss en Dieu. > Et un ecclésiastique de ses amis, auquel il avait une oea» fiance particulière, lui parlant un jour sur le sujet de celte grands dépense qu'il lui fallait faire au temps des ordinations, et lai resoBtrant que sa maison étant fort incommodée et ne pouvant plua sootenir une telle charge, il semblait qu'il dût exiger quelque obose da chaque ordinand qui venait à Saint-Lasare ; à quoi il répondit ca souriant: « Quand nous aurons tout dépensé pour Notre-Seignenr at qu'il ne nous restera plus rien, nous mettrons la clef soua la porte, al nous nous retirerons. »

La môme remontrance lui a été faite en plusieurs antres oeeadoBS par quelques-uns de sa communauté au sujet des dettes dont la maison de Saint-Lasare se trouvait chargée, et des grandea et eontinnaQss dépenses qui s'y faisaient pour les retraites et autres œavreada ekar rite qu'on y exerçait; sur quoi on lui a diverses fois repréeenté 4M sa communauté était en péril de succomber, si on ne charités et si on ne fermait la porte a une bonne partie dta 1 externes qu'on y recevait pour y faire retrait "^ tait antre, ânen • que les trésors de '

inépuisables, qae notre défiance le déshonorait, et que la Compagnie de la Mission se détruirait plutôt par les richesses que par la pauvreté. »

Il dit presque la même chose à un avocat du Parlement de Paris, lequel faisant la retraite à Saint-Lazare fut surpris de voir tant de personnes externes dans te réfectoire, outre ceux de la maison qui y sont toujours en grand nombre ; et en sortant il eut la curiosité de s'informer de M. Vincent d'où il pouvait tirer de quoi fournira tant de bouches ; à quoi il répondit : • 0 Monsieur, le trésor de la Providence de Dieu est bien grand ; il fait bon jeter ses soins et ses pensées en Notre- Seigneur, qui ne manquera pas de nous fournir notre nourriture comme il nous l'a promis. » A quoi il ajouta ces paroles du^ Psalmiste, auxquelles il avait une dévotion toute particulière : Oculi omniwn in te sperant^ Domine^ et tu das illis escam in tempore opportuno : aperis lu manum tuam, et impies omne animal benedictione.

Il arriva une fois une très-notable perte à la maison de Saint-Lazare pendant qu'il en était absent ; de quoi lui ayant été donné avis, voici en quels termes il en écrivit à la communauté :

• Tout ce que Dieu fait, il le fait pour le mieux ; et partant nous devons espérer que cette perte nous sera profitable, puisqu'elle vient de Dieu. Toutes choses tournent en bien aux hommes justes, et nous sommes assurés que, recevant les adversités de la main de Dieu, elles se convertissent en joie et en bénédiction. Se vous prie donc, Messieurs et mes Frères, de remercier Dieu de l'événement de cette affaire, de la privation de ce bien et de la disposition dont il nous a prévenus pour agréer cette perte pour son amour : elle est grande, mais sa sagesse adorable saura bien la faire tourner à notre profit, par des manières qui nous sont inconnues à présent, mais que vous ▼errez un jour : oui, tous le Terrez ; et j'espère que la bonne façon avec laquelle vous vous êtes tous comportés en cet accident si peu attendu servira de fondement à la grâce que Dieu tous fera à Tavenir de faire un parfait usage de toutes les afflictions qu'il lui plaira de nous envoyer. »

Et comme quelques amis de M. Vincent le pressaient de se relever de cette perte par un moyen facile et assuré qu'ils lui suggéraient, il s'en excusa ; et entre les raisons contenues dans une lettre qu'il écrivit à l'un d'eux, il y inséra la considération suivante : Nous ' avons sajet d'espérer, lui dit-il, que si nous cherchons vraiment le smwMdfl Dieai comme Jésus-Christ nous l'enseigne dans i'ÉvaugPi^i|i(M. MlMOS ouuiqaeni ; et qae si le monde nous ôte d*un côté,

[Bîëu nouB donnera de Tautrej ainsi que nous Tavons déjà éproofé depuis la perte qui nous e&l arrivée ; ear Dieu a Buscité uoe pari soune^ laquelle noua a douné presque autant qu'on nous a 6té.

Wous pouvons encore insérer ici fort à propos sur ce même suiet les paroles remarquables par lesquelles M* Viuceut conclut uae leUrt Iqu'il écrivait à nu de ses prêtres qui prenait le soin de quelque ifermej où après lui avoir donné les ordres toucbant ce qu'il devait [faire : * Voilà» lui dit-il, beaucoup de choses pour le temporel; Iplaise à la bonté de Dieu que, selon votre souhait, elles ue vous éloi* [gnent pas du spirituel^ et que son esprit nous donne part à la pensée Téternellc qui! a de lui-même, tandis qu'iucesî^amment il s'appliqua lau gouvernement du monde et à pourvoir aux besoins de toutes iêfi [isrêaturcB jusqu'au moindre moucheron. 0 Monsieur, qu'il nous faal [bien travailler à Tacquisition de la participation de cet esprit ! »

SECTION L

GONTinUATIOM DU UÉME SUJET.

Bi la confiance que M. Yinceat avait en Dieu était si grande daofl les besoins et indigences qu'il souffrait en sa personne ou en celle des siens, comme nous venons de voir, elle n'était pas moindre dans lf| I afflictions^ traverses et aulres rencontres fâcheuses et pérîtleusesq^ lui sont arrivées : on a même remarqué que quelques peines qu U i ressenties, et en quelque détroit d* affaires qu'il se soit trouvé, i ne Ta jamais vu abattu ni découragé, mais toujours plein de cos iiance eu Dieu, dans une continuelle égalité d^esprit et un parfait abandon à sa divine Providence ; et il était ravi de rencontrer de telles conjonctures pour se mettre dans uue dépendance plus euti^]Q^ et plus absolue de la divine volonté.

Un supérieur d'une des principales maisons de sa CongrégatiQ lui a;aot mandé qu'il se faisait de grandes intrigues pour supplânti 8a communauté, et qu'il j avait même des personnes puissantes qiù appuyaient les mauvais desseins de leurs adversaires. M, l'aine fui répondit en ces termes : * Pour ce qui est des intrigues dont Vu iB sert contre nous, prions Dieu qu^il nous garde de cet esprit; puisque nous le blâmons en autrui, il est encore plus raisonnable de l'éloigner de nous. C'est un défaut eontre la Providence divine, qui rend eeui qui le commettent indignes des soins que Dieu prend de chaque chose* Établissons-nous dans 1 entière dépendanri» de a sainte conduite, et dans la conQanca qu'en faiâanl de k aorte, loit ce que les hommes feront et diront contre nous se tournera m ]

Aeuvj quand bien tonte la terre s'élèverait pour nous l'en sera que ce qu'il plaira à Dien, en qui nous avons spérance. Je vous prie d'entrer dans ce sentiment et d'y en sorte que jamais plus vous n'occupiez votre esprit de ensions inutiles. »

core une chose en laquelle H. Tincent a fait paraître comte était la confiance qu'il avait en Dieu ; c'est en ce qui la conservation et la propagation de sa Congrégation, qu'elle lui fût plus chère que sa propre vie, il voulait en cela, aussi bien qu'en tout le reste, dépendre entière- Providence de Dieu, en laquelle il mettait toute sa con- ' tout ce qui regardait le bien et l'accroissement de cette )agnie. £t afin que cette dépendance f&t plus absolue et tnce plus parfaite, il n'a jamais voulu agir en aucune fai-méme, pour lui procurer ni bénéfices, ni maisons, ni îuts, ni pour y attirer aussi aucuns sujets, attendant tout Providence de Dieu. Lorsqu'on venait lui offrir quelques moignait plus de répugnance à accepter les plus grands indres. Quand il était question d'admettre quelques persa Congrégation, il faisait plus de difficulté d'y recevoir talent de quelque naissance ou qualité considérable dans que les autres de plus basse condition : non qu'il fit les personnes, mais c'est qu'il se défiait beaucoup de tout vait venir des mouvements de la nature ou des considéraespect humain, et craignait que cela ne l'éloignàt des orla conduite de la Providence divine ; et, pour cela, il avait lent défiance de tout ce qui passait la médiocrité, même plus grands et plus élevés, s'il ne les voyait doués d'une t sincère humilité. Il estimait que ceux qui n'avaient pas 3nts naturels ou acquis étaient plus disposés à se confier t par conséquent plus propres pour sa Congrégation, où eut réussir avec plus de bénédiction que les autres, qui ippuient davantage sur eux-mêmes etmoins sur Dieu. Un avait bien remarqué cette conduite de H. Vincent disait e raison que « celte maxime qu'il avait introduite dans ;ation, de n'estimer les grandes qualités de nature ou de elles n'étaient jointes à la vertu et soumises à la grftce, 18 plus grands moyens que Dieu lui avait inspirés pour sa Congrégation dans la pureté de son esprit. » sent recommandait souvent à ceux de sa Compagnie de ne pnor ni rechercher quoi que ce fût, pour le particulier oq

ponr le général de leur communauté, ni emplois, ni eoniiiiodilét< m fayeors ; mais seulement accepter avec humilité et reconnaîasanea œ que Dieu leur envoyait : comme aussi de ne laisser jamais aller leur esprit aux sollicitudes et empressements sur le sujet de lean besoins et de leurs affaires ; mais, en prenant un soin misonnalib <t modéré, laisser le tout à la disposition et conduite delà dÎTinoPio- Tidence. Voici ce qu'il écrivit un jour sur ce sujet à un prêtre de ■ Congrégation, qui. tenait la place du supérieur de la naaison de Rome, qui était absent : • Vous me donnez, lui dit-il, tous les joM sujet de louer Dieu de votre affection pour notre Compagnie et ib ▼otre vigilance aux affaires, et c*est C4) que je faisde toat monecear; mais je suis obligé aussi de vous dire, comme Notre- Seigneur i Marthe, qu'il j a un peu trop de sollicitude en votre fait, et qn'uae'' seule chose est nécessaire, qui est de donner plus à Dieu et à sa euBduite que vous ne faites pas. La prévoyance est bonne, quand dis lui est soumise ; mais elle passe à l'excès, quand nous noua sons pour éviter quelque chose que nous appréhendons : rons plus de nos soins que de sa Providence, et nous peDSOna tân beaucoup en prévenant ses ordres par notre désordre, qui fattqas nous adhérons plutôt à la prudence humaine qa*à sa parole. Gs divin Sauveur nous assure dans l'Evangile, qQ*un petit p aussi sWi ni même un seul poil de notre tète ne tombe point à terre aanalii; et vous avez peur que notre petite Congrégation ne ae pulaeeairiitenir, si nous n'usons de telles et telles précautions, et ai boiibbi faisons ceci et cela ; en sorte que si nous différons de le faire, d*utres s'établiront sur nos ruines. Aussitôt qu*il s'élève qb Bouvesa dessein contre nous, il s'y faut opposer ; si quelqu'un rtml paar se prévaloir de notre retenue, il le faut prévenir, autrement tout «I perdu. C'est à peu près le sens de vos lettres ; et, qui pla est, sM que votre esprit, qui est vif, s'emporte è faire ce que Tona dites, é dans sa chaleur pense avoir assez de lumière sans avoir besoin im recevoir d'ailleurs. O Monsieur, que ce procédé est pea eonveaM à un missionnaire ! il vaudrait mieux qu'il y eût cent miasiMsdIfrblies par d'autres, que d'en avoir détourné une seule. Si notre rib est bon, nous devons être bien aises que tout le monde prophétisa que Dieu envoie de nouveaux ouvriers en son Église, que tation croisse, et que la nôtre diminue. Je vous prie^ ayons plus de conGance en Dieu, laissons-lui eondii9<^' barque ; si elle lui est utile, il la gardera dafaut que la multitude ni Ta grandeur da submerger, qu'au eontraire elle vognem |

mee, pourra qu'elle aille droit à sa fin, et qu'elle ne s'amuse it à les traverser. »

orsque ron poursuivait en cour de Rome Ti^rection et la confirion de sa Congrégation, en l'année (632, et en même temps registrement de l'union de la maison de Saint- Lazare, qui étaient leux choses sans lesquelles cette compagnie naissante ne pousubsiAter, et auxquelles néanmoins on apportait de grandes options et contradictions, M. Vincent, nonobstant tout cela, ne lait pas d*aYoir une telle confiance en Dieu, qu'en ces jours-là il vit à un prêtre de sa Congrégation ces paroles dignes de remarque : Je ne crains que mes péchés, et non pas le succë;) des bulles, e l'affaire de Saint- Lazare, ni à Rome, ni à Paris. Tôt ou tard,

se fera. Qui liment Dominum^ sperenl in eo; adjulor eorum et ecîor eorum est. » Sur quoi il est à remarquer qu'il parle comme î quelque sorte de certitude de ce futur succès, non par présomp- , puisqu'il craint ses péchés et qu'il se défie de lui-même ; mais une parfaite confiance qu'il avait que Dieu, ayant donné l'être I petit corps de sa Congrégation, ne l'abandonnerait pas, mais >nduirait jusqu à sa perfection. Et à ce propos on lui a qui^lqueouï avancer celte maxime, que « depuis que Dieu a commencé à 3 du bien à une créature, il ne cesse de le lui continuer jusqu'à la si elle ne s'en rend point indigne. * Nous pouvons ici ajouter u'il dit un jour, au commencement de l'établissement de sa Con- ;ation, à ceux de sa Communauté, les exhortant à concevoir une laite confiance en Dieu : « Ayons confiance en Dieu, Messieurs tes Frères, leur dit« il, mais ayons-la entière et parfaite, et tenons rassuré qu'ayant commencé son œuvre en nous, il l'achèvera; je vous demande, qui est-ce qui a établi la Compagnie ? qui est- |ui nous a appliqués aux missions, aux ordinands, aux confères, aux retraites, etc.? Est-ce moi? Nullement. Est-ce M. Portail,

Dieu a joint à moi dès le commencement ? Point du tout, r4ir s n'y pensions point, nous n'en avions fait aucun dessein. Et qui ce donc qui est l'auteur de tout cela ? c'est Dieu, c'est sa provice paternelle et sa pure bonté. Car nous ne sommes tous que de tifs ouvriers et de pauvres ignorants ; et parmi nous, il y a peu loint du tout de personnes nobles, puissantes, savantes, ou capa- \ de quelque chose. C'est donc Dieu qui a fait tout cela, et qui lut par telles personnes que bon lui a semblé, afin que toute la ai loi m revienne. Mettons donc toute notre confiance en lui : ' te nettons aax hommesi ou bien si nous nous appuyons df la UlQVe on de ia fortune^ alors Dieu se

retirera de nous. Biais, dira quelqu'un^ il faut ae faire des anus, et pour soi et pour la Coinpagnie* O mes Frères, gardons-nous hm d*écouter cette pensée^ car nous y gérions trompés. Cherchons uniquement Dieu^ et il nous pourvoira d'amis et de toute autre chM, eu fiorle que rien ne nous manquera. Voulez-vous savoir pourquoi nous ne réussissons pas dans quelque emploi ? c'est parce que nous appuyons sur nous-mêmes. Ce prédicateur^ ce supérieur, confesseur^ se fie trop à sa prudence, à sa science et à son propre esprit. Que fait Dieu? il se retire de lui, il le laisse là ; et quotiju'il travaille^ tout ce qu*il fait ne produit aucun fruit^ afin qu'il recon* naisse son inutiliië, et qu'il apprenne par sa propre eipérïenceqiîe, quelque talent qu'il ait, il ne peut rien saus Dieu* •

SECTION U

SUITE 0tl MEME StfJET

Ce qui rendait encore plus excellente et plus parfaite cette ci de M. Vincent, est qu'il ne s'attachait qu'à Dieu seul, et nes'ap] que sur sa providence, de laquelle seule U voulait dépendre ^bmh meut; et àrîmitatiou du grand saint François, il dt%irail que fût son tout * : pour cela on a remarqué que quelque perfection talent qu'il reconnût dans les prêtres de sa compagnie, et quel grand et notahle soulagement et service qu'il en put tirer pour le de sa Congrégation, ou de la maison de Saint- La2are où il faisait résidence ordinaire ; et même quelque estime, amour et teudress^qu^fl eût pour eux selon que leur vertu le méritait, il ne s* attachait pour* tant à aucun d'eus, et eu diverses occasions ou a vu qu'il a euvoîl aux lieux les plus éloignés, et employé dans ies missions les pluspé^ rîUeuses, ceux qu*il estimait et chérissait davantage, et qui lui étai«çt les plus utiles, et même les plus nécessaires, lorsqu'il voj ait qu'il^M pouvaient rendre un plus grand service à Notre-Seigneur, s'en p^P vant volontiers pour son amour, tant pour lui offrir en sacrifice <v qu'il avait de plus cher et m qu'il aimait le plus, à rimitatiou du saint patriarche Abraham, que pour ne fonder ni appuyer M»n espé* rance pour le maintien et accroissement de sa Congrégation sur cun moyen humain, mais uniquement sur la Providence divine, laquelle seule il mettait tout son appui, et de laquelle aeule il voi eulièremeut et absolument dépendre.

Et à propos de ce saint patriarche, M. Vincent se «cr***

* Beâlui qui oinni »pe rcruin Imjiii mundi teipi^mii orbavil^ il nfiu dcQill «tque Ick^vH mam* BûëiL amL (U virtut « t fir

'histoire de son sacrifice, pour représenter aux siens une imagé fort laive de la parfaite confiance qu'ils devaient avoir en Dieu. Yoici en [uels termes il leur parla sur ce sujet :

» Vous ressouvenez-vous de ce grand patriarche, à qui Dieu avait iromis de peupler toute la terre par un fils qu'il lui avait donné? et «pendant il lui commande de le lui sacrifier. Sur cela, quelqu'un eût m dire : Si Abraham fait mourir son fils, comment est-ce que Dieu iccomplira sa promesse? Ce saint homme néanmoins, qui avait accouumé sou esprit à se soumettre à toutes les volontés de Dieu, se dis- K>8e à TeiLécution de cet ordre sans se mettre en peine du reste. C'est i Dieu d'y penser, pouvait- il dire ; si j*exécute son commandement, 1 accomplira sa promesse : mais comment? Je n'en sais rien, c'est issez qu'il est le Tout- Puissant, je m'en vais lui offrir ce que j'ai de )las cher au monde, puisqu'il le veut. Mais c'est mou fils unique? t'importe. Mais en étant la vie à cet enfant, j'ùterai le moyen à Dieu le tenir sa parole? C'est tout un, il le désire de la sorte, il le faut 'aire. Mais si je le conserve, ma lignée sera bénite, Dieu l'a dit ; oui, nais il a dit aussi que je le mette a mort, il me l'a manifesté ; j'obéi- «i quoi qu'il arrive, et j'espérerai eu ses promesses. Admirez cette ionfiance : il ne se met nullement en peine de ce qui arrivera , la ihose pourtant le touchait de bien près ; mais il espère que tout ira rien, puisque Dieu s'en mêle. Pourquoi, Messieurs, n'aurions-nous ftas la même espérance, si nous laissons à Dieu le soin de tout ce qui loos regarde, et préférons ce qu'il nous commande ?

• A ce propos encore n'admirerons-nous pas la fidélité des enfants e Jonadab, fils de fiéchab? C'était un bonhomme, qui reçut mouvelent de Dieu de vivre d'une manière différente des autres hommes, t de ne loger plus qu'en des tentes et des pavillons, et non en des laisons. Il abandonne donc celle qu'il avait; lé voilà à la campagne, ^ M pensée le porte à ne point planter de vigne, pour ne point boire B ^in ; et en effet il n'eu planta et n'en but jamais. Il défendit lème à ses enfants de semer du blé et d'autres grains, de planter es arbres, et de faire des jardinages ; de sorte que les voilà tous sans ain, sans blé et sans fruits. Comment ferez-vous donc, pauvre Joadab? pensez- vous que votre famille se puisse passer de vivres, non las que vous? Nous mangerons, dit-il en lui-même, ce que Dieu lOUB enverra. Voilà qui semble bien rude ; les religieux même les ftuB pauvres ne portent point leur renoncement jusqu'à ce point-là. hnt y a» 1* OTnflair* de eet homme fut telle que de se priver de lei lai ooMMdiMi^ela lie pour dépendre absolument, lui et ses inB^i a PMTldflBM divine; et ils demeurent en cet

état troifl cent cinquante an» ; c'est à MYoir, lai, aet «ifimla^ illi enfants de ses enfants ; ce qui fut si agréable à Dieu, que reprotM à Jérémie la dureté de son peuple abandonné à ses plaisîn/^il loi Ab Ya yers ces endurcis, tu leur diras qu'il j a un homme qoi ftf cula« etc. Jérémie fait donc venir les Réchabitesy pour joililvh grande abstinence du père et des enfants. Et poar cela il fit mM sur la table du pain, du vin, des yerres, etc. Ces eefantB se troaial là, Jérénûe leur dit : J'ai charge de Dieu de Youa dire que Tooiii- \iez du vin. Et nous, répondirent les Réchabites, doh a^oiis clifl|l de n'en pas boire ; il y a tant de temps que noua n'en buvons peU^ notre père nous l'ayant défendu. Or, si ce père eat celte conflmt que Dieu pourvoirait à la subsistance de sa famille, sans qn'ià^ei mit en peine ; et si ces enfants sont si fidèles que de se tenir tsmê a l'inteulion du père, ab ! Messieurs , quelle confianoe deYons-asIi avoir, qu'eu quelque état que Dieu nous métis, il noas poorYOÎnmÉl de ce qui nous est nécessaire ! Quelle est notre ftdéUté à eu comparaison de celle de ces enfants, qui n'étaient pas obligés de s'abstenir de ces choses pour i'usage de la Tie, et néanmoins eu cette pauvreté? 0 mon Dieu ! HessiearSy i moaSisrt mes frères, demandons à sa divine bonté ime grande coi l'événement de tout ce qui nous regarde ; pourra soyons fidèles, rien ne nous manquera; il vivra lui-^i nous conduira, défendra et aimera ; ce queneus dirons et ferons, tout lui sera agréable.

« ^'e voyez-vous pas que les oiseaux ne sèment et point? Cependant Dieu leur met la table partout, il leur vêlement et la nourriture ; il étend même sa provideuee sur ks las* bes des champs, jusqu'aux lis, qui ont des ornemeuts si "lagaifiiT^ que baiomon eu toute ha gloire n'en a pas eu de semblables. Ôf à Dieu pour \ oit ainsi les oiseaux et les plantes, pourquoi ne fouafisMp I vous pas u uu Dieu si bon et si provide ! Quoil est-ce que ¥oas vstt ! couliurtz plutôt â vous qu'à lui? £t toutefois vous sa¥ea^ faienyA ' peut tout, ei que vous ue pouvez heu : et nonobstant cela^/veos SMi vous appuyer plutôt sur votre industrie que sur sa bonté, sor TiM pauvreté que sur sou aboudauce. O misère de l'homme I

• Je dirai ici néaumoius que les supérieurs sont obligte de fôlto aux besoins d'un chacun, et de pourvoir à tout cequi est et comme Dieu prend le soin de fournir les choses tes Les créatures, jusqu'à un cirou^ il veut aussi fue les snpécieBmdl les olliciers, comme lustrumeats de sa provideoaei ^feiUaat a es-yit rieu ne manque de nécessaire^ nî ann jritwi^ ni ana élêm^ ai a0|

frèrefl, ui à cent, deux cents, trois cents personnes ou plus, si elles étaient céans, ni au moindre ni au plus grand. Mais aussi, mes Frères, devez-vous vous reposer sur les soins amoureux de la mùme pro- Tidcnce pour votre entretien , et vous couteuler de ce qu*elle vous donne, sans vous enquérir si la Communauté a de quoi , ou n'en a pas ; ui vous mettre en peine d autre chose , que de chercher le rojraume de Dieu, parce que sa sagesse infinie pourvoira à tout le reste.

« Dernièrement je demandais à un Chartreux, qui est prieur d*une maison, s'il appelait les religieux au conseil pour le gouvernement de leur temporel ? Mous y appelons, me répondit-il, les officiers, comme le sous-prieur et le procureur, et tous les autres demeurent en repos ; ils ne se mêlent que de chanter les louanges de Dieu, et de faire ce que l'obéissance et la règle leur ordonnent. Nous sommes céans dans le même usage, grâce à Dieu; tenons-nous-y. ]Nous sommes aussi obligés d'avoir quelque bien et de le faire valoir pour subvenir à tout. Un temps fut que le Fils de Dieu envoyait ses disciples saus argent ni provisions, et puis il trouva a propos d'en avoir pour faire subsister sa compaguie, et en assister les pauvres. Les Apôtres ont continué cela; et saint Paul dit de lui-même qu'il travaillait de ses mains, et qu'il amassait de quoi soulager les chrétiens nécessiteux. C'est donc aux supérieurs de veiller à TécoDomie ; mais qu'ils tâchent aussi que cette vigilance du temporel ne diminue pas celle des vertus, et qu'ils fassent eu sorte que la vie spirituelle soit eu vigueur dans leurs maisons, et que Dieu y règne sur toutes choses ; c'est le pre- ' mier but qu'ils doivent avoir. »»

SECTION III

sezrriments de m. vincent touchant la confiance qu'il faut avoir en dieu.

Après avoir rapporté en la section précédente le discours que M. Vincent a tenu autrefois à ceux de sa commuuauté sur le sujet de la confiance qu'ils devaient avoir en Dieu, il ne sera pas hors de propos de mettre ici ensuite les seuUmeuls qu'il u témoignés en diverses rencontres à plusieurs personnes particulières sur cette même vertu.

Écrivant un jour à une personne de vertu qui lui avait témoigné une dévotion particulière pour la fêle de saint Vincent: « Je vous remercie, lui dit- il, de la part que vous prenez à la dévotion de mou saint patron, et je prie Dieu qu'il donne à votre foi ce que ma misère est indigne d'obtenir pour vous: demandez- lui pardon^ s'il vous

p1att| de mon IndévotioD^ cau^e par maoqtiemtDt de prépintlOlf J'ai été etnbarrasBé en affaires toute cette matioéei mm pouvoir fairr qu'un peu d'oraison, et avec beaaeimp de dietractiort ; jugez eeqœ tous deve£ attendre de mes prières eu ce saint jour. Cela pourlaDt ne me décourage pas, parce qae je mêla ma eonflaDceen Dieu, et ood pas certes en ma préparation ni en toutes mes industries, et je yoos souhaite de tout mon cœur te même, puisque le trône de la boaleel Ûm miséricordes de Dieu est établi sur le fondement de nos misera. ConGons-uous donc bien en sa boute ^ et nous ne serons jamaid^ fondas, ainsi qu'il nous assure par sa parole, •

Kt dans une autre rencontre écrivant h la même personne ; chargez, lui dit-il, votre esprit de tout ce qui tous fait peine; Dl en aura soin. Vous ne sauriez vous empresser en cela sans contrit (pour ainsi dire) le cœur de Dieu, parce quMl voit que vous ne TS norez pas assez par la sainte confiance; fies-vous en lui, je vous i plie, et vous aurez Tac^^om plissement de ce que votre cœur dé Je vous le dis derechef, rejetez toutes c(^ pensées de déGance i vous permettez quelquefois à votre esprit: et pourquoi votre âma serait-elle pas pleine de confiance, puisqu'elle est la chère fijle] Notre^Seigneur par sa miséricorde? •

£t dans une autre lettre à la même : • Oh! qu'il y a de gra trésors cachée, lut dit-il, dans la sainte Providence! et que ceuit-J honorent souverainement Notre-Seigneur qui la suivent, et quto'cil^ jambent pas sur elle I J entendais dire dernièrement à un des gnné du royaume qu'il avait bien appris cette vérité par sa propre expf rience, parce que jamais il u avait entrepris par soi-même que qw* tre choses, lesquelles au lieu de lui réussir étaient loumées km& dommage. N'est-il pas vrai que vous voulez, comme il est bteo raisonnable, que votre serviteur n'entreprenne rien sans vous et sini Tolre ordre? Et si cela est raisonnable dHm homme à nu autre,. combîen plus forte raison du Créateur à la créature? •

Quelqu'un lui ayant un jour demandé si Ton pouvait eieédercïi 1 espérance et confiance que 1 on devait avoir en Dieu^ il répond t que, tout ainsi qu'on ne pouvait pas trop croire les Yérilés ûÀ foi, qu'on n^ pouvait non plus trop espérer en Dieu; qu'il était 1 vrai qu'on pouvait se tromper en espérant des choses que Dieu pas promises, ou bien espérant celles qu'il a promises souscondUi^ et ne voulant pas faire ce qu'il ordonne pour les obtenir : c*^r torsqu^uQ pécheur espère pardon, et ne veut pas pardonnrr] frère; qu'il den^ande miséricorde, et ne veut pas se convoi se confie qu'il remportera la victoire contre les tentationaw 4

réiuter ni leA cambattre : car «e^ eâpérancê§ sont tmmm et

1res : mais eello qui est véritable ne peut jamais être trop

^, étant foddëe ^ur la bonté de Dieu et sur les mérîtea de Jésm-

jrant tia jour quelques-aus des siens qui se laissaieul un peu Ibattreet décourager par le sentiment qu'ils avaient do leurs ffections : • Nous avons (lenr dit-Il pour les encourager) lo k de la tonte pui^ance de Dieu en nous, qui ooub doit être nu t motif d'espérer et de mettre notre conGaiice eu lui, nouobtoutes nos pauvretés* Nou, il ne faut pas vous étonner de voir lisérés en vous, car chacun en a sa bonne part : il est bon de pnaltre, mais non pas de e*en affliger démesurément ; il est bon

Îd'en détourner la pensée, quand elle nous porte au décourageet de redoubler notre conliaoce en Dieu, et notre abandon en- I mains paternelles, *

fiaiul homme était si attentif aux conduites de la divine Provi- I qn*en plusieurs rencontres on le voyait se comporter tout aubtqiie ne le font les autres, qui pensent que tout est perdu s'ils remuent^ s'ils ne se mettent en peine, et n*y mettent un chacun se prémunir contre les accidenta de cette vie^ et pour remédier faverses et adversités, employant les lettres, donnant des ortaisant des changements, et se servant d'autres eiipédieuLs huly promptement et sans remise; couvrant et tâchant de couvrir llttt de conOance tt de soumission à ta di%ine Providence de ce StCf que Dieu laisse agir les causes secondes. Mais M. Vincent, iduisant par des lumières plus pures et par un principe pins é, ne se hûtait point d'avoir recours aux industries humaines, i plus tard qu'il pouvait, ponr donner lien cependant à la Pro^ ^ divine d agir par elle- même, et de mettre les choses au point knable :ce qu'il faisait par une parfaite connaissance qu'il avait 9 propre de Dieu est de réduire tout a bien, et que moins il y a lumme dans les affaires, plus il y a de Dieu. f£qu il avait fait ce qu'il estimait que Dieu demandait de lui meure ordre aux affaires, il demeurait en paix pour Tévénisjet s en reposait entièrement sur ta conduite de Dieu; et queliccès qui en arrivât, bon ou mauvais, il ne s'en mettait pas ;age en peioe^ et ne s'inquiétait point de ce qu'il avait fait, se liant du témoignage de sa conscience, qui lui faisait connaître Lut tâché de se conformer aux ordres de la volonté de Dieu en n*y avait pas lieu d*en avoir aucun regret, mais reier sa bonté.

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/p! I^Mi, "19 li » j • fcciq^e lin d'à émÊHf.

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/^//w V r« cmk; p«ftie , et la loogne coanaouMe q

iêiUjnHp, \0n «ntren. OoTez-Boî, Momct, je mt i

«fj fn#nid« t\fk% %fni pIsA à Diea qoe la Tàtoe, ai i

ilfi ffMl, fil plm» Mpiraot au biesy qw toh r«i

p4inihk imtk^ mu direx^roas; et je yoas répeada^

pHii U;ij|our»aiu Mem de discerner la pureté dft

lus ruiiMVftmfsfitft de la nature corrompoe, ain qi

iii'NMYy ni i|iie leur trésor étant par ce moje& \

^rmidii ttfiNiiraticc. liC saint Apôtre arait ya des merretUtt i

iiimIn |hmii' iMïln il ne se tenait pas justifié, parce

iii^iiuf Irop de lénislinfn et do oombata; il avait toniefoifi

MMillniint en Dieu, qu*il estimait n'y avoir rien au mm\

ili) li« si^imrcsr de la cliarité de Jésus^hrist. Cet ejLenipk

Aiinin% Miiiislvur, pour demeurer ai paix parui y

|HMii' avoir une rnlirrc ot parfaite oonfiauee en i

Ooiro HplKnour, ln|uul, voulant achever l'ouvrage

lltMihon. \ous tiivito de vous abandonner entr^ ies bras d>

dimtv. lHilMt«>s-vous(i«>ue conduire asonaiMHtr pateroel,

\\\\w\ <>i taul »*oa faut qu'il rejette un hoBM éa^éen n

Oli's. que m^^mr il uo délaisse jaoMùs u

l^avUui uu jimr à »a cMumunaulé sw ca lUiuv Ml Uh'U : « U \<rilabl« misii «MUv M {leiiM i^MT ka bims de ca ■ ««)a|wo^idiiiMéiM0Mi %|

m établi en la cbarité, .et bien fondé en cette confiance^ il sera *s 80US la protection de Dieu, et par conséquent qu'aucun mal arrivera, et qu'aucun bien ne lui manquera, lors même qu'il i que, selon les apparences, tout Ta se perdre. Je ne 4is pas r mon propre esprit, c'est l'Écriture sainte qui nous l'enseiqui dit que, Qui habitat in odjutorio Àllissimif in protecUone li commorabitur. Celui qui loge à l'enseigne de la couiiauce i sera toujours favorisé d'une spéciale protection de sa part, et état il doit tenir pour certain qu'il ne lui arrivera aucun irce que toute» choses coopèrent à son bien, et qu'aucun bien manquera, d autant que Oieu lui-même se doMajoit à lui, il ivec soi tous les biens nécessaires, tant pour le corps que pour Et ainsi, mes Irères, vous devez espérer que pendant que vous :erez fermes eu cette confiance, non-seulement vous serez 'es de tous maux et de tous factieux accidents, mais aussi s de toutes sortes de biens. >

9 finirons ce cba|)itre par l'extrait d'un discours que M. Vinun jour aux i ilies de la Charité pour leur inspirer ce même le coniiance eu Dieu, parmi tous les fâcheux et périlleux ac- > où elles se trouvaient quelquefois exposées, et rendant ser- .X pauvres : « Vous verrez souvent^ mes If iJLies, leujr dit-ii, la de Dieu punir de mort subite eH violente une multitude de TS, sans avoir loisir de faire pénitence et se convertir ; vous même beaucoup dlnnocents périr, et vous serez conservées. les filles, Dieu prend soin de votre conservation, parce que irvez les pauvres. » Et puis, dans la suite de son discours, il t faire réflexion sur les effets de cette protection spéciale de ;ur elles en deux occasions dignes de remarque : lune fut îes jours-lu une maison du faubourg Saiut-Germaiu, presque cuve, tomba de fond en comble au même temps qu'une l?'ille tiarite qui portait une portion à un pauvre malade y était euquelle se trouva entre deux planchers, et par conséquent dee, selon toutes les appareuceb humaines, écrasée sous ces raimine toutes les periiounes qui se trouvèrent alors dans cette ,, qui étaient plus de trente, le furent, à la réserve d'un »eui uldut, qui lut pourtant blessé, quoiqu'il n'en mourût pas; ïtte i'iiie de la Charité en fut préservée comme miraculeuselemeuranl la inarmile eu sa main sur uu petit coin de pianli ne tomba pas, quoique tout le reste du plancher fût tombé; ftlus, comme par uu second miiacle, quoiqu'il tombât d'eu laatité de solives et autres pièces de bois, des grosses pierres.

descoffr'ds, tables et autres choses semblables aux enTirons deceUi lille, elle n'en reçut aucune blessure, et on la vit sortir saineetsuin du milieu de ces ruines.

L'autre occasion fut qu'une poutre s'étant rompue en la maisonde la Communauté de ces Filles^ et le plancher d'une chambre Ûtâ tombé tout à coup, la providence de Dieu pourvut tellement & cil accident, qu*aucune d'entre elles ne se trouva ni dessus ni dessooia plancher, quoiqu'un moment auparavant il j en eût plu8iean,d môme que mademoiselle Legras, leur première supérieure et fooditrice, ne fit qu'en sortir ; ce qui fut une autre merveille de la prot» tiou de Dieu envers elles. Sur quoi M. Vincent continuant son dâcours, et élevant la voix : « Ah ! mes niles, leur dit-il, quel sojet n'avez-vous pas de vous confier en Dieu 7 Nous lisons dans les hicliîres qu*un homme fut tué eu pleine campagne parla chute d*unetir tue qu'un aigle lui laissa tomber sur la tète ; et nous voyons aajoord'hui des maisons ri^uversées de fond en comble, et des Filles de li Charité qui sortent saines et sauves de dessous les ruines, et qui n'en reçoivent aucune lé.sion ; qu'est-ce que cela, sinon une marque et «B témoignage par lequel Dieu leur veut faire connaître qu'elles M sont chères comme la prunelle de ses yeux ? 0 mes Filles, 8ojez •■■• rées que pourvu que vous conserviez dans vos cœurs cette sainte eoQfiauce, Dieu vous conservera en quelque lieu que vous vous tn»viez. »

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