‹ Vie de S. Vincent de PaulChapitre 86 sur 115 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

lA GOlFORbllTE A LA TOLOnTE DE Dtltl*

Saint Basile étant un jour interrogé par quel moyen ou poufiil témoigner son amour envers Dieu^ répondit que c'était en fai^ tout ce qu'on peut, et même, s il faut parler ainsi, plus qu'on ne peut, pour accomplir conUunellemeut en toutes choBes la Irès-ssiott^ volonté de Dieu avec uu très- ardent désir de procurer l'i ment de son honneur et de sa gloire. Et certes, ce n'est pas mm grande raison qu'il a parlé de la sorte; car^ puisque Tunion qui se fait par 1 amour est principalement des cœurs et des volontés, oui» saurait mieui faire paraître qu'on aime Dieu que par une ooolof' mité et union parfaite de sa volonté avec celle de Dieu '.

C*est ce que M. Yincent a saintement pratiqué ; et Ton peut àin que cette conformité de sa volonté avec la volonté de Dieu était ti propre et principale et comme la génf^rale vertu de ce saint liomnie, qui répandait ses influences sur toutes les autres : c'était comme le maître ressort qui faisait agir toutes les facultés de sort àme et ton» les organes de son corps ; c'était le premier mobile de tous ses exercices de pieté, de toutes ses plus saintes pratiques et généralèmrnt de toutes ses actions ; en sorte que s'il se présentait devant DieiidaDii ses oraisons, s'il se rendait en tout temps et en toutes occasions fi attentif à sa divine présence, c* était pour lui dire comme saint Paul : > Seigneur, que voulez- vous que je fasse? v SUl était si soigneux de consulter Dieu, de Técouter et d'user d*uoe si grande cireon&pedîOD pour discerner les vraies inspirations qui venaient du Saint- Espot d'avec les fausses qui procédaient de la suggestion du démon ou dei

■ l'^lérfûQ, Qui s est modut ejuA^ quiB in Deum «st, ebarîUtLiP Jtavpofu, âiydtii itfQi ultra Tire» srilcai, bû eieqtiondam Dei Toluntutem^conieiitto, coin propottu» m < r)o gloilsc Ipûui. B^L inM0a* ^f^n ^^^' ïti^

ements déréglés de la natorey c'était pour connaître la yolonté m avec plus d'assurance et pour se mettre plus en état de Taolir. Enfin, s*il rejetait si fortement toutes les maximes du monde embrasser celles de l'Evangile, s'il renonçait si parfaitement à éme, s'il embrassait les croix avec tant d'aSéction, et s'il s'abaniit à tout faire et à tout souffrir pour Dieu, c'était pour se con- >r plus parfaitement à toutes les volonté de sa divine Majesté ; vait une telle estime de la pratique de cette sainte conformité, dit un jour de l'abondance de son cœur cette belle sentence, se conformer en toutes choses à la volonté de Dieu et y prenut sou plaisir, c'était vivre sur la terre d'une vie tout angéet même que c'était vivre de la vie de Jésus-Christ. » lit une autre fois sur ce même sujet que « Notre-Seigneur était ommuuion cootinuelle aux âmes vertueuses qui se tenaient ment et constamment unies à sa très-sainte volonté, et qui it un même vouloir et un même non- vouloir avec lui. » £t le il était tout rempli et pénétré de cette importante vérité, et M>nnaissait par sa propre expérience les grâces et bénédictions écoulaient de cette conformité à la volonté de Dieu, il a toutàché de l'inspirer dans tous les cœurs des autres, et particulent de ceux de sa Congrégation, auxquels il a même fait une particulière dans les termes suivants :

It parce que la sainte pratique qui consiste à faire toujours et ites choses la volonté de Dieu est un moyen assuré pour pouàentôt acquérir la perfection chrétienne, chacun tâchera, selon ossible, de se la rendre familière en accomplissant ces quatre 1 : premièrement, en exécutant dévotement les choses qui nous commandées, et fuyant soigneusement celles qui nous sont dées, et cela toutes les fois qu*il nous appert que tel commandeet telle défense vient de la part de Dieu et de l'Église, ou de upérieurs, ou de nos règles ou constitutions ; secondement, les choses indifférentes qui se présentent à faire, choisissant t celles qui répugnent à notre nature que celles qui la satisfont, n'est que ceUes qui lui plaisent soient nécessaires; car alors il lit préférer aux autres, les enseignant néanmoins, non du côté es délectent les sens, mais du côté qu'elles sont agréables à Que si plusieurs choses indifférentes de leur nature, qui ne igréables ni désagréables, se présentent à faire en même temps, il est à propos de se porter indifféremment à ce qu'on voudra, le venant de la divine Providence. Troisièmement, pour ce qui « choses qui nous arrivent inopinément, comme sont les afllic-

tMms ou consolations, poit corporelles ou spirltoeltes, en les neenâ toutes avec l'égalité d'esprit, comme sortant de la maison patendb: de Notre-Seignour. Quatrièmement, faisant tontes ces choses-lipv le motif que c'est le bon plaisir de Dieu, et pour imiter en eeli,». tant qu'il nous est possible, Notre-Seigneur Jésus-Christ, qaiit»^ jours fait les mêmes choses et pour la même fin, comme il le téMgne lui-mdme par ces paroles rapportées dans rÉTangUe:Jelfc toujours les choses qui sont selon la volonté de mon Père. > i

Il considérait cette pratique comme nn souverain remède à IH; maux ; et quand on lui demandait comment on pourrait se eonif^ de quelque promptitude ou impatience, ou autre imperfectioB,^ bien vaincre quelque tentation, ou conserver la paix dacœnrptfB les perles et les souffrances, il répondait que ce serait en se tfiét mant à la volonté de Dieu. Mais il voulait qu'on peraistit conttl^ sèment en cette sainte pratique, et qu'on eût une affection penWs: rante à chercher de connaître et d'accomplir en toutes choseï ft^ sainte et divine volonté ; et il ne pouvait souffrir en Ini aneon tm che ni aucune remise, souhaitant que la volonté de Dieu fftt V0^ le propre élément de l'àme, que ce fût l'air qn*elle respirât et toj»^ heur auquel elle aspirât continuellement. Ace sujet parlant ai jii aux siens : « La perfection de l'amour, leur dit-il, ne oonsiriB |i| dans les extases, mais à bien faire la volonté de Dieu ; et oUA entre tous les hommes sera le plus parfait, qui aura sa Toloiilé|l>^ conforme à celle de Dieu : en sorte que notre perfection cobH^^ unir tellement notre volonté à celle de Dieu, que la sienne etltsttre ne soit qu'un même vouloir et non- vouloir ; et celui qui exedkn davantage en ce point sera le plus parfait. Lorsque Notre-Seigfl^ voulut enseigner le moyen d'arriver à la perfection à cet homme doi il est parlé dans l'Evangile, il lui dit : Si quelqu'un Teut Tenir i|lrt> moi, qu'il renonce à soi-même, qu'il porte sa croix et qu'il meflMf Or, je vous demande, qui est-ce qui renonce plus à soi-même on P porte mieux la croix de la mortification et qui sait plus ptfM^ tcment Jésus-Christ, que celui qui s'étudie à ne faire jamais u^\ lonté et à faire toujours la volonté de Dieu? L'Eftriture dit anfli* quelque autre lieu que celui qui adhère à Dieu est un même opA avec Dieu. Or, je vous demande, qui est-ce qui adhère pins parfrili^ ment à Dieu que celui qui ne fait que la volonté du inème DûA ' jamais la sienne propre? qui ne veut et qui ne souhaite entra diP que ce que Dieu veut? Oh! que c'est là un moyen bien eourt poorl^ quérir en cette vie un grand trésor de grâces I »

En quelque autre rencontre, écrivant à l'un des prAfcree defiâtol^

égation sur le sujet d'on fâcheux accident ^oi était arrivé : « Qoe ons-noas à cela, lui dit-il> sinon de YOnlolr ce que la diTine Prolence Tcut, et ne pas Touloir Ce Qu'elle lie teut pas? Il m'est tenu matin en ma chétive oraison un gfand désir de Touloir tout ce qui Itc dans le monde, et bien et mal de peine tant générale que par- Alière, parce que Dieu le veut, puisqu'il l'envoie. Oh! que cette practe me semble avoir de merveilleuses circonstances qui sont bien icssaires aux missionnaires ! Etudions-nous donc d'avoir celte dis- Ition de volonté à l'égard de celle de Dieu, et entre plusieurs tads biens qui en proviendront, celui de la tranquillité d'esprit ne ft pas des moindres. »

7ne autre fois faisant réflexion sur la troisième demande de TO- ^«n dominicale, fiât voluntoi luarictU m cœlo et in lerrd, que vo- ^fOlonté soit faite en la terre comme au ciel, il disait que par ces "Ciles Noire-Seigneur avait voulu nous enseigner que, « comme les r^s et les bienheureux qui sont là-haut au ciel font incessamment Minte et adorable volonté de Dieu, de même il voulait que nous ik^s la fissions semblablement sur la terre, avec le plus d'amour de perfection qui nous serait possible, nous en ayant donné (^«mpie, et n'étant venu du ciel en terre que pour faire la volonté I)ieu son Père, en accomplissant l'œuvre de notre rédemption, tiDUvant ses délices à faire ce qu'il connaissait être le plus agréat & Dieu, au temps et en la manière qu'il connaissait être selon sa lt)nté. »

SECTION I

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