‹ Vie de S. Vingent de PaulChapitre 26 sur 65 · ECCLÉSIASTIQUES · texte numérisé non relu

ECCLÉSIASTIQUES

Pour connaître quelle a été la charité de M. Vincent envers les prêtres et autres personnes ecclésiastiques, il ne faut que jeter les yeux sur tout ce qu'il a fait pour procurer leur bien, dont il a été amplement parlé au premier et au second livre ; etil ne serait point nécessaire d'en produire d'autres marques ni d'autres témoigna* ges que les grands fruits qui ont réussi des exercices des ordinans, des conférences spirituelles , des retraites , des séminaires, et de toutes les antres saintes entreprises auxquelles ce grand serviteur de Dieu s'est appliqué , pour la réformation , sanctification et perfection de l'état ecclésiastique. Mais outre ces œuvres générales , il y en a beaucoup d'autres particulières qui méritent bien d'être rapportées , par lesquelles on pourra encore mieux connaître le respect et l'amour qu'il avait pour tous ceux qui sont employés dans le ministère de l'Église.

C'était dans ce sentiment qu'écrivant un jour au supérieur d'une de ses maisons, où il y avait un séminaire d'ecclésiastiques, il lui parla en ces termes : • Je salue avec affection et tendresse , c loi dit-il, votre aii^ble cœur, et tons c^ux de votre chère fa**

et» 880 ^

m mille ; ei je prie Notre-Seigneor qn'U les MiiiM é elMNidiiii-

< ment que la bénédictiou en rcjaillnse sur le •émÎDaire , et que 4 tous CCS messieurs qui le composeut^ daus lesquels vous tâchez « de mettre et de perrectionner respritecclésiastique, s'en trouvent 4 k la fio remplis. Je ae vous les recommande pas, vous ^avei que 4 c*est lli le trésor de TÉglise. »

Et parlant k un autre « dans une lettre qu'il lui écrivit sur le même sujet : c 0 que vous êtes heureux, lui dît^iU de servir k Notre-Seigneur d'instrument pour faire de bons prêtres , et d'un instrument tel que vous êtes, qui les éelaires el les échauffez en même temps : en quoi vous faites Tofiice du Saint-Esprit , k qui seul appartient d'illuminer et d'enflammer les cœufs ; ou plutôt, c'est cet Esprit saint et sanctifiant qui le fait par vous, car il est résidant et opérant en vous , non seulement pour vous faire vivre de sa vie divine , mais encore pour établir sa même vie et ses opérations en ces messieurs appelés au plus haut ministère qui soit sur la terre , par lequel ils doivent exercer les deux grandes vertus de Jésus-Christ , c'est k savoir , la religion vers son Père et la charité vers les hommes. Voyez donc , Monsieur , s'il y a aucun emploi au monde plus nécessaire et plus désirable que le vôtre ; pour moi , je n'en connais point , et je pense que Dieu n'a pas tant attendu k vous le faire voir, puisqu'il vous a donné l'affection pour vous y appliquer , et la grâce pour y réussir. Humiliez-vous sans cesse , et vous confies pleinement en Notre-Seigneur, afin qu'il tous fasse nrie même chose avee lui. »

M. Vincent faisait encore paraître si charité envers Tëtat eceM» siastique par l'estime et par l'affection toute particulière qu'il avait pour les communautés ecclésiastiques qu'il voyait s'établir , et par le zèle avec lequel il procurait selon son pouvoir qu'il se fit en tous lieux de semblables éuMissemens , lesquels il jugeait trèi utiles et très avantageux k TÉglise. A ce sujet, ayant été instamment prié, par un vertueux ecclésiastique qui désirait établir une com-^ munauté de bons prêtres dans un sien bénéfice situé en Anjou , àé lui envoyer quelques prêtres de la Mission pour l'aider k faire cel établissement , ei se voyant dans l'impuissance de satisfaire k aon désir, il lui écrivit la lettre suivante : « Il parait bien, lui dk^Ut

< que l'esprit de Dieu a répandu abondamment ses grleeè en votre t aimable cœur, et que le zèle et la charité y Wl jeté de pto-*

fendes radnes , pnisqiie rien n*est capable de vora rebnter du dessein que tous avez conçu de procurer la plus grande gloire de Dieu, pour le présent et pour l'avenir , dans votre bénéfice. Plaise à sa divine bonté , Monseigneur , de seconder vos saintes intentions, et de leur donner un heureux accomplissement. Je vous remercie de toutes les alTections de mon âme de la pa* tience que vous avez pour nous, qui n'avons pu recevoir Tboi^ neur et les biens que vous nous avez offerts , et qui n'aurions p« non plus répondre à votre attente. J'espère , Monsieur , que vous trouverez en d'autres la satisfaction entière. Je ne vois pour* tant pas bien où vous pouvez vous adresser , parce que je doute si messieurs de Saint-Sul|>ice ou messieurs de Saint-Nicolas-du* Chardonnet voudront vous donner des prêtres. Ce sont deux saintes communautés qui font de grands biens dans l'Eglise, ei qui étendent beaucoup les fruits de leurs travaux. Hais la pre« mière, ayant pour fin les séminaires , ne sëtablit pour l'ordinaire que dans les villes principales; et la seconde, étant fort occupée dans un grand nombre de saints emplois auxquels elle s'a|^ plique pour le service de l'Église, ne pourra peut-être pas vous fournir si Xài les ouvriers que vous demandez. J'estime néanmoins que vous ferez bien de leur en faire la proposition , étant toutes deux plus propres et plus capables que nous pour commencer et perfectionner cette bonne œuvre que vous avez tant à cœur. »

£t écrivant )i une dame de qualité pour lui persuader d'appliquer k un séminaire établi par messieurs de Saint-Sulpice le revenu d'une fondation faite par les seigneurs ses prédécesseurs pour dresser de bons ecclésiastiques , il lui parle en ces termes : Si vous faites, Madame, ceUe application , vous devez tenir pour certain qu'die sera exécutée en ht manière que ces seigneurs ont désiré pour l'avancement de l'état eccléMastique : et s'il vous platt , pour cda , vous informer des biens qui se font h Saint-Sulpice , vous ponrrei en espérer de semblaUes lorsque cette communauté sera établie en ce Ben-là , puisqu'elle est animée partout d'un même esprit , et qu'elle n'a qu'ime seule prétention , qui est la glove de Dieu. »

Mais ce n'a pas été par les seules paroles que M. "Vincent a fait paraître l'affection qu'il avait tant pour les communautés que pour les panicoliefs dodergé, iiraeacoie témoignée davantage parles

et» 332 H^ œuvres , car il était toujours disposé d'accueillir , de consoler et de servir toutes sortes de personnes ecclésiastiques, selon leur condition et le besoin qu'ils pouvaient avoir ; et c'était assez de porter le caractère de la prêtrise , ou bien les marques extérieures de la cléricature , pour trouver un accès favorable auprès de ce bon serviteur de Dieu. Il s'appliquait avec une charité nompareille k procurer de l'emploi aux prêtres quin'en avaient point et qui recouraient k lui. H moyennait que ceux qui en étaient capables fussent pourvus de cures et autres bénéfices, où ils pussent utilement travailler; que les autres fussent mis aumôniers chez les évèques, et autres grands seigneurs ; les autres , vicaires dans les paroisses des villes ou des villages ; les autres , confesseurs ou chapelains chez les religieuses ou dans les hôpitaux. Il témoignait k tous les ecclésiastiques , jusqu'aux moindres, beaucoup d'estime et d'affection ; il priait les siens de les aimer tous , et de ne parier jamais d'eux qu'en bonne part, surtout lorsqu'ils prêchaient au peuple : et il avait cela tellement k cœur , qu'il alla un jour exprès de Saint- Lazare en une paroisse éloignée de cinq ou six lieues , pour demander pardon aux ecclésiastiques du lieu de ce qu'un prêtre de sa compagnie, en prêchant, avait dit quelques paroles moins considérées qui leur avaient donné de la peine.

Quelqu'un a remarqué comme une action grandement louable et méritoire qu'un jour M. Vincent ayant appris que quelque ecclésiastique était tombé dans le désordre , il fit tout ce qu'il put pour l'en retirer , et même prit le soin d'envoyer k Rome pour lui , et de le nourrir jusqu'k ce qu'il reçût son absolution ; ensuite il le mit en état de pouvoir subsister le reste de ses jours.

Un autre prêtre ayant été repris et convaincu de quelque action sacrilège très punissable , et ayant été mené k Saint-Lazare , M. Vincent lui parla avec tant de douceur et d'efiicace , qu'il en fut vivement touché; et pour le mettre de plus en plus dans les dispositions telles qu'il convenait , il le retint k Saint-Lazare pendant quelques semaines , où il le fit nourrir et habiller , et fournir de toutes les choses nécessaires, et enfin lui obtint le pardon de son évêque.

Un autre ecclésiastique étant malade au séminaire des Bons-Enfans, et voulant être traité au-deik de ce que sa condition requérait , et même n'ayant pas le moyen de payer sa dépense, faisait grande peine k toute la maison , laquelle eût bien désiré en être dé-

chargée ; maid M . Vincent ne le voulut pas , et ponssé de sa charité ordinaire , il prit soin de lui faire acheter aux dépens de la maison tout ce qu'il désirait , quoique cela coûtât fort cher et ne fût pas nécessaire , mais seulement pour le contenter.

Un autre prêtre se trouvant malade dans la même maison , et , tout au contraire du précédent , n'osant rien demander, parce qu'il était pauvre , et que , n'ayant pas moyen de payer la dépense , il craignait d'être k charge k la maison ; M. Vincent l'ayant su , Talla visiter , et lui dit qu'il ne devait se mettre en aucune peine , et qu'il y avait dans la maison pour son service des calices et d'autres vaisseaux d'argent qu'il ferait très volontiers vendre pour y subvenir , plutôt que de permettre qu'il manquât d'aucune chose qui lui fût nécessaire.

Un autre prêtre inconnu et malade s'étant présenté k M. Vincent pour lui demander quelque assistance , il le reçut avec grande cha* rite , et le fit loger , traiter et médicamenter avec grand soin jus-* qu'à ce qu'il eût recouvré sa santé.

Un autre qui était allé faire retraite à Saint-Lazare, y étant tombé malade , et n'ayant k cause de sa pauvreté aucun lieu pour se retirer , M. Vincent en fit prendre tous les soins imaginables ; et ce prêtre ayant après une longue maladie recouvré sa santé , il hii fit donner une soutane et un bréviaire , et plusieurs autres commodités , et outre cela dix écus pour l'aider quelque temps k subsister.

Un autre ecclésiastique ayant été reçu k Saint-Lazare pour y coucher une nuit , quoiqu'il fût inconnu et qu'il y fût venu en fort mauvais équipage , s'en alla le lendemain sans dire adieu , et emporta une soutane et un manteau long qu'il y avait dérobés : quelqu'un le voulant faire suivre, M. Vincent l'empêcha , disant qu'il y avait apparence que ces choses lui étaient bien nécessaires , puisqu'il avait été réduit k cette extrémité que de les emporter , et qu'il fallait plutôt lui en porter d'autres que de lui demander celles qu'il avait prises.

Un autre pauvre prêtre étant obligé de faire voyage , et n'ayant aucun moyen pour en faire la dépense , ni même pour avoir l'équipage nécessaire, M.Vincent, auquel il s'adressa, lui fit donner tout ce dont il avait besoin , jusqu'k des bottes , et outre cela vingt écus.

Un autre bon prêtre a lui<*même rendu ce témoignage , qu'étant

Tdna de 80q ptys pour quelques affaires en la Tille de Paris, où il n'avait aucune conaaissance , il fut obligé de se loger dans un ca<* baret ; ce que M. Vincent ayant su , il l'envoya quérir, et le fit loger et nourrir charitablement aux dépens de la maison de Saint* Lazare, dans uu lien de piété , où il demeura près d'un mois, et jusqu'à ce que ses affaires fussent achevées.

Un bon curé du diocèse de Tours ayant un procès à Paris , qu'il était obligé de poursuivre pour Thonneur de son caractère, qui avait été notablement offensé en sa personne, s'adressa k M, \ia* cent, comme au refuge le plus assuré de toutes les personnes ec« clésiastiques, lui écrivant qu'il ne pouvait venir à Paris, ni même 7 entretenir un solliciteur, s'il ne lui donnait quelque assistance : h quoi M. Vincent répondit qu'il envoyât telle personne qu'il lui plairait, et qu'il le déchargerait de la dépense : ce qu'il exécuta depuis, comnae il lui avait promis, ayant fait loger et nourrir son homme dans Paris , aux dépens de la maison de Saint-Lazare , peiH dant plus d'une aunée que dura la poursuite de cette affaire , laquelle fut enfin terminée k l'avantage de ce curé , qui était un fort honnête liomme.

Ce grand amateur du sacerdoce de Jésus-Christ a souvent reméfié au dérèglement de plusieurs prêtres par la charité qu'il a exer* cée en leur endroit , les détournant des occasions prodnines èm péehé et pourvoyant à leur retraite et k leur subsistance : il a même entretenu pendant plusieurs années , aux dépens de la raai« son de Saint-Laaaro, un religieux Italien, lequel ayant l'eaprii un peu troublé semait en divers lieux une mauvaise doctrine.

Un prêtre de P<iris , qui confessait une communànlé de reb» gie«M^s > étant iomtbé malade , M. Vincest pria trois ecclésîastiqiMi de grande piété de suppléer !i sa place durant soa infirmité , qui dura trois ans entiers, afin que ee boa ecclésiastique pftt recevoir les salaires, cooawe s'il eût été en santé.

Un prêtre venait d'un lieu fort éloigné de temps en temps , pottr demander quelque charité h M. Vincent, afin de l'aider h vivre en son p9ys qui était désolé : k procureur de la maison , qui en «vait delà peine, représenta a M. Viaceat qu'il fallait dire k ce itrétra qu'il ne revint plus, et qu'on lui eaverrait Taïunénc : h quoi M. Vincent lit cette réponse ; H est dît , Non êUigabis os bovi iritU'^ ranii; voulant faire entendre par ces paroles qu'il désirait

fi*OA laissa ce pwvrepc44ve m laliberté de reveMr louboifes

fm qu'il voudrait, M de demander longn'il amit besoin d'aaii^ tance.

Enfin, le bon accueil et la grande cbaritë qu'il faisait ii fous Ici ecclésiastiques, conviait tous les pauvres prêtres de recourir à lui comme à leur père, avec grande coutiance ; et comme il en aborde k Paris de tous côtés , tant Français qu'étrangers , il ne se passait presque aucun jour qu'il n'en vint quelqu'un , pour implorer soa secours, et qui n'en remportât quelque aumône. Mais entre tous il a exercé singulièrement sa charité envers les pauvres prétree Hibernois exilés de leur pays , et réfugiés en France au sujet d» la religion : il procurait non seulement que les personnes de cha-* rite de sa eonnaiseanco leur distribuassent quelques aumônes^ mais il leur faisait aussi bonne part de celles de sa maison ; et Ton a même vu des quittances de quelques uns d'entre eux de c« qu'ils recevaient tous les mois de M. Vincent , lequel leur «vsôt fait espérer par charité certaines sommes de temps en temps« il e fait aubenter pendant plusieurs années dans Paris un pauvre prêtre Hibernois aveugle, avec un garçon pour le conduire, tant par ses bienfaits que par les recommandations qu'il en faisait au uns et aui autres ; et outre l'argent qu'il lui donnait ou qu'il proci^ rait qu'on lui dono&t, il le faisait dtner avec son garçon toutes les fois qu'il venait à Saint-Lasare , ee qui arrivait bien souvent* De plus , voyant dans Paria plusieurs ecclésiastiques de ce méins pays d'Hibernie , qui faisaient leurs études , et n'avaient pour* tant aucun moyen d'y subsister» il les envoyait en d'autres prq^ vineea , les adressant % des personnes de sa connaissance , pouv les (aire étudier k «aoindres ttm ; et outre cela , il leur donnait ds quoi faire leur voyage,

Cette charité de Mi Vincent ne s'est pas seulem^t étendue sus les pauvres ecclésiastiques qui venaient iilui, mais encore sur ceui^ qui n*y pouvaient pas venir, tels qu'ont été plusieurs pauvres curés et autres prêtres qui résid<iieut dans les provinces ruinées ^ amiqucJis il a non seulement envoyé des prêtres missionnaires poux les s^ecourir dans leurs plus grands besoins, mais il leur a fait eU'^ core distribuer durant plusieurs années toutes les cbos^ néces* saires pour le service divin , et pour le saiot sacrifice de la Mess^, dont leurs églises étaient dépourvues, eeimmeil a été dit aillcunu U faisait de plus fouroir aux sains et aux malades des habits et des soutanes , et d» wo» vi^e ei aubaîMsr : pour eei effet il recueillais

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et leur faisait porter avec grand soin les aumônes des personnes charitables , y contribuant aussi toujours notablement de son côté. A ce propos il arrivaun jour qu'un prêtre de la Mission, voyageant dans la Champagne pour d'autres affaires, rencontra entrant dans un bourg le curé du lieu , lequel lui demanda qui il était; et ayant su par sa réponse qu'il était prêtre de la Congrégation de la Mission , k ce mot il se jeta k son col et l'embrassa avec grande affection devant tout le monde ; puis l'ayant conduit en sa maison, il lui fit le récit des grands biens spirituels et corporels que tout ce pays-lk avait reçus de la charité de H. Vincent, et lui en particulier ; pour preuve de quoi , lui montrant la soutane dont il était couvert, il dit: Et hâc me veste contexit ; exprimant ainsi l'obligation qu'il lui en avait , par les mêmes paroles que Notre-Seigneur dit autrefois à saint Martin , pour lui témoigner combien il avait eu agréable l'aumône qu'il avait faite de son vêtement à un pauvre.

Nous pouvons avec grande raison joindre k ces exemptes de la charité de H. Vincent envers les ecclésiastiques, ses sentimens k l'égard des religieux. Il avait pour eux un respect et un amour tout singulier, et il le faisait bien paraître lorsque quelques uns d'eux le venaient visiter k Saint-Lazare ; car il les recevait comme des anges du ciel , se prosternant souvent k leurs pieds pour demander leur bénédiction , qu'il obligeait plusieurs par son humilité de lui donner, ne voulant point se lever qu'il ne l'eût reçue. Il exerçait encore envers eux dans les occasions une charitable hospitalité , leur faisant toute sorte de bons traitemens. Il voulait aussi que les siens se comportassent de la même façon en leur endroit; et k ce sujet il leur recommandait souvent d'estimer et de respecter tous les ordres et toutes les communautés religieuses, et de ne donner jamais entrée en leurs esprits k aucune envie , jalousie , ou autre disposition contraire k l'bumilité et k la charité de Jésus-Christ; mais d'en parier toujours avec témoignage d'estime et d'affection : en un mot, il voulait que sa Congrégation fût telle, comme il dit un jour, qu'elle ne trouvât jamais rien k redire aux autres communautés , et qu'elle fit profession ouverte de trouver bon ce qu'elles font : et répondant un jour k lun de ses prêtres qui l'avait prié de lui mander comment il devait agir k l'égard de quelques religieux qui pensaient avoir raison de le contrarier : } Vous me demandez^ lui dit-il , comment vous devez

voufl comporter envers ces bons religieux qui vous contrarient : k quoi je répons que vous devez tftcher de les servir , si les occasions s'en présentent , et leur témoigner aux rencontres que vous en avez une vraie et sincère volonté ; les aller visiter quelquefois ; ne prendre jamais parti contre eux ; ne vous intéresser en leurs aflTaires que pour les défendre en charité ; parler d'eux en bonne part; et ne rien dire en chaire, ni en discours particuliers, qui puisse leur causer la moindre peine; et enfin leur faire et leur procurer tout le bien que vous pourrez , en paroles et en effets, quoiqu'ils ne vous rendent pas le réciproque. Voilà ce que je souhaite que nous fassions tous , et que nous nous mettions en devoir de les honorer et servir en toutes sortes d'occasions. >

M. Vincent a fût encore paraître sa charité envers les religieux, par les conseils salutaires qu'il leur a donnés lorsqu'ils ont eu recours k lui , comme plusieurs d'entre eux ont fait en diverses occasions; et entre les autres, un religieux d'un très saint ordre, voulant en sortir sous un bon prétexte , pour entrer dans un autre, désira auparavant savoir le sentiment de M. Vincent , comme d'un homme qu'il estimait très charitable et très éclairé , daquel il reçut cette réponse :

< J'ai vu votre lettre , mon Révérend Père , avec respect et certes avec confusion , de ce qae vous vous adressez au plus sensuel et au moins spirituel des hommes , et reconnu tel d'un chacun. Je ne laisserai pas néanmoins de vous dire mes petites pensées sur ce que vous me proposez , non pas par manière d'avis , mais par la pure condescendance que Notre-Seigneur veut que nous rendions k notre prochain. J'ai été consolé de voiries attraits que vous avez k l'union parfaite avec Notre-Seigneur; votre fidèle correspondance pour cela , et les caresses dont sa divine bonté vous a souvent prévenu ; les grandes difficultés et contradictions que vous avez rencontrées dans les divers états par lesquels vous avez passé , et enfin le singulier amour que vous avez pour cette grande maîtresse de la vie spirituelle sainte Thérèse.

c Or, encore que tout cela soit ainsi, je pense néanmoins , mon Révérend Père , qu'il y a plus de sûreté pour vous de demeurer dans la vie commune de votre saint ordre et de vous soumettre entièrement à la direction de votre supérieur , que de passer

itimanire, (pKAye aafaiU Vitmil iwitm ^ p9ftêqÊë€'mtnt maxime que le reM^eiuL M\ Mpiitrka'aiiîmtr 4e Tespril 4e tioii ordre t car auUremeDt il n^en amil ^ae llnUt; et eMime votre! saint ordre est focoadii dea plat parfaîi»de l'Égliae , Tons avez une plus grande obiigatioA d'j pcfeéréret , et de travaWer peur en prendre l'écrit « en pt alifMMit ks diœe» qt» vMs ; peuvent faire entrer. Seeendemeni^ e'eat «ne aatre maxime que Tesprit de Noire-Seigneur api deMement et ssavement ; et celui de la nature et 4» midin espnt , a» eentraire, àprcment eiaijg^emenL Or il parait, par lent ee ^fm ^mm m« dkei, que votre manière d'agir est s^e et aîgve , el qn'dle "wm fait lenir avee trop d'arrêt et d'attaebe k voftsenlimeai eonlre ceux ée vos supérieurs , k quoi même votre complexion naturelle w» perte. Selon cela ^ mon Révérend Pire , je panse qne vote ëeréz tnous donner de nouveau k Notre^Seîgneur pour pefloneer k votn propre esprit , et pour accos^Aûr sa trèe awitevokHité dans* Vélal auquel vous avez été appelé par sa ProfvideiMSo* > Un autre religieux , docteur en théologie , n'était pas eeiMie ée sa religion » voulait en porter ses pkÂme» k Rmm ; el ayattl p^ar cet effet imploré l'entremise de M. Vîa«eai^ voie» gmlte fsa la réponse qu'il en reçut: c Je compatis , mon Révère»! Pèfe^taî^dît- « il ,, k vos peines y el je pr^ Nôtre-Seigneur qii^'il lout en délivre, ou qu'il vous donne la force de les porter \, cetfwie veue^ Is» ei^* dbrez pour une boone cause « voi» devea veu# eaasekr d'étpe du nombre de ces bteubcurcui qjud se»(&eni pour In justiicei Prenez puiience , mon Révérend Père ^ elk-pi^aes cq KaM^'Se»gneur^ qui se plaifc k You&c^cercer ^ il fera q^« Ur^giofteè il voua a mis „ q^û est comme un vaisseau agité ,, \wê eoodvîra knu» reusemcnt au port. Jenv. puisi recommander kDte«, seiéflrfurtre soubait , la pensée que vous avez de passer dan» un aiHr»drdre^ parce ^u'îl me semble que ce n'est paa sa voton4é. M y a den croix partout , el votre âge avancé vous doit fatre^ entier eriles que vous trouveriez en cliangeant d'étot. Quant h l'aide qun vous désirez de moi pour procurer le règlement déni il n'agit 4 c'est une mer k boire; c'est pourquoi je vous suppUtt tirés humblement de me dispenser de taire présentes a Rome vos propositions. >

Cette même charité que M. Vincent ayait pous Vémi féligien re portait encore k prendre soin des veUgieiaesi %i*i vejmit

vaguer hors de leurs monastères pour quelque cause que ce fût, s'emptoyaiit avec grande affection pour nioyenner leur retour chez elles , ou bien , si cela ne se pouvait , pour leur procurer retraite en quelque autre monastère. Voici ce qu'il écrivit un jour k une abbesse sur ce sujet t • Je prends la confiance , Madame , de m'employer envers vous , afin qu'il vous plaise recevoir en votre abbaye we de vos religîeiises, qui se dit prieure de N. , et qui , ne pouvant demeurer en son prieuré & cause des misèrts Ai temps , demeure cxpoeée h la nécesnté , et sa eondilioa k la eessure elkia risée du mMide et de» gens de guerre. PMi-élre« MadttM , avei^vous des raisons pour ne ta refwendre pas ; att mok» aî'^je cm qM vous c& feriez diiBcioUé : néaiimoîaa t je ne laisee paa de vom en écrire ^ la charité m'obKgeant de reodr» cet elBee à ooe péstooM de cette sorte, qui fait eapérer qa'éHe vow donnera MtiafactioB ^ el qai doooe sujet de craindie fae^ demennl bers de sos eentia , j'entends hois de BOB BMmaeièfe f elle ne eeit ai ea repos ^ ni ea assurance. Qaeii vow n'agrées ^eUe y latMiMt je vous siq>plfe très hmiUa^ meai da ma nnaider si, du meioa, vow cmtrilroerei quelqae ckoae pour sa Mbaiaiaiieai ait eaa que Ton trewekta mettre ea paasieii es cette ^iHe pew qadqoe tei^. A« nom ée Diea, Madame» m trowei pas aumvaîa que je fous fasse cette pna^ peaîlieii. »

S'il faliail ici nâippatlir en partiealier tous les autres témaî^ gnages d'estime et d'affection et tous les servieea qu« Mr YiaceaC a raadua aaa rriigiani elaoareHgiaiises, on ea pourrait composer u» v<rittBM. h safita de dira fu'ft oe a'esi pféseMé aacmie acca* sien de ka aasieler et aarar qo'il a'ail tr to votoatiers embrascée } ^v'iia'y a pleM|ie aacmi acte ott oMca de ebarlté qu'il n'ait eteasd ea lemr aadtesi ; et qu'il a laujeara eien touteareacoutrea fait pv^ feaMB oaverta de les cbérk, boMiir^ seeeurir^ servir et proléget aaiam qu'il loi a été posséle; eewrent leurs défauts^ pvMiaai knra vevtuSf élevant leur étal, ei, par fine eftràritable humilité ^ 4'aatant piua exeelleMe qa*en en voit moffis d'etemples , nsivalant iaqîaora ci par parolea et pstf eisia sa compagnie au-^dessou» de tontes les antrea^ ponr leur donner plus de lustre , et voulant ^ne les siens an reeennuesem et se eempertasaent comme le momdrea détona.

SECTION VI

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