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60 bon relii^x « toaché d'un tel exemple , B'en alla k Saint-Lazare fendre visite k M, Vioceiit , qui le reçut avec une joie incroyable de part et d'autre.
On lui écrivit une fois de Marseille qu'un religieux avait parlé au désavantage de sa Congrégation en chose de conséquence ; en quoi il avait d'autant plus de tort, qu'il en avait reçu de très bons i>ffices« Voici la réponse qu'il fit sur cela : < Les paroles qui I ont échappé k ce révérend père nous donnent sujet de nous c r^ottir de n'avoir pas donné lieu k ses calomnies « et d*en rec mercier Dieu. Bienheureux serons-nous s'il nous trouve dic gnes de souffrir pour la justice, et s'il nous fait la grâce d'aimer c ta confusion 4 et de rendre le bien pour le mal. >
La Congrégation des prêtres de la Mission ayant fait supplier M. S. P. le pape Alexandre VU, au commencement de son ponti* ficat , pour la confirmation de quelque chose très importante qui regardait la conservation de son institut , le supérieur de la maison de Rome manda k M. Vincent que quelques personnes puissantes sollicitaient contre ce dessein. Lorsqu'il eut lu cette lettre, il dit k l'un des siens qui était avec lui : c J'apprends par cette lettre I qo^ tels (qu'il Mmma) nous aont contraires ; mais quand bien c ils m'auraient arraché les yeux , je ne laisserai pas de les aimer^ f lespecter et servir toute ma vie ; et j'espère que Dieu me fera^ ç cette grâce. * C'est ce qu'il a fait en effet , prenant toqjours leur parti, défendant leur réputation contre lesxnédisws, publia^ leurs vertus^ prisant et louant grandement les fruits de leurs travaux, tf leur rendant en général et en particulier tous les lions offices I déférences ^ soumissions imaginables.
Plusieure ecclésiastique^ étrangers , refilés k Paris k cause de la persécution qui se trouvait en leur pays i étant en grande nécessité spirituelle et corporelle ., M. Vincent pria un prêtre de sa Congrégation qui était natif du même pays i et connu de la plupart d'entre eux, de s'employer envers eux, afin de les résoudre k s'assendi)ler certains jours de la semaine pour traiter ensemble des vertus, et sMnstruire des choses qu'ils devaient savoir et pratiquer pour bien vivre selon leur condition , et cela daiis le dessein de leur procurer ensuite de l'emploi , et de les retirer par ce^moyen delà disette et de l'oisiveté : < Nous pourrons même, lui dit-il^
< trouver moyen de les assister , quand ils s'assembleront de la
< sorte I parce qu'on les verra en disposition de se rendre plus
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wOeBet éxemplilres qtilto m sont; Je TOuftprie, Momienr, et traTiiUer \ o^a. • Ce prêtre lai r^ondit : t Moâsienr, Y<raft Barrez ^e par vos ordres ces assemblées se stmt ci^detant tara* mencées, et même contSnnées durant quelque temps; mah comme ce sont des esprits difficiles , dftisés entre eux , ainsi que le sont les provinces de leur pays , cette bonne mnvre cessa. Ils entrèrent en défiance et jalousie les uns des autres ; et quoique tous leur ayez fait et procuré beaucoup d'autres biens , ils sK sent aussi défiés de tous, Monsieur ; ils s'en sont plaints , et ont été si inconsidérés que de tous dire eux-mêmes et faire écrire de Rome de ne tMs plus mêler en aucune façon de leurs personnes , îA de leurs aAtires. Or il semble , Monsieur , que leur ingratitude mérite que tous ne leur ftissiez plus aucun bien. O Monsieur 1 que ^«s^ous? repartit M. Vincent, c'est pour cela quH le faut fidre. > Et des paroles , M. Tincent passa aux eièts, ayant toujours t&cbé de leur ftdre tout le bien qif il a pu en toute sotte de rencontres.
n futunefcHS priépar une personne qui atait un procès h Parb de totdoir recommander son bon droit \ quelqu'un de ses Juges ; il s'en excusa Mr ce quil n'était pas tme personne assez considénèle pour cela ! il ne laissa pourtant pas de le faire par occasion / qu<rique pour Tor^aire il ne toulût point employer ses recommtndatiMs pouf personne en ces sortes d'affaires . Quelque temps après , oelm qui kd atmt Mt cette prière , pensant avoir perdu son pioeès, tint le trouver derechef, se plaignant avec des paroles injurieuses de ee qn^ n'atait pas voulu, comme il croyait , le recommander. Ce que M. \incent supporta non seulement avec mansué- ' tude , idiAi même M 4enmnda pasrdonk genoux de l'occasion quH ' Im pouvait tTsfr donnée de se ftcher ainsi contre lai. Il se trouva œpendantqu'oiiuviitdoniiéunéfàussealarme^ cepauvrebommé, cl que son procès était gagné : eequi l'obligea de rerenîr ^ Saint-LazaïedemanderpardonbM. Vincent de ce que , mal Informé dû suc- * eès de son affture, le ressentiment lui avait fait ouvrir la boucbeaux ' plaintes et aux rqirocbes.
Quelques soldais ayuit trouvé k l'écart dans retendue de fa seigneurie de Suint-Lafeare deux jeunes clercs de la maison , qu'on avait envoyés bors du &fâ>ouif , ils leur ôtèrent leurs manteaux : '' ce qui étant aperçu par quelques personnes du quartier , ils cou- ' ruNHtiqpi^setut', «t en uraièrent deu prisomnei^ iliaimies pri- '
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sons du bailliage , où H. Vincent les fit bien nourrir , et les envoya visiter , et enfin procura qu'ils fissent une confession, générale , après laquelle ayant promis de ne plus dérober, il les fit mettre hors de prison sans les punir, conmieils l'avaient bien mérité , et comme il était en son pouvoir de le faire s'il l'eût voulu.
On a surpris de fois k autre des hommes le larcin en main , qui dérobaient les biens de la maison de Saint-Lazare et des fermes qui en dépendent , tantôt sciant et enlevant de nuit le blé de leurs terres , tantôt coupant les chênes dans leurs bois , tantôt cueillant et ravageant les fruits des arbres , tantôt des herbes ou autres choses ; et comme on les voulait mettre en prison pour les. faire chitier, M. Vincent avait tant de peine k y consentir, que souvent il ne le voulait pas permettre ; et quand ils y étaient , il les en faisait sortir; et passant encore plus avant, il les excusait, les recevait dans la maison , les faisait manger au réfectoire ,; et quelquefois même il leur a donné de l'argent. Il est' arrivé quantité de cas semblables qui ont toujours donné lieu k ce charitiaible prêtre , non seulement de pardonner k ces malfaiteurs, mais aussi de leur faire du bien. € Ce sont de pauvres gens, disait-il , qui me font pitié. §
En l'année 1654, un jeune homme d'^emagne, luthérien, ayant fait abjuration de son hérésie, k Paris , peutrêtre afin de trouver plus d'assistance parmi les catholiques, fut adressé k M. Vincent par la supérieure d'un monastère de religieuses où il fréquentait , et d'où il tirait quelque subsistance. Cette mère le recommanda k M. Vincent comme un sujet de bonne â^pérance , qui pourrait devenir quelque jour bon missionnaire s'il était admis au nombre de^ ses enfans. H. Vincent l'ayant fait recevoir en sa maison de Saint-Lazare pour la retraite spiritudle de huit jours , il. se glissa dans quelque chambre , où il prit un manteau long, et nne soutane dont il se revêtit; et emportant encore d'autres, choses de la communauté, il sortit par la porte de l'élise et s'en allai au faubourg Saint-Germain trouver le ministre Drelincourt, et lui dit qu'il était de la Mission, et qu'il se venait jeter entre ses bras pour faire profession de sa religion. Ce ministre le voyant avec un habit ecclésiastique, le mena de rue en me pour faire voir qu'il avait fait une grande conquête, en attirant un missionnaire. II. le fit voir dans les principales maisons des huguenots , tant pour montrer les fruits de son .ministère que ppur confirmer. ce jeune hômoie en sii r^olution p»r J^nn» jçm^ssw «t ^«w[s IVfV^i
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Coiàme ik se promenaient ainsi Je sieur des Isles, qui travaille avec grand zèle aux controverses , les ayant rencontrés, et voyant un ecclésiastique se promener avec le ministre , il se douta de quelque chose, et les suivit jusqu'à la première maison, où étant entré avec eux, il laissa monter le ministre , et demeura en bas avec ce jeune homme , duquel il s'informa quelle affaire il avait avec M. le ministre. Ce fantôme de missionnaire , croyant parler à un huguenot , lui dit sa sortie de Saint-Lazare , et le dessein qu'il avait) sur cela le sieur des Isles étant sorti, fit si bien avec H. le curé de Saint-Sulpice , qu'on se saisit de ce scandaleux, qui profanait ainsi l'habit et le nom de missionnaire ; et l'ayant fait mener dans les prisons du Oiâtelet , il en avertit aussitôt M. Vincent , lequel nie manqua pas d'être pressé par diverses personnes de solliciter lès juges pour faire punir ce jeune homme du larcin qu'il avait com*inis , et du scandale qu'il avait donné. Mais ce charitable prêtre les ayant remerciés, les assura qu'il ferait ce qu'il faudrait : et en effet il envoya vers les juges , non toutefois pour demander justice , mais plutôt miséricorde pour ce pauvre criminel ; et lui-même prit la peine d'aller voir M. le procureur du roi et M. le lieutenant criminel , pour les informer de la part de sa Congrégation qu'elle ne prétendait rien contre ce jeune homme , qu'elle lui pardonnait le tort et la confusion qu'elle en avait reçue ; et quant à lui , qu'il les suppliait très humblement d'ordonner qu'il fût mis en liberté; que c'était le propre de Dieu de pardonner , et que sa divine Majesté aurait fort agréable s'il renvoyait absous ce pauvre étranger, qui n'était coupable que d'une légèreté de jeunesse : ce qui édifia grandement ces messieurs. Et certes M. Vincent fit voir clairement en cette occasion qu'il était trop bien établi dans les maximes de Notre-Seigneur pour agir d'une autre manière que ce divin Sauveur, lequel n'a pas seulement témoigné de paroles qu'il était venu au monde pour sauver les pécheurs , et non pour les condamner ou punir; mais encore par effets, délivrant la femme adultère , et se comportant avec tant d'amour envers toute sorte de pécheurs et même envers le traître Judas.
En l'année 1655, un autre jeune homme ayant été reçu en la Congrégation de la Miœion, s'en retira quelque temps après, contre l'avis de M. Vincent, qui prévoyait que plusieurs seraient scandalisés de sa sortie. Il s'en alla prendre les armes parmi les compagnies des gardes suisses, qu'il déserta aussi bientôt après,
inaisMnpaftksihotinvchéqB'ttéUUaortidelal^^ car, étant appréhendé comme déserteur d'armée , et pour (pidqueaatr^ faute notable » U fut mis en prison , et ensuite condamné d'^xoir la téta tranchée. Ce jeune homme <pii savait quelle était h charité de M. Vincent , eut recours k lui en cette ei^trémité « et aussitôt ce charitable serviteur de Dieu, qui avait pour maxime d^ rendre toujours le bien pour le mal , oubliant le mépris qu'il avait fait de son copseO et de sa Congrégation i^ s'entremit très volontiers pour lui sauver la vie , en demandant sa gri^e, laquelle il obtint.
Un pauvre loi demandant k la porte de Saint^lâazare s'il vQulajt qu'il lui dit ce qu'on disait de lui , il lui répondit : < Qui ? mon anû »
< dites. C'est , ajouta-t-il , mon père t qu'w vous iiyurie par Paris,
< parce qu'on croit que vous êtes cause que Ton met les pauvres c au grand hôpital. » A quoi M, Vincent répliqua avec sa doqceur ordinaire : < Bien, mon ami , je m'en vais prier Pieu powr eux» i
M. Vincent fit bien paraître encore sa charité envers peui( (pu le maltraitaient, et son désintéressement des biens de la terre» ep une perte considérable , et la plus grande que sa compagnie ait faite de son vivant; car elle était bien de cinquante vM^ livres en plusieurs chefs. Voici ce qu'il en écrivit ï une personne qnaUfti^ç de Paris, très intime ami de la maison, en ces ternie ; c Bfonsieur , les bons amis se font p^t du bien et du ml qw leur arrive , et comme vous êtes l'un des meilleur? Qne nous ayoAf au monde, je ne puis que je ne vous communique )a perte qne nous avons faite dera£bireque voussaveTi, nnn tonl^fois cpmm^ «n mal ijui nous soit avenu, mais comme une gr^ce cjna Pyeu nous a faite , afin qne vous ayez agréabk de npo? aider ï Y m remercier. J'appelle grâce de Dieu, les aiOJictjons fff^'i\ Sfnçifi | surtout celles qui sont Inen reçues. Or, sa bomté infiiue A9).^ ayant disposés k ce 4^ouiUement avant fgi'ji) ^t ^^onné» fi)k nous a fait aussi acquiescer k cet accident ayc^c une entÂè^re fér sigpatioD , et j'ose dire avec tant de joie que s'il npns avait été favorable. Ceci semblerait un paradoxe à qui ne serait pas vessé comme vous, Monsieur, aux affaires du ciel» et qui nc^^nrait pas que la conformité au bon plaisir de Iltieu, dttn^ les .adversités, est un plus grand bien que tous les avantages tfiWPQrels. Je vous supplie très humblement d'agréer qp^ je vecsç a|fl^ ^^^ votre cceur les senUmens du mien* * Oi;, M qui est plus admirable en .cette pertOj -ç'j^X^ISffflififi « ]^
charité et le irespect cpie M. Vincent a rendus aux personnes particulières qui étaient les auteurs de tout cet accident fâcheux y rendant en toute rencontre )e bien pour le mal , Thonneur pour le déshonneur, le bon traitement pour le mauvais, et enfin montrant par des bontés toutes spéciales combien il Youlait , ainsi qu'il dit lui-même en cette occasion , observer ce que le Saint- Esprit a dit , qui est dç jeter des charbons ardens sur la tête de qos adversaires.
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