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spection et jugement des choses bonnes en leor nature et en leurs circonstances , et qui fait supprimer et retenir dans le silence celles qui vont contre Dieu , ou qui nuisent au prochain , ou qui tendent k la propre louange , ou à quelqu'autre mauvaise fin. Cette même vertu nous fait a|pr avec considération , maturité , et par un bon motif , en tout ce que nous faisons , non seulement quant à la substance de l'action , mais aussi quant aux circonstances ; en sorte que le prudent agit comme il faut , quand il faut , et pour la fin qu'il faut ; l'imprudent , an contraire, ne prend pas la manière, ni le temps, ni les motifs convenables , et c'est là son défaut ; au lieu que le prudent , agissant discrètement , fait toutes choses avec pmds , nombre et mesure.
c La prudence et simplicité tendent k même fin , qui est de bien parler et de bien faire dans la vue de Dieu ; et comme Tune ne peut être sans l'autre , Notre-Seigneur les a recommandées toutes deux ensemble. Je sais bien qu'on trouvera de la différence entre ces deux vertus , par distinction de raisonnement ; mais en vérité elles ont une très grande liaison , et pour leur substance , et pour leur objet. Pour ce qui est de la prudence de la chair et du monde , comme elle a pour son but et pour sa fin la recherche des honneurs , des plaisirs et des richesses ; aussi est-elle entièrement opposée à la prudence et simplicité chrétienne , qui nous éloignent de ces biens trompeurs , pour nous faire embrasser les biens solides et perdurables , et qui sont comme deux bonnes sœurs inséparables, et tellemMt nécessaires pour notre avancement spirituel , que celui qui saurait s'en servir comme il faut amasserait sans doute de grands trésors de grâces et de mérites. Motre-Seigneur les a pratiquées toutes excellemment en diverses rencontres, et partieulièrement lorsqu'on lui amena cette pauvre femme adultère pour la condamner ; car ne voulant pas faire l'olfice de juge en cette occasion, et la voulant délivrer : Que celui d* entre vous, dit-il aux Juifs, qui est sans péché, lui jette la première pierre. En quoi il a excellemment pratiqué ces deux vertus : la simplicité, dans le dessein miséricordieux qu'il avait de sauver cette pauvre créature , et de faire la volonté de son Père ; et la prudence, dans le moyen qu'il employa pour faire réussir ce bon dessein. De même quand les Pharisiens le tentèrent, hii deman-