‹ Vie de S. Vingent de PaulChapitre 40 sur 65 · EU- MM · texte numérisé non relu

EU- MM

Émt 1# ébêti$ la seigneurie et SimlrLuiro, oh il if ft jusUee haute, moyeane, etbaiae^il donnait les oiBees grMù* Et pour eela il choirâsait des hemmes capabiee et gens de bien qoi n'y pen^ saient pas , les préférant k d'autres qni brignaient ees obarges et qoi étaient puissammeitf reeonunandés : anssi a-t*il laissé eette jostiee très bien administrée k la glaire de Dien , et an f nntfiHe nMnt et satisfaetion des jnstidahles..

Nous joindrons ici la vertu de gratitude k eelle dejwiîee , piw« qne ) selon la doctrine de saint Thomas , elle Ini est pattienlièr^ ment annexée , et que ce serait manquer k Tun des plus justes devoirs du chrétien que de se rendre ingrat ou méconnaissant des bienfaits reçus , soit k regard de Dira , qui est la premièie et principale source ; soit k Tégard du prochain , dent la divine braté se sert quelquefois comme d'un canal pour faire déeonltf sur nons diverses sortes de biens. Or, M. Vincent était entant éioî* gué de ce vice que son cœur se sentait porté par son indinatiim naturelle , et encore plus par le mouvement de la grâce , k la vortn de gratitude et de reconnaissance , tant envers Dieu qu'envors le prochain.

Il disait sur ce sujet qu'il n'y avidt rien quieftt tant 4'ettoace pour gagner le cœur de Dieu que de lui ofrir un cosur reoon' naissant de ses dons et de ses bienfaits ; et dans ee sisntiaent, il avait coutume de remercier Dieu souvent de tous les biens que sa bonté infinie communique incessamment k toutes sortes de enéatures l et qu'il a communiqués dès le commeneement du monde , connue aussi de toutes les bonnes œuvres et actions de vertu qui ont été pratiquées par le mouvement de sa gràee , et il eonviak les autres k faire le même. Et descendant plus au particulier , il invitait souvent les siens' k rendre k Dieu de très flréquenlas actions de grâces pour la protection et pour le progrès que Dieu donnait k son Église et aux principales parties dont elle est composée , surtout aux prélats, pasteurs et autres ouvriers eeclésiastfquos qui travaillent pour sa conservation et son avancement. Il avait ausi grand soin de remercier Dieu de tous les fruits que faisaient dans l'Église les compagnies et congrégations bien réglées. Et pour «e qui regardait la sienne , on ne saurait assez éxpftquer avec quek sentimens de reconnaissance il remerciait ta divine bonté pour toutes les bénédictions qu'elle versait sur chacune des foiciMMis auxquelles les siens s'appliquent , comme sur les miasioni » lâs

0I* 4K1 «« ax6rcic69 46» ordiowi, l«s relraitei , les coèMrences, \€a sémiiiaires , et autres services qu'ils rendent k l'Égitte^ Il remereisit encore souvent I9 divine bonté pour les assistances qu'on rendait aux pauvres, pour la promotion des bons eecldsiastiques aux charges et dignités de TÉglise , pour les heureux succès que Dieu donnait au b<tts deaieins du roi , pour les victoires emportées , mt par Sa M^esté, soit par les autres princes et États chrétiens sur les infidèles, hérétiques et schismatiques, et généralement pour tous les événemens avantageux k la gloire de Dieu et au Inen de la mUgiott catiiolique. C'étaient le les plus or<finaire8 sujets de ses reeonnaissanees envers Dieu , lesquelles loi semblant trop Rétives , il invitait toiites les personnes de piété et les commu'< nautés entières , et prindpalement la sienne , d'en louer et glo^ rifier Dieu avee hd, et d'offrir leurs sacrifices et prières k cette intention.

On lui a souvent oui dire t qu'il Allait employer autant de f temps h remercier Dieu de ses InonfUts comme l'on en employait • pour les lui demander ; i et se plaignait avec un très grand ressentfanent de ringratitude extrême des hommes envers Dieu , ranMNTiant sur ce sujet la plafaite que Jésus^rist même en a fûte dttds l'Évangile , lorsqu'ayant guéri dix lépreux , il n'y en eut qu'un qui se rendit reconnaissant de ce bienfait : et pour cela II exhortait incessamment les siens k la pratique de cette vertu de gratitude et reconnaissance, dont le défaut , comme il disait, nous rend indignes de recevoir aucune faveur de Dieu et des hommes.

On ne sait pas de quelle gr&ce particulière h son égard il remerciait Dieu , parce qu'il n'en parlait jamais, son humilité lui faisant tenir les dons qu'il recevait de Dieu sous le sceau du silence ; mais 11 avait cette coutume , tous les ans , au jour de son baptême , de prier ceux de sa communauté de lui aider k remercier Dieu de ce qu'A y avait tant d'années que sa bonté le supportait sur la terre : nous pouvons juger de la reconnaissance qu'il avait pour les hommes , qui était inconcevable , quelle pouvait être celle qu'il avait pour Dieu ; et cela d'autant pins que , recevant les bienfaits des hommes comme lui étant départis de la main libérale de Dieu , son intention était de lui rapporter les remerciemens qu'il rendait aux hommes.

Pour ce qui est de sa gratitude envers les hommes , elle était si grande , qu'il en rendait des témoignages particuliers , non seule-

méat pour les bienfaits Bîgnalés et les services eonsidérables qa'fl recevait, mais même pour les moiiidres choses que l'on faisait pour Itti ; ce qui provenait de sa profonde humilité , qui loi faisait croire que rien ne lui était dû , et que chacun lui faisait plus d'honneur et de grâce qu'il ne méritait, en sorte qu'il trouvait sujet de remerciement en des, choses où les persMnes les plus reconnaissantes n'en eussent pu apercevoir. Ihms cet esprit de gratitude il disait k ceux qui l'approchaient, quoique ce ne fût que par manière de visite , ou pour lui rendre le moindre devoir , aux uns : € Je vous remercie de ce que vous ne m^risez point la

< vieillesse; » k d'autres : c de ce qu^vous supportez un misérable

< pécheur; » k quelque autre : c de ce que vous m'avez enseigné f une chose que je ne savais pas; ^ ou bien , c de la patience que « vous avez exercée à m'entendre , t ou « de me souffiîr en votre € présence, » ou c de la charité que Dieu vous donne pour

< moi , etc. > Et il faisait ces remerciemens jusqu'aux moindres des Frères , et même k celui qui était plus ordmairement auprès de sa personne dans ses maladies , le remerciant des plus petits services, conmie de loi allumer une lampe, lui apporter un livre, ouvrir ou fermer une porte, etc. , témoignant faire état des moindres choses , et de les recevoir avec esprit de reconnaissance ; ce qui faisait qu'un chacun prenait plaisir k lui rendre quelque sorte de service.

Il en usait de même dans les voyages pour les moindres assistances qu'on lui rendait, comme de lui aider k monter k cheval , ou autres semblables , dont il faisait plusieurs remerciemens avec grande cordialité et d'une manière fort gracieuse , même aux enfans , ajoutant souvent aux paroles quelque rétribution ; et il était si exact en cette reconnaissance , que si celui qui l'accompagnait dans ses voyages ne remerciait pas assez , ou le faisait froidement, il l'en avertissait comme d'une faute.

Ce vénérable prêtre, qui en toutes choses imitait Nôtre-Seigneur^ Ta imité particulièrement en ceci , de tenir fkit k sa personne ce qui était fait au moindre des siens; et pour cela il remerciait et récompensait ceux qui rendaient quelque bon office au Frère qui avait le bonheur de l'accompagner , comme de ceux qui étaient faits k lui-même.

Nous avons dit ailleurs que M. Vincent faisant voyage tomba dans l'eau auprès de Durtal , en allant du Mans k Angers , et qu'un

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prêtre de sa Congrégation , qui pour lors se rencontra avec lai , se jeta aussitôt dans Teau pour l'en retirer. Or il arriva depuis que ce prêtre s'étant beaucoup relâché de sa première ferveur , et n'étant plus guère à bon exemple , quitta enfin la Mission pour s'en aller en son pays , contre Tavis de M. Vincent , qui lui avait dit que ce dessein était une tentation du diable, pour lui faire perdre sa vocation : comme en effet Dieu lui retira tout-Wait Tesprit qu'il avait eu au commencement, et l'abandonna au sien propre; de sorte que , bien loin d'exécuter les beaux projets qu'il avait faits , il se trouva saisi d'ennuis , environné de difiBcultés et pressé des ennemis de son salut.

Au bout d'un an ou environ , qu'il fut en cet état , il ouvrit les yeux pour connaître son malheur spirituel , quoique d'ailleurs il fût assez k son aise pour le temporel : il commença k reconnaître que M. Vincent avait eu raison de le détourner de ce voyage , et qu'il avait eu grand tort d'être sorti de la compagnie, où Dieu l'avait appelé. 11 fit comme l'enfant prodigue, se proposant de retourner k son père : il lui écrit pour cet effet lettre sur lettre , lui demande pardon de son égarement, et le prie de le recevoir en quelqu'une de ses maisons; k quoi M. Vincent ne fit point de rér ponse. Ce prêtre redouble ses lettres et lui mande ouvertement qu'il est perdu s'il ne lui prête sa main secourable. M. Vincent , ne jugeant pas k propos pour le bien de sa Congrégation que cet homme y retournât , lui fit connaître que ses déportemens passés ne donnaient pas sujet d'espérer grande satisfaction de sa conduite , et tint ferme k ne le point recevoir. Enfin ce prêtre s'avisa de gagner M. Vincent par l'endroit le plus sensible de son cœur, qui fut sa reconnaissance , sachant que c'était une de ses grandes vertus. Il vint donc frapper k cette porte avec ces paroles : < Monsieur, je c vous ai une fois sauvé la vie du corps, sauvez-moi celle de < l'âme. » Aussitôt ce supérieur reconnaissant, voyant sa persévérance, et espérant qu'il feraitmieux , lui écrivit qu'il s'en vint droit k Saint-Lazare , où il serait reçu k bras ouverts. Ce prêtre ayant eu cette bonne réponse , tout joyeux d'avoir trouvé grâce dans l'esprit de M. Vincent, se disposait au départ, lorsque Dieu lui envoya une maladie de laquelle il mourut.

Après que M. Vincent fat hors de l'eau où il était tombé comme nous venons de le dire , il entra daas une maisonnette qu'il rencontra ; c'était le logis d'un homme fort pauvre , auquel il témoigna

Si" 4M ^

attttnt de recmuinancd de Vïïf^ reçu etaet Itti poitr y eéfcher ses hilntè comme' il un mnii renda k m (gentilhomme qoi l'aurait aceaeiUi dami bob chdleaa ) et après ce remerciement il le paya fort irien , et au«detti de ce qu'il lui fhllait : mais ce ne fot pas tout , cet homme lui ayant dit qull était fort ineontanodé d'ufte descente , M. Vinceai lui fit espérer qu'il lui enterrait un bandage qui le fioulagerait fort. Et en effet , quoiqu'il ne retoum&t k Paris que trois on quatre mois après ^ il n'oublia pas pourtant de le ttàtt acheter dès qu'il fut arrivé, et de l'envoyer h ee pauvre paysan , avec une lettre qu*il lui écrivit pour le remwcier derechef de Vavoir reçu dans son logis ; et ce qui est remarquable , n'ayant point de voie assurée pour lui faire tenir cela « il ne fit point de difficulté d'employer Une dame de grande qualité , maréchale de France , k qui oe lieu^'Ui appayrtenait « lui écrivant exprès^ pour la suppHer de faire fendre ce bandage et sa lettre k cet homme incommodé, lui marquant l'endroit de sa demeure.

Il avait même de la reconnaissance pour ceux qd n'en attendaient aucune de lui l par exemple, envers les peuples qui labourent et cultivent les terres , et qui par Ik donnent moyen au clergé et k la noblesse de vivre selon leur condition. Voici comme il exprima un jour son sentiment k sa communauté sur ce sujet : < Dieu t nous sert iei de pourvoyeur, il nous fournit tous nos besoins, É et plus que nos besoins; il uous donne la suffisance et au-delk.

< Je ne sais si nous pensons assez k l'en remercier : nous vivons c du patrimoine de Jésus-Christ , de la sueur des pauvres gens : t nous devrions penser quand nous allons au réfectoire : Âi-je ga-

• gné la nourriture que Je m'en vais prendret J'ai souvent cette

• pensée, qui me fait entrer en confusion : Misérable , as-tu gagné i le pain que lu vas manger, ce pain et ces commodités qui te t viennent du travail des peuples ! Au moins si nous ne le gat gnons pas comme ils font , prions Dieu pour eux , et qu'il ne e se passe jour que nous ne les offrions k Notre-Seigneur , t afin qu'il lui plaise leur faire la grâce de faire un bon usage de

< leurs peines et de leurs souffrances ^ et un jour de leur donner i sa gloire. *

Il était si reconnaissant, que quand il avait reçu assistance ou faveur de quelqu'un pour sa compagnie, il ne maniait pas de le publier partout , et de l'appeler protecteur, bienfaiteur, et lui donner d'autres semblables titres obligeans ; exhortant ses enfans de le

MeomMfliiddr k Notro-SMgiieiir ^ et lai tétndigiiÉBi toqov» tu renemtteè le dotifettiî de ce Ucnfaité

Un prêtre de la MiiêiofO étant mort en Lorraine dans nue maitOR des Révérenda Pères JésBiles, qui le fireat aiterrer hônorablefiotent^ M. Vineent fit faire pour ^a tine conférence à sa comtËunatté atif la reconnaissance t afin d'eiciter ses enfans à prier Dien poer ces bons Pères , et pour hû demander la grèee et lés occanons de reconnaître te bienfidt, crauae il rarec<mmi en sonpartîcnlier dans tontes les maniées possibles, prenant toiqonirs le parti de cette saiftte compagnie knwja'il s'est élevé des perséenfîons contre elle , ttehant d'en ééionmer les calomnies ^ et pnbUant les vertus qtt'elte pifatiqûe et les grands biens qu'dle fait.

Il a ponrm h la nounitoie d'nne pauvre fenime depuis vingt«cinq on tl^nte ans ^ et Mt payer le louage de sa chambre proche lé ooOége des Bons-Enf ans , ^ canse qu'elle avait servi un ou deux pestiférés de la maison de Saint-Lazare an eèmmencemeiit que les nâssionnairés j fareftt établis.

S'aitrstenant ufl joor en partionUer aveé un prêtre de sa Gon«> {légation j et ayant dit quelque parole de louange d'une persenaa p<^ttr qnel^ bonne action qu'elle avait faite, faiscntréflaiion sur cette louange qu'il venait de donner , il dit : t J'ai deux choses i éu moi , la reconnaissance, et que je ne ne pnis m'empêcher de i loner le bien. » U est vrai aussi qu'il avait.ces desi choses bien atant dans le ccenr , de l'abondance duquel sa bouche parla en cette occasion contre son ordinaire , ne parlant jamais de soi h son avantage sans une très grande nécessités

n avait surtout une très grande reeennaissance envers les fondatetirs des malsons de sa Congrégation ; en sorte qu'il ne mettait point de bornes dans tous les témoignages de gratitude qu'il pou^ vait leur fendre. Écrivant sor ce sujet h l'un de ses prêtres : « Nons ne saurions , loi dit4I « avoir Jamaia assez de reconnaissance ni de gratitude pour nos fondateurs. Dieu nous a fait la grâce ces jour passés d'offrir au fondateur d'une de nos maisons le bien qu'il nous a donné , parce que je pensais qu'U en avait beaoin i et il me semble que s'il Teût accepté, j'en aurais reçn une très sensible consolation ; et je crois qu'en ce cas h divine bonté se rendrait elle*même notre fondatrice , et que rien ne nous man^ qnerait. Mais quand bien cela n'arriverait pas , qnel bonheur serait-ce , Monsieur , de nona appauvrir pour accommoder cehii

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c qui nous aurait fait da bien? Dieu nous a d^k fait la grâce d'en

< user une fois de la sorte, ayant efiTectiYement rradu à on bienfaic teur ce qu'il nous avait donné ; et tontes les fois que j'y pense , « j'en ai une consolati(« que je ne puis exprimer. »

Cette lettre était du mois de septembre de Tan 1654 , et Tannée suivante il en écrivit une autre k un bienfaiteur de sa compagnie , offrant de lui rendre ce qu'il lui avait donné , parce qu'il croyait qu'il en pourrait avoir besoin, c Je vous supplie , lui dit-il, d'user € du bien de notre compagnie c<Hnme du vôtre ; nous sommes c prêts de vendre tout ce que nous avons pour vous^ et jusques à t nos calices : en quoi nous ferons ce que les saints canons orc donnent, qui est de rendre k notre fondateur en son besoin ce

< qu'il nous a donné en son abondance. Et ce que je vous dis ,

< Monsieur , n'est point par cérémonie , mais cela en la vue de

< Dieu, et comme je le sens au fond de mon cœur. >

M. Vincent a bien fait voir la vérité de ces paroles en plusieurs autres rencontres; car ayant été informé de quelque besoin pressant où se trouvait un bienfaiteur de sa compagnie , il lui fit présenter deux cents pistoles pour le secourir , lesquelles néanmoins il refusa, craignant de causer trop d'incommodité k lui et aux siens.

Une autre fois il emprunta trois cents pistoles pour les offrir k un des fondateurs de sa compagnie qui se trouvait dans le besoin ; mais cette personne sachant bien qu'il ne pouvait faire cela sans incommoder beaucoup sa communauté, ne les voulut jamais prendre , quelque instance qu'on lui en fit.

Une personne de grande piété ayant légué par testament quelque somme d'argent k sa Ck)ngrégation pour employer en œuvres conformes k son institut , M. Vincent en ayant été averti fit assembler les ofiiciers et quelques anciens de sa communauté, et l'on d'entre eux ayant dit qu'il croyait qu'il y aurait beaucoup de charges, et qu'il n'en viendrait rien dans la bourse du procureur de la maison , k cause que la même personne avait déjk fait quelque fondation fortonéreuse, M. Vincent entendant ces paroles ferma les yeux , et puis les ouvrit regardant vers le ciel , et dit : c Encore'que

< la chose fût de la sorte que vous le dites (posons le cas qu'elle

< soit ainsi) , c'est toujours beaucoup nous donner que de nous c donner moyen de servir Dieu et de le faire connaître ; et par- « tant nous ne devrions pas laisser pour cela d'en être beaucoup

c recoimaîssaiift, et de prier Diea pour lui comme pour notre bien*

c faitenr. Nous voyous que l^Église même a eu tant de reconnais-

• sauce envers les. bienfaiteurs , qu'elle s'est relâchée pour eux ,

< accordant aux laïques le droit de patronage , comme Ton voit en c plusieurs endroits; quoique ce droit ne devrait appartenir qu'à c l'Église. Pourquoi en a-t-elle usé ainsi, sinon par un témoignage

< de gratitude envers ses bienfaiteurs? »

Il avait tant de reconnaissance pour feu M. le prieur de Saint- Lazare , et pour les religieux qui avaient substitué les missionnaires en leur place dans cette maison , qu'il priait Dieu avec instance de leur appliquer , autant qu'il se pouvait, le mérite des petits travaux de sa compagnie , et de les faire participans du fruit des bonnes œuvres qui se feraient en conséquence de leur bienfait. Il leur témoignait d'ailleurs tant de gratitude, que jamais il ne leur refusait rien de ce qu'il pouvait en conscience leur accorder. Il leur portait un grand respect, et leur rendait une singulière déférence , non par mine ni par manière de compliment , mais par un vrai sentiment de reconnaissance , dont il rendait témoignage en tous lieux , aussi bien en leur absence qu'en leur présence.

Nous n'aurions jamais fait si nous voulions rapporter tous les exemples qu'il a donnés de sa reconnaissance. Nous nous contenterons de ce quenous en avons dit , et nous finirons ce ehapitre par le témoignage qu'un (Nrétre de sa Congrégation en a donné en ce peu de paroles : c La reconnaissance de M. Vincent envers nos bienfaiteurs était tout extraordinaire. J'ai été témoin des actes de cette vertu qu'il a pratiquée envers feu M. Le Bon , ancien prieur de Saint-Lazare. Il le nommait notre Père; il le visitait souvent ; et lorsqu'il revenait de quelque voyage , la première chose qu'il faisait après avoir adoré le Saint-Sacrement k l'église , était d'aller saluer ce bon prieur. Je fus ravis, un jour que je m'y rencontrai, de voir les respects qu'il lui rendit, et les assurances qu'il lui donna du souvenir qu'il conservait très chèrement tant de sa personne que de la charité qu'il avait eue pour la Congrégation de la Mission. Il l'assista à la mort avec une charité très particulière; et ayant fait venir toute la communauté dans sa chambre pour recevoir sa bénédiction, il la lui demanda au nom de tous, d'une manière qui me toucha sensiblement, aussi bien que toutes les autres choses qu'il fit et dit en cette occasion , qui témoignaient sa grande reconnaissance en son endroit.

Sé M tti ebtétldli étté, pftriftnt delà vdrtd de patttttdê, <|a'il bm» fâlldit réjouir quftûd la proYidencé de Dteti non» présenMit les occàdiond dé faire quelque acte signalé dé éétté venu ^ qui M m si agréable, comme il Ta fait conuattre par les aaeri&eeè d'âdiou de grftces qu'il avait établis en raueiettfle M ^ et par celui de TEucharistie dans la loi nouvelle , qui s'appelle ainsi , non seulement parce qu'il contient TAuteur dé la gHice ^ inats aussi parce que Notre^Seigneur en rinstituaut reudit gMcés k sou Père , et nous obligea de roflHr de tnème en action dé grâces des bienfaits innombrables que nous avons reçus, et que nous recevons continuellement de sa bonté, t

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