CHAPITRE XYIII
SON r AVAIT nieAGWBNT DM aiEMS nn cvm v»i et son amova
t 0 que C'est une grande vertu, dit saint Asbroiae^ de mé* • priser les biens de la terre l Mais que œtt^ vertu est rara^ et t qu'il y en a peu dans le monde qui la maitenieii pratique \ i Bu effet, il y en a très peu qui aient le courage d'arracher entièrement de leurs colora cette malheureuse oonvoliisé ^ que l'Ecriture Stitote appelle la racine de tous maux « et qut puissent véritablement dire avec le saiut apéire : Yoilk, Seigneur^ que flous avons tout quitté pour vous suivre ^ et pour vous servir. Hèureut vraiment celui-lk lequel, comme ditle&age, n'a point permis Ii son cœor de courir après l'or ni aprèsTargent, et qui n'a point mis ses espérances dans les richesses ni dans les trésors de la terre : oâ est*ee que nous lé verons, pour lui donner les louanges qu'il a méritées, parce qu'il a fait des merveilles en sa vié*T
Il ne serait pas nécessaire d'employer ici un plus long discours
* Qaàm tti^tiffl Mt MnMUMTt dirliiu I icd fttiA fifam hoc ipim «tl âmkroê*
urm. 8 in Pial. il8.
' Be«lufTirqai poitaarumnoD abift ncc speravii in pecanià et iheMaril. QuU est bit , et laudAbimai eom 'f fecit etrim HDlfabilttf lu tttâ ma.
prar faite rethaïquer eetté vertuétiM dispositioii ëii la persomie de M. Viûcetit , pBiftqtie Thiitoife dé sa vie et le récit de ses grande» ei saintes actions en fonmisseni deê preuves très évidentes. Non , il ne faut pad s'étonner s'fl a possédé les vertn^ en un si éminent degré , pntoqu'll a si générettsement méprisé les richesses' .
Nous ne répéterons pas ici ee qui a été dit au premier livre dé la manière qne ee véritable amatenr dé la pautreté de Jésus^Ghrist s'est comporté dans tontes les occasions où il s'agissait de son intérêt et de eeltti de sa compagnie : soit lorsqu'il fut question de la fondation de monsieur le général des galères et de madame sa femme, qu'il fit premièrement offrir k dlTcrses communaiités , et qu'il n'accepta enfin que quand il vit qu'il ne là pouvait reftiser sans manquer h ce que Dieu voulait de lui ; soit lorsqu'on lui vott« lut donner la maison et le prieuré de Saint-Lazare , qu'il refusa ab&olnment, et persista un an entier en ce refus , nonobstant lea pressantes instances que ini en faisait monsieur le prieur , qui fut plus de trente foid le trouver au collège des Bons-Enfans pour ce sujet , skns pouvoir rien gagner sur son esprit , sinon lorsque, par l'fevis des personnes sages et vertueuses , il fut convaincu que Dieti Toulait qu'il lui rendit service en ce lieu-lk.
Certainement ces deux actions seules suffiraient ponr faire cob*' naître combien son cœur était dégagé de l'affection des richeâsea et des biens de la terre , et combien grand était son amour pour la pauvreté : mais outre cela, il l'a encore Ml voir en une infinité d'autres rencontres ; et l'on peut dire sans exagération que jamais avaricieui n'a recherché avec tant d'ardeur les occasions dé s'enrichir que M. Vincent a fait celles de pratiquer et d'embrasser la pauvreté , ayant toujours témoigné , soit dans sei^ paroles , iloit par ses actions , le grand amour qu'il avait pour cette vertu.
On lui à oui dire sur ce sujet qn'encore qu'il eût eu raison dé prendre quelque soin de son établissement particulier avant que Dieu l'eût appelé à la Mission , il ressentait néanmoins je ne 5aiâ quel mouvement secret dans son cœur , qui le portait au désir â0 n'avoir rien en propre , et de vitre en communauté ; et aussitôt qu'il a commencé à vivre de la sorte , il a commencé aussi k met*^ tre en pratique l'amour qu'il avait pour la pauvreté en toutes les manières qu'il s'est pu aviser.
' Ne mireris possesftorem tiriatom : anleà se professas est abrenualialorem dÎTÎlitrunt. ÀmWo$, or m, 26, de vtrhis À pat.
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Et premièrement, il n'a jamais voula avoir ponr loi de chambre où il y eût nne cheminée , quelque incommodilé qu'il ressentit, même dans son âge plus avancé « ûnon quatre on cinq ans avant sa mort , que toute sa communauté, voyant ses continuelles et fâcheuses infirmités , l'y contraignit en qudque façon par les prières et instances qu'elle lui en fit : de sorte que jusqu'à l'âge de quatre-vingts ans il n'a point voulu avoir d'autre retraite que dans une petite chambre , sans lambris , sans natte , et sans autres meubles qu'une simple table de bois sans tapis , avec deux chaises de paille , et une chétive couchette qui n'était garnie que d'une paillasse, avec une couverture et un traversin. Et comme un jour qu'il avait la fièvre on y eut mis un petit pavillon , il l'ôta luimême depuis , et ne voulut point le souffrir ; et non content de cela, il fit encore ôter de sa chambre quelques images qu'un des Frères de la maison y avait mises en divers temps, et n'en voulut retenir qu'une seule , disant que c'était contre la p^iuvreté d'en avoir plusieurs. Lorsqu'on faisait la visite des chambres , il voulait qu'on visitât la sienne, aussi bien que les autres, pour en ôter tout ce qui serait superflu. De plus , quelqu'un ayant mis une petite pièce d'une vieille tapisserie k la porte de la chambre basse, où il demeurait pendant le jour pour y recevoir les personnes de dehors , et cela k cause d'un vent fort froid qui entrait par cette porte, aussitôt néanmoins qu'il s'en fut aperçu ,. il la fit ôter.
Il allait prendre ordinairement sa réfection dans ce même esprit de pauvreté , disant souvent en lui-même : c Ah ! misérable 1 tu n*as f pas gagné le pain que tu manges. » Et quand il pouvait attraper des morceaux restés aux autres , il les prenait pour les manger et pour en faire son repas.
On a remarqué, sur le sujet de cet amour qu'il avait pour la pauvreté, qu'il aimait k être nourri et vêtu pauvrement, et qu'il était ravi quand quelque chose lui manquait , soit pour le vivre ou pour le vêtement, et les autres commodités nécessaires; pour cela il portait ordinairement ses soutanes fort usées , et même rapiécées , et ses habits de dessous fort pauvres, et quelquefois tout rompus. Un seigneur de marque , qui lé visita un jour, lui voyant une soutane tout usée avec des pièces aux manches, en fut si touché, qu'étant sorti d'avec lui, et se trouvant dans une bonne compagnie , il dit que la pauvreté et la propreté de M. Yincent l'avaient grandement édifié.
Lorsqu'il adlait an Lonvre pour parler à la reine , ou pour assis^ ter au conseil , c'était toujours avec ses habits ordinaires, pauvres et grossiers , sans jamais en vouloir prendre d'autres. Et un jour M. le cardinal Mazarin , le prenant par sa ceinture qui était toute déchirée, la fit considérer h toute la compagnie, et dit en riant : € Voyez comme M. Vincent vient habillé h la cour , et la belle c ceinture qu'il porte, t
Si quelqu'un de la maison lui représentait que son collet était tout déchbré , et qu'il en devait prendre un autre , ou bien que son chapeau était trop vieux, il tournait cela en raillerie , disant : c 0 c mon Frère , c'est tout ce que le roi peut faire que d'avoir un c collet qui ne soit pas rompu , et de porter un chapeau neuf. §
Quand il avait besoin de se chauffer en hiver , il ne voulait point qu'on mit sinon fort peu de bois au feu, craignant de faire le moindre dég&t du bien de la maison , disant que c'était h bien de Dieu et le bien des pauvres , dont nous n'étions que dispensateurs , et non pas seigneurs , et dont par conséquent il faudrait rendre un compte exact devant Dieu, aussi bien que de tout le reste; qui! fallait emirioyer le nécessaire , et jamais au^elh.
Il s'est trouvé plusieurs fois h la campagne sans argent ; et pressé du besoin de manger , il était ravi d'aller chez quelque pauvre laboureur demander un morceau de pain pour l'amour de Dieu : ce^ qui lui est arrivé particulièrement revenant un jour fort tard h jeun de Saint-Gennain h Paris.
L'amour qu'il avait pour la pauvreté lui faisait pratiquer cette vertu , même jusqu'aux omemens de l'égUse de Saint-Lazare, dans lesquels il voulait que la sainte pauvreté parût , les ayant fait faire de simple camelot, tant pour l'usage wdînaire des prêtres de sa' coomiunauté que pour la décoration des autels , h la réserve des fêtes sdennèlles. Il eut même bien de la peine de ce que les menuisiers de la maison avaient fait un petit balûstre pour séparer une chapelle de l'église de Saint-Lazare d'avec la nef, parce qu'il y avait trop d'enj^vemens ; et pour ce sujet il empêcha durant plusieurs années qu'on poeftt ce balûstre en son lieu , et ne le per^ mit enfin que pour la pure nécessité.
Gela n'empêchait pas néanm^nns qu'il ne fût libéral , et en quelque façon saintement prodigue , lorsqu'il s'agissait de faire quelque chose pour la gloire de Dieu et le salut des )mes : car âlon il n'épargnait rien , et Targrat lui était comme du funier , et même
il ne faUait ancuoe âifficnUé de s'endetter neteblment , qnend il était nécessaire ponr les intérêts da servie» de Dieut ou poer le
bien spirituel da pro(^hain.
Or comme son «<enr ^ait rempli de rameur de cette vertu de pauvreté, dont il «onnaiftsait la valeur et Veieelleuce, il tftebait aussi d'i porter lea siens , et d'iospir«r ce môme esprit dans toute sa compagnie. Sur quoi parlant un jour k ceux de sa eommunauté, il leur dit ; i Vqus deve» savoir , Messiews , que eette vertu de pauvreté est le fondement de a«tte Ck^ngrégatien de laHisaîoii : cette langue qui vous parle n'a jamais, par la grâce de Dieu, demandé aucune chose de teutea eelles fue k eampagnie possède maintenaut \ et quand il ne tiendrait qa*k faire up pas, ci k prononcer une srale paurole , pour faire que là même compagnie s'établit dans les provinces et duisles giandes villes, et se multipliât en nombre et en emplois considérables, je ne la voudrais pas prononce, et j'espère que Notre^eigneur me ferait la grftee de ne la point dire. C'est la disposition en laquelle je suis , et de laisser faire la providence de Dieu. » Témoignant une fois la crainte qu'il avait que Taiteetien de la pauvreté ne vint quelque jour k se ralentir parmi les siens, il leur dit ; $ Hélas I que deviwdra cette oômpagnie si Tatuebe aux n biens dtt monde s'y n^etT que deviendrait-elle, si elle donne 4 l'entrée k cette convoitise des biens , que l*apéitre dit être la racine de tous maux? Quelques gran^ saints ont dit que la pauvreté était le nœud des nHgionp : noua ne sommes pM b la vérité religieux , n'ayant pas été trouvé expédient que nous le fassionSf etnou^iesommespasanssi dignes de Tétre, bien qne nous vivions en eommun ; mais il n'est pas moins vérHièle , et naus le pouvons dire aussi, qae la pauvreté ett le nœud des cmsmunaulés, et particulièrement de la nêtre i c'est le noBud qni, la déliant de toutes les cboses delà terre, l'attache parMiement k Piien. 0 Bauvearl dranes^ions cette vertn qui nous attacbe ins^raUement k votre service, en sorte que nous ne veuillions et ne eherchîens plus désermiis que vous seul et votre pure gloire. >
Et une autre fois, pressé intérieurement de ce grand amour qu'il avait pour la pauvreté, et da désir de -transmettre ee même esprit dans sa CMgrégation , il invectiva fort contre l'esprit contraire, luaqn'k donner sa malédiotion pap tvoia fois k ceux de sa compa-
gm m Himmmt «liâr nw «wtimoisda propre intérêt et nn ft^ûr 4'Mii»sMr dM biana , Um àhwi : f Malheur » maliiaqr , Meg^ f ffîeim et mw Frèr«i t rai» malliefv %a nûssioxmaire qui voudrai
# «'«ttiGiMr «iiL ^eos périflduUe» de eette vie : c«r il y sera pris ,
# U demeoier» pîQoé da o« i^îoes et iMrrété i^ si
0 1^ QUsUieiir irriviit k )a c^mpagoift , «u'eat-çe q^'on y dirai) « anrès eeU 7 §t cMinrat estH«e qa'oa y vivrait 7 L'oa dirait ; If 0119 i avw» tait de inîUe livres de revenu t il nous faut demeurer eu i repos. Pourquoi aller eeurir ear dea villages? pourquoi tau) « travailler? leiaiiiiis là les pauvres gens des «bwpfi 1 que leiirs j Giiréi en aient soin si bon leur semble; vivoiis doueemeot sai» ff nonsnettie tant «peine. Vetlkoawmeattreisivet^suivrai'ef^
$ d'avarice, en ne s'occupera plus qu'it conserver et augmente^ â sesbîenstenperels, etk chmher sea prepiea satiaf^ctions; et f alors en imurra dire adieu k tous les eieroieea de la Misaion « « et il la Nis^en minet ear il n'y en >ura plus. Il ne faut que 4 lise les Usteiies, et m trouvera une iufinité d'exemples qu|
t feront voir que les richesses et Tabondance des bieus tempoi rels eut eanaé la perte , nou seulement de plusieurs personnes 4 eeelésiaatiques « mais auasi des communautés et des ordrea 4 entiers, penr n'avoir pas été fidclea 1^ leur premier çsprit de « f^anvreté. 1
L'un de ses ptàpm lui leiNrésentMit w jour la PMivreté de s» Maison , il Ini émanda ; i Que ^tea^vous > Menaieur , quMid vou; 9 manques ainaî de ee qui est nécessaire peur la communauté? f Av^vyans tmoim k Dieu ?-^Oui quelquefoîsi répopdit le prêtre, f — Hé bien , lui ntpliqua-tril , vmll ce m^ fait la pauvreté , elle
1 noua lait peneeràDieu, etélever notre cow vers lui 1 aujieu qup 4 si new étienl aceenmpdés , neuaouUierîona peuHtre Pien- EÎ^ « c'est pour cela que j'ai une grande joie de ce que la pauvret^
4 voloufaire et réelle est en [^tfiqne en toutes nos maisma* H f y aune gràee eacbéespus cette pauinreté que nous ne «oonaissons 4 pas. -^ Ifaia, biî repart ce prêtre, voua proiwea du bien fm
# auteea paawae , et vons Iwsea 1^ iee Yda^l'^h ppn Dieu» \m 4 dit M. Vincent, qu'il voiw [ardenae ces parota» ; je vpis bie^ f que veia les pirea dites tm sie^riement ; mes eee))9 que noua 4 ne seronn jamaispiua rîebesque iMSfoe noue %Mr<waaemb^Mca i aJéana^Chriet» 1
(Jn pnMre nHaBttnnaiae epaot aceeitté imelfne M«^
donné ^ la Congrégation de la Mission par un eeclésiastiqae de siiigalière piété , pour faire on nouvel établifleement , M. Vincent loi écrivit en ces ternies : t Ces bienfaits sont des grâces d'antant pins c grandes qu'elles étaient moins attendues, et que nous les avons c moins méritées. Vous avez fait selon le bon plaisir de Dieu et selon ff notre maxime , d'avoir laissé agir la providence de Dieu sans € y contribuer aucune autre chose que votre seul acquiescement : c voilk comme toutes nos maisons se sont étaUies , et ce que la c compagnie doit observer inviolablement. t
Écrivant un jour sur ce même sujet au supérieur d'une de ses maisons , il lui dit : c La proposition que vous me faites de ta re- € cherche du prieuré que vous me nommez est contraire k la c maxime et k l'usage qui est entre noua, de ne rechereh«r aucun c bien ni établissement , directement ni indirectement : la Provi- • dence seule nous a appelés en tous ceux que nous avons, par c les personnes mêmes qui avaient droit k la chose ; et û la comff pagnie m'en croit, elle se conservera inviolablement dans cette c retenue. »
Un autre de ses prêtres lui ayant écrit pour savoir s'il devait accepter deux bénéfices qu'on lui oflïait en son pays, dans le dessein de les faire tomber au pouvoir de la compagnie , il Ten remercia en ces termes : c Je vous en remercie d'autant plus, que votre intention n'est autre , sinon de faire que par ce moyen Dieu soit davantage honoré et le peuple assisté. Ce sont des eilM de votre zèle que Dieu ne laissera pas sans récompense. Mais je vous dirai pour réponse, Monsieur, que nous ne devons point désirer d'autres biens ni d'autres emplois k la compagnie que ceux qu'il plaira k Dieu lui donner par lui-même suas nous ; je vaix dire sans que nous allions au-devant ; et je vous prie de vous en tenir k cela. >
Mais son parfait dégagement des biens de ce monde n'a jamais paru mieux que lorsqu*ayant été appelé par la reine régente au conseil des affaires ecclésiastiques, où il avait part k la disposition de tous les bénéfices de France qui étaient k la nomination du roi , il n'en a pourtant jamais demandé ni im)posé aucun pour la compagnie, ni pour ses plus proches parens, quoique pauvres, ni pour ses amis en quaÛté d'amis : au emitraire , Vqù sak que plusieurs l'ayant sollicité de produire quelqu'un de ses parens , et de leur procurer quelque bénéfice, il n'«a a voulu rien fiiret et «
imeux aimé qu'ils fussent laboureurs et gagnassent leur vie k la sueur de leur corps; non par défaut d'affection envers eux , mais par un désintéressement d'autantjplus admirable , qu'il s'en trouve très peu et presque point d'exemple aujourd'hui parmi les hommes. U était libéral et officieux envers tous les autres , mais envers les siens très modéré et très retenu , jusqu'à un tel point que ses meilleurs amis en étaient étonnés. Aussi lui a-t-on ouï dire qu'à même temps qu'il fut appelé à cet emploi de la cour , il prit devant Dieu une ferme résolution de ne se jamais servir du pouvoir, ni des occasions que cet emploi lui pourrait fournir , pour favoriser aucun des siens , ni pour avancer sa Congrégation : ce qu'il a si bien et si fidèlement pratiqué , qu'il est certain que sa Congrégation y a plus perdu que gagné selon le monde.
Un des principaux magistrats de ce royaume , homme de grande autorité, ayant demandé une abbaye au roi , pendant que M. Vincent était employé dans le conseil des affaires ecclésiastiques , pour un de ses enfans qui n'avait pas les qualités requises , lui fit dire par un prêtre de sa Congrégation qu'il le priait de lui faire accorder cette abbaye, et qu'il lui promettait de faire en sorte, sans qu'il fût nécessaire' qu'aucun des siens s'en mêlât, que la maison de Saint-Lazare rentrerait dans la possession de plusieurs beaux droits et revenus qui en avaient été aliénés et perdus, et qu'il savait bien les moyens de les faire recouvrer ; qu'au reste M. Vincent ne devait pas perdre l'occasion d'accommoder sa compagnie pendant qu'il était en faveur, puisque le moyen s'en présentait , et que d'autres communautés qu'il nomma en usaient de la sorte . Cela ayant été rapporté à M. Vincent , il dit : c Pour tous les biens c de la terre je ne ferai jamais rien contre Dieu , ni contre ma € conscience. La compagnie ne périra point par la pauvreté ; mais c plutôt si la pauvreté lui manque , je crains qu'elle ne vienne à c périr. >
Et non seuleinent M. Vincent n'a rien demandé pour sa Congrégation, non plus que pour ses parens et amis ; mais lorsqu'on a voulu ôter k sa compagnie ce qu'elle possédait, il s'y est comporté avec tant d'indifférence à l'événement , que même plusieurs des juges s'en étonnaient , et ne pouvaient s'empêcher de dire qu'il fallait que M. Vincent fût un homme de l'autre monde, puisqu'il avait si peu d'attache aux choses de celui-ci. En effet lorsqu'il fut troublé en sa possession du prieuré de Saint-Lazare, il fut dans le II. 30
^ottte &'U ipi'élait )f!^ meux de rabandonaer k une caMamauté qui la lui Yçodaû^ ôter que de «Qutenir son droU en plaidant : néan** moios ayam prU cw^ d'un grand serviteur da Dieu, qiiî loi âH qu'il ^'agissait em cette affaire du service de Dieu pluiôt qoe de 90je intérêt particulier , et q»e par conséquenl il devait la défeiKkre, et noA pas l'abaadoimer , il se résolut de plaider par déférence k cet avi^ ; qiais il demeura taujoius autant dispQ&é ea kd-méme k quitter cette possession qu'à la retenir, si la justice en eût amsi ordonné.
il en usa de mène lorsque sa compagnie fui inquiétée sur le sujet de la maison du Saint-Espriit de k viUe de Toul ; ayant été plusieurs fois su,r le point de tout abandonner , et de raj^ekr les missionnaires qui y étaient résidenfli. Ce qn'il eàl exécuté, s'il n'en eftt été djétoumé par un^ personne de vertu et du confiance, aux %vis, de laqueUe il crut devoir plutôt déférer qn'k ses propree am^ timens.
Vne^ antre fois il se résohii^ effecUvement de rappeler ks mis^ ^onnaires établis ôfm quelque diocèse , et même il' manda au sapérieur de quelle foçon il se devait comporter en quittant cet étit- ]^li;^ment : « Après avoic rendn compte, kû ditril, k messieiks les grandsrvîcaires, et retirée une décharge des diosea que vous avçi; reçueapar inventaire, et (]pae vous ranettrea aitre leurs n^ain» , vou^ prendrez gracieusement congé d'eux , sans dire an* cune parole de plainte , ni aussi de témoignage d'éire bien aise de sortit de ce lieu-là ; et vous prierez Dieu qu'il bénisse k vttk et tout le diocèse : surtout je vous prie de ne rien dire en cl^e , ni ailleurs , qin témoigne aucun mécontentement. Vous prendrez Vt bénédiction de ces messieurs, et la ferez prendre l^ar toute 1^ petite famille; et k demandecex en même temps pour moi , qu» souhaite me prostiecner en esprit avec voua k.leurs pieds. >
Quoique VL Vincent eftt alors pris cette résolution, Dieu ne permit pas toutefois qu'elle eût son eSet, parce que tes affaires changèrent de face , si bien que cet étaUîsaement a subsisté.
Que s'il était tellement détaché des établissemens des maisons pour sa Congrégation , il ne l'était pas moins de ceux des FiUes de k Charité, de la compagnie desquelles il était instituteur. Il a envoyé de ces Filles aux vilks , bourgs et villages où on les a demandées pour servir les makdes des paroisses et des h^pitanx ,
B^ AffI ^ même avec cette condition , qu'il leur serait permis ëe les renvoyer quand il leur plairait , ce qui est une manière d'agir bien dédntéressée, et presque sans exemple. Et sur ce sujet, ayant eu avis que les administrateurs de l'hôpital de la ville de Nantes voulaient renvoyer les Filles de la Charité , qui y servaient les malades, pour mettre eu leur place les religieuses hospitalières , il leur écrivit aussitôt qu'il avait ouï dire beaucoup de bien de ces rdigieiises hospitalières , et que si c'était leur dessein de les établir k Nantes , et de congédier les Filles de la Charité, qu'il les priait très humblement de le faire sans aucune difficulté. Ayant écrit celte lettre, il l'envoya tout ouverte k mademoiselle Le Gras , supérieure de ces bomies Filles de la Charité, pour la lui faire voir, et luiminda qu'il en fallait user de la sorte, et n'avoir aucune peine de ce renvoi : « Car c'est ainsi, disait-il, que Notre*Seigneur en userait s'il i était encore vivant sur la terre. L'esprit du Christianisme veut c que nous entrions dans les sentimens d'autrui , et Dieu tirera sa < gloire de ce changement , si nous le laissons faire. » Il dit de plus k celui qui porta cette let^eet ces paroles à cette bonne demoisdle, qu'un jour une des deux Filles de la Charité qui servaient les pauvres malades dans une des principales paroisses de Paris , qu'il nomma , se maria , du consentement même de M. le curé, sur ce qu'^e lui promit de continuer le service des malades loisqu'elle serait mariée , comme elle avait fait étant fille ; et sans autre for* malitéM. le curé renvoya l'autre sœur k mademoiselle Le Gras , it laquell& M. Vincent dit alors sur ce sujet qu'il ne s'en fallait pas seulemrat plaindre , mais adorer Dieu et le bénir de sa conduite , l'assurant que tout irait bien. Et en effet, cette nouvdle mariée, ne trouvant pas en son mariage la gr&ce de sa prenûère vocation , quitta bientôt le soin et le service des malades ; et alors M. le curé se vit obligé de recourir à M. Vincent , pew lui demander deux autres soeurs de la Charité , lesquelles il lui fit donner, et dit ensuite ces belles paroles : c 0 qui pourrait ainsi tourner k toute t main , qu'il ferait beaucoup ! car tant que la providence de Dieu « nous trouvera souples k toutes ses conduites, les choses réussic ront k sa plus grande gloire, qui est ce que nous devons unic quement prétendre. >
Mais ce dégagement des biens extérieurs et cet amour que M. Vincent avait pour la pauvreté s'est fait encore paraître d'une manière ét<mnante dans la rencontre de la perte d'mi procès lou-
chant une ferme qni avait été donnée k la commanaiité de Saint- Lazare , ii la charge d'une rente viagère , et qu'il n'avait même acceptée que pour contenter un bienfaiteur de la compagnie , qui l'en avait prié et pressé instamment de la part des possesseurs. Il arriva donc , après plusieurs avances et améliorations ' fixités en cette ferme , que la communauté de Saint-Lazare fut évincée de sa possession , sans qu'on lui ordonnât aucun remboursement de tout ce qu'elle avait déboursé pour mettre cette ferme en bon état : en quoi elle souffrit un très grand dommage et une perte delà valeur de près de cinquante mille livres. M. Vincent annonça cette perte à ceux de sa conmmnauté , et leur rapportant qu'aussitôt après que l'arrêt fut rendu un des juges l'était venu trouver pour lui persuader de se pourvoir par requête civile , il lui dit sur ce sujet : 0 mon Dieu , nous n'avons garde de le faire ! Vous avez vousmême, 6 Seigneur, prononcé l'arrêt! il sera, s'il vousplait, irrévocable : et pour n'en différer l'exécution , nous faisons dès k présent un sacrifice de ce bien à votre divine Majesté. Et je vous prie , Messieurs et mes Frères , accompagnons-le d'un sacrifice de louange : bénissons ce souverain Juge des vivans et des morts de* nous avoir visité au jour.de la tribulation. Rendons-lui grâces infinies d'avoir non seulement retiré notre affection des biens de la terre , mais de ce qu'en effet il nous a dépouillés de ceux que nous avions, et qu'il nous fait la grâce d'aimer ce dépouillement. Je veux croire que nous avons tous de la joie de la privation de ce temporel; car puisque Notre- Seigneur dit en l'Apocalypse : Ego quos amo castigo , ne faut-il pas que nous aimions les châtimens , comme des marques de son amour? Ce n'est pas encore assez de les aimer, il s'en faut réjouir. OmonDieu, quinous fera cette grâce? vousêtesla source de toute joie , et hors de vous il n'y en a point de véritable : c'est donc k vous que nous la demandons. Oui , Messieurs , réjouissons-nous de ce qu'il semble que Dieu nous a trouvés dignes de souffrir. Mais comment peut-on se réjouir des souffrances, vu que naturellement elles déplaisent, et on les fuit? C'est en la manière qu'on se plait dans les remèdes ; on sait bien que les médecines sont amères , et que les plus douces font bondir le cœur même avant qu'on les prenne ; on ne laisse pas néanmoins de les avaler gaiement, et pourquoi? parce qu'on aâme la santé, laquelle on espère de conserver, ou de recouvrer
par les pnrgations. Ainsi les afilictions , qui d'elles-mêmes sont désagréables , contribuent néanmoins an bon état d'ane âme et d'une compagnie : c'est par elles que Dieu la purifie , comme l'or par le feu. Notre-Seigneur, au jardin des Olives, ne sentait que des angoisses , et sur la croix que des douleurs , qui furent si excessives , qu'il semblait que, dans l'abandon où il était de tout secours humain , il fût aussi abandonné de son Père : cependant dans ces effrois de la mort , et dans ces excès de sa passion , il se réjouit de faire la volonté de son Père ; et pour rigoureuse qu'elle soit,. il la préfère k toutes les joies du monde, elle est sa viande et ses délices. Mes Frères , ce doit être aussi notre allégresse que de voir accomplir en nous son bon plaisir par les humiliations , les pertes et les peines qui nous arrivent : Aspicientes , dit saint Paul , in auctorem Fidei , et consuma matorem Jesum, qui proposito sibi gaudio, sustinuit Crucem, confusione contemptâ. Les premiers chrétiens étaient dans ces sentimens , selon le témoignage du même apô* tre : Rapinam bonorum vestrorum cum gaudio suscepistis. Pourquoi ne nous ne réjouirions-nous pas aujourd'hui avec eux de la perte de notre bien? 0 mes Frères ! que Dieu prend grand plaisir de nous voir ici assemblés pour cela , de nous voir entretenir de cela, et de nous voir exciter h cette joie ! D'une part, nous sommes faits un spectacle au monde, dans l'opprobre et la honte de cet arrêt , qui nous publie , ce semble , comme injustes détenteurs du bien d'autrui : c Spectaculum facti sumus mundo , et Angelisethominibus. Opprobriiset tribtUcUionibus spectacuUim facti. Mais d'un autre côté : Omne gaudium existimate , Fratres mei , cûm in tentationes varias incideritis. Estimez , mes Frères , que toute joie vous est arrivée , quand vous serez tombés en diverses tentations et tribulations : estimons donc que nous avons beaucoup gagné en perdant ; car Dieu nousaôté, avec cette ferme, la satisfaction que nous avions de l'avoir , et celle que nous aurions eue d'y aller quelquefois ; et cette récréation , pour être conforme aux sens , nous aurait été comme un doux venin qui tue , conmie un couteau qui blesse, et comme un feu qui brûle et qui détruit. Nous voilk délivrés, par la miséricorde de Dieu, de ce danger : et étant plus exposés aux besoins temporels , sa divine bonté nous veut aussi élever k une plus grande confiance çn sa providence , et nous
obliger k nous y abundonDer toot-k-fait pour les aécessités de cette yie , aussi bien que pour les grâces du salut. 0 s'il plaisait k Dieu qÊe cette perte temporelle fût récompensée d'une aagmutation dé confiance en sa providence , d'abandonnement k sft eraduite^ d'mi plus grand détachement des choses de la terre j et de renoncement k nous-mêmes , 6 mon Dieu ! 6 mes Frères 1 que nous serions heureux ! J'ose espérer de sa bonté paterudle^ qui fait tout pour le mieux, qu'elle nous fera cette grâce.
• Quels sont donc les fruits que nous devons tirer de tout ceci !. Le praoier sera d'offrir k Dieu tout ce qui nous reste de biens et de consolations, tant pour le corps que pour l'esprit ; de nous offrir k lui nous-mêmes en général et en particulier^ mais de la bonne sorte, afin qu'il ^spose absolument denos perscmneset de tout ce quenons avons, selon sa très sainte volonté; en sorte que nous soyons toujours prêts de tout quitter pour embrasser les incommoifités, les ignominiesetles afflictions qui nous arrivent; et par ce moyen suivre Jésus-Christ en sa pauvreté , en son humilité et en sa patience.
c Le second est de ne jamais plaider, quelque droit que nous ayons; ou si nous y sommes forcés , que ce soit seulement après avoir tenté toutes les voies imaginables pour nous accordar , k moins que le bon droit fût tout clair et évident : car qui se fie au jugement des hommes est souvent trompé. Nous pratiquions le conseil de Notre-Seigneur , qui dit : Si on te veut ôter la robe , donne encore la tunique. Dieu fasse la grâce k la compagnie de la mettre eu cet usage ; il faut espérer que si elle est fidèle pour s'y établir, et ferme pour ne s'en départir jamais, sa divine bonté la bénira; et que si on lui 6te d'un côté, il lui donnera de l'autre. >
Quantité de personnes de grande piété, et très exprhnentées dans les affaires , de qui M. Vincent avait pris avis lorsqu'il traita de cette ferme, et encore depuis durant l'agitation du différend , pour ne rien faire mal k propos , voyant que le succès avait été si contraire , le pressèrent fort de s'en relever par une requête civile, l'assurant que le jugement n*en pourrait être que favorable : mais ils ne purent l'obliger de faire autre chose que de consulter seulement en secret un fameux avocat de la cour, qui s'était trovvé présent au rapport et k la discussion de ce procès ; et après
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cette coBSuIlftlioa H éeritil h lettre siliv^ttte \ téti mon6iéuir de» Bordes , auditeur en b chambkie des ciMâptes ii Parf^ , ancien toi de sa compagnie , très hounête homme et très inteUigent , c|iii voulait aussi rengager à cette requête civile. Cette lettre est du 22 décembre 1658.
c Monsieur, nous avons envoyé à mousieur N. nos pièces. Il mè t mande qu'il les a vues exactement ^ et trouve que nous serons t bien fondés k.nous pourvoir parnèquèté civile. 11 veut luinnétné f plaider notre cause ^ et se prôtuet dé remporter : et quoiqu'il c aime l'argent, toutefois il n'en veut point pour cette affaire. Il c passe plus avant , Monsieur , et dit que ti nous pélrdous il nouë 1 dédommagera d'ailleurs pour cette perte.
< Mais nous ne pouvons nous résoudre II cette pOUMUite : i "" phr-^ t ee qu'un grand nombre d'avocats que nous avons cohsiiltéii coh- I jointement et sépatiiment, avant Tairrèt qui nous A évitieés de 11 t ferme , nous ont toujours assuré que notre droit était iufailHble , c particulièrement messieurs Déflta et l'Hôte « qui l'ont exaininé € k fond : le premier, parce qu'il devidt plaider pour nous , si té c procès n'eût été appointé ; et le second ; potir avoir travaillé i t nos écritures ; et tous deux nous ont dit , aussi bieh que monc sieur N., qu'il n'y avait rien k craindire. Et cependant la Gour t nous a dépouillés de cette ferme conime si nous l'avions déro- « bée : tant il est vrai que les opinions sont diverses, et qu'il né c se faut jamais appuyer sur le jugement des bothmes.
« 3° Une de nos pratiques dans les missions étant d'acéorder les c différends du peuple , il est k craindre que si la compagnie S'opic niâtrait k une nouvelle contestation par cette requête civile , I qui est le refkige des plus grands chicaneulrs ^ Dieu ne nous étftt I la grâce de travailler aui accommodeméns.
c 8° Nous ferions un grand scandale , après Un arrêt si solettc nel , de plaider pour le détruire : on nous blâmerait de trop t d'attache au bien , qui est le reproche qu'on fkit aux ecclésiastit ques ; et nous faisant tympaniser dans le Palais, nous ferions tort
< aux autres communautés , et serions cause que nos amis seraient
< scandalisés en nous.
c Enfin, Monsieur, pour vous dire tout, j'ai grand'peine, pour ff les raisons que vous pouvez penser, d'aller contre le conseil de c Notre-Seigneur , qui ne veut pas que ceux qui ont entrepris de I le suivre plaident ; et si nous l'avons dêjk fait, e'eift que je ne
c pouvais pas en conscience abandonner nn bien si U c acquis et un bien de communauté dont je n'avais que Tadmic nistration, sans faire mon possible pour le conserver : mais à c présent que Dieu m'a déchargé de cette obligation par un arrêt < souverain qui a rendu mes soins inutiles, je pense. Monsieur, c que nous en devons demeurer là.
c Je vous supplie très humblement , Monsieur , vous qui avez c l 'esprit tout rempli des maximes chrétiennes, de considérer toutes ff ces raisons, et de nous permettre de nous y tenir, t
Yoilà comment ce véritable serviteur de Dieu fit paraître son dégagement entier des biens de ce monde , embrassant généreuse* ment une si grande perte , et employant ses raisonnemens pour y faire acquiescer sa compagnie, et même ses amis : quoiqu'en effet il soit très assuré qu'il eût pu recouvrer ce bien perdu s'il eût voulu laisser agir l'avocat qui lui en donnait toute assurance , et lequel était si fort persuadé qu'on était bien fondé k se pourvoir par requête civile, qu'il fit offre de la poursuivre lui seul, delà plaider , et d'en faire tous les frais , et même voulut donner assurance de payer non seulement le juge , mais aussi de donner la valeur de la ferme en question au profit de la maison : et l'on peut dire que cette offre était telle , qu'il n'y avait que M. Vincent qui seul fût capable de la refuser , et lequel , pour raison de ce refus , disait qu'il estimait que les juges qui avaient donné ranrét étaient gens de bien ; et que s'ils avaient mal jugé , il devait pen* ser que la providence de Dieu l'avait ainsi ordonné, et qu'il ne pouvait mieux faire que d'acquiescer à ses ordres.
Le procureur au parlement qui était employé anx affaires de la maison de Saint-Lazare , étant mort depuis, a laissé par écrit l'admiration où il était d'un tel désintéressement ; ajoutant qu'il avait encore admiré la conduite de M. Vincent en toutes les autres affaires qui regardaient sa profession , et dont il avait eu connaissance, lesquelles ce saint homme n'avait jamais entreprises avec chaleur ni empressement ; soit en nom , comme supérieur ; soit en celui de sa communauté , en demandant ou en défendant, quelque évidence qu'il y eût dans son droit, et quelque apparence d'injustice qu'il y eût aux prétentions des autres : et qu'au contraire , quelque avantage qu'il y eût contre ses parties , par sentence ou arrêt , il était toujours porté et disposé d'entendre a l'accommodement; qu'il se souvenait qu'en diverses rencontres il avait fait
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différer rexécatîoii de plusieurs arrêts portant condamnation de sommes considérables , disant pour raison qu'il eût été fâché que, les exécntant, cela eût causé la ruine de quelque famille ; et qu'en effet en ayant différé long-temps l'exécution , de peur d'incommoder notablement ceux qui étaient condamnés, ils se sont trouvés enfin inutiles.