II
nonfecerit Dominus; l'autre , qae Diea 119 permettait jamais que noua fuasîooa affligea ou teutéa au-dessua de nos forces , mais qu'il nous aidait par sa grâce pour nous en faire retirer du profit et de l'avantage , comme le saint Apôtre no«s le témoigne par ces paroles : Fidelis JPeus est » qui non patielw vos tentari supra id quodpotestis, sed faciet etiam cum tentalione proventum, m possitis sustinere. Étant bien persuadé de ces vérités , il disait que l'état d'affliction et de peine n'était pas un état qui fut mauvais; que Dieu nous y mettait pour nous exercer en la vertu de patience « et pour nous apprendre la compassion envers les autres ; lui-même ayant voulu éprouver cet état , afin que nous eussions un Pontife qui pût compatir k nos misères , et nous encourager par son exemple k la pratique de cette vertu. > Il ajoutait « qu'une des marques plus certaines que Dieu a de grands desseins sur une personne est quand il lui envoie désolations sur désolations, et peines sur peines: que le vrai temps pour reconnaître le profit spirituel d'une àme était celui de la tentation et tribulation ; parce que tel qu'on est en ces épreuves , tel on se trouve ordinairement après ; et qu'en un seul jour de tentation nous pouvions acquérir plus de mérites qu'en plusieurs autres de tranquillité. 9 II disait encore < que l'eau croupissante qui devient bourbeuse et infecte représente une âme qui est toujours dans le repos ; et qu'au contraire , les âmes exercées par la tentation sont comme les rivières qui coulent parmi les cailloux et les rochers , dont les eaux en sont plus belles et plus douces. »
La plénitude qu'il avait de cette vertu lui donnait une grâce particulière pour la communiquer aux autres, et pour les porter au bon usage des souffirances. Yoici en quels termes il écrivit un jour à une âme aiOigée pour la consoler et fortifier : % Je compatis sensiblement k vos peines , lui dit-il , qui sont longues et diverses : c'est une croix étendue qui embrasse votre esprit et votre corpa; mais elle vous élève au-dessus de la terre , et c'est ce qui me console. Vous deve^ aussi vous consoler beaucoup de vous voir traitée comme Notre-Seigneur a été traité , et honorée des mêmes marques par lesquelles il nous a témoigné son amour. Ses souffrances étaient intérieures et extérieures , et les intérieures ont été continuelles , et sans comparaison phis grandes que les auUres. Maia pourquoi penses^vous qu'il vous exerce de
la sorte? C'est pour la même fin qu'il a voulu lui-même souffrir, savoir, pour vous purger de vos péchés , et vous honorer de ses vertus , afin que le nom de son Père soit sanctifié en vous. Demeurez donc en paix , et ayez une parfaite confiance en sa bonté. Ne vous arrêtez point ausentiment contraire; défiez-vous de vos propres sentimens, et croyez plutôt k ce que je vous dis et à la connaissance que j'ai de vous qu'à tout ce que vous pourriez penser et ressentir. Vous avez tout sujet de vous réjouir en Dieu , et de tout espérer de lui par Notre-Seigneur qui habite en vous : et après la recommandation qu'il vous a faite de renoncer à vous-même , je ne vois aucune chose que vous ayez sujet d'appréhender, non pas même le péché, qui est le seul mal que nous devons craindre ; parce que dans l'état de religion que vous avez embrassé, vous faites pénitence du passé; et que pour l'avenir , vous avez une trop grande horreur de tout ce qui pourrait déplaire à Dieu. »