‹ Vie de S. Vingent de PaulChapitre 56 sur 65 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

DBS QUALITÉS PB SA CONDUITB.

La conduite de M. Aimeras n'a pas seulement été remarquable par le grand nombre des saintes œuvres qu'il a faites pour affermir la compagnie dans son premier esprit et pour la faire arriver à la perfection de son institut, mais encore par les excellentes qualités dont elle était accompagnée, et qui lui ont attiré l'amour et le respect de ses inférieurs. On y voyait en effet reluire une grande sîuh pHcité et pureté d'intention , qui lui faisaient uniquement

Gberchér en toates choses la gloire de Diea et raccomplissement de sa très sainte volonté , une humble défiance de Ini-méme avec nne parfaite confiance en Dieu , une rU giianee , exactitude et fermeté , nne pmdaice , doncevr et charité qui ne se sont jamais démenties. Um comme nous ferons dans la suite quelques remarques particntië* tes sur la plupart de ces mêmes vertus, nous dirons seulement ici quelqne chose en général et sa bonté et charité paternelle , de sa vigilance et exactitude , et de sa pru^ dence vraiment chréti^ne , qui sont les trois princiirâles qualités d'un bon gouvernement.

Sa bonté et charité a paru singulièrement dans l'accaeil affable et gracieux qu'il faisait à tous ses inférieurs jos* qu'aux moindres frères de sa maison , et dans la patience avec laquelle il écoutait un chacun, comme s'il n'eût eu autre chose k faire , et qu'il efit joui d'une pBrftite santé , quoiqu'il f At toujours occupé et dans de grandes et continuelles souflrances; il témoignsût ce même amour envers ses inférieurs dans toutes les occasions par quelques bons offices ; il accordait volontiers et de bonne gr&ce tout ce qui n'était pas contraire k la règle de la maison , et souvent au delà de ce qu'on lui demandait ; il pourvoyait sans délai aux besoins d'un chacun dès qu'il en avait connaissance, et il les prévoyait même, recommandant aux ouvriers zélés la modération au travail et le soin raisonnable dé leur santé , représentant humblement aux prélats , quand ils né donnaient point de rel&che aux missionnaires , que les hommes ne sont pas de fer, que l'excès da travail ruine en peu de temps leur santé, et* que les bons otrvriers étant en petit nombre doivent être ménagés , afin qu'ils puissent continuer leurs travaux au service de Dieu. Il ordonnait aux supérieurs de se montrer libéraux envers leurs inférieurs , et d'avoir soin qu'ils eussent honnête-

meDti selon la régie, ce qoi était requis ponr la noarri** tore et poir les habits , et platAt plus que moins , afin , disait-il, qu'entre les senriteurs de Dieu il n'y eAt aucun siyet de plainte ni de mormure. Maïs, de peur que les su* pÂrieurs ne manquassent k satisfaire entièrement à son in* tentionsur ce point, il recommanda, par un mémoire parttcttlier aux Tiffiteurs, d'avertir derecheftous les supérieurs de leur fwovince de n'être point chicfaes, mais de donner Yolonliers k un chacun les choses dont il avait bescrin ; et ayant su que dans une maison de hi compagnie l'on avait négligé de pourvoir aux besoins des frères en ne leur accordant pas les vètemens nécessaires, il manda ansailél au supérieur qu'il fit, sans aucnn relardanent, acheter de l'étoffe pour habiller tous ceux qui en auraient besdn , et voulut ensuite être informé de l'exécution de cet ordre ^ ainsi qu'il l'exigeait en de semblables occasions. Il ajouta dans le même mémoire un autre avis non moins charitable et important que le précédent , pour être communiqué k tous les supérieurs dans toutes les maisons de la compagnie , savoir : que Ton eût grand soin des malades, soit prêtres, soit frères, et que si les autres étaient trop oconpés dans leurs offices pour leur rendre les assistances nécessaires , Ton prit k gage quelques bons garçons de dehors i qui demeurassent auprès d'eux jour et nuit pour les servir et assister.

Comme il avait en horreur la sécheresse et la dureté de cœur dans les supérieurs et autres officiers qui sont obligés de pourvoir aux nécessités de leurs frères , aussi ne pouvait-il supporter qu'ils usassent envers eux de menaces , d'injures ou de termes trop absolus, comme les gens du monde font ordinairement envers leurs serviteurs ; et quoiqu'il maintint soigneusement l'autorité des supérieurs envers les inférieurs et obligeât ceux-ci k une entière son-

mission , dans la yae de Dieu quils représentent, il toolait néanmoios qae les supérieurs traitassent avec amour tous leurs inférieurs jusques au moindre , comme leurs propres frères et comme des membres qui composent un même corps avec eux. C'est ce qu'il pratiquait lui-même très parfaitement, obsenrant k la lettre les paroles de saint Pierre (i , éptt. 5) , et c'est aussi un des principaux avis qu'il envoya aux visiteurs pour le recoumiander soigneusement k tous les supâîeurs et assistans des maisons. Nous rapporterons divers exemples de cette bonté et cha* nié paternelle dans un des chapitres suivans, où nous traiterons de cette excellente vertu.

Il prenait, comme nous venons de le voir, un grand soin k pourvoir aux nécessités du corps de tous ses inférieurs , mais il en avait incomparablement plus de celles de leurs âmes : c'est ce qu'il a fait voir particulièrement par ses corrections paternelles , qui procédaient toutes d'une grande charité, soit qu'on en considère la fin, qui n'était autre que la perfection de ceux qui étaient sous sa conduite, soit qu'on regarde la manière également douce dont il assaisonnait tous ses averlissemens. Dans cet esprit, il ne laissait aucun dérèglement sans remède, employant k cet effet les oraisons, les mortifications et autres bonnes œuvres, ajoutant ensuite ses corrections et ex* hortations, auxquelles, pour Tordinaire, Dieu donnait de très bons effets. Sa charité ne remédiait pas seulement aux fautes volontaires contre les vertus chrétiennes ou contre les règles et pratiques de sa Congrégation, il tâchait de retrancher encore celles où l'on tombe aisément par inadvertance , et même les défauts naturels qu'on peut éviter par une attention particulière sur soi-même. C'est ainsi que , depuis que ses grandes infirmités ne lui permettaient plus de célébrer la sainte Messe, il avertissait soigneusement

-Ailes prêtres dont il entendait la messe des fautes les pins légères qu*il les avait vas commettre contre les robriques; et comme il les savait fort bien, il faisait remarquer, même anx plus exacts et anx plus expérimentés , des manqnemens dont ils ne s'étaient jamais aperçus. S'il voyait ensuite que quelqu'un oubliât de s'en corriger, il l'exerçait dans l'action k laquelle il manquait, afin de l'en faire mieux souvenir. Il pratiquait encore souvent la même charité envers les clercs qui servaient la messe, leur enseignant lui-même k bien faire quelques cérémonies qu'ils ignoraient ; il avertissait aussi des plus petites immodesties et autres semblables défauts contre la bienséance et rhoanêteté qu'on doit garder dans la vie civile, n'estimant aucune de ces choses indignes du soin pater^ nel d'un supérieur général , puisqu'elle pouvait contribuer k la perfection de ses enfans et k l'édification qu'ils doivent au prochain. Mais, quoique sa charité le portftt souvent k avertir ses inférieurs, il le faisait néanmoins si k propos et avec tant de douceur et d'humilité, et de si fortes raisons , que cela les encourageait et fortifiait au lieu de les abattre, et augmentait même la confiance envers un si bon père, k mesure qu'ils le voyaient ainsi redoubler ses soins pour leur avancement spirituel.

La deuxième qualité qui a particulièrement éclaté dans sa conduite est sa vigilance et l'exactitude extraordinaire qu'il observait en toutes choses et qu'il exigeait de tous ses inférieurs. Il s'était appliqué dès son entrée dans la Congrégation k toutes les règles et saintes pratiques qu'on y observe , avec une fidélité et une ponctualité si grande, qu'elle lui était avenue comme naturelle , par la f<Hrcede Thabitude qu'il en avait contractée: en effet, on a remarqué qu'il était également exact et fidèle dans les travaux et exercices des missions, et dans la retraite ordî-

aake qu'on garde dans la maison ; el depvis qa*il ftit su-périeor général et occupé en cette charge au plas im-* portantes affaires de la Gongprégation , il ne diminua rien pour cela de sa vigilance et de son attention particulière anz plus petites pratiques de la maison et même du sénu* naire ; car comme il possédait parfaitement tous les divers réglanens des offices domestiques et des emplois de la Congrégation , il s'apercevait des moindres manque^ mens qu'on y commettait, el son 2èle le portait aussitôt k en vouloir savoir la cause pour y apporter le remède : e'est ce qu'il a fait en une infinité de rencontres , même jusqu'aux derniers jours de sa vie, comme lorsqu'on ne sonnait pas précisément b l'heure uccouUunée qu^ue exercice de la maison , du sémmaire ou de l'orctinatîon , ou que l'horloge avançait ou retardait tant soit peu , ou qu'il voyait quelque séminariste balayer hors le temps qui est destiné k cet office, et en quantité d'autres semblables occasions , lesquelles , plus elles sont petites, plus dles font voir sa grande exactitude en toutes choses ; Û la pratiquait encore souvent dans ^les commissions qu'il donnait aux siens, toutexpérimentés qu'ils fussent; par exemple, s'il leur ordonnait d'aller à la viUe pour parler k quelqu'un, il lenr marquait l'heure k laquelle ils devaient partûr, et j^us tôt que plus tard , afin de ne pas perdre Toccasion de rencontrer les personnes; il leur marquait distinctonent tout oe qu'ils avaient k dire depuis le conmieneement jusqu'k la fin , avec les réponses aux demandes ou répliques qu'il prévoyait qu'on leur pouvait faire, et au retour il ne manquait pas de leur fisire rendre compte de tout ce qu'ils avaient dit ; et s'ils avaient manqué k quelques unes des choses qu'il leur avait prescrites, il i^ur recommandait d'être une autre fois plus exacts k s'acquitter de sendilables commissions; Il usait dé la même exactitude k l'égard

de celui qu'il employait k écrire les lettres; car, quoiqu'il eût une expérience de plos de ringtrcinq ans dans cet em* ploi qu'il ayait exercé sous M. Yiocent, il ne loi laissait ponrtaiit pas ajouter nue 8|)ostiUe de deux ou trois ligues sans ravoir vue auparavant.

Mais une des plu excellentes pratiques de s<mi exactitude consistait à bien régler et ménager le temps pour soi et ponr les autres, c'est de qud M^ Abnéras s'est toiqours parfailonent acquitté : il était centinttellem^DA occupé depuis le matin jusqu'au soir soit avec Dieu dans l'oraison i soil k dicter des lettres, soit kparler k ceux de la maison eu aux externes, soit k quelque autre fonction de sa charge. Cependant il ménageait si bien toutes les heures et tous les momens du jour dans les occupations, qu'il sa* tisfaiaait k tout sans se laisser accabler ni surcharger de plusieurs affaires k la fois, et sans faire perdre le tmips k ceux qui désiraient lui parler, parce qu'il destinait k char que chose le temps qui était nécessaire, et faisait savoir aux personnes de la maiwm l'heure précise k laquelle il leur devait parler successivement ; et lorsqu'il allait de sa chambre en quelques autres lieux de la maison où il devait s'arrêter, il ne manqua point, tant que ses forces le lui permirent, d'aller lui-même dire au portitt en quel lieu il serait, lui recommandant en même temps d'en avertir son aide, afin qu'on ne perdit point de temps k le chercher; et lorsqu'il vit ne le pouvoir plus faire par lui*même, il pria quelqu'un de le faire pour hn. Voilk jusqu'où allait l'exactitude de ce digne supérieur général ; et comme il était convaincu de son importance, il la recommandait souvent , surtout aux officiers de la maison , et particuliè«tement au directeur du séminaire , k cause du grand non^ bre de personnes qui ont souvent affiûre k lui.

La troisième qualité de sa conduite a été une prudence

toute chrétienne ei ratièrement fondée sur les maximes de rÉTangîle. Dès qu'il fut éleyé k TofiSce de supérieur gênérai , il prit entre autres règles de sa conduite celle-ci , qu'il mit en écrit pour s'en mieux souvenir : de regarder la compagnie comme chose appartenant k Dieu , laquelle il gouverne par sa providrace paternelle , et dans celte vue de le prier de pourvoir k tous ses besoins et de le laisser agir, s'abandonnànt k lui comme un simple inetmment pour le suivre sans jamais le prévenir; c'est cette grande maxime vraiment évangélique qui a servi de fondement k tous ses pieux desseins et k ses saintes entreprises ; car, si l'on veut faire réflexion sur les oeuvres inlpo^ tantes qu'il a faites pour la perfection et raflrermisseineDt de sa Congrégation , on trouvera que plusieurs ont été faites sans aucune préméditation de sa part et seulement par quelque occasion dont Dieu se servait pour l'obliger k s'y appliquer; et ce qui fait voir en ceci le soin partàcu« lier de la Providence divine sur la conduite de son serviteur, c'est que ces mêmes occasions étaient souvent, selon les apparences humaines, toutes contraires aux bons etfels qu'elles en faisaient résulter, comme l'expérience Ta fait voir et comme lui-même l'a expressément remarqué dans quelques unes de ses lettres circulaires qu'il a envoyées aux maisons de la compagnie , pour les inviter k en remercier Dieu dans l'oraison. Quant aux autres œuvres qu'il a entreprises pour le bien de la Congrégation sans qu'on ea voie si clairement des occasions précédentes, il est certain qu'il ne s'y est déterminé qu'après avoir bien c<HisQké Dieu dans l'oraison , et pris ensuite avis des personnes destinées k l'aider de leurs conseils; et quand l'affaire était de conséquence, il priait Dieu long-temps, la recommandait aux prières des autres , et faisait célébrer plusieurs messes pour le même siqet avant que de se réson-

lire il l'entreprendre. De Ik venait sans donte cette prêtée* tion et asaistanee de Dieu qu'on peut aisément reconnaître dans toutes ses entreprises; ce qui lui faisait dire quelquefois , par un grand sentiment de reconnaissance envers la divine bonté et d'une humble défiance de luimême : < C'est Dieu qui conduit la compagnie , et non t pas moi ; c'est lui qui fait tout , et quand je cesse de le c prier tout s'en va. »

On peut encore reconnaître sa grande prudence par le juste tempérament de la douceur et de la fermeté qu'il a toujours gardées dans sa conduite , comme nous l'avons ci-dessus représenté en parlant de ces deux excellentes qualités , desquelles dépend tout le succès d'un bon gouvernement. Le principal moyen dont il se servit pour cela, après la prière et sa grande confiance en Dieu, était de s'appliquer sérieusement ^ gagner les ccrars de ses inférieurs pour les porter ensuite plus facilement k Dieu et à toutes les choses de leur devoir ; il avait pour les attirer une grâce toute particulière , car il savait par oik il les fallait prendre , et il traitait chacun selon ses dispositions ; il donnait un tour si juste k son discours et k ses lettres que personne ne pouvait raisonuablement les prendre en mauvaise part. Son seul abord était si gracieux et si charmant qu'on ne pouvait traiter tant soit peu avec lui sans concevoir aussitôt du respect et de l'amour pour sa personne; et il eût fallu être d'un caractère extrêmement repêche pour ne se pas rendre k la force de sa douceur et de sa charité. De Ik venait qu'ayant ainsi gagné le cœur et Vaffection de ses inférieurs, il en disposait ordinairement comme il voulait pour le service de Dieu sans aucune résiatance. C'est ce qu'il témoigna un jour k une personne de confiance , lui disant au sujet d'un esprit fort difficile k manier : i Si je puis une fois mettre ma clef dans sa ser-

« nntf j'etpèiet DiciiaidaMt^vej'm fiaiArûkbosL» Et e'est ce^ am¥a «i eflèi, ayait depuis tourné le&re»aorts de cet esprit teMhi et dâieM eoMoe il Ta Yoola. llaia eomne 9 aime4|«ek|iiefoia qee eea sortei d'eafm neaoBt pea es état de profiter des aiis salalaîres qpi'on leur doDiie, ce saga aqiériev ùôMtt s» ceb luie pait^^ lièie attention, n'appUÔnanl paa d'abord ea et cas4kle remède au mal^mais atieodant poor TorduaiieqiieDieales y eti dîqNiaéa par qaelque «entimeot d'huniUté; et pour flûre aûen coocevoir cette pratîgiie si utile à eeox qoî ont la coadwte des autres, aoua la rapporterous ici d^ les oitaies termes qu'il la proposa un jour au directeur du séminaire întemede laGongrégatÎMi: i Quand quelqu'un^ luidit-41, Tient pour me faire quelque plaiote ou décharger son cœur pour quelques peines qu'il ressent, je suis dans cette maiime d'obswer sur son nssge ou dans ses pardes si je n'y découvrirai poiai d'orgueil; el quand j'en remarque, je le laisse dire , et cependant je m'humilie devant Dieu pour lui, leconnaisunt que je ne puis rien ; et après qu'il a achevé je lu dis : Monsieur, oumon Frère, je ne vous puis rien diremaintenant, et je vous prie de revenir k telle heure; et jele raivoie ainsi plusieurs fois jusyi'à ce que je le voie humilié, pourvu que le prochain n'ai souflBre ni peine ni scandale, car j'y remédie le plus iH que je puis; mais, hors ce cas-lk, je le renvoie à tm antre temps; je prie Dieu cependant d'éclairs son aveuglement, et de loi toucher le cœur; car, hélasl tout ce que nous pouivons faire et toutes nos paroles ne sont pas capables de changer les cœurs si Dieu n'y donne sa sainte bénédiction* » Voilà ce que faisait ce supérieur éclairé et ce qu'il conseiUait mi autres de faire en telles ocea-

Un autre eilèt partieuKar de «a pradence étail dé prévoir i$ loin tout ce qu'il avait à faire , et de préparer de bcouie heure les moyens convenables pour satisfaire aux emplois et aux obligations de la maison où il résidait et aux besoins de toute sa Congrégation, prévenant ainsi prudemment la foule et rembarras des affaires , et évitant l'empressement et le trouble qu'elles causent pour l'ordinaire ; il prévoyait quelques mois auparavant qu'on ooah mettçàt l'exercice des missions les divers lieux où l'on devait aller travailler durant le cours de l'année, et les per«sonnes, tant de sa Ccmgrégation que du dehors, qui pou* valent y être employées; il en usait de même pour les exercices des ordinans , ayant soin de s'assurer long-temps auparavant des personnes externes qu'on pouvait prier de faire les entretiens , et déterminant ceux de la compagnie qui seraient chargés du même emploi ; il préparait aussi pour l'ordinaire ses dépéehes deux ou trois jours avant le départ des courriers , et observait la même prévoyance pour l'exécution des choses qu'il avait résolues , et par cette sage conduite il conservait aisément la paix et tranfmlhté de son cœur parmi ses grandes et eontinndles oceupatioiis, et soulageait merveilleusement ceux qui tra* lalUaient soua lui.

On pourrait îâ rapporter phisieurs autres effets de sa prudente conduite et faire voir aussi l'estime que plusieurs personnes, même élevées en dignités ecclésiastiques , en ont témoignée par lettres qu'dHes lui ont écrites^ divers Keux pour recevoir ses avis sur des affaires importantes pour la gloire de Dieu ; mais pour n'excéder les bornes d'un abrégé, nous toucherons en peu de mots les qualités de sa conduite par la plus importante de toutes , et celle dont les autres ont principalement tiré leur force et efficace : c'est le bon exemple qu'il a toujours donné auxsiens,

smTiDt la véritable idée d'an parfait supérieur , qu'il ae proposa dès le ciMnnieDcenieDt , laquelle on a trouvée écrite de sa main en ces termes : c Le principal oiBee ff d'un supérieur est de bien représonter Noire-Seigneur c k ses inférieurs, pour leur enseigner la vertn par ses • exemples. » Nous verrons dans les chapitres suivans comme il a fidèlement exprimé en lui-même par ses actions vertueuses cette excellente idée d*un véritable supérieur, cette maxime toute chrétienne, par une continuelle imitation de Notre-Seigneur ; en sorte qu'il a pi dire avec vérité à tous ses inférieurs ce que Tapôtre saiot Paul disait aux premiers chrétiens : Imitatores mei esioie, sicui et ego Chrisii.

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