‹ Vie de S. Vingent de PaulChapitre 59 sur 65 · AT · texte numérisé non relu

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Mienen de ymtet Ids plu tflBigét, 6t dis maladif plus dÊùf/tÊtUÊm poor let pemmoes qui las approchaient^ Un da aea prêtres ayant une dyssanterie fort invétérée et qui le nattait en danger de sa vie et même de couflaoniquar ae mal k eaux qui le visitaient , M. Aimeras vonlnt Taller voir, nottobatant qne Tinfirmier Tan dissuadât autant qu'il pût, lui représantant qu'étant infirme comme il étaid il y avait plna de danger poor lui et qu'il prendrait plus aisé* ment le mal de ce prêtre ; et comme il vit que rînfinnier inaistttt beannonp sur cela, il lui dit d'une manière douce et forte: i Allez, mon fr^, ne enûgnez points j'ai un c bon antidote : i et il s'en alla voir ce m^ade, avecle^r (piel il s'entretint bng-tempa sans qu'il lui en prit ancun mal ; ce qui fit dira an mAoae prêtre infirme que l'antidate que M. Aimeras avait pour se garantir était une grande foi et une ardente charité.

Voici un autre trait d'une sollicitude paternelle envers un frère qui était malade d'esprit entant que de corps, et avait cette fantaisie dans l'esprit, que pour faire pénitence de ses péchés il devait pratiquer une abstinence eitraor-» dinaire , de sorte qu'il ne voulait plus manger et était en danger de mourir de faim; ce charitable père le fit venir dans sa chambre pendant plusieurs jours , qucriqu'il fût pour lors très incommodé ; et après l'avoir repris charîta^ blâment de son opinifttrelé, et lui avoir représenté l'illusion dans laquelle il était tombé , il l'dbligea de travailler en sa présence pour le divertir de cette fanmew mélancolique et le fit dtner et souper h sa table , l'obligeant de manger salon son besoin , ou de prendre tous les matins un boniU Ion ou quelque autre chose. Il a fait presque de même en quelques autres occasions avec tant de soin et de hanté que cen qui en eurent connaissance en restèrent eitrê* mement édifiés.

Mais l'exemple suivant Tera connaître pins clairemenl comme cette sollicitude et cette application aux besoins des inOrmes était continuelle, et qu'il n'y avait aucune pensée qui occup&t plus son esprit que celle de la conservation et de la santé de ceux dont Dieu lui avait donné la conduite ; nous le rapporterons dans les mêmes termes qu'un des clercs de la compagnie l'a mis par écrit : c J'ai remarqué, dit-il, que H. ^méras avait un grand soin et une grande charité pour tous ; il s'enquérait comment chacun se portait, et il s'informait même des moindres incommodités des séminaristes , en sorte qu'il savait qu'on m'avait arraché une dent pendant que j'étais au séminaire ; mais sa charité me parut excessive lorsque, peu de jours après que j'en fus sorti, ayant su que j'étais incommodé, dès le lendemain qn'ill'eut appris il m'envoya chez le médecin, et au retour il voulut savoir tout ce qu'il m'avait ordonné pour le faire exécuter promptement, et quelque temps après il m'envoya chercher pour savoir de moi si le tout avait été exécuté.

t Cette charité passa si avant qu*il dit qu'il voulait être mon médecin , ce qu'il fit en effet, m 'ordonnant de faire tout ce qu'il jugerait à propos pour me remettre dans une parfaite santé ; en sorte que , quoiqu'il fût incommodé et qu'il eût très grande peine ii parler, au point qu'il était obligé de s'arrêter k chaque parole pour reprendre haleine , ayant une toux continuelle qui ne lui donnait pas le loisir de dire quatre paroles de suite, il me fit néanmoins venir plusieurs fois dans sa chambre pour me dire combien je devais reposer, conmient je devais entendre la sainte messe, comment je devais faire mon oraison , ma lecture spirituelle et étudier, afin que cela ne m'incommod&t point ; el après m 'avoir

donné plnsienrs aulres avis snr ce sujet qu'il répéta plusieurs fois, de peur que je ne les oubliasse, il me fit répéter aussi pour voir si je les avais bien retenus ; il me recommanda ensuite plusieurs fois, par un excès de sa même charité et bonté patemeUe, de lui dire si je croyais qu'il fût utile pour ma santé d'user de quelque remède de grand prix , et qu'aussitôt il les ferait acheter. Il me dit en même temps que si je faisais exactement ce qu'il m'avait ordonné , que dans trois mois je me porterais bien ; ce qui en effet est arrivé , quoique ce fût une incommodité difficile à guérir, à cause qu'elle était contractée depuis long-temps. Quelque temps après qu'il m'eut parlé de la sorte il apprit que j'avais manqué k quelque chose qu'U m'avait ordonné; il me fit appeler et m'en fit la correction , poussé par la charité et le désir qu'il avait que je recouvrasse la santé. Hais appréhendant de m'avoir centriste, il me fit revenir une autre fois dans sa chambre ; il s'humilia et me demanda pardon de m'avoir parlé rudement; et après m'avoir représenté le tbrt que j'avais de ne pas correspondre au désir qu'il avait de ma santé, lequel était si grand que, comme il dit lui-même, 0 s'était épuisé pour m'expliquer ce que je devais faire pour cela, il en rejeta néanmoins la faute sur lui par humilité , disant que j'avais eu bonne intention , mais que Dieu avait permis cela pour punir sa superbe ; qu'il était un arrogant , qu'il voulait se mêler de contribuer à me remettre en santé et de me servir de médecin; que Dieu ne lui avait pas donné ce talentrlk , qu'un antre réussirait mieux en cela que lui, et que Dieu y donnerait plus de bénédiction. Pour cette raison particulièrement et parce qu'il était très incommodé, il s'en remit à un des officiers de la maison, le priant de prendre ce

soîn^lk^ et ensuite il lai damaBdait de temps en tetnps ceoiBient je me trouvais ; k la fin ayant appris qua j'étais toatr44ait rétabli an bonne santé, il m'eùyoytk qoénr, et avee un tisage riant , quoiqu'il fût très inoommodé ^ il Se r^ouit avec moi da la santé que Dieu m'avait rendue ; et comme jcile remordais du soin qu*U avait pris da moi et que je lui témoignais qu'après Ûen c'était lui qui tn'avait rendu la santé , il répondit à cela que ce n'était point lui ^ mais que c'était la prêtre k qui il an avait donné le soin , attribuant ainsi par humilité la bien qu'il faisait au mérite des autres. > Il sa comportait k peu près de la même façon envers ttms les inférieurs , Sitôt qu'il apprenait qu'ils avaient la moindre incommodité « at il avait on Iréa grand soin da Aura eiécttiar les ordonnances des médecins i s'infannsot k point nommé du frère infirmier de tout ce qu'on avait fait ou qui restait k faire pour le soulagement des mala** des, raeommandsiit ftot qu'on n'eût aucun égard k la dépensa Unrsqu'il s'agissait de leur aasistancai

Quand quelqu'un des siens conuictait quelque mal de téta Ou tombait dans l'épuisement par l'etcèa du travail ei de l'application d'esprit, il loi suggérait lui-même les moyens de se remettre ^ et l'exhortait souvent k s'en ser» vir. Yolei ce qu'en dit un prêtre de la compagnie : < J'ai eu un mal de tête , dit-il 4 par trois diverses fois ; M. Aimeras avait la bonié de me dire ce que J'avais k faire et comment Je devais ftdre pour me guérir ; mais voyant que j'oubliais fbdlemènt ce qu'il me leeomman* dait de faire pour cela ^ Il me dit un jour t Ifonrieur, puisque vous ne vous nsssouvenez pas de ce que je vous ai dit un jour pour vous guérir et pour vous eflq4eher da retomber une a«ire fois , écri?es maintenant le moyen que je vais vous denner : c'est que tentas les

t fois que vous sartB seul et que tous sefes en doute si c Une telle chose surpasse vos forées , si cela ne vous fera t point de mal , si cette antre ne vous sera pés pins utile « « si celle-lk ne sera pas plus agréable k Notre-Seigneur, c vous ne vous déterminiei jamais sans élever votre cœur c k Dieu et en sa présmce ; vous vous demanderei : Si c mon supérieur étaii ici présent, que me consmlierait-il f et qu'est-ce qu'il me ferait faire ? Et ensuite faites pour c lors ce que Dieu vous mettra dans l'esprit. Et effective*

< îùeûii dit ee prêtre^ je recourais que je be suis tombé c dans cette incommodité que faute d'obsélrver ce

< moyen-lk* • Enfin on ne peut exprimer la charité qu'il avait pour les infirmes ; elle a été si grande qu'elle lui Ati* sait oublier ses propres maux et ses douleurs très aiguës et presque eontinuellfs « pour penser et pour pourvob h celles des autrss< Mous avons déjà dit que l<Mrsqu'il ne pouvait pas aller visiter les malades » il les envoyait viBi« ter de sa part; et il était si exact h cette pratique, que même quelques jours avant sa mort et quoiqu'il fttt aeea* blé de douleurs , et dans un état qui faisait oompassion h tout le monde , il envoya visiter im frère qui était paraly* tique d^uis plusieurs années, et lui fit dire entre autres choses qu'il eti bon Courage, que pour lui il s'en allait le premier ; mais que si Dieu lui faisait la grkce d'aller au ciel , comme il l'espérait de la divine bonté , il tâcherait d'obtenir poUr lui une place richeméut parée parmi les bienheureux* Si le soin que M. Aimeras avait dés infirmes est une marque évidente de sa grande charité , celui qu'il avait de l'avancement spirituel en est encore une plus as* surée , étant certain que la parAdte charité nous porte h procurer au prochain les vrais Mens, qui sent ceux de la grâce : c'était principalement k quoi il s'appliquait avec une merveilleuse exactitude , avertissant chariteblemeM

tous ceux de la compagnie dans lesqnels il remarquait quelque défaut , et leur fournissant les moyens de s'en corriger, comme on a déjà remarqué; il prenait aussi grand soin d'encourager et d'instruire ceux qu'il reconnaissait avoir un ardent désir de leur perfection.

Un frère l'étant allé trouver k sa chambre pour liû demander pénitence des fautes qu'il avait commises contre les règles et quelques pratiques , pour remercier Dieu da bienfait de sa vocation , ce charitable père lui témoigna une très grande satisfaction et tendresse k cause de la ferveur qu'il remarquait en lui ; puis il lui dit ces paroles : € Oui y mon frère , très volontiers je veux bien vous don- € ner une pratique touchant le bienfait de votre vocac tion , qui est que tous les mois k pareille heure que c vous avez été reçu vous disiez le Te Deum laudamus, c pour en remercier Dieu; le psaume Miserere, pour t lui demander pardon des fautes que vous avez commic ses contre les règles, et le Veni creator Spiritus, < pour lui demander de plus en plus l'esprit de la même c vocation pour vous et pour les autres. • Ce frère s'en retourna bien satisfait d'avoir une si bonne pratique, M. Aimeras le rappela aussitôt pour l'avertir qu'elle ne l'obligeait k cela sous peine de péché , sa charité lui faiswt prévoir que ce bon frère aurait pu entrer en scrupule sur ce sujet s'il ne l'avait prévenu.

Ce zèle que M. Ahnéras avait pour la perfection de ses inférieurs le pressait si fort qu'il a dit plusieurs fois k un prêtre de la Congrégation qu'il ressentait si vivement leur misère spirituelle qu'il en était comme navré au dedans , et que pour leurs peines il en avait une si grande compas- ^on qu'il en perdait le sommeil, et qu'il n'avait point de repos qu'il n'eût fait ce qu'A pouvait pour y remédier; aussi tous ses enfans étaient tellement persuadés et de

Tardeur de sa charité et de la tendresse de son cœur , qne s'ils avaient quelque peine on étaient tombés en quelques fautes ils recouraient aussitôt k lui comme k un père de consolation : en effet , il les recevait avec des entrailles de miséricorde , et après les avoir écoutés fort attentivement, il leur disait avec une bonté et une charité non pareille les avis dont ils avaient besoin ; et s'il était obligé de les corriger pour quelques fautes, surtout pour celles qu'ils avaient commises par fragilité ou par négligence, il le faisait avec tant de support et d'une manière si agréable, qu'ils s'en retournaient tout consolés.

Un frère l'étant allé trouver en sa chambre pour lui de^ mander très humblement pardon et une bonne pénitence d'une faute assez considérable qu'il avait faite par négligence pour n'avoir pas observé les règles de son office, il ne se fut pas plus tôt mis k genoux que M. Âlméras le voyant si humble le fit relever aussitôt , le consola et l'encouragea k bien faire , et , sans lui imposer aucune pénitence , le renvoya avec ces douces paroles : • Allez, mon < frère , faites mieux et soyez fidèle. • Hais s'il arrivait que quelqu'un commit quelque faute qui marquât quelque dérèglement dans l'intérieur, sa charité le portait k lui parler avec plus de vigueur ; et , comme un prudent médecin , il savait appliquer des remèdes plus forts aux maladies plus dangereuses ; il en usait néanmoins avec beaucoup de circonspection et épargnait autant qu'il pouvait , surtout les absens , dont il ne faisait connaître les fautes que dans la stricte nécessité, les diminuant toujours autant que la pure vérité le lui permettait; ce qu'il observait même k l'égard de ceux qui semblaient s'en être rendus indignes par le préjudice qu'ils portaient k la compagnie; en voici un exemple : étant obligé de désabuser un frère qui était tenté contre sa vocation au sujet de la sortie de

quelques autres qui s'étaient retirés oti qu'on avait été oMi« gé de renvoyer, el dont quelques linSf par une ingratl-* tude et un aveuglement assez extraordinaire « avaient été intenter procès contre la Congrégation , laquelle se via obligée de les faire débouter de leurs prétentions injustes par un arrêt du Conseil d'État du roi ^ qui la mit k couvert pour toujours de semblables vexations ; M. Aimeras fit ve« nir ce frère en sa chambre et le fit asseoir auprès de lui ^ l'obligeant, par quelques paroles de bienveillance et de cordialité, de lui découvrir sa tentation et ses peines ; sur qnoi ce charitable père le consola et Teneouragea grandement , lui disant : • Mon frère , je ne m'étontte pas que vous syez des peines d'esprit de cette nature ; je votis avoue qoe si j'étais en votre place je serais plus ébranlé que vous n'êtes. 11 ne faut point s'étonner si la Congrégation est criblée k présent. M. Vincent , notre très honoré père, nous a dit assez souvent qu'elle le seHit en temps; mais en cette occasion , ee sont mes péchés qui en sont oau8e« Cependant il est nécessato que je vots dise oomme la chose s'est passée , pour votre bien ; et si vous ne m'en voules pas croire , dimandas-le k tels et tels qui sont lés plus vertueux d'entre nos frères, t 11 lui raconta alors le désastre de ces personnes, mats atec tant d'adoucissement et de compassion^ et pour ainsi dire de respect ^ qu'il semblait qu'il parlât de quelque personne d'un grand mérite on d'une condition fort relevée ; ce qui fit eonnattre k ce frère que non seulement M. Alm^ss n'avait aucune aigreur contre ces personnes^lk , et que, nonobstant leur aveuglement, il conservait toujours pour elles un ecsar de père, pleht de tendresse et de compissîon. Mais pour reprendre le fi) de notre discours, la oha-» rite de M. Aimeras gagna tellement le t<mt de ce frère «t apaisa si (ortement les (roubles qui s'étalent élevés dans

•on esprit « qu'il se résolut de persévérer dans sa voea* lion , comme il a fait depuis , y vivant très coateot el dans le dessein d'y mourir.

Nous ne devons pas omettre ici une chose qu'il dit k ce frère en cette occasion * quoiqu'elle ne soit pas tant une marque de sa charité que du discernement qu'il avait pour connaître les esprits : c'est que lui parlant de deux frères qui étaient Sortis de la Ck>ngrégation « sous prétexte et même dans le dessein de se faire rdigietti « il lui dé-» Clara que ni l'un ni l'autre ne le seraient points mais que lui , qui était tenté oontre sa vocation « il persévérerait ; ce qui se vérifia ensuite. On pourrait faire quelques réflexions assea utiles Sur cet etemple , si la brièveté de ce reeueil ne nous obligeait de passer à un autre qui lui est sembla* ble en quelque chose. Un flrère de la compagnie , des plus vertueux ^ des plus sensés et des plus propres k tout ^ ayant déjà fréquenté une autre communauté qui était dans la même ville, pour lui rendre quelque service^ du consen* temat de son supérieur, qui estima que cela pouvait contribuer h entretenir les deut communautés en bonne intelligence , lé frère se sentit vivement porté k quitter sa vocation pour entrer dans cette iutre communauté; le dé* mon le prenant par son faiblp lui représentait qu'il se* rait plus honoré , plus estimé dans cette communauté , et que sa eondhion n'y serait pas si abjecte aux yeux des hommes ; et comme les supèrieura de cette religion l'atti* raient assex ouvertement et lui témoignaient la disposi* tien qu'ils avaient k le recevoir, il était sur le point d§ prendre leur habit ; mais M. Âlméras en ayant été averti lui écrivit une lettre ftort pnssante et fort tendre qui l'obligea d'ouvrir les yeux; ce qui la toucha davantage, comme il l'a déclaré depuis , forint ces paielea cordiales qu'il lui dit sur la fiuM Att neie, si je vous parle «tee

« résolution, c'est aussi avec affection pour les assistances « que vous m'avez données en diverses maladies; j'en ai c des sentimens d'estime et de gratitude pour votre per- € sonne que je ne puis exprimer. Vous avez d^à contri- € bué k me conserver la vie ; n'avancez pas ma mort par

< le déplaisir que j'aurais de votre séparation , mais pluc tôt fuyez le danger, venez«vous-en ici ! » Cette lettre fit unt d'impression sur l'esprit de ce frère qu'elle le fit changer i l'instant de résolution ; il se mit k pleurer, et faisant réponse k son charitable père : < J'avoue, lui dit-il, c les larmes aux yeux, que j'ai eu le cœur percé d'un coup

< de flèche , lisant votre très affectueuse lettre ; je ne sat vais où j'en étais, voyant d'un côté mon infidélité, et c de l 'autre votre très grande bonté envers moi, qui après c une lâcheté parole k celle-lk méritais d'être chassé par

< ces personnes qui m'ont toujours témoigné une bonté • toute particulière ; mais , Monsieur, si je savais avancer

< votre mort par cette action , j'aimerais nùeux mourir ( moi-même ; je vous puis assurer qu'k ces mots que j'ai

< lus dans votre lettre, j'ai pensé tomber k la renverse ; f et rentrant en moi-méame tout confus, j'ai vu mon inf constance et ma misère dans l'amour extraordinaire

< que vous avez pour mo^; non. Monsieur, je ne le ferai c point assurément, et je sms prêt k partir quandilvous c plaira, et d'aller où vous trouverez bon de m'envoyer ; c je m'abandonne entièrement entre vos mains. • 1^ ce bon frère s'abandonna tellement entre les bras de M. Aimeras , que celui-ci jugea k propos de le laisser dans la même maison.

M. Âhnéras a encore pratiqué la même charité envers d'autres qui étaient tentés contre leur vocation , en leur représentant tout ce qu'il croyait être plus fort pour les y tenir, et par la crainte et par l'amour, et par rinlérèt de la

gloire de Diea et de leur propre bien , mais pàrticulièrement par le témoignage d'nne affection paternelle qui était pour l'ordinaire les plus fortes chaînes qui les attachaient an service de Dien dans la Congrégation. Avant de finir ce chapitre il est bon de remarquer que cette bonté paternelle de H. Aimeras pour tous les sujets de la Congrégation s'étendait jusqu'à leurs parens et aux autres personnes qui leur appartenaient, auxquelles il tâchait de rendre tous les services qui étaient en son pouvoir, leur procurant les assistances corporelles dont ils avaient besoin , et faisant dire des prières pour eux pendant leur vie et après leur mort. II eut même la bonté de faire faire des missions dans une province fort éloignée au pays d'un frère de la Congrégation , pour lui donner le contentement qu'il désirait ; et ce qui est plus remarquable en cela est que , comme on a dit auparavant , il était entièrement détaché de ses propres parens ; ce qui fait voir qu'il ne réglait pas ses affections par les sentimens de la nature , mais par la considération du bien de la compagnie , qui dépendait principalement d'une étroite liaison du chef avec les membres. Aussi avait-il trouvé véritablement le secret de gagner le cœur et l'affection de chacun, et on était persuadé de la vérité et sincérité de ces bonnes paroles qu'il avait coutume de dire lorsqu'il se séparait de ses enfans après les avoir entretenus pendant quelques temps : c Je vous laisse mon cœur. »

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