CHAPITRE Xn
CI orne u. vmciirr a »▲» ponn^L'asmouLVioM wm «neunuai
au JÀNSÉNISVB.
Cet hombleetCd^e serviteur de Dieu a pn dire, à l'haîtalion^ patriarche Job , sar le sujet des nouvelles enrears qui cmt troublé l^Église ea ce dernier siècle % que ce qu'il crsôgnak le plus loi Aait arrivé , et qu'il s'était tronvé engagé dans «ne oeeaaaoD dont il avait toqomrs redouté la rencontre, comme très pl^lense.
(I) TUaoT , qoMi llMtbca , «mi^ viiM } et tpà^ ? «rébfr^tclMt. >iiA, S.
9^ lus ««9
t du pèffà et de» seotestiques ^ ^ik il n'y rfma que brigues et que
Cai paroles téméraires i'w esprit enivré de sa proim estime , 4t qui cwuneoçait k s'égarer da droit chemin de la i?érité^ obK* gèrent dès lors 11. Vioecot, qui avait un sûsgvlier respect pmir toutes les décisions de VËglise, de mareker a?ee plus de drconqpeQtion dans la eoaversation de cet homme ^ qu'il voyait être tvàs dang^reose, et même de se résoudre , s'il continuait dans ces enq^rtemeus, de s'en retirer tout^^fait. Et il fitt encore plus confimé dans cette résolution par une autre rencontre qui tA ielle;
Étant allé un jour pour le viaker, il le trouva dans sa cbanAft UaartlaBibte; et étant demeuré quelque ten^s sans lui rien dire, de ffin^ d'interrompre sa lecture , cet abbé tournant les yeux vers lui 2 f Voyez^vous , M. Vinc»t , dit-il , ce que je Us ? C'est l'É-
< eriture sainte : etlk-dessus il s'étendit beaueoiq[> pour lui faàre € entendre que Dieu lui en donnait une intelligence parfaite , et « quantité de belles lumières pour son «xpUeation; et ensnteil f aUa jusqu'à dire que la sainte Écritisre était plus hmimeuse
< dans son ee^it qu'ello n'était en elle4nème. • Ce sont ses propies termes j qne M. Vincent a rapportés plusieurs fus.
Ha autre jour^ M. Vincent, ^irès avoûr célébré la Messe en Té* gHse de Notre-Dame , étant allé visiter le même abbé , il le trouva enfermé dans son cabinet ; d'eà étamt sorti quelque temps après , IL Vincent lui dit en souriant avec sa douceur et civilité ordinaire : Avûnn» Monsieur, que vous venez d'écrire quelque chose de ce queDieu vous a donné en votre oraison du matin . » A quoi Y^iM^ après l'avoir convié de s'asseoir, répondit : c le vous confesse que nieu m'a donné et me donne de grandes lumières. Il m*a fait eonnaitre qu'il n*y a pins d'Eglise, i Etsnr ce qu'il vit M. Vin-» oenltoutsuspfîsdeeediscour8,ilre[Nrit: c Non,tln'yaphisd*Èglise« Dknm'a fait eonnaitre qu'il y a pluadecinqousixoeiitsans quil n'y apina d'Église. Avant cela l'Égliseétait conmeun grand fleuve qm avait ses eau claires; mais maintenant ce qui nous seny^le l'Égiise n*est plus que de la bourbe : le lit de cette belle rivière est encore le même , mais ce ne sont pas les mêmes eau. Quoi, llonsisnr! hn dit M. ViocMt, voulez-vous phttêl croire vos séutimons particuliers que la parole deNotrs4oîgife«rMMis-
€ Ghmt^leqnel a dit qu'il édifierait son ÉgU^e sur la pienre, et c que les portes de Tenfer ne prévaudraieut point contre elle?
< L'Église est son épouse , il ne l'abandonnera jamais ; €L le Saint-
< Esprit l'assiste toujours. > Cet abbé lui répondit : c U est vrai que c Jésus a édifié son Eglise sur la pierre ; mais il y a temps d'édtc fier, et temps de détruire. Elle était son épouse; mais c'est main* c tenant une adultère et une prostituée ; c'est pourquoi il l'a répnc diée , et il veut qu'on lui en substitue une autre qui lui sera c fidèle. 9 M. Vincent lui ayant répliqué qu'il s'éloignait fort du respect qu'il devait à la vérité , ajouta qu'il se devait entièrement défier de son propre esprit , qui était si préoccupé de manvaissêntimens y et après quelques contestations ils se s^)arèrent.
Tontes ces choses ont été dites par M. Vincent même , en dî« verses occasions ^ tant à quelques uns de sa Compagnie qu'à plisieurs personnes du debors qui Xùai témoigné. Hais il n'en a jamaôs parlé qu'ave douleur , et seulement quand il s'y voyait obligé par quelque raison de charité , pour désabuser ou pour prémunir les esprits contre les surprises des nouveani: di^pnatisles.
Mais apprâiendant dès lors que cet abbé , aveog^ de la vaine opinion de sa propre sufiisance, et poussé par l'esprit de présomption et de superbe , ne s'allât précipiter dans l'abime de (pelque nouvelle hérésie , où il en pourrait entraîner avec lui beaucoup d'autres , il crut être obligé , tant par le devoir de leur ancienne amitié que par la loi de la charité chrétienne , de faire un dernier effort pour l'en retirer, et d'user envers lui du remède de la eonrei>lion fratemdle.
Dans ce dessein il s'en alla un jour le trouver chez loi par fonne de visite ; et après avoir préparé son esprit par quelques entretiens convenables pour bien recevoir le remède qu'il lui voulait appli^^ quer, il lui parla ensuite de l'obligation qu'il avait de soumettre son jugement à l'Église , et d'avoir plus de respect et de déférence pour le saint concile de Trente qu'il n'en avait témoigné ; et des« ceadant au particulier de quelques propositions erronées qu'il avait soutenues , il lui fit voir qu'elle étaient contraires à la doctrine de rÉgiise , et qu'il se faisait un grand tort de s'engager dans ce la* byrinthe d'erreurs , et encore plus d'avoir voulu y engager et lui et toute sa Congrégation ; qu'il le conjurait au noa de Notre-Seigneur de s'en retirer au phis tôt.
On n'a pas su tont le détail de cet entretien , mais seulement que M. Vincent lui parla avec tant de force qu'il en demeura comme interdit ; en sorte qu'il ne lui répondit pas pour lors un seul mot : néanmoins il eut peine à digérer cet avertissement , qui lui était demeuré sur le cœur; et étant allé depuis en son abbaye y il écrivit environ un mois après une grande lettre à M. Vincent pour se justifier ; nous en rapporterons fidèlement ici quelques extraits :
< La disposition d'humilité ( lui mande cet abbé) que vous avez au fond du cœur, pour croire k ce que Ton vous ferait voir dans les saints livres , me fait assez connaître qu'il n'y avait rien de plus facile que de vous faire consentir par le témoignage même de vos yeux à ce que vous détestez maintenant comme des erreurs : mais quand je vous ouïs dans la suite de votre fraternelle admonition ajouter cette cinquième correction aux autres quatre, de ce qu'autrefois je vous avais dit en particulier que j'avais envie de vous rendre un bon office et k toute votre maison, en vous dressant des articles sur des choses qui regardent votre institut , je jugeai que ce n'était pas le temps de se défendre ; et j'ai facilement supporté cela d'un homme qui m'avait honoré dès long-temps de son amitié , et qui était dans Paris en créance d'un parfaitement homme de bien. 11 m'est seulement resté cette admiration dans l'âme , que vous qui faites profession d'être sî doux et si retenu partout , vous ayez pris sujet d'un soulèvement qui s'est fait contre moi de vous joindre aux autres pour m'accabler, ajoutant cela de plus k leurs excès , que vous avez entrepris de me le venir dire k moi-même dans mon propre logis ; ce que nul des autres n'avait osé faire. J'ose vous dire qu'il n'y a aucun de ces Messieurs les prélats qui hantent chez vous avec qui je ne demeure d'accord , et que je ne fasse autoriser de leurs suffrages toutes mes opinions , quand il me plaira de leur en parler k loisir ; et tant s'en faut qu'ils s'y opposent, qu'ils en seront ravis et m'en remercieront. » Et après quelques autres saillies de sa bile échauffée et de la présomption de son esprit , qui lui faisaient rejeter tous les avertissemens charitables de ce fidèle ami , il ajouta k la fin de ^a lettre :
< Je prétendais vous ôter de certaines pratiques que j'ai tou* f jours tolérées en votre discipline , voyant l'attache que vous y
&*• 405 ^ aviez , avec une résolution d*autant plus forte de vous y tenir qu'elle était autorisée par l'avis des grands personnages que vous consultiez. Je n'ai garde après cela de dire les pensées que j'avais que Dieu , à mon avis , ne les agréait point : car il n'y a qu'une véritable simplicité dans laquelle on les peut faire , qui est pins rare que la grâce commune des chrétiens , et si rare que j'oserais bien dire d'elle ce qu'un bienheureux de notre temps a dit des directeurs des âmes , que de dix mille qui en font profession, à peine y en a-t-il un à choisir; il n'y a, dis-je , que cette simplicité qui les puisse rendre excusables devant Dieu : j'aurai néanmoins la patience qu'il a lui-même de vous laisser faire, et demeurerai dans la même volonté que je vous ai témoignée de vous y servir par condescendance, si je ne l'ai pu par une entière approbation. »
Cette lettre fait assez connaître le dessein qu'avait alors cet abbé d'attirer M. Yincent ^ son parti , et d'insinuer ses sentimens et ses maximes erronées dans la Congrégation de la Mission ; mais Dieu par une grâce toute spéciale a préservé et le père et les enfans de cette contagion d'erreurs , et les a toujours maintenus dans une fidèle et sincère profession de toutes les vérités orthodoxes que l'Église reconnaît et enseigne.
Quelque temps après , cet abbé, persistant toujours k débiter secrètement sa mauvaise doctrine , fut mis en prison par ordre du roi , et les écrits et papiers qui furent trouvés dans son cabinet saisis; entre lesquels se trouva le projet qu'il avait fait et gardé de la lettre dont nous venons de parler, laquelle par ce moyen fut divulguée ; et même il fut interrogé par la justice sur les choses dont elle dit que M. Vincent l'avait averti. On espérait que sa détention pourrait humilier son esprit et lui faire ouvrir les yeux pour se reconnaître ; mais elle ne fut pas assez longue pour cela : car ceux qui lui adhéraient ayant à force de sollicitations procuré son élargissement, Dieu par un secret jugement le retira bientôt après de cette vie.
Environ ce même temps furent mis en lumière deux pernicieux livres qui avaient passé par les mains de cet abbé : l'un était pour montrer que saint Pierre et saint Paul avaient reçu de Dieu une égale puissance pour gouverner l'Église , afin d'impugner par ce moyen l'unité du chef de cette Église. L'autre était l'AuguBtin de Jansénius , qui depuis a fait tant de bruit et causé tant de divisions
MFrance , etdans toute TÉglise. M. Vioceat , qui coBuaissaît combien dangereuse était la source d'où procédait cette nouvelle doctrine , crut être obligé de s'y opposer , et de faire tout ce qu'il pourrait pour en procurer la condamnation.
Pour le premier , entre autres choses qu'il fit , il écrivit une lettre k un cardinal , en date du i octobre 1646 , dans laquelle il lui parla en ces termes :
f Je supplie très humblement votre éminenee d'agréer que je lui adresse quelques écrits contre l'opinion des deux chefs , saint Pierre et saint Paul , composés par un des plus savans théologiens que nous ayons , et des plus honnêtes hommes « qui ne veut point être nommé. Il a appris par la Gazette de Rome que l'on y examine le livre qu'il réfute , et que deux docteurs de Sorbonne y sont qui soutiennent que la doctrine de ce livre est celle de leur Faculté. Et cette même Faculté ayant été informée qu'on lui attribuait cette opinion de deux chefs , s'est assemblée et a député vers M. le nonce pour désavouer ces docteurs, et l'assurer qu'elle est de sentiment contraire , et pour le supplier en même temps de faire en sorte que la prochaine Gazette fasse mention qu'on lui attribue à faux cette (k>ctrine. < C'est ce qui a mu ce bon et vertueux personnage & m'apporter aujourd'hui ces écrits , à dessein que je les envoie li Rome , pour servir de mémoire à ceux que Sa Sainteté a députés pour examiner ledit livre. Us trouveront dans cet ouvrage des passages qu'on rapporte pour la prétendue égalité de saint Paul avec saint Pierre réfutés par les mêmes auteurs qu'on aUègue, les uns après les autres. »
Ensuite de cette lettre, le livre des deux chefs fut censuré et edQp damné par le Saint-Siège , et M. Vincent eut la consolation devoir le fruit des sollicitations qu'il avait faites pour ce sujet.
Quant au livre de Jansénius , M. Vincent reconnut bientôt que c'était un ramas de toute la doctrine que ce défunt abbé lui avait débitée par parcelles dans les entretiens qu'il avait eus diverses fois avec lui, et que le venin de cette nouvelle doctrine était d'autant plus k craindre que le prétexte dont on le couvrait , de vouloir remettre la théologie dans sa première pureté , paraissait plus spécieux. C'est pourquoi , comme il en avait une plus particulière connaissance , il crut être plus étroitement obligé de procurer qud* que antidote pour prémunir les.esprits contre cette dangereuse lec-
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ttre t en tttwdwt que l'avtorité de TÉglise y «pportlt un dend^r et souveram remède. Pour cet effet , il solUeita ploftieurs personnes d'érudition et de piété de mettre la main à la plune ponr réfnter les erreurs de ce mauvais livre; et entre les autres feu M. deRaçonis , évéque de Lavaur , auquel il donna plusieurs avis sur ce sujet , et avec lequel il agissait de conoert pour arrêter le cours de oetle mauvaise doctrine. Ce que Ton découvre par .diverses jettres que le même seigneur évéque lui écrivit en ce temps-lk y desquelles Û suffira de rapporter ici celle qui suit , où il parle en ces termes : t Depuis hier que j'eus l'honneur de vous entretenir , j'ai vu H. le prince de Gondé sur le sujet de Jansénius. Je l'ai trouvé tout plefa de feu et de lumières contrôles erreurs de cet auteur ; il m'a extrêmement eneouragé à continuer mon travail , et à secondtf votre ztte pour la défense de l'Église « dont je lui ai parlé bien au long ^ et dont il a été ravi. 11 m'a commandé deuï choses: la première, de voir M. le nonee, et de lui dire de sa pail qu'il sarait bien aise de le pouvoir trouver en quelque église pour lui parler de cette affaire , ^t lui montrer la nécessité absolue qu'il y a , et pour l'Éj^ et pour l'Etat, de répcmdre h eet auteur. Ce que j'ai eiécuté aussitél , et ai vu M. le nonce, qui est convenu, après un assez long pourparler, que je lui enverrais un catalogue des erreurs de Jansénius qui ont autrefois été condamnées, ou par les concâke, ou par les papes ; ce que j'ai promis de faire. De là je suis retourné chez ÎL le prince , qtii a été estrémement satisfait de cette résolution, et m'a assuré qu'il «n représentera hautement l'importance h la reine- et I M. le cardinal Mazarin ; et m'a renouvelé le second commandement qu'il m'avait fait, qui était de irous aisorer de son zélé en cette affaire, afin de l'avanoer eoi^ntement avec vous. > Or d'autant que cette mauvaise doctrine infeetait de jour en jour plusieurs esprits qui se portaient facilement à embrasser ces nouveautés, M. Vincent ayantété apppelépar la reine-mère dans ses cour aeils dès le CMmiencement de la récpsnce , il fit voir dè$ lors à Sa Majesté et à M. le cardinal Mazarin combien il importait au bien de la rdigioQ et de TÊtat de ne prâit mettre dans tes bénéfices ni dans les charges ceux qui en seraient soupçonnés. Et sachant que lesekaireB dss professeurs et desprédicaienrssont comme les sour« oM publiques eu l'on doit puiser les eaux sahitaires pour la doctrine et pour les msiurs, il s'enoipkyya dans les occasions, autant
©•* 108 ^ qu'il lui fQi possible, afin qu'elles fassent remplies par des personnes bien établies dans les sentimens comninns de TÉglise , faisant faire k cette intention des prières particulières , et usant des autres Toies que sa charité lui découvrait.
Il communiquait souvent avec M. le nonce et avec M. le chancelier touchant les moyens d'arrêter le cours de cette mauvaise doctrine ; et une fois entre autres ayant appris qu'on voulait soutenir quelque thèse suspecte du Jansénisme dans une maison religieuse , il s'employa auprès d'eux afin de la faire supprimer par leur autorité y comme elle fut en effet. Voici ce qu'il en à^rivit à un très vertueux prélat : ^
c Monseigneur , un religieux de cette ville ayant fait une thèse où il a avancé une proposition qui tient du Jansénisme, et qui a été condamnée par la Sorbonne , M. le chancelier a fait défendre l'assemblée et les disputes qui se devaient faire sur ce sujet. A quoi le supérieur ayant fait quelque difficulté, il l'envoya quérir , et lui dit que s'il y contrevenait , il savait bien le moyen de le ranger à son devoir, lui et tous les siens. Il lui ordonna d'aller trouver M. le nonce , lequel lui fit de grands reproches de n'avoir pas empêché que cette thèse parût, et le me* naça, avec tous ceux des siens qui favoriseraient cette doctrine, de les faire chàtiar , et d'en écrire au Pape et au Général. Ce supérieur et toute sa communauté ont ensuite eux-mêmes puni ce religieux, l'ayant déclaré incapable de toutes charges et offices dans l'ordre, et privé de voix active et passive ; et puis ils l'ont chassé de leur maisoja. Gela fait espérer que si l'on tient désormais la main de la sorte pour empêcher de telles entreprises, cette pernicieuse doctrine pourra enfinse dissiper. » C'est ainsi que ce fidèle serviteur de Dieu ne perdait aucune occasion pour empêcher que ces erreursne fissentde plus grands dég&ts dans l'Église.
Cependant, conune le mal prenait toujours de nouveaux accroissemens , et que, nonobstant tous les eflTorts qu'on faisait pour s'opposer à son progrès , il ne laissait pas de se répandre de tous côtés , et commençait à mettre la division non seulement dans les écoles , mais aussi dans les communautés religieuses , et passait jusque dans les familles séculières, et même semblait en quelque façon menacer la tranquilUté de l'État ; M. Yincrat voyant ces maux, et prévoyant les funestes effets qu'ils pouvdent produire.
gémîsaait încessammeni devant Dieu , et pensait souvent en luimême par quel moyen on en pourrait arrêter le cours. 11 employa beaucoup de prières et de mortifications pour apaiser la colère de Dieu , et obtenir de sa bonté infinie qu'il lui plût détourner les malheurs qui étaient à craindre de ces commencemens. Ses prières et ses larmes ne furent pas sans effet ; car il apprit bientôt après que plusieurs prélats de. ce royaume , portés d'un saint zèle pour la conservation de la foi et de la religion catholique , avaient résolu de recourir au Saint-Siège apostolique pour remédier plus promptement et plus efficacement à ces désordres. Il en fut fort consolé , et loua fort leur résolution, dont il crut devoir donner avis à quelques antres prélats de sa connaissance, pour les convier de se joindre aux premiers. Voici en quds termes il écrivit à quelques uns sur ce sujet au mois de février 165i :
c Les mauvais effets que produisent les opinions du temps ont c fait résoudre un bon nombre de nosseigneurs les prélats du € royaumed'écrireàN.S. P. le Pape, pour le supplier de pronon-
< cersur cette doctrine.
< Les raisons particulières qui les y ont portés sont , première-
< ment, que par ce remède ils espèrent que plusieurs se tiendront « au opinions communes, qui sans]cela pourraient s'en écarter; « comme il est arrivé de tous quand on a vu la censure des deux « chefs.
c Secondement, c'est que le mal pullule , parce qu'il semble être « toléré.
« Troisièmement , on pense à Rome que la plupart de nos- « seigneurs les évêques de France sont dans ces sratimens nou-
< veaux : et il importe de faire voir qu'il y en a très peu.
c Quatrièmement enfin , ceci est conforme au saint concile de € Trente, qui veut que, s'il s'élève des opinions contraires aux « choses qu'il a déterminées, on ait recours aux Souverains Pou-*
< tifes pour en ordonner. Et c'est ce qu'on veut faire, Monsei« « gneur, ainsi que vous verrez par la même lettre, laquelle je « vous envoie, dans la confiance que vous aurez agréable de la si-
< gner après une quarantaine d'autres prélats qui l'ont déjà signée, f dont voici la Uste, etc. »
Outre cette lettre circulaire qu'il envoya k quelques prélats, il en écrivit une particulière k l'un d'eux , duquel il n'avait point reçu de réponse. Voici en quels termes :
Si» 110 16
t De Paris, ce 25 ami 1651.
ff MoDseigneiir, il y a quelques mois que je me doonai la confiance de vous envoyer la copie d'une lettre que la plnpari de nosseigneurs les prélats du royaume désiraient envoyer k notre saint-père le Pape pour le supplier de prononcer sor les points de la nouvelle doctrine , afin que, si vous aviez agréable d'être du nondire , il vous plût de la signer. Et comme je n'ai eu rhonneur d'en recevoir aucune réponse , j'ai sujet de craindre qne vous ne Tayea pas reçue , ou qu'un mauvais écxii que ceux de cette doctrine ont envoyé partout pour détourner nosdils seigneurs les prâats de ce dessein , ne vous retint en suspens sur cette proposition. Ge qui fiât, Monseigneur, que je vous en envoie une seconde copie , et qne je vous supplie au nom de Notre-Seigneur de considérer la nécessité de cette lettre par l'étrange division qui se met dans les familles, dans les villes et dans les universités : c'est un feu qui s'enflamme tous les jours, qui altère les esprits et qui menace l'Église d'une irrépanèle désolation, s'il n'y est remédié promptement. • De s'attendre à un concile universel, Tétat des ytaires présentes ne permet pas qu'il se Casse ; et puis, vous savet le temps qu'il fout pour l'assembler, et combien il en a fallu pour le dernier qui s'est fait. Ce remède est trop éloigné pour un mal si pressant. Qui est-ce donc qui remédiera k ce mal? Il faut sans doute que ce soit le Saint*^ége , non seulement k cause que les autres voies manquent, mais parce que le concile de Trente, en sa dernière session , lui renvoie la décision des difficultés qui naîtront touchant ce qu'il a déctété. Or, si l'Église se trouve dans un concile universel canoniquement assemblé comme œlui-lk, et si le Saint-Esprit conduit la même Église , comme il n'est pas permis d'en doutm*, pourquoi ne suivra-t-on pas la lumière de cet Esprit, qui déclare comment il se feut con^ porter en ces occasions douteuses , qui est de recourir au Souverain Pontife? Cette seule raison , Monseigneur, fait que je tous compte au nombre de soixante prélats qui ont déjk i^gné cette lettre sans autre concert cpi'une simple proposition , outre plusieurs autres qui la doivent signer.
i Si quelqu'un estimait qu'il ne se doit pas déclarer si avant sur une naatière de laquelle il doit être le juge, on lui pourrait ré* pondre que par les raisons ci«dessuB il parait qu'il n'y doit point
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atoir de cofieHe, et par coii8éqiieBt qnll ne peut y être JQfe. Mais supposons te contraire , le recours au Pape ne serait pas un empêchement; caries Saints lai ont autrefois écrit contre les nouvelles doctrines et n'ont pas laissé d'assister comme juges aux conciles où elles ont été condamnées. « Si d'aventure il repartait que les papes imposent silence sur cette matière , ne voulant qu'on en parle , qu'on en dispute ni qu'on en écrive , on leur pourrait dire aussi que cela ne se doit pas entendre ii l'égard du Pape, qui est le chef de l'Église , auquel tous les membres doivent avoir rapport ; mais que c'est k lui que nous devons recourir pour être assurés dans les doutes et les agitations. A qui donc se pourrait*on adresser? et comment saurait Sa Sainteté les troubles qui s'élèvent , si on ne les lui mande pour y remédier?
c Si un autre craignait , Monseigneur, qu'une réponse tardive ou moins décisive de notre Saint-Père augmenterait la hardiesse des adveAaires , je pourrais l'assurer que monseigneur le nonce a dif avoir nouvelle de Rome que dès que Sa Sainteté verra une lettre du roi et une autre d'une bonne partie de MM. nos prélats de France, elle prononcera sur cette doctrine. Or, il y a résolution prise de la part de Sa Majesté pour écrire; et H. le premier président a dit aussi que , pourvu que la bulle du Saint- Siège ne porte pas avoir été donnée par l'avis de Tinqulsition de Rome, elle sera reçue et vérifiée au Parlement, c Mais que gagnera-t-on , dira un troisième, quand le Pape aura prononcé , puisque ceux qui soutiennent ces nouveautés ne se soumettront pas? Cela peut être vrai de quelques uns qui ont été de la cabale de feu H. N.^ qui non seulement n'avait pas disposition de se soumettre aux décisions du Pape , mais même ne croyait pas aux conciles. Je le sais , Monseigneur, pour l'avoir fort pratiqué , et ceux-tk se pourront obstiner comme lui , aveuglés de leur propre sens ; mais pour les autres qui ne les suivent que par l'attrait qu'ils ont aux choses nouvelles, ou par quelque liaison d'amitié ou de famille , ou parce qu'ils pensent bien faiire , il y en aura peu qui ne s'en retirent , plutôt que de se rebeller contre leur propre et légitime Père. Nous avons vu l'expérience en ceci au sujet du livre des deux chefs et du Catéchisme de la Grâce ; car sitôt qu'on a su qu'ils étaient censurés, on n*en a plus parlé. Et partant, Monseigneur, il est gran-
c répandre leur Tenin , et c'est aoâsi dérober à ptatsidiuni personc nés de cbndiliini et de grande piété le mérite de robékwnce €' qu'as ont protesté de rendre an décnus du fiaint-JPère aussitôt c qu'As les verront ; ils ne désireàt qM ntoir la yérité , et» en at-. c'^tendant l'effet de œ âésii^, fis demenrent touîcurs de bonne foi c dans ce p^ Qu'ils grossissent et fortifient par ce moyen, s'y c' étant attachés par Tappàrence du bien et de la réfennation qu'ils c prêchent , quî est la peati de brebi» dont les TéritaUea loups se ff so;it toujours couverts pour abuser et séduire les âmes. 'c? Secondement, ce que vous dites ^ Messeigneun, que ia cbac' leur des deux partis i soutenir chaciui son ojHnion laisse peu c d'espérance d'une parfaite réunion , k laquée néaniBoins il c' faudrait butter, m'oblige de tous i^emonMr qu'il n'y a point de
réunion k faire dans la diversité- et eontrariiété ées seantimefis en «^matière de fDi et de religion, qu'en se rapportant k Un tiers» • qui ne peut être que le Pape, au défaut des oeneifes, et que ee-v c lui quj ne se vent point réuniï* en cette manière n'est point eapa-> c ble dV<^^Q^ réunion , laquelle hoh de Ik n'es! pdnt à désôMr : c car leis lois ne se doiveiit jamais réconcilier aveo les crknes , non «plus que le mensonge s'accôMer aveclayMté.
c Troisièmement, cette uniformité que vous déshrez entre les c, prélats serait bien ^ souhaiter,' pourvu que oe'fftt sans pr^u-* c dice de ta foi ; car il ne faut ^loint d'union litun le «ri et dans l[ l'erreur : mais quand cette union* ëe devrait faîfe, eeeerait à la ( moindre partie de revenir k là phis grande, et aumembiie de se «réunir au chef, qui e%i ce qu'on propose , y m' aycnta» moins %[ ^ six parts les ciilq qui ont offert de ^ leàir k ce qu'en dira ^ le i^^ipe, au défaut du concile, qiiine se peet assenblêr k cause « d^ guerres ; et quand après cela il resterait de la divisièn v ei si « yo}» voulez du schisme ,. il s'en faudrait prendre k ceux qui ne « veulent point de jugé , ni se reiidrë k la pluralité des éfâqnes ^ f auxquels ils ne défèrent non plus qu'au Pape.
c Et de Ik se forme une quatrième i^ison qui-i^rt de répimse k •V.ce qu il vous plaît' dé me dire, Messeigneurs , <jee4'un et l'autre c oarti croit que la raison et' la vérité sont de son côté y ce que I l'avoue; mais vous savet bièfii quetousies Mirétîques. en ont dii c autant y et que cela ne les a^pas pourtant garantis de la ^cen** i' damiiation et dès ànathèmes detat ils ont été ftappéipirles pa* c pes et les conciles : on n'a point trouvé qee la réuiiion at ee eux
fiU «a rwjîù de gnërir le mal; m contraire, oa y a appliqué le fer et le feu , et queUpiefois trop tard, comaie il pourrait arri- Yer ici. U eal vrai qu'un parti en accuse Tautre; maie il y a cette différence que Tun demande ées jngee, et que l'autre n'en veut peint, qui eet un mauvais ôgne. U ne veut point de remède, diflFJe, de la part du Pape, perce qu'il sait qu'il eat poesible ; et fait semblant de demander oeluî du concile , paitê qu'il le croit impossible tn l'état présoit des choses; et s'il pensait qu'il fût poiasible, il le n^etterait de même qu'il rejette l'autre. Et ce ne sera point, k mon avis, un eqjet de jrisée aw libertins et hérétiques, non plus que de scandale aux b<ws, de voir les évéquesdivisés : car, outre que le nondMre de ceux quin'auront pas voulu souscrire aux lettres écrites an Pape sur ce sqet sere très petit, ce n'est pas diese extruordinaîre dans les anciens eonei-. les qu'ils n'aient pas tous été d'un même sentiment; et c'est ce qui montre aussi le besoin cpi'ily a que le Pape en eeunaiase, puisque, comme vicaire de Jésns^Christ, il est le chef de toute l'E^îm, et par conséquent le supériew des évoques, f Cinquièmement, on ne voit point que la lierre , pour être lil-> lumée presque par toute la chrétienté , empêche que le Ps^ ne juge av«e toutes les conditions et formalitàB nécessairei, et pieeaîtes pur le concile de Trente, du choix desquelles il se rapporte pleinement h Sa Sainteté , laquelle plusieni» saiMs et anciena prélats ont ordinaireraent consnkée et réclamée dans les doutes de la foi, néme Aant aisemblés,, comnae on voit ehec les saints Pères et dans les Anftdes ecclésîastiquea« Or, de prévoir qu'on n'acquiescera pas à son jugement, tant s'en faut que cela se doive présumer eu craindre, que plutôt c'est. un moyen de discerner par là les vrais enfans de l'Église d'avec les opfaultres.
i Quant au remède que vous proposes , Messeigneuri , de dé« fendre étroitement kl*un et k rentre parti de dogmatiser, je vous supplie très huBBablement de considérer qu'il a été d^. essayé imiàlemeni, et que cela n'a servi qu'à donner pied à l'erreur : car voyant qu'elle était traitée de pair avec la vérité , eUe a pris ce temps pour se provigner ; et on n'a que trop tardé à hi déraciner, vn que cette doctrine n'est pas seulement dans la théorie , maîB que consistant aussi dans la pratique, les consciences ne peu*veni plus supporter le trodile et l'inquiétikle qui naît de ce doute,
lequel se forme dans le cœur de chacun , savoir, si Jésus-Christ est mort pour lui , ou non , et autres semblables. Il s'est trouvé ici des personnes , lesquelles entendant que d'autres disaient k des moribonds, pour les consoler , qu'ils eussent confiance en la bonté deNotre*Seigneur, qui était mort pour eux , disaient aux malades qu'ils ne se fiassent pas à cela , parce que Notre-Seigneur n'était pas mort pour tous.
< Permettez-moi aussi , Messeigneurs , d'ajouter h ces considérations que ceux qui font profession de la nouveauté , voyant qu'on craint leurs menaces , les augmentent , et se pr^arent & une forte rébeIKon ; ils se servent de votre silence pour un puissant argument en leur faveur , et même se vantent, par un imprimé qu'ils publient , que vous êtes de leur opinion ; et au contraire , ceux qui se tiennent dans la simplicité de Tancienne créance s'affaiblissent et se découragent, voyaint qu'ils ne sont pas universellement soutenus. Et ne seriez-votts pas un jour bien marris, Messeigneurs , que votre ncmi eàt servi, quoique contre vos intentions , qui sont toutes saintes , à crafirmer les uns dans leur opiniâtreté , et à ébranler les autres dans leur créance?
ff De remettre la chose k un concile universel , quel moyen d'en convoquer un pendant ces guerres? Il se passa environ quarante ans depuis que Luther et Calvin commaEieèrent à troubler l'Église jusqu'à la tenue du concile de Trente. Suivant cela, il n'y a point de plus prompt remède que celui de recourir au Pape, auquel le concile de Trente même nous renvoie en sa deruère session, au chapitre dernier , dont je vous envoie un extrait, c Derechef, Messeigneurs . il ne faut point craindre que le Pape ne soit obéi , comme il est bien juste , quand il aura prononcé : car outre que cette raison de craindre la désobéissance aurait lieu en toutes les hérésies , lesquelles par conséquent il faudrait laisser régner impunément , nous avons un exemple tout récent dans la fausse doctrine des deux prétendus chefis de l'Église , qui était sortie de la même boutique , laquelle ayant été condamnée par le Pape , on a obéi k son jugement , et il ne se parle plus de cette nouvelle opinion, c Certes, Messeigneurs, toutes ces raisons et plusieurs autres t|ue vous savez mieux que moi , qui voudrais les apprendre de vous , que je révère comme mes pères et comme te» docteurs
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< de l'Église , ont fait qu'il reste a présent peu de prélats en
< France qui n'aient signé la lettre qui vous avait été ci-devant c proposée. ■
Ces lettres de M. Vincent, aussi bien que toute sa conduite en cette affaire , font assez connaître que le seul motif de la gloire de Dieu et du salut des âmes le portait k s'y employer. En quoi il y a sujet d'admirer comme il a su si bien accorder un zèle très ardent pour tout ce qui regardait le service de Notre-Seigneur et de son Église avec une humilité très profonde et un singulier respect pour la dignité sacrée des évéques : car si d'un côté la charité le presse de parler et de leur proposer les sentimens que Dieu lui inspirait en cette occasion, l'humilité et le respect le portent k même temps k se prosterner en esprit k leurs pieds , les suppliant de lui pardonna* cette liberté , et leur protestant encore plus de cœur que de bouche qu'il les révère comme ses pères et comme les docteurs de l'Église, desquels il s'estimerait heureux d'apprendre les choses qu'il ose leur représenta. C'est ainsi qu'il en a toujours usé , et par ce procédé également humble ^ charitable, il a trouvé grâce , et devant Dieu qui a béni en cela ses bons desseins, et devant les évéques qui ont approuvé la sincérité de son zèle , lequel ne tendait qu'k seconder le leur , conformément k l'exemple de plusieurs saints personnages, qui, bien que dans un état de vie retirée , n'ont pas laissé de recourir en semblables rencontres aux prélats de rÉglise, leur donnant avis des hérésies naissantes qu'ils découvraient, afin d'en arrêter le cours.
Pendant que. M. Vincent travaillait de la sorte, les jansémstes ayant été avertis qu'on voulait s'adresser au souverain pontife pour avoir son jugement touchant la doctrine du livre de Jansénius , firent tout ce qu'ils purent pour traverser ce dessein et en empêcher l'effet.
Ils firent pour ce sujet courir un écrit en forme de lettre cirenlaire, qu'ils envoyèrent k tous les évéques du royaume, afin de les détourner de ûgner la lettre projetée pour le Pape : ce qui n'anpêcha pas qu'en fort peu de temps elle ne se trouvât signée de plus de quatre-vingts prélats, tant archevêques qu'évêques.
Voyant donc que ce coup leur avait manqué , ils eurent recours ausieur de N., docteur en théologie, lequel était déjk allé k Rome, et lui mandèrent de faire tout son possible pour détourner le pape de prononcer sur cette consultation des évéques. Et outre cela ,
eraignânt qu'il n'eût pas assez de force prar conjurer eet orage qui menaçait le Kvre de Jansâihis et tous 9a seetateurs, ils eiH voyèrent en diligence trois de leurs docteurs pour le soutenir, et pour faire avec lui tous leurs eiSorts afin d'empêcher, ou du moins rertarder , autant qu'ih pourraient , lejugemon du Pape sur cette
matière.
Cette députatiw des jansénistes ayant été dimlguée, M. Viocent jugea qu^il était très important que quelques docteurs ortbo* dettes et bien intentionnés allassent aussi ii Ronne pour défendre lu vérité contre tontes les entreprises et tous les artifices de sesenne* TÊk. Et par une eondiâte toute ^pédale de la divîne ProvîdeBWi qui veiflé incessamment sur son Ëg^ , il s'en trouva trois de la faculté de Sotlioime, lesquels, soit de leur pro|Hre muuvement^ soit par l'induction de quelques m» de leurs anns^ fomèrent le dessein d'entreprendre ce voyage de compagnie pour le sernes db la religion catboNque. Ces trois furent Mlf . Hidlîer , Jdsel et Um . gault , le premier desquels tet dsfute fait évéque de CavaSIOD pm notre satait père le Pape InnocentX, qui vdulut par cette dignité reconnaître ses truvaui et ses mérites envers lIÈgBse.
M. Tinceni ressentit une grande joie lorsqu'il apprit ta résolip tiott de cesirôis mesrieurs; ei comme il les connaissait partfcuh Hèvement , B les encouragea , autant qu'il put , dans une s» bonne mfreprise , et leur ofirit tous les services qu'H leur pourrait rendre^ soH avant leur départ, soit après leur arrivée à Rome^
Ce n'est pas ici le lieu de déclarer tout ce que ces messieurs odi Ml pour le service de l'Égfise et pour la défense de latérite pendant leur séjour ft Rome, dont ils informaient de teiops en temps M. lacent, duquel afussi réciproquement ib recevaient diverâ; avis de ce qu'ils avaient à faire au lieu o4r ils étaient pour le Mes de la religion; U suffira de rapporter ici une lettre qu'il écrivit h M. Hal-' lier, en l'année 4652^, le SO décembre, sur ce sujet t
c le rends gràcésà Dieu, lui dît'^il, des tieursux progrès qu'il tf d(mne k vos conduites de delà ; je vous remercie très humble* é ment de la bonté qne vous avez de m'en consolen Je vou# « assm«, Ifottsieur , que je ne reçois point de joie plus grande « que celle que vos lettres m'upporfcM , et que je ne pfie point « INeu avec ph» de tendresse pour chose du monde que je fSriu « pour vo» et pour votre affisiire. Aussi sa tfvine bonté me donne- < t-elle une bonne espérance que feMHôt ette rendra ka paii k son
i Éffme i tt qri'àilftfaTftWT/de vosBopfsoites, la vérité ^eraret ooBÉiie vct Totre zèle aatàt^ devant Dieu et devwt les boomte^ : < e'au wqoB oouSiQûDtimwow à loi demander. .Fai|efrfloua par^ , 4 s'tt véiiiipMt^iteve»elièi;^fli|QttV4lles,etc. >
U aembié pir nMotaMne <pie M. Vinoeat a^ait <pielgae presseï^^timèkt de deiir ebdnft^qiii devaîem aniver : Tune ts^i la, condajvmatioii.4e l»ito4riBft éok Ûvne de JiMiséiùiia coptenue d^o/i les mq preposMeu, qui foienvoyéedeBoiiieqncilvieii.moiaapiy^^^r^ Mt^la pMMiiotie« de M. HalUer à la dignitéi épiaoep^le » dont ^ ^ Àé<tfjh parié.
Op V piyvr <S0 41Û ttgarde la.ooiidaiBiiation des cioq pr<^pa«îtiQiia, le leetenr cattoiîqiie aura la saliafeotîoii de voir iei demilaVwqui foreiit éeritfls de Borne k H. Vineenteiur ce aiyelt i^fol l^.origînattx flotit en la anîsonde Seînt-Laaare , k 1?9m., h^ pfeiwèce eetde II. Hdlier, ^ea ces tesmes.:
c Umdi ddniîar, je j^'eua^kttwqae de voo» 4wie up mot, eeeiaie la eoamittoiMm rnndoe centre* ^ipséoioe étaîl t^ avaiitageiM'potflr la débnaetde la MKgioa catbcriiqae et ^(^ ttonr dattiMden de l'etteur. Meaéeimlee jai»âQW^»M^MPtt.4e eçtte ville anjeund'iiiiî , pbv adler/ par Loiette ^ aywt d^pMÎaiqpiùu^ jears fait habitter iem eetafiera ; îla pM.proflw 9H P9pe d'<èéir peneiiieiieiMaii* J-ai de» Mgeta de a'eii défier ^ aywttdit^kilpii» leurs àflldëe qu'île n'étaient pmt coadapuM^; que.leiir seps, qni est le mèneqne celui de Jeeeénlufti s»bai|tait toniîi^iw «'. je sais qii'ifc se rendront rîdîeiilee en disant pela , jutténiui^ étam eondaninéf et les pt»poailaoM eottqie tirées de Janséniusi^et âkéttie tesena donné k la cinq!iièn9# pcopo^on pa^ les jansépiates étant eixpnméméiiiet epédOgnement cei»damQ^,,etleuniwns étant tons eiclna comme impertioens , piir une condamnation absohie : néanmoins eein témoigne d9. Tendiircissenient en l>r^ rêltr , qui ponmr bien troaver des sectateurs , aussi bien pac^del^ qu'en eepais^ei. C'est pourquoi il faut travailler k désabuser les ignorans , et poursuivre puissamment la> publication de la bvlle et la vérification dans les parlemens, dans les diocèses « dans la Faillite, anpiièBdnroietliM.lechancelîeretgardedesAçeaux, des évêqoes et des docteurs. J'ai crainte que M. de Saintntenour ne s'en aille en poste , et ne ranK^rte les cboses tout d'une antre fafon qn'eHes ne se aent passées , disant ^'ils n'ont pm été entendus snfbamment. A qnti on a jfeparti plusieurs fois , premier
rement y qa'il n'a tenu qn'k eax , ayant eu la libené d'iafonner de voix et par écrit les cardinaux de la congrégation et les consultenrs un an durant ; secondement , ayant eu commnnioation de nos écrits , comme eux-mêmes l'avouent par la harangue qu'ils ont faite devant le Pape ; troisièmement , qu'il était inutile de les entendre et nous aussi , ne s'agiasant que d'une doctrine prise du livre de Jansénius , que le Pape a fait exankier soigneusement Y et étant d'autant plus inutile de les onlootdre qu'ils n'allèguent autres moyens pour se défendre que ceux, qui sont couchés dedans Jansénius ; quatrièmement , que ee n'est pas la coutume , quand on condamne un livre , de recevoir autre lumière que celle qui vient du livre mémo , et des personnes sar vantes en la matière traitée dans le livre ; onquiènâement , qu'on a offert aux docteurs jansénistes devant nosseigneurs les cardinaux deux , trois, quatre, cinq audiences, tant qu'il serait besoin ; ce qu'ils ont refusé ; sixièmement , que toutes les fois qu'ils ont donné des écrits, ils ont été hors du sujet, ne tâchant d'obtenir autre chose que retarder , et en retardant empêcher la prononciation du Pape contre leurs hérésies , afin de les semer tout k loisir. Pour ce qui est des moyens par lesquels ils veulent élur der la bulle , il ne faut que les Ure pour les condamner. Us sont vonus exprès pour défendre les propositions présentées au Pape par nosseigneurs les évêques , et empêcher qu'elles ne fussent condanmées; ils en ont voulu empêcher la censure à la Fad^té^ quoiqu'elle fût plus douce : ils ont écrit trois, apologies pour Jansénius : Us ont interprété les propositions au sens dudit auteur , et les propositions ne peuvent avoir autre sens que celui de Jansénius , si l'on ne corrompt la signification des paroles auxquelles elles sont conçues. Le Pape les condamne toutes d'hé* résie , et n'en peut souffrir aucune interprétation : et partant elles sont condamnées au sens qu'ils voulaient leur donner , et qu'ils avaient présenté au Pape : Vbi lex non disUnguit , nec nos distinguere debemus.
« Vous savez que M. le nonce a un bref pour Sa Majesté, que le Pape prie de tenir la main k l'exécution de sa bulle , dont vous voyez l'importance. Il y a aussi un bref pour MM. les évêques. Nous avons été priés de demeurer ici jusqu'k ce qu'on ait reçu des nouvelles comme on se comportera en la réception de cette bulle , l'intention étant ici de condaomer les apologies pour Jan-
séoioB ; le livre de la Gvioe vicloriettae , la Théologie famiMire et autres , dès lors qu'on verra la réception de la bulle. Vous venez par la lecture d'icelle qu'on retranche lontea les clauses ordinaires do s^le , pour ne point préjudider k nos prétentionsi» Ce procédé plein de bomé noua oblige à correspondre par une obéissance vespectneuse, et nous devons faire noa efforts pour ce sujet; el comme les jansénistes l'empêcheront de tontes leurs forces, y faut avoir som de travailler pour rendre leurs eflorts mutiles. 11 laudra informer la reine du scnn, de la diligence, du travail el de la bontô que Sa Sainteté a témoignés en cette ' cause, et lui rq>résent^ le devoir de sa coMciènee, son honneur, et la adreté de l'État du roi son fils ; toutes lesquelles choses se rencontrent en cette occasion. Nous avons été en doute de lui écrire sur ce que M. l'ambassadeur nous a dit qu'il n*en écrivait tim , se remettant k ce que noua en écrivions. Nous arrions aussi quelque penaée d'en écrire à son éminence ; mais k la fin nous avons résolu de n'en rien faôre , de crainte que l'on jugeit que tout notre dessem n'était que d'intérêt, duquel nous sommes très éloignés : mais nous croyons qu'il sera meilleur que d'autres les en instruisent, comme vous le jugerez k propos. De Rome, ce 16 juin 1653. Votre très humble et très obéissant serviteur, Hallier. »
La sec<mde lettre est de M. Lagault , écrite à Rome , le 15 juin 1655 , comme il suit :
c Monsieur, je n'eus pas le loisir, par ma dernière, de vous écrire amplement comme l'ailaire a été terminée contre les jansénistes , parce que la bulle ne ftit affichée que le soir que le coumer partit. Je ne puis mieux vous en faire le récit qu'en disant avec saint Paul : Régi seeulorum immcrtaU , invisir bili , soli Deo , honOT et gloria; parce que Dieu seul a opéré si vBiblement dans cette affaire, que c'est à lui k qui il la faut attribuer tout entière. Le Pq^ lui-même l'a Inen reconnu , et a dit phisieurs fois qu'il n'a jamais senti un pareil contentement que celui qu'il prenait dans les congrégations , où il a demeuré quelquefois jusqu'k cinq heures sans se lasser , et y eût de* meure jusqu'k huit et k neuf, sans la compassion qu'il portait aux théologiens , qui ne pouvaient demeurer davantage sur leurs pieds. De plus , il entend t toutes choses avec une telle facilité , qu'il conférait le 9oir même avec Mgr. le cardinal Chisi , secré*
taire d'Ém, éê tout ce qui s'étak dit. La nmi di Qwii %'esi êAccM hieii hk paraître, et ee qu'ily aeudetpèa gnM^ di£^ eultéâ k mtmiÊÊMt , et qie le Pape a été aeUieîlé de^utea ^oftes de peiecpnea pour bîaaer cette affaire iodéeiae. U y en «rait pliaieiM de conaidération qoi làeliaietil à ledéttHUBW^aiHis pffétexte qu'il intérèaaaii uotableaMot aa aanté : je. se aaia s'il n'y aviôi point encore quelque puiaaante toigue qui Tenait, de Yoa quartiers; le teape noua en apprendra davantage.. IftéannuMMil M, toujours demeuré ai ferme en sa lésMlutkm » ^ue depuis qu'il Ta entreprise , il n'a pas vadUd umnooMil ; uMis il a toa!)onralémeigoé. que cette affaire étant pour Je bien de l'église, il la voulait acfaerer; et il rayait t^lanipntk ecçqrvque lorsque ses parens reliaient yoir pour la divertir ^ îl les en entrer tenait eontinuellement.
t II n'a rten oaûsde ce qin était nécessaire pour lever touti^ tente de plainte : ^tès vingt«cinq eonf^régstieyas et plus , tMues par Wié lee eatfdinaux, il en a tenu dix devant lui. de plus de quatre heuiM endires ; ensuite il a bien voidu entendre <es MM* les jansénbtes, puisqu'ils le aonhaitaicnt, quoiqu'il n'y fût enauoone fa<on obligé, partioulièrement ayant refusé d'être ouïs devant MM. les cardiniiuaL : mais ils débutèrent si mal. devant lui , qu'il ne leur a pas accordé la seconde « kM|uelle ils ne demaiidaient que pour traîner y et voulaient tenir, disaient^ils , jusqu'à vingt-cinq audiences. Ils ne dirent jamais un met 4s 09 dont il s'agissait : ils s'amusèrent à invectiver eoQtre les jésuites et il prouver qu'ils étaient auteurs de plus de oûiqmnta hécéi siea. Le Pape^ voyant leur dessein, s'est enfin réscte à paasec outré, ik n'ont aucun sujet néanmoins de se phindre de lui ; car noua n'avons encore eu qu'une seule audienos de lui,. et en depuis qu*ils sont à Rome en ont en plis de huit ou neuf ; depuis la décision ils en ont encore eu une de plus d'une beure, où ils ont protesté d'obéir : b vous dire franchement , néanmeîna je doute que tous le fasaent ; ils s'en retournent prompiement en France , nonobstant les chaleurs ; il y a très grand sujet dc^ craindre que ce ne soit pour mnpéch^ l'effet de la bulle* « Cependant nous demeurons idl'été par ordre des cardinauXf. qui nous ont dit qu'H était b (Hropos que nous demeurassioiis ici jusqu'à ce qu'on eAt nouvelle de France comme la bulle» aurait été reçue , afin de suppléer ii ce qui y pourrait maequer,
qaeiqne Je né croie ps» qu'on y pitti«e tfovfor rien I r d(8re. M. Hàtter m'a dît qti1lto»ei»«oyaii on «xemph^ de M tmHe* c'est poiirqiKff je ne vew en envoie p» r j'id voiohi tous màn* der cm chosOB an )ong, afin qae tons preniez Is peine de dësabttsor pinrieotis pensonnesqnî probaMemeni seront prévenies de qnttttité de fiRÉBMée^
c l'onbHtift k VMs dnre qn'oni t dtfjiir voeltt fttfùêtt avantagé ieî de ee que ia MIo ne pamt plno dent benre» et demie après qu'elle e«l élé afiehée», et même par ordre dn Pape. Toui^ saurez, Monsieur, que cel» fat fait k desseto: le Pape la it affi-^ eber manuseriM^ et ne voolnt permellre qa'(m en Atfftnlt aucn oienipAairo, parce^ qu'il tmilait en envo^fer aox eottromtea et aitt nonces atMi qoe les pMfeofiera en envoyassent : de stfrte qoll fli ferir des sbirès pour empéelter qn'm la transeri« vit {et la nnh é(Mt venne^ Q la fit lever, selon la eontnme, adn d'Aller aAnner et pronvc^ qu'elle a é^i9k!bêe. Dès ce joar4l même, eiie a été envoyée en Pranee avec an brefpartiettlier an roi, et an antre k MM. fes évêqnes. Le Pape a envoyé vn conrrier eipMsen Pologne pour lasporisr pins promptement, le pays étant i^ns éloigné ; j'espère d^ns queiqne temps d'ici ponvon* envoya qnelqne relation phis effpresse de ee qni s'est passé. « Je vous eoninre, Monsievr, d» eontinder ft remercier IHen d^avoir ptéservé VÈffiêê de France èe tomba* de nonvean dans le oaHkiisme, et de ne pontt oublier aussi dans vos saints Sa^ ertfiee» t^eM qni est de tom son cœur, Monrienr, votre très IhmMe et très obéissant servHenr, Laganlt. c Deptfisla présente éente, eejonrdlmi i6, nons avons été re^ merekir Sa Saimeté, qni nons a donné andience dephis de den heures et demie , et nous a dit qoe nous avions pn savoir tentent les eboses qn^il avait faites devam que de venn h cette décisf on ; comme H avait Alt prier Dien et en pubHo et en particnfier ; tontes les congrégations qnil avait ftiî tenir pour la discnssfén r de pins il nons a eonârmé ce qoeje vons ai déjk écrit dans }a présente f le plaisir singnUer qn'il avait piA^ h cette discussion , et l'asristaftee particulière et sensible qu'il avait reçue du Saint*- Esgpiit en cette rencontre ; qn'il né s'était avancé aucune chose de théologie qu'il n'ait très facilement entendue et retenue. Do plus, il nons a rendu tontes les raiSMS dé sa bulle, point par point, et dit en outre qu'un matin ^ s'éianf ^commande k Dieu,
il avait fait veair un de ses seerétairo^ , et qo'tt la lai avait die* téeeaune matiBée. U nous adilqueDOKmesaieiirs, qae je n'ose plus appeler janaénistes ( car je veux ci*oire qu'il n'y en aura plus), l'aYaient été ranercier de sa déclaration, et lui avaient promis de s'y soumettre endèraneut , et en étaient vernis jusqu'aux larmes. Dieu veuille qu'ils gardent leurs bonnes résolu* tiens. U nous ajouta de plus que leur harangue , quand Ss eu* rent audience publique , ne fut qu'une terrible invective contre les jésuites (ce sont ses propres termes), et que tout ce qu'ils avaient dit n'avait point été à propos. » Aussitôt que la constitution de N. S. P. le pape lanocaitX eut été apportée en France, H. Vincent pensant en lui-oème au moyen de tirer le fruit qu'on espérait de sa publication , qui était la réduc* tion et réunion des esprits qui s'étaient laissé surprendre au faux éclat de cette nouvelle doctrine , il s'avisa d'aller rendre visite aux supérieurs de quelques maisons religieuses , et b quelques docteurs et antres personnes considérables , qui avaient témoigné plus de zèle en cette affaire , afin de les conjurer de contribuer tout ce qu'ils pourraient de leur côté pour la réconciliation du parti vaincu. Il leur dit que pour cela il estimait qu'il fallait se contenir et se modérer dans les témoignages publics de leur joie , et ne rien avancer en leurs sermons , ni en leurs entretiens et conversations, qui pût tourner k la confusion de ceux qui avaient soutenu la doctrine condamnée de Jansénius, de peur de les aôgrir davantage au lieu de les gagner ; que le j\ns expédient était de les prévenir d'honneur et d'amitié dans cette conjoncture, qui, étant humiliante pour eux , pourrait néanmoins les aider k revenir quand ils se verraient traités avec respect et charité , les assunmt que de sa part il agirait de la sorte kleur égard.
Des paroles il passa aux effets , et s'en alla au PortJtoyal visiter ces messieurs qui s'y retiraient d'ordinaire, et les congratuler de ce qu'il avait appris qu'ils se soumettaient k la décision du Pape, comme en effet ils le témoignèrent au commencement , du moins en apparence ; il s'entretint ensuite avec eux pendant plusieui^ heures, et leur parla fort confidemment avec de grands témoignages d'estime et d'affection. U alla voir ensuite quelques autres personnes de condition des plus notables de ce parti , qui promirent toute soumission au Saint-Siège apostolique , en ce qui concernait la doctrine condamnée.
Mais toutes oes sollicitatioiis charitables de M. Vincent n'eurent pas l'effet qo'on espérait, et les œnyres ne répondirent pas aux bonnes paroles qu'on lui avait données : car quoiqu'il y en eût plusieurs parmi les sectateurs de Jfansénios qui furent touchés d'abord, et qui conçurent en effet un déâr de se soumettre au îngement du chef de rÉgKse , le déguisement néanmoins et les prétextes dont les principaux chefs de ce parti coloraient leur dwtination \ soutenir cette doctrine condamnée furent tels, qu'ils prévalurent en beaucoup d'esprits contre tous les avertissemens extérieurs et tous les mouvemens intérieurs qui les portaient k reconnaître et confesser la vérité.
Nonobstant cela, lorsque la nouvelle constitution de N. S. P. le pape Alexandre Vil, par laquelle il confirmait et expliquait celle d'Innocent X, eut été publiée sur la fin de Tannée 1656, H. Vinrent, pressé de son zèle ordinaire, retourna encore sur ses mêmes pas , et renouvela les mêmes visites et les mêmes instances envers les plus considérables de ce parti , qui pour cela ne témoi- ^èrent pas plus de soumission pour cette seconde constitution q[«e pour la première : de sorte que ce fidèle serviteur de Dieu, voyant bien quil n'y avait rien k gagner sur des esprits si mal disposés , tourna ses pensées et ses soins pour travailler k la conservation de ceux en qui la foi était demeurée saine et entière , et pour les prémunir contre la contagion de ces nouvelles erreurs. n employa ses premiers soins, selon que l'ordre de la charité le reqnénît , pour maintenir ceux de sa Congrégation dans la pureté de la foi et de la doctrine de TÊglise. A cet effet, il leur paria pluaienrs fois dans lears assembliées de communauté , pour les convier de reconnaître combien ils étaient obligés à la divine bonté de les avoir préservés de ces nouveautés, qui étaient capables de corrompre et de perdre leur Cxmgrégation. Il leur recommanda de prier Dieu pour la paix de TÉg Hse , pour l'extirpation de ces nouvelles erreurs , et pour fa conv ersion de ceux qui en étaient infectés, n leur dtfendit de lire les Irvres des jansénistes , ni de soutenir directement ni indirectemait leur doctrine , ni aucune des opinions qui la pouvaient favoriser . Et apirès cela , s'il en rencontrait quel* qu'mi que l'on reconnût y adhérer en quelque manière que ce fût, il le retranchait aussitôt comme un membre gangrené, de peur qu'il ne vint k infecter et corrompre le reste du corps. Ayant ainsi pourvu k la conservation et sûreté des siens, il
étendit fie^^soiai pour ^ocurer te ipéme bieaen pla^iears caounusautés religieiues , qu'il présierya par ses conseils et par «e» charitables entremises de la cont^on de ces nouvelles erreurs, et par* ticulièrement plusieurs mom^tèrea de relifipieuve^ , qui dwvent, après Dieu , leur conservation à son zèle et k sa cbarité.
Il suOira de joindre à tout ce qui a ité dit un exemple de cette même charité t qui embrassait volontiers toutes les o^caiiona qui se présentaient pour procurer ca même bien , non seulement danalas communauté, mais aussi k regard des personnes pavticviiîèrea, auxquelles il tendait le^ bras ^vec une affection toute cfurdiale , mi pour les retenir et conserver dans les aentimenlta wtbo4oiea lora* qu'il les j trouvait^ soit aussi pour les relever de Terreur lorsqu'elles :if éi^ent tombées 1 et qu'ailes témoignawiit quelque dispo^ sitiondi'eAs^ltirv
Il y avait UA dQCl,eur de la Faculté de la maison de$QrbOQne qui se trouvait en^é dans le jansénisme , non seutement par Vattacbe ^'il «vait ^ cette nouvelle doctrine^ maïs eiaçore plus par quel^ ^e^ liaisons particulières avec des persoimes de condition et 4'aiH tQriti^ qui ^t^ent de ce parti. La constitution d'Ijwç^nt m l'avait aseei (ortement toud^é; et si elle ne l'avait ^u^nmm oonxertîf 9n moins il.se; trouvait grandement ébranlée C'est poucqwti, dans \e3 djQitttf^ et perplexités qui agitaient son «sprH, il s'^^visa de^£»iro une retraite ^ Saint^l^azare ^ où, après avoir be«uGoiip4Qwté tontes l^ penaéeaqui lui, venaient en Vei^tsw c^si^, il déelai^mfin )i ¥< Vincent qu'il 4uût dans le dessein de qiMMw ces opinions de iansému^ , pourvu que le Pape le vouHt éclairok 4e quelques dettes q^ilui rea^nt, lesquels il exposa dnnsi we lettre qu'il éei^it^&a Sainteté. Mi Vincent lui en procura we répense tort lavomble, qui le dis(H>sait sn^yement k renoncer 4 cette 4oetrine cwnd^^ mais w lien de suivre promptement et. sans hésiter cette semoMe paternelle «t ces mouvemens intérieurs -qî^e Pieu lui denvû^, il eut trop d'égard aux respecu humains, et il jMréféra la gloire des ^wmmes k celle qu'il devait rendra i|^ Dieu. Cela «i'enq4chft pas que M« Vincent ne lui fît 4e nouvelles^ ins^wees i et ne le pressât de le déclarer ; «i quoi il ne répondit autre ohose, sinm qu'il ne pouvait se résoudre i désavouer une do'OtrûMi qii'it sMnbtoit que Dieu ^ prouvait par les miracles qu'on disait a^'etre f^ au Pov^ojmK Sur cela, H^ Vinoentlui écrivit, la lettre suivante.) etluiejoiv^QrnleB papiers dont elle parle :
« Je Toosenfoie , l»4i^•il > la noutaHe coBBëlittioii daN. S. P. It Pape, qai oosftne eelIeâlmoctnlXetdaaaotres papeaqiii ont oondEmné idsopiwi» ncaveUeiée Janaénnis. iecaiw, Monsiear, quémnslalroiiimea tftlIeq[ailiie?o«a restera piosdaliea dedooter, aprèiTaeeepaydott et pnMiealîoDqQ-eBO&t fûtes bo^ seigneurs les prélats tant de fois assemblés sur ce sqet , et dejpaia pm , MMeigoenrs de l'aasenUée da ekrgé , qui en oit AA imprimer onerélaiioDque je tMs envoîe ansri, et enfin ^lès la wnsnredeSorbonne, et la lettre qœ Mnsaétééorîieparorërô de Sa Sainteté.
t J'espère qu'k œ coup, Monsienr , tous donoeres la gloire ^ Dieu, et TédificalionkMnËg^, qne chaeon atlekidde.TMS en eetae ocoasion : ear d'attendre danntage, il est à eraindea 91^ l'esprit malin , qui emploie tant de sonpleases fpat éltuler la vé-i rite, ne tous mette ttnperQept9)lemnt en tel état, que vous n'anrez plus tant de forées 4e le faire , pour ne vonsétrepaspré^ valu de la ^oe% depuis un si long temps qu'il j « qu'elle vous aoUîette par des moyens si suaires et si puâssaap , fne je n'ai pas oui £re que Dieu en ait employé de teûh regard de •qui que ce 8oi( de ee o6té«4ài. r ii ;
< Dédire, Monsieur , qtte les miracles que ftiil la sainte épine •iHi Port^Ro^al semblent apprevrer la doctrine qui se profease en ^e ëeU'Ui, voussanw celle de saint TbomaB» <qu est qne jamais Dieu n'a confirmé les erreors par éts mmdea , fondé sttr wque 4a vérité nepeut autoriser le oÉbnionge , ni la lumîèpe les téliè^ lires. Or qui ne i^it que tas propeeitkms soutraues par ce parti sont des erreon , pidsqa'eOes sont condamnées t Si donc IMen fait des miraeléB , ce n'est peiot pour autoriser ces opinions, qui porlettt k faux \ mais peur en tirer sa gloire en quelque antre m»-
c S'attendre que Dieu envoie un an^e poor voqs éclairer d»vaMage, il ne te fem pas; il tons renvoie k l'Église, et l'Âglise assemblée è Tnsnte vots renvoie an SaintvSiége, a» sqel'dont
-« ii^èst ^pMStidk , ainsi qu'il pnrdit'par le dsfoier chapitre ée œ
« coiKJIe.
'(i) DaBi lé tempi ((ne V. tinedot étMi e«tte lettre, oQ Sùtna tu ptAiRe , pi/lr téù cbÉèeil , M «criitatUiriè ! Jféfmuê êê h •érité taihêUqm iê^àkém Itt mirmkt^ ht !•- 4i«4 m ft^nâH d« UiW eoru mx ftoiiei ^MquBttCM ipie Ton yovUH tirer dti. miracles prèleodaf da Port-Royal, et Ton fit yoir si clairement qa'ils ne raTorisaicnt en rien ies errears Set Janséntiles; ^Q^fts ne trout^retil aticiiQ lieu ll*y rép«n4èo.
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f D'attendre qne le même saint Ângostm revienne d'expliquer ltti*-m6me , Notre-Seigneur nons dit qne û l'en ne croit pas anx Écritares , on croira encore moins à ce <piie les morts ressascités nons diront. Et s'fl était possible qne ce saint revint , il se.sonmettrait encore , comme il a fait autrefois , au souverain pon-tife.
c D'attendre le jugment de quelque faculté de théologie fameuse, qui décide encore ces questions, où est-elle? On n'en connaît point dans l'état du Christianisme une plus savante que celle de Sorbonne, dont vous êtes un très digne membre, c D'attendre, d'un autre côté, qu'un grand docteur et très homme de bien vous marque ce que vous a,vez. à faire , où en trottverez-vous un en qui ces deux qualités se rencontrent mieux qu'en celui k qui je parle ?
c II me semble , Monsieur, que j'entends que vous me dites que vous estimez ne vous devoir pas déclarer si tôt ; afin d'amener avec vous quelque personne de condition. Gela est bon ; mais il est k craindre que , pensant sauver du naufrage ces p^nsonnes* Ik, ils ne vous entraînent et noient avec eux. Je. vous dis ceci avec douleur, d'autant que leur salut m'est aussi dier que le mien ; et je doionerais volontiers mille vies, si je les avais, pour eux. Il semble que votre exemple les fera bien plutôt revenir que tout ce que vous leur pourriez dire. Tout cela donfe posé , au nom de Dieu, Monsieur, ne diSértz plus cette action, q/ti doit être tant agréable à sa divine bonté; il y- va de votre propre salut , et vous avez plus de sujet de craindre pour vous-même que pour la plupart de ceux qui trempent dans ces erreurs, parce que vous en avez reçu, et non pas eux , un éclaircissement particulier de la part de notre Saint^Père. Quel déplaisir auriezvous , Monsieur, si, remettant plus long-temps à vous déclarer, on venait k vous y contraindre , ainsi que la résolution «n a été prise par nosseigneurs les prélats! C'est pourquoi je vous supplie derechef, au nom de Notre-Seigneur, de vous hkter, et de ne pas trouver mauvais que le plus ignorant et le {4us abominable des hommes vous parle de la sorte , puisque ce qu'il vpus dit est raisonnable. Si les bétes ont parlé et les méchans prophétisé , je puis dire aussi la vérité, quoique je sois béte et mécÀîant. Plaise k Dieu vous parier lui-même efficacement , en vous faisant connaître le bien que vous ferez ; car, outre que vous vous
« mettrez en l'àat oU IMea^ous demande, il y a sujet d'espérer « qn'à votre imitation one bonne partie de ces Messieurs-là revien-
< dront de leors égaremens; et, au contraire, vous pourrez être
< cause quils y demeureront, si vous, retardez ce dessein; et je « doute même que vous Fexécutiez jamais : ce qui me serait une • affliction mortelle , k cause que , vous estimant et vous afiéc* « tionnant au point que je fais , et ayant eu l'honneur de vous sei^ c vir en la qualité que j'ai fait, je ne pourrais, sans une extrême c douleur, vous voir sortir de l'Église. J'espère que Notre-Sev* i gneur ne permettra pas ce malheur, comme je l'en prie bien c souvent , qui suis en son amour, etc. >
Par la réponse que ce docteur fit à cette lettre , il donna derechef quelque espérance de son retour, et il ne tenait plus , comme il semblait, qu'à trouver le temps et la manière convenables pour exécuter ce dessein et, comme il disait, pour en ramener aussi plusieurs autres avec lui. M. Vincent dressa même un projet de ce qu'il avait à faire et k dire. Hais ce docteur fit tant de. façons, que tous ses hoBs desseins furent sans effet , en sorte qu'il demeura toujours dans ses premières erreurs , nonobstant ton» les effort» de la charité de M. Vincent pour l'en retirer.
Mais finissons ce chapitre par. nne réponse; digne. 4e^ son zèle, qu'il fit à un honime d'honneur et de ôiérite^ lequel était préoccupé d'une grande estime non tant pour les savans d'entre les jansénistes que pour quelques personnes riches qui les appuyaient, voyant lesgrandes aumônes qu'ils faisaient; ce qui le tenait comme en suspens, n'osant pas en son cœur c<»idamner des personnes qu'il croyait si charitables et vertueuses. Cet homme donc, qm d'ailleurs était lié d'amitié avec M. Vincent, l'étant un jour venu voir, lui demanda s'il n'y avait pas moyen d'apporter quelque tempérament à la chaleur avec laquelle on pi;essait ces Messieurs du Port-Royal : « Quoi, loi ditril, les veut-on pousser à bout? Ne « vaudrait-il pas mieux faire un accommodement de gré à gré? Ib € y sont disposés, si on les traite avec plus de modération, et il € n'y a personne plus propre que vous pour adoucir l'aigreur qui € est de part et d'autre, et pour faire une bonne réunion. »
A quoi M. Vincent répondit : c Monsieur, lorsqu'un différend est c jugé, il n'y a point d'autre accord k faire que de suivre le joge^ « ment qui enaété rendu. Avantque ces Messieurs fussent condam- < nés , Us ont fait tous leurs efforts afin que le mensonge prév^ltt
%»> Où 19
M sur Ia véritéif ^ ^nt votla empoitèr le itestm avec iMt û*^jh r* ^em* <|«*è peine ofNntM>ii Imt «ériMèr, ne vottaM pMrlora eo^ « teftdre k ànciuie oompMiiaii. Dtpim mtee qm le Seifit*Siége % Si décidé les queMiei» k leur désaMoiage^ ils oui domié divers t AéÉS Mt eominAHM» pour «û ékrdelr IVilèc. Et quoique d'tiK t lettrsflè aient Mt «èmUMt dem somnettre MMètemeni au Père ^ tommmdesMèleB^^tdeMoeYeirleaeoiiAHiitîomdaiialevé^ « tftable eena anquel il a eoidanuié les propoBitiôfisde#aittéDi«is,
Y néanmoifis les écnvidns île leur parti qti ont sooien des opi^ 4 nioiisetquieiitMcdesMtvesetdesatMlo^esiMMirlesdéfen
« n'ont pas encore dit ni écrit on Mot qni ps^oisse pour les désa^
Y vOner : ^Ue «iién dmc poutoMMovs faire avec e«i ^ s'ils t n'ont «Me véitaAte et sfincère intention de se wmettps? QocAe k inodéntiottpeoMnikpporterkeaqiierËgliseadécidétOeaoii ^ des inatiènes de M qm ne peuvent eouflrir dTalléralion ni rece^ t voir de «omposKon ^ «t par conséquent nfOna ne ponvom pas les « ajinter aui sieniiniens de ces Ifessieiflrs4à ; inais c'est à eux 4 t soionetim les hwières de leiir esprit et k ne réunir à nott
t nne mèmre créance et par une vraie et ôncère sommission Sfa c chef de TÉglise. Sans oeta ^ MoMiear, il n'y a rien % f!hinei^*4 « prier Dieu ponr leur conversion. »
Vollk un pkk crayon de la femesé avec InqneUe H. Vincent s'est leiijosfrs opposé k tous oê«t qsn sonienaient la ds«nrii!è de tm^ éénins. Depnis qu'Ole a été ^Midamnée ^ l'Égiie^, il b'im iou«- Jemrs ^uvetlèsient déclaié sur ce «ujet , et â estiÉMil xf» \m, V6iTtriAeKMbolîqne devait «e comporter de 4a soMOs et qme'Miiftm «^ès'grttid mal de ^fesionitar on terRivemer^ «t eneole ptas èe se lenir dans nne espèèe d'indiflërence et de nentralilé quand tf if^istoit de la {bf et^e la religion, Osr quoiqutn Mt Mi^taM dlivis tju'on dcfvàft agir iivec modémâon et même avec dimUé Mvers ceux qui adhéraient k cette doctrine oondanmée, pom* procurer, s'il se pouvait , leur conversioo , il tovilait néanmoins qu'eto y joi- •gnti uM grasrde fermetëv et tenait qu'une nouveite hérésie était ^n mal qu'il ne feMait ni flatter ni plifirer en qMique personne que ce fût; et q»e > comme il n'était pas permis de ju^ témérairement d'aucun , c'éi^it aussi un autre mal encore plus dangemii de vouloir, par tme fausse fèai^té ou autre motif enoosepiiK vMëui, bien jnfger de tJ^m qu'on devait tenir pour Mréiiqnes on suspects 41iétésie ; et qu'il y avult 4ion seulement ^mérité , mate njuiîtiee
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et même impiété, de ne vouloir pas condamoer ceux que l'Église condamne , et encore plus de les soutenir et de vouloir juger rÉglise même ou condamner les jugemens qu'elle porte parla bouche de son chef et de ses prélats.
Or, quoique M. Vincent se soit ptnrté avec un tel zèle ocmfire le jansénisme et qu'il ait fait tous ses efforts pour le détruire, il sa» Tait néanmoins fort bien distinguer ke erreurs condanmées d'avee la morale relâchée qu'il ne pouvait approuver, comme il l'a témoigné ouvertement en diverses occasions, ayant tooîouffs recommandé aux siens de s'attacher fortement à la SMurale vraiment chrétienne, qui est enseignée dans l'Évangile et dans les écrits des saints Pères et docteurs de l'Église , louant grandement les prélats et la Sorbonne qui ont condamné ce relâchement aussi Uen que les erreurs de Jansénius, et recevant avec une ^[sie joie ce que le Saint-Siège apostolique avait prononcé wr l'un et sur raatee.
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