‹ Vie de Saint Bernard, abbé de ClairvauxChapitre 2 sur 58 · Cf. Bernhardi, Lolhar, p. 075-1579, 699-70Ï · texte numérisé non relu

Cf. Bernhardi, Lolhar, p. 075-1579, 699-70Ï

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portaiice , Gapoue et Bénévent. Robert de Capoue fut aisément rétabli dans son duché. Il semble que ses vassaux aient impatiemment attendu son retour pour secouer le joug du roi de Sicile (1 ) , tant leur soumission fut prompte et spontanée. Bénévent, encouragée à la résistance par son évêque Rosseman, partisan de Roger et d'Anaclet, fit d'abord mine de se défendre (2) ; mais elle ne put tenir contre les troupes du duc de Bavière, qui trouva, du reste , par les soins du cardinal Gérard , des intelligences dans la place. Le 23 mai, elle se rendit.

Les chroniqueurs ont vu dans la rencontre de Lothairc et d'Innocent II à Bari (30 mai 1137) (3) un gage de l'union de r%lise et de l'Ëtat. Cependant la concorde fut plus d'une fois troublée par les prétentions rivales des deux pouvoirs pendant les quatre mois qui suivirent, au grand scandale de l'abbé de Clairvaux (4).

Lothaire quitta Bari le 23 ou 24 juin, s'empara de Melfi, et , après un repos de plusieurs semaines sur les bords du lac de Pesole , dirigea sa marche vers la Méditerranée. A son approche Saleme capitule [9 août). Toute la partie méridionale de la Péninsule tombe en son pouvoir. Innocent Il et saint Bernard assistent à ce triomphe et viennent camper avec l'armée allemande au pied du Mont- Cassin (13 septembre) (5).

(1) Pet. Disc. Chron. Casin., loc. elt., p. 817; Falco Benev., ap. Muratori, V, 121; Annal. Saxo, loc. cit., p. 773.

(2) Les troupes ducales «rrirèrent sons les murs de Bénévent le 23 mai : Decimo kalendas Junii (Falco, loc. cit., p. 121). Sur l'importance de Bénévent qui comptait alors ii sufFraganta, cf. Fabre, Liber censuttiu, p. 35-36; Duchesne, Liber Ponlif., U , 275 , mie 4.

(3) Annal. Saxo, loc. cit., p. 773. Cf. Bernhardi, Lothar, p. 707, note 42.

(4)Bern., ep. 144.

[5] Cf. Bcrnhardi, Lolkar, p. 718-747.

Cette période de la guerre est particulièrement intéressanté pour l'histoire des rapports de l'empire et de la papauté. Après la capitulation du château de fiari , Ro^er, désespéré , avait fait porter à Lothaire des propositions de paix. Il consentait à se retirer en Sicile et à payer aux Allemands une indemnité de guerre , à la condition que l'un de ses fils recevrait l'investiture de l'Apulie, pendant que l'autre resterait auprès de l'empereur comme otage. C'étaient là des oITres qui n'étaient pas à dédaigner; mais Lothaire, enivré de ses succès , refusa de traiter avec un vaincu qu'il regardait comme l'ennemi irréconciliable de l'Église (1).

Ce fut une faute capitale; et, avant que deux années se fussent écoutées , l'empire et la papauté devaient porter la peine de ce refus hautain.

Qu'allait devenir l'Apulie? Lothaire, qui sentait combien sa conquête était précaire, confia à Rainulphe, duc d'Aiife, le soin de la consolider; et pour l'aider k remplir cette mission, il laissa sous ses ordres une partie de l'armée allemande. Le choix impérial ne pouvait qu'être agréable au souverain Pontife. Mais lorsqu'il fut question de donner l'investiture au nouveau titulaire du duché reconquis, Lothaire et Innocent 11 se trouvèrent en désaccord sur les droits respectifs de l'Ëglise et de l'empire dans cette partie de la Péninsule. S' appuyant sur un privilège de Louis le Débonnafre, confirmé par Othon 1" et Henri H, le pape réclamait la suzeraineté de la Campanie et de l'Apulie, suzeraineté récemment reconnue par le duc Roger lui-même. Lothaire opposait à ces titres, selon lui apocryphes, l'exemple de quelques-uns de ses prédécesseurs qui avaient exercé une autorité absolue sur l'I-

(I) '< Semipagano tyranno. o Annal. Sai^, loc. cit., p. 77i.

talie méridionale. Faute de documents écrits, qui sont en pareil cas les seuls arguments péremptolres, la discussion aurait pu se prolonger sans fin. Dans l'intérêt de la paix, les deux souverains ajournèrent la conclusion du débat jusqu'au moment où ils pourraient consulter les diplômes renfermés dans les archives du Latran. Ils donnèrent, simultanément, l'investiture au duc d'Alife. Et Rainulphe , de son côté , rendit hommage et jura fidéli lé à ses deux suzerains provisoires, d'ahord au pape, puis k l'empereur (1).

Faut-il attribuer à i'ahbé de Clairvaux cet heureux accommodement? Si l'on juge de son sentiment par ses écrits , il semble qu'il ait été enclin à donner raison h Lothaire contre le souverain Pontife. Ne venait-il pas, en effet, de déclarer que l'Italie méridionale relevait de l'empire? Est Ciemris propriam vindicare coronam ab usurpaiore Sicvlo [2). Mais peut-être faut-il moins tenir compte de la lettre que de l'esprit de cette phrase, jetée sur le parchemin dans le feu de l'improvisation et destinée à exciter le zèle de Lothaire, défenseur légal de l'Église romaine. L'Ëglise restant la cliente de l'empire dans les choses temporelles, n'étail-il pas permis de dire d'une façon oratoire que le roi de Sicile, en violant le territoire pontifical, s'attaquait à l'empereur?

Toutefois, il ne nous parait pas invraisemblable que Bernard ait ignoré les droits particuliers de la papauté sur l'Italie du sud. Vivant en France et appelé d'une façon imprévue à s'occuper des affaires si complexes de la cour romaine, quoi d'étonnant qu'il ait laissé échapper des er-

(I) Romoald, loe. cit., p. 422; Otto Fiising., Chron., VI, 20; Pet. DJa«., Chron. Castn., IV, 117, loc. cit., p. 833; FbIco Bene»., loc. cit.. p. 122, Cf. B«rnhardi, Lothar, p. 745-7*7.

(î) Ep. 139.

reurs de langage en une matière purement diplomatique ? Le débat qui s'ouvrit devant lui , et dans lequel il n'intervint qu'après avoir entendu les deux parties, lui révéla l'étendue de la souveraineté pontificale au delà des Alpes. A ses yeux cette forme purement politique et féodale de l'autorité du pape n'avait sans doute qu'une importance secondaire. 11 eût volontiers sacrifié les droits si éoergiquement défendus par Innocent H, pourvu que, en retour, Lo- Ihaire garantit à l'Ëglise une protection efficace et une entière liberté. Mais le souverain Pontife, fidèle à la conduite de ses prédécesseurs et soutenu par le cardinal Gérard , n'avait garde d'abandonner à l'empire la moindre parcelle de son pouvoir temporel. Devant l'attitude si ferme des deux souverains, l'abbé de Clairvaux ne put que jouer le rôle de médiateur; et la résolution adoptée est, on peut le croire, due en grande partie à ses exhortations.

Son intervention dans l'affaire du Mont-Cassin fut plus éclatante encore et non moins heureuse. La conduite équivoque de l'abbé Raynald ayant éveillé les soupçons de Lothaire , celui-ci le manda h son tribunal sur les bords du lac Pesole. Ce fut une occasion pour Innocent de revendiquer ses droits, méconnus par le duc de Bavière [1).

11 fallut donc examiner avec la plus scrupuleuse attention les droits particuliers de l'empire et de la papauté sur l'abbaye et remettre en discussion la légitimité de l'élection du sous-diacre florentin. Lothaire eut la bonne forlune de compter parmi les juges du conflit le bibliothécaire du Mont-Cassin, Pierre Diacre, adversaire acharné du souverain Pontife, menteur effronté, qui se chargea de produire des diplômes falsifiés en faveur de

(1) Voir, pour loule celte affaire, fier'nhardi, Lothar, p. 72Ï-733.

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l'empire (i). Personne ne parait avoir soupçonné la fraude (S) , et Innocent II abandonna ses droits politiques sur le Mont-Cassin.

Mais cette première conclusion laissait entière son autorité spirituelle. Et sur ce point ni lui, ni les cardinaux, ni saint Bernard n'étaient disposés à transiger, il exigea, en effet, que Raynald et ses religieux lui promissent obéissance et anathémalisassent le fils de Pierre de Léon.

Le conflit, qui avait duré douze jours (3), paraissait définitivement éteint. Mais il se ralluma le 15 septembre, avec «ne nouvelle vivacité. Innocent II , en recevant les serments d'obéissance de tous les membres de la communauté, n'avait nullement entendu ratifier l'élection de Raynald. Cette-élection fut donc soumise à une nouvelle enquête. C'est ici que se révélèrent avec un caractère particulier les dangers et les abus de l'ingérence de l'État dans les matières religieuses- La question de la canonicité d'une élection abbatiale était évidemment du ressort de l'Église. Pour la traiter, le pape, qui résidait à San- Germano, envoya le cardinal Haimeric, le cardinal Gérard et l'abbé de Glalrvaux au Mont-Cassin.'Mais Lothaire s'op^ posa à l'exécution de leur mandat, sous prétexte que

(Ij Le riicit de Pierre Diacre est ém^iillé de tant d'erreurs et de men. soDftes que Baronius {ad atin. 1138, d" 14) le rejette absolument. Nous croyons néanmoio» avec Bernbardi que de ce fumier on (leut encore retirer quelques perles historiques. La Térité échappe quelquefois à l'aateur malgré lui. Voir, sur tes faUiBcalions et les mensonges de Pierre Diacre, Bernbardi, Lothar, p. '!3 et 730, notes 44 , 50 et 51.

{1) Lolbaire lui-même parait avoir été victime d'une supercherie dont il recueillit d'ailleurs le bénéfice. « Quo viso imperator jam dicta prEecepla accipicns deosculatus est, moique in hmc verba prorupit : fiiipÈTatorum... ista eiseprxcepta , demonslraniibiti ligillil, cognovi' mua. • Pet. Diac, Chron. Casin., toc. cit., p. 823.

(3) Du 6 au 18 juillet. Cf. Bernbardi, Lothar, p. lia et 732, note 59.

l'abbaye était un flef de l'empire; et il se mit en devoir de remplir lui-môme les fonctions de juge , avec le concours de son clergé, en présence des délégués du souverain Pontife. Ces empiétements de l'autorité civile indignèrent tellement Innocent II qu'il menaça de suspendre de leur office les archevêques, évoques et abbés qui les avaient autorisés par leur connivence. Mais alors, soit crainte, soit remords , l'empereur désavoua sa conduite et permit aux commissaires pontificaux d'instruire la cause de Raynald.

A l'unanimité, le nouvel abbé fut déclaré impropre à exercer sa charge. L'abbé de Glairvaux prononça à celte occasion, dans la salle capitulaire, un discours que le chroniqueur du Mont-Cassin ne nous a malheureusement pas conservé (1). A la vue du désordre politique et religieux dans lequel il trouvait l'abbaye, fondée et gouvernée avec tant d'autorité par le patriarche des moines d'Occident, ne dut-il pas s'écrier : « Quel état et quel état! 0 abbas et abbas! Cb lieu n'est plus que l'ombre d'un grand nom, magni notninis umbra (2)! » Les délégués d'Innocent 11 se rendirent ensuileà l'église; et là, en présence de Lothaire et de toute sa cour, ils prononcèrent une sentence de déposition contre Raynald, qui se soumit simplement et déposa sur le tombeau de saint Benoit les insignes de sa dignité, la crosse, l'anneau et la Règle du monastère.

L'élection de son successeur fut si orageuse, qu'elle faillit encore amener une rupture entre le pape et l'empereur. D'après les statuts du couvent, les religieux devaient choisir leur supérieur en toute liberté. Mais Lothaire, qui avait intérêt à voira leur tête un homme selon

- (!) <• In capitulo resederunt in quo po3t peracluni ab abbate Claravallensi sernionem, i- etc. Cbron. Casin., p. 837. {7) Cr. Panégyritiue de suint Denolt. ap. Higne.t. CLX.\X111, p. 377.

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son cœur, sut adroitement leur imposer l'un de ses conseillers, Vibald, déjà abbé de Stavelo; et Innocent II fut contraint de ratifier ce choix (1). Pour élre juste, nous devons reconnaître que le nouvel abbé était digne à tous égards des délicates fonctions qu'on lui confiait. Mais la cour romaine ne pouvait voir sans regret passer aux mains d'un étranger le gouvernement du Mont-Cassin, un chef d'Ordre si considérable.

L'investiture de Vibald par Lotbaire marque l'apogée du succès du monarque allemand pendant sa seconde expédition en Italie; elle en marque aussi le terme. Dès le lendemain, le vainqueur du roi de Sicile fut envahi par le pressentiment de sa mort prochaine et, quelques jours plus tard , par le sentiment non moins poignant de la fragilité de son œuvre. Arrivé à Farfa (5 octobre 1137), et sur le point de quitter l'Italie, il chargea, de concert avec Innocent II, l'abbé de Glairvaux de retourner en Apulie (2).

Gs n'est pas sans une profonde répugnance que Bernard accepta cette mission , dont le but était assez mal défini (3). Le mauvais état de sa santé aggravait encore un fardeau déjà lourd pour ses épaules. Sous l'influence d'un climat que les chaleurs de l'été rendaient malsain, son estomac si délicat s'était complètement délabré, et la tristesse, compagne habituelle des douleurs nerveuses, s'était emparée de son âme. On aime à retrouver sous l'armure de la sainteté ces sentiments, nous dirions presque ces faiblesses,

(l) Pel, Diac.,p.837,838et 839. CF. Bernhardi, £o(fior, p. 757-759.

(2)i Inslanlissima poslulalione iinperaloris apoUollcoquemaDdato... trahimuT in Apuliam. » Bernard, ep. 14i, Cr. Chron. Casm.,p. 840.

(3) Betahardi [lotkar, p. 77â) insinue à torl que cette mission avait élé concertée enire Bernard et Innocent II, à l'inau de l'empereur el contre lui. Cf. note précédente.

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14 VIE DE SAINT BERKAllD.

si naturelles à l'homme : « Je prie le Ciel , écrivait-il aux abbés de son Ordre vers le commencennent du mois de septembre (1), je prie le Ciel qu'il vous fasse sentir combien j'ai besoin que vous ayez pitié do moi ; je me sens mourir. Or, si vos soupirs frappent les cieux , Dieu vous exaucera et par pitié il me dira : <c Voici que je te rends à « tes frères, tu ne mourras pas au milieu des étrangers, u mais au milieu des tiens. » Tant de labeurs en effet et tant de douleurs m'accablent, que souvent la vie m'est à charge et à dégoût. Mais, encensez cette faiblesse , je voudrais que la mort tardât jusqu'à mon retour, afin que je meure, du moins, au milieu de tous. » La lettre qu'il adresse un mois plus tard à ses frères de Glairvaux , respire la même tristesse : « C'est le pâle spectre de la mort, dit-il, que je vais traîner en Apulie. » Toutefois, comme les intérêts de TËglise sont en jeu, il obéit sans hésiter au désir de l'empereur et à l'ordre du souverain Pontife (2).

Les appréhensions de Lotbaire n'étaient que trop justifiées. Roger, qui avait attendu patiemment en Sicile l'éloignement de l'armée allemande, débarqua à Salerne dans les premiers jours d'octobre avec ses terribles Sarrasins. Trois semaines lui suffirent pour ruiner complètement l'œuvre de l'empereur, encore mal affermie. Nocera, Pouzzoles, Alife, Teléze, Capoue, Bénévent, de gré ou de force, lui ouvrent leurs portes. La plume se refuse h. décrire les atrocités que ses soldats commirent en quelquesunes de ces villes. Capoue , en particulier, coupable d'avoir reçu dans ses murs son duc Robert, fut mise à feu et h sang. Ni le sexe ni le rang ne furent épargnés; les égli-

{l)Bp. 145.

(S) Ep. 144.

ses et les couvents furent profanés; les vierges du Christ subirent les derniers outrages (1).

Ces odieuses exécutions répandirent la terreurdans toute l'Italie du sud. Sergius de Naples n'osa affronter les périls d'une nouvelle lutte, et se soumit, s'enrôla même dans l'armée sicilienne [2). L'abbé du Mont-Cassin adressa au vainqueur des propositions de paix; mais ses envoyés, pour tout encouragement, reçurent celte réponse : « Si votre Vibald tombe entre mes mains, je le ferai pendre (3). » Vibald, effrayé, prit lafuite{4). Seul, Rainulphe d'Alife, le dernier défenseur de la cause papale et impériale , se prépara vaillamment h tenir tête à l'envahisseur. Entre le gendre et le beau-père, la lutte avait tous les caractères d'une guerre à mort. Déjà leurs armées étaient en présence dans les plaines de Ragnano , lorsque l'abbé de Clairvaux se présenta au camp de Roger (9). " La paix! lapaixl )) tel fut son cri. Mais malgré toute son éloquence , il ne put calmer l'ardeur guerrière d'un capitaine que ses récentes victoires avaient enivré. Aussi bien, le duc avait à se venger des dédains de l'empereur. La fortune lui étant redevenue favorable , il ne fallait pas songer à le fléchir, à moins qu'on ne reconnût expressément sa suzeraineté sur l'Apulie. En vain saint Bernard lui dit, de sa voix autorisée et prophétique : « Si vous engagez la bataille , vous serez vaincu; » ni les prières ni les menaces n'ébranlèrent sa résolution.

(1) Falco Bener., toc. cit., p. 123; Romoald, toe. cit., p. 4î2; Pel. Diac, Citron. Casin., {loc. cit., p. 841); Wibald, ep. 11.

(2)Roiiioald, ap. Mon. G., XIX, p. 42ï.

(3) Pet. Diac, Chron. Casin., lot. cit., p. SU.

(i) « Quarto nooas navembm... recelait. " Ibid., p. 8S2. Cf. Bernhardi, Lolhar, p. 776, note 56.

(5) Bern. Vita, lib. II, cap. tu, n» 43 ; Falco BeneT-, loe. cil., p, 123 ; Id, ap. mon. Germ., XIX, 423.

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Le sort de l'Italie méridionale allait être encore une fois à la merci des armes. La bataille s'engagea dans la journée du 30 octobre 1131 (1). Ce fut une furieuse mêlée; mais la victoire, selon la parole de l'abbé de Clairvaux, resta au duc Bainulpbe. Sei^ius de Naples fut trouvé parmi les morts, et Roger ne dut son salut qu'à la vitesse de son cheval (2).

L'abbé de Clairvaux s'attacba aux pas du vaincu. Lorsqu'il le rejoignit à Salerne , il le trouva aussi fier, aussi intraitable qu'avant le combat. Roger, qui attendait tout de la longueur du temps, se garda bien de traiter avec ses ennemis après une défaite. Aussi Bernard, pour ne pas compromettre entièrement le succès de sa démarche, dut-il abandonner la politique et ne plus toucher que les questions purement religieuses. Mais, réduite à ces termes, sa mission devenait plus embarrassante que jamais. Comment ramener à l'unilé , sans lui donner satisfaction , un prince qui ne s'était jeté dans le schisme que par ambition et par raison d'État? Sur ce terrain encore le roi de Sicile ne chercha qu'à temporiser. Il promit d'examiner allentivement les réclamations d'Innocent II. « Envoyezmoi, dit-il, six témoins de la double élection du 14 févrierllSO, trois d'un parti, trois de l'autre, el je jure qu'après les avoir entendus, je me soumettrai à l'un ou à l'autre prétendant, selon l'inspiration de ma conscience (3). »

Cette tactique était souverainement habile. Les. avances discrètes que le rusé Normand faisait ainsi au pape lé-

(1) Fako Bener., p. Iî4; cf. BomoalJ, toc. cit., p. HZ.

(2) Falco Benev., loc. cit.; Bern. Vila, loc. cit., q' 44.

(3) Falco Benef. loc. cit., p. I2ï. Cf. Ernaud, dont le récit estineiart sur plusieurs points de délaiL (Vita Bern., cap. tu, n°' 43 et iS). Ernaud suppose, par exemple , que c'est Roger ijuj a pris l'initiatÎTe d'une entrevue avec saint Bernard; le contraire est manifeste.

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gitime ne l'engageaient lui-même publiquement à rien. Si le souverain Pontife n'y répondait point par une faveur appréciable, en se montrant disposé à reconnaître le royaume de Sicile, Roger demeurerait toujours libre de déclarer que la discussion ne l'avait pas éclairé. Bref, sa proposition n'était qu'une amorce. « Donnant donnant, » telle était sa loi politique; règle suprême à laquelle sa conscience peu scrupuleuse était entièrement subordonnée. Quel piège pour la loyauté de l'abbé de Clairvauxl Mais aussi quel obstacle pour le succès de sa mission!

II était naturel qu'Anaclet II se montrât docile aux vues de Roger. 11 envoya à Salerne le cardinal Mathieu, son chancelier, le célèbre canoniste Pierre de Pise , et un autre cardinal du nom de Grégoire. Les champions d'Innocent Il furent le chancelier Haimeric, le cardinal Gérard et le futur pape, Guy de Castello. On doit reconnaître que le duc conduisit l'enquête avec toutes les apparences de la plus parfaite impartialité. Pendant quatre jours, il entendit, du matin au soir, les délégués d'Innocent II, et pendant quatre autres jours les partisans d'Anaclet II (1). Les renseignements contradictoires qu'il recueillit dans ce double interrogatoire i huis-clos n'étaient pas de nature à dissiper ses doutes , évidemment intéressés. C'est dans ces dispositions équivoques qu'il présida (fin novembre ou commencement de décembre 1137] (2) une conférence où Pierre de Pise et l'abbé de Clairvaux furent appelés & prendre la parole devant la cour, le clergé et le peuple réunis (3). Les partisans d'Ânaclet, vers lesquels

(1) Fatco Benev., toc. cil., p. 123.

(2) On peut filer l'assemblée de Saleroe à ceUe date, car nous savons que te cardinal Haimeric a été remplacé dans ses foactioQS de chancelier par le cardinal Lucas, le 2S, le 29 et le 30 novembre 113' Uaffé, Regesla, n» 5609, a610, B6II).

(3) Bern. Vîla, llb. Il, cap. tu, loe. d(.,Falco Benev,, loe. cit.

i8 VIE DE SAI»T BERNARD.

Roger inclinait toujours , fondaient tout leur espoir en Pierre de Pise; il fut digne de la conûance qu'on lui témoignait. Jamais sa science du droit canon ne se révéla plus entière; jamais sa dialectique ne fut plus vigoureuse. Bernard lui-même rendit hommage à son talent; mais il ne put s'empôcher de s'écrier : « Pourquoi faut-il que tant d'esprit soit dépensé au service d'une si mauvaise cause ! » L'abbé de Clairvaux lui donna ensuite la réplique. Au lieu de s'égarer dans la discussion des tentes abstraits du droit canon, il amena son adversaire sur le terrain solide des faits (1). La catholicité n'avait-elle pas proclamé la légitimité de l'élection d'Innocent 11? Et cette voix n'était-elle pas infaillible? « Nous ne reconnaissons, vous et moi, n'est il pas vrai, qu'un Christ et qu'une Église, hors de laquelle il n'y a pas de salut. Rappelez-vous l'histoire du déluge : Noé construisit une arche et non deux. Reconnaissez- vous que cette arche élait la figure de l'Église? — Cela est incontestable, répondit Pierre de Pise. — Eh bien, aujourd'hui nous avons deux arches. Tune fabriquée par Pierre de Léon, l'autre gouvernée par Innocent II ; il faut que l'une des deux périsse. Si l'arche gouvernée par Pierre de Léon est de Dieu, celle que dirige Innocent II périra. Avec Innocent, par conséquent, périront tous les religieux qui sont dans l'univers , les Chartreux , les Camaldules , les Clunistes, les Prémontrés, les Cisterciens , tous ceux enfin qui servent Dieu nuit et jour, dans les veilles, les oraisons, le travail et les jeûnes ; l'Église entière périra , et dans sa ruine seront entraînés les évéques et les pasteurs, à un petit nombre près, les nobles et les peuples, les rois et

(l)£ern. Vita, loc. Cil. Ce discours de saint Bernard rappelle l'arguroentation contenue dans sa lettre 128, n" 10 et il. C'est là un Caractère d'authenticité. Cf. Gauffidi Fragm., Ms. 17639, p. 11.

les princes, à l'exception d'un seul, que voici. » Et du geste il désigna Roger. « Mais , pour être plus juste , continua-t-il, pourquoi ne dh'ions-nous pas qu'au lieu de la chrétienté tout entière, c'est la maison de Pierre de Léon qui périra, avec le petit nombre de ceux qui la soutiennent? Eh! qu'a donc fait cet homme pour que dans ce déluge universel sa maison soit épargnée? Vous qui le connaissez , dites-nous ses œuvres , ses vertus et ses mérites. » La foule des assistants répondit à cette apostrophe par une clameur d'approbation. Pierre de Pise rougit. L'abbé de Clairvaux, profitant de son embarras , s'avança vers lui et, lui prenant la main , lui dit simplement : « Si vous m'en croyez, nous entrerons ensemble dans l'arche la plus sûre. B

Ce mouvement, à la fois naturel et hardi, assura le triomphe de l'éloquence de saint Bernard; mais Roger, contrarié dans ses desseins , se hâla de refroidir l'enthousiasme de l'assistance : <- Tant d'arguments contradictoires, dit-il, laissent mon esprit dans la perplexité ; et il m'est impossible de terminer seul une affaire aussi grave. J'ai besoin de consulter mes conseillers, tant ecclésiastiques que laïques, d'après l'avis desquels j'ai suivi le parti d'Anaclet. Que nos seigneurs les cardinaux me donnent leurs raisons par écrit, et que deux d'entre eus veuillent bien me suivre en Sicile, où nous clorons sftrement ce long débat pendant les fêtes de Noël. »

Bernard et ses amis ne doutèrent pas un instant que cette déclaration ne fût un misérable subterfuge par lequel le prince tâchait d'échapper à la force de la vérité. Toutefois, ils feignirent de croire à la sincérité de ses promesses : " Soit, répondit le cardinal Gérard, nous vous remettrons nos rapports, et le cardinal Guy de CasteRo partira avec vous. •> Du côté d'Anaclet, un cardinal dont

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nous ignorons le nom fut également chargé d'accompagner Roger en Sicile (1). La réunion annoncée eut lieu à Pâlerme. Rst-il nécessaire d'ajouter qu'elle demeura sans résultat? Roger, voyant que sa royauté était toujours méconnue par Innocent H , refusa de renier l'antipape h qui il devait sa couronne.

- La mission de Bernard s'achevait donc tristement. On ne saurait s'en étonner, quand on considère le caractère vague et incohérent de son mandat. Ni l'empereur, ni le souverain Pontife, ni Rainulphe, en te chargeant de négocier la paix, ne l'avaient autorisé à offrir à Roger le moindre dédommagement, en retour des sacrifices qu'on prétendait lui imposer. Autant valait dire qu'on exigeait de lui une soumission pure et simple. Toute l'éloquence de l'abbé de Clairvaux, ses miracles même (2), n'étaient pas capables de dissimuler le vice de cette proposition. Pour le roi de Sicile, la justice de la cause d'Innocent n'était qu'une question secondaire; la vérité lui importait aussi peu qu'à Pilate. Les négociations vinrent donc échouer contre sa résolution bien arrêtée de ne se réconcilier avec l'empire et la papauté qu'à des conditions avantageuses, c'est-à-dire au prix de la déposition de Rainulphe.

Bernard ne s'en retourna cependant pas auprès d'Innocent, les mains vides; selon une expression qui lui est familière, il remportait « sa gerbe ». Le pape l'attendait à Rome depuis la fin d'octobre (3) ; il y arriva vers lépo-

(1) - Uullis qusejUonJbus variisque tesponsionibus aaimus nosler impedilur, «etc. Falc. Benev., loc. cit., p. 125.

(2) Ernaud (loc. cil.) raconte un miracle opéré par l'abbé de Clairvaux pendant son séjour i Salerne.

(3) La prcmiËre bulle d'Innocent, datée de Rome, esl du 1*' noiembre (Jaffé. Regesta, a" 6606).

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que des fêtes de Noël, accompagné de Pierre de Piae, qu'il avait définitivement converti, à la suite des conférences de Salerne. N'étaient-ce pas les plus ma^i&ques élrennes «lu'ilpùt oITrir au souverain Poalife? Innocent 11, en témoignage de sa joie , confirma le cardinal dans sa dignité {!).

Cette conversion de l'on des principaux auteurs du " schisme était le coup le plus sensible que l'on eût jusquelà porté à la cause d'Anaclet. Aussi fut-elle le signal de plusieurs défections importantes. Saint Bernard trouvait les Romains fort irrésolus. Depuis longtemps leur attachement aux Pierleoni allait s'alTaib lissant. Toutefois, pour des motifs de diverse nature, ils avaient toujours reculé devant une rupture oRicielle. Les uns essayaient de calmer les remords de leur conscience en se retranchant derrière leurs serments. D'autres, plus ingénus , avouaient qu'ils n'étaient retenus dans le schisme que parla crainte de perdre leurs dignités et leurs bénéfices. Quelques-uns alléguaient, pour se justifier, les liens de parenté qui les unissaient au rival d'Innocent. L'éternelle infirmité de la nature humaine se révélait ainsi dans ces subterfuges dénués de dignité. Il était aisé à l'abbé de Clairvaux d'en faire justice. En quelques jours, sa parole ardente et convaincue détacha 'du parti d'Anaclet la plupart des dissidents (2).

L'antipape , néanmoins, ne désespéra pas de sa cause.

(1) Bern. Vita, lac. cil. Cf. Bera., ep. 313. Pierre Je Piae souscrit noe bulle d'Innocent II, le 12 janvier 113B (Jaffé, Regesla, 5614).

(2) • Peirum Pisanum el quosdarn alios Ecclesice réconciliât (Bernardus). >> Btrn. VUa, Kb. 11. cap, tu, n" 46, Nous plaçons à cette époque les conversions rapportées par Ernaud en ce même cbapltre tu (n* 4î). C'est à tori, selon nous , que !e pieui biosraphe fait venir l'abbé de ClairTaui à Rome avant le mois de décembre 1137 , c'est-àdire avant le double voyage du saint en Apulic. innocent 11 lui-mime,

Aussi bien , tout souci venait de lui être ôté du côté de l'Allemagne par la mort de Lothaire arrivée au passage des Alpes, le 4 décembre 1137. En Italie, Roger, bieaque cliaacelant dans sa ûdélité , lui prétait toujours un précieux appui moral. A Rome même, ses derniers partisans ne perdaient pas courage , Saint-Jean de Latran aussi bien que Saint-Pierre et toute la ville haute demeuraient ■ en son pouvoir (1),

II était donc à craindre que la lutte ne se prolongeât pendant de longs mois encore; et, quoique l'issue n'en fût pas douteuse, nul ne pouvait dire à quel prix Innocent 11 finirait par triompher. Mais Dieu se chargea d'abréger les temps. Anaclet II mourut le 23 janvier 1138, subitement disent les uns, après trois jours de maladie selon d'autres , et dans l'impénitence finale , si l'on en croit Ernaud (2). Dans l'excès de la joie que lui causa cet événement, l'abbé de Clairvaux ne put s'empêcher de s'écrier : « Grâce â Dieu, le misérable qui a induit Israël « dans le péché a été englouti par la mort et jeté dans les " entrailles de la terre, m ventrem inferi. Puissent tous « ceux qui luiressemblentsubir le même châtiment (3)! >< Celte dure oraison funèbre , qu'on a vivement reprochée à saint Bernard, était un soupir de soulagement et

noDï l'avoQS vu, ne put rentrer dans la ville éEcrnelle qu'à h lin du mois d'octobre.

(1) La première bulle d'Innocent 11 dalée duLttran est du 2( uars ll38;Jaffé, Rejesfa, n' 5624), Les précédentes fJaffé.Resesia, n^seoe- &623) portent seulement l'indicalton : Bomx. D'où Beraliardi (lotkar, p. 7T0, note ib) a conclu, non sans raison, ce nous Eemble, que le Latran resta au pouvoir d'AnacIel jusqu'à sa mort.

(2) Falco BencT. loe. cit.; Orderic Vital, Hist., XIII, 17, p. 966 ; Beiii. Vlta.Wb. 11, cap. vil, n° 47. 'Voiries autres sources dans Bemhardi, Lothar, p. 780 , note 6&. — Le lieu où fut déposé le cadavre de Pierre de Léon est resté ignoré.

(3) Ep. 147.

doit être jugée comme telle. Le champion d'Innoceat vit dans la mort de Pierre de Léon l'aurore de la paix pQur r%lise. N'avait-il pas assez souffert et travaillé dans ce but, pour oser, lorsqu'il crut l'avoir atteial, se réjouir même un peu violemment, à la façon des prophètes antiques?

Du reste, la vivacité de son émotion, due à la soudaineté du coup qui avait frappé l'antipape , le trompait encore ; il triomphait trop vite. Les frères de Pierre de Léon et le^ cardinaux les plus engagés dans le schisme , prenant conseil de l'orgueil ou de la peur, élurent , vers le 15 mars, un nouveau pape sous le nom de Victor IV, et tinrent en écbec à Rome, pendant plusieurs mois encore, l'autorité d'Innocent II (1). De loin Roger les encourageait à la résistance. A la Qn cependant , cette situation leur parut insupportable. Gagnés par l'éloquence de saint Bernard (2), d'aucuns disent par l'or d'Innocent (3) , les principaux schismatiques , les frères de Pierre de Léon eux-mêmes, abjurèrent leur erreur. Il ne restait plus au malheureux Victor IV, privé de tout appui , qu'à chercher un lieu où cacher sa honte; il se réfugia pendant la nuit auprès de l'abbé de Clairvaux, qui lui fit quitter ses insignes, et l'amena confus et repentant aux pieds du souverain Pontife (4). La satisfaction des coupables devait être plus authentique encore, h. cause du scandale qu'ils avaient causé.

(Il Annal. Casin., »p. Mon. Germ., XIX, p. 309. Cf. Falco Benev., loc. cit., p. I2i; Bem. Vita, lib. Il, cap. vii, n' 4".

(1) « Hanc pacem , nisi cttm quadam securitate occullala jam diti a nobis expeclaTissemus , jamdudum veDJssemus, « dit Bernard (ep. 317). De ce.1 mots, nous croyons pouvoir conclure que le saint abbé a contribué pour sa pari à la conversion des Pierlconi. aussi bien qu'à celle de l'antipape Viclor IV.

(3) Pet. Diac, Chron. Casin., p. 844.

(4) Bern. Vila, lib. Il, cap. vu, p- 47.

En conséquence, le 29 mai 1138, jourde l'octave de la Pentecôte, ils vinrent tous, Victor en tête, « se prosterner publiquement, » dans Saint-Pierro , « aux pieds d'innocent II et lui jurer fidélité lige (1). » Ce fut leur acte de réhabilitation en même temps qu'une marque officielle de leur repentance.

Après ces réparations, la présence de Bernard en Italie n'était plus nécessaire : « Me voici ! écrivait-il au prieur de sa chère abbaye , je ne vous dis plus : je vais revenir ; je vous dis : je reviens; je reviens et j'emporte avec moi ma récompense, la victoire du Christ et la paix de l'Eglise. Le vendredi après l'octave de la Pentecôte, je sortirai de la ville éternelle (2). » On aimerait k recueillir dans sa lettre quelques détails plus intimes sur la part qu'il a prise à l'extinction du schisme; il se borne à dire : a En revenant, je rapporte des fferbes de paix. Ce sont là de belles paroles, mais les Faits sont plus beaux encore. »

Rome, en effet, était toute à la joie de se sentir revivre. Ce n'étaient que fêtes et processions dans les églises rouvertes. Le peuple reconnaissant saluait en Bernard l'unique auteur de la paix publique et allait jusqu'à le proclamer « Père de la patrie (3). » Lui, cependant, se dérobait humblement à ces bruyantes ovations. Son unique désir était de regagner au plus tôt la France. Est-il téméraire de penser qu'il employa ses derniers instants à visiter les tombeaux des saints et surtout à vénérer la chaire de Pierre? On se complaît volontiers dans cette conjecture, quand on voit qu'en souvenir de ses travaux et de son séjour dans la ville éternelle, il n'eut d'autre ambition que de rapporter à Clairvaux quelques reli-

(0 Bernard, ep. 317.

(2) Ep. 317.

(3) Bern. Vila, lib. II, cap. vu, n" 47.

THOISIEME VOYAGE EN ITALIE. 2a

ques (1) des apôtres et des martyrs. Comme on reconnaît bien là << l'homme de Dieu, » plus préoccupé des choses de la piété que de toutes les pompes de la gloire humaine !

(1) Ber». VUa, lib. IV, cap. i, n- 1.

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