ARNAULD DE URESCIA ET L'ÉGLISE ROMAINE
voriser, c'est donc être en opposition avec le seigneur pape et même avec le Seigneur Dieu... Et je ne vois que deux suppositions à faire, — si toutefois il est vrai que vous ayez cet homme auprès de vous, — c'est, ou qu'il vous est mal connu, ou bien, — ce qui est plus croyable, — que vous avez foi en sa conversion. Et plaise à Dieu que vous ne vous trompiez pas (1) ! »
L'abbé de Clairvaui pensait avec Horace qu'un vase , si pur soit-il, une fois imbibé de poison, garde presque toujours le parfum de la fatale liqueur. La conversion d'Amauld lui paraissait fort problématique. Nous verrons plus tard que ses soupçons , en apparence injurieux, n'étaient que trop fondés. Il eut un véritable pressentiment des maux que le radicalisme du prétendu réformateur causerait à l'Église. Toutefois, les termes de son accusation sont légèrement exagérés, n La France et l'Allemagne » qui poursuivaient le disciple d'Abélard se réduisaient à fort peu de personnes. En ûtant du groupe Bernard lui-même, on eût cherché longtemps oii étaient les autres accusateurs de marque. Ce sont ses objurgations seules qui ont armé le bras de Louis le Jeune et celui de l'éïèque de Constance. Le cardinal Guy ne put ignorer ce point. On ne saurait donc, sans injustice, lui reproclier les efforts qu'il flt pour ramener Arnauld dans le giron de l'Église. Si sa tentative n'obtint pas un résultat définitif, tout porte h croire qu'elle réussit momentanément. L'attitude sincèrement respectueuse et catholique d'Arnauld explique seule le caractère et la durée de son intimité avec le légat du pape : elle explique, en outre, son retour en Italie, dont les portes lui étaient désormais rouvertes; elle explique enfin et prépare l'abjuration so-
(I) Ep. 196, écrite rers 1143,
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lennelle qu'il fit à Viterbe entre les mains du pape Bugène III en H43 (1).
Le temps , les esprits et les événements avaient marché depuis le jour où Innocent II avait prononcé, dans le Latran , la condamnation d'Arnauld. Le vent de révolution, qui soufHait du nord, pénétrant à Rome, avait fortement ébranlé le pouvoir temporel de l'Eglise, et trois papes, Innocent II, Gélestin 11, Lucius II, tenant tète à l'orage , avaient succombé sous l'efl'ort.
Sous Lucius , la crise était arrivée promptement à l'état aigu. Bien connu par son habileté politique, le pontife avait su d'abord désintéresser les sénateurs des affaires municipales et il était parvenu à leur faire quitter le Capitôle, lorsque le peuple, excité par quelques meneurs, se soulève derechef et réinstalle un sénat révolutionnaire, à la tête duquel il place un palrice , appelé par ses fonclions à contrebalancer ou même à annuler l'autorité du préfet de Rome, représentant attitré du Pape et de l'Empereur. Jouant les Henri V au pelit pied, les chefs du parti rebelle osent proposer à leur souverain d'abdiquer ses droits temporels en faveur du flls de Pierleone , Giordano, patrice, et de ramener l'Église à la pauvreté antique, à ce fameux âge d'or où les prêtres se contentaient des dîmes et des oblations. C'était tendre pour la seconde fois à la papaulê le piège grossier où Pascal II avait un instant élé pris. Lucius n'eut garde d'y tomber. Il répondit à la hautaine sommation de la municipalité par un refus catégorique. C'était accepter la lutte ouverte; il se tourna aussitôt vers le roi Conrad, fu(ur empereur, et
(1; llisl. ronlif., loc. cil.
ABNAULll DE BRESOA ET L'ÉGLISE ROMAI^E. 237
protecleur-né de l'Église Homaine, pour lui demander secours contre la révolution déchaînée (1). Le bruit du péril que courait la papauté se répandit en France et frappa jusqu'aux murs de Ciairvaux. Bernard, comme Lucius, ne vit d'espoir que dans le bras de Conrad 111. Sur-le-champ, il lui écrivit pour l'engager, au nom de l'union séculaire du sacerdoce et de l'empire, à défendre le souverain Pontife contre les usurpateurs du pouvoir temporel de l'Église :
" C'est Dieu, dit-il (2), qui a uni le sacerdoce et la royauté. Que les rois et les prêtres se protègent, se défendent et portent mutuellement leurs fardeaux. Si un frère aide son frère, tous deux seront consolés, dit le Sage, Que si les deux pouvoirs (loin de nous ce malheur!) se rongent et se déchirent, ne seront-ils pas désolés? A Dieu ne plaise que j'entre dans la pensée de ceux qui disent que la paix et la liberté des églises nuiront à l'empire ou que la prospérité et la grandeur croissante de l'empire nuiront aux églises. Dieu, le fondateur des deux pouvoirs, les a liés ensemble, non pour leur ruine, mais pour leur édification. Si vous savez cela, jusques à quand ferez-vous semblant d'ignorer cet outrage commun, cette commune injure? Rome n'estelle pas la tête do l'empire, comme elle est le siège apostolique? Et sans parler do l'Eglise, est-il honorable pour un roi de tenir entre ses mains un empire mutilé?,.. Sans doute le bras de Dieu
(1} Sur celle révolution, [■<»>( plus de délaiU, cf. Bcrnhardi, A"Piirod /;/, p. 346-353; 357-362; 450-451.'
{"i) Ep. 244. Les éditeurs placent celte letlre après l'éptlre ad Ro- Kartoi. C'est pourquoi les historiens la rallachent su pontirical d'Bu- |ène III comme l'épitre 2i3. Mais les plus anciens Uss. séparent cea deai lettres, et l'épitre 2ii est toujours placée avanl celles qui regardent l'année 1145. Cr. Biblioth. nation., mss. 1'1G3, 18118; Grenoble, î«; Dijon, 154; Troyes, 852.
n'est pas raccourci; il délivrera maintenant encore, comme il a déjà fail, son épouse en détresse, cette épouse -qu'il a rachetée de son sang, dotée de son esprit divin, ornée de dous célestes et enrichie en même temps de biens terrestres. Il la délivrera, oui, il la délivrera; mais, s'il le fait par la main d'un autre, les princes du royaume trouveront-ils que cela est un honneur pour le roi el un profit pour le royaume? Non certes. C'est pourquoi, ceins le glaive sur ta caisse, roi très puissant : que César reprenne ce qui est à César et rende à Dieu ce qui est à Dieu. Il est certain qu'il importe également h César et de protéger sa propre couronne et de défendre l'Église. Le premier rôle convient au roi ; le second au protecteur de l'Eglise. La victoire [Dieu nous en donne la confiance) est en nos mains. L'orgueil et l'arrogance des Romains sont plus hauts que leur valeur. Eh quoi! est-ce un grand, un puissant, en un mot un empereur ou un roi, qui a conçu une telle entreprise contre le sacerdoce et l'empire tout ensemble? C'est ce peuple maudit et séditieux, qui ne sait ni mesurer ses forces, ni se proposer un but, ni prévoir . les résultats; c'est lui qui a osé, dans sa fureur insensée, commettre un si grand sacrilège. II s'en faut bien qu'une troupe d'hommes du peuple, une foule téméraire puisse soutenir, même un instant, la présence du roi... Si quelqu'un s'efforce de vous persuader autre chose que ce que je vous dis, celui-là certes n'aime pas son roi, ou il ne comprend guère ce qui convient à la majesté royale. »
Conrad, qui n'avait pas encore reçu la couronne impériale, aurait souhaité vivement de répondre à de telles instances: niais les affaires d'Allemagne l'empêchaient de quitter son royaume. Les lettres de Lucius II et de l'abbé de Clairvaux demeurèrent sans résultat. Le souverain Pontife comprit alors qu'il ne pouvait compter que sur
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ses propres ressources. Bien que mal préparé k la lutte armée, il entreprit avec une poignée d'amis résolus le siège du Capitole, où le sénat et ses partisans s'étaient retranchés. La tentative échoua misérablement. Lucius lui-même, qui assistait à l'assaut, fut atteint, dit-on, par une énorme pierre et mourut peu de temps après (13 février 1145] des suites de sa blessure (i).
L'élection d'un pape ea un pareil moment était une affaire délicate et périlleuse. Les cardinaux se réunirent le jour même, secrètement, dans l'église Saint-Césaire , et après avoir à l'unaaimité. proclamé souverain Pontife un de leurs collègues , Bernard de Pise , abbé de Saint- Vincent et Saint-Anastase , qui prit le nom d'Eugène III. ils le conduisirent à l'église de Latran, où il fut immédiatement intronisé. Une manœuvre si prompte déconcerta les sénateurs qui nourrissaient le dessein de peser sur le sacré-collège , afin d'obtenir un pape favorable à leur politique. Dans leur dépit, ils jurèrent de faire annuler par le peuple l'élection d'Eugène 111, si celui-ci ne consentait à reconnaître les droits qu'ils s'arrogeaient sur Rome. La menace était aussi téméraire que présomptueuse. Le nouveau pontife, pour toute réponse, se contenta de déclarer qu'il frapperait d'excommunication quiconque oserait contester la validité de son élection. Mais, comm<' une émeute populaire était toujours à redouter, Eugène III , pour échapper aux horreurs d'une sommation armée, prit le parti de quitter le Latran, et se retira clandestinement, avec les cardinaux, à Monticelli dans la Sabine, et de là au monastère de Farfa, où il fut sacré le 18 février (2).
(1) Watlerkb, 11, 281 ; cf. Jaffé, Bcj)., Il, lii; Bernhardi, Konrad lll, p. 400-451.
(2JBOS0, VilaEuO; ap. Wallericli, II, Mî; Albùric, op. Mon. G., XXIII. 838; cf. JafTé, Iteg., Il, îl.
Avec Eugène III, l'Ordre cistercien montait pour la première fois sur le siège de saint Pierre, La lettre encyclique, qui notifiait au clei^é son élévation, ne parut que le 2 mars et ne put guère parvenir à Clairvaux avant le 10 du même mois. Au premier bruit d'une si surprenante nouvelle, Bernard s'élève contre le sacré-collège : « Dieu vous pardonne! ccrit-il (i), qu'avez-vous fait? Vous avez rappelé au milieu des hommeg un homme mort et enseveli... Celui qui était crucilié au monde, par vous revit au monde. Croyez-vous donc qu'il ait quitté Pise pour accepter Rome? Celui qui ne pouvait soutenir le second rang^ dans une église particulière recherchait-il donc le premier dans l'Église universelle? Par quel dessein, k la mort du souverain Pontife , vous ôtes-vous précipités sur un homme des champs , lui avez-vous arraché des mains la hache, la scie et le hoyau, pour le traîner dans un palais, l'élever sur une chaire, le revêtir de pourpre et le ceindre d'un glaive? Ne se trouvait-il donc parmi vous personne de plus sage et de plus expérimenté , à qui tout cela convint mieux? Il parait vraiment ridicule que vous ayez pris un pauvre homme couvert de haillons, pour en faire un souverain, qui soit à la tête des princes, commande aux évêques et dispose des royaumes et des empires. Ridicule ou merveilleux, c'est, à coup sûr, l'un ou l'autre. Que ce soit aussi l'œuvre de Dieu, qui seul fait de grandes merveilles, je vous l'accorde, puisqu'il me revient de tous côtés que c'est le Seigneur qui a fait cela. Je n'en suis pas moins inquiet, parce que notre Eugène est un (ils délicat dont la timidité habituée au repos est mal préparée à traiter les affaires extérieures, et je crains qu'il ne remplisse pas avec l'autorité nécessaire les de-
(l)Ep. 237.
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voirs de son apostolal. C'est pourquoi il importe et il est de votre intérêt, mes très chers, que vous acheviez ce que vous avez commencé. Soyez ses assistants et ses collaborateurs fidèles dans l'œuvre à laquelle le Seigneur l'a appelé par vous. »
L'abbé de Ciairvaux s'adresse en même temps à Eugène III et le ^onde doucement du trop long silence qu'il a gardé vis-à-vis de son ancien maître. « J'attendais, lui dit-il, qu'un de mes fils vint adoucir la douleur d'un père et me dire : Joseph votre lils est vivant, c'est lui qui règne sur toute la terre d'Egypte. » Mais au milieu de ces reproches plus afi'ectueux qu'amers, sa joie éclate, joie contenue, où le respect se mêle à la tendresse et l'inquiétude à l'espérance : « J'ose il peine vous nommer mon flls , parce que le fils s'est changé en père ; et pourtant , si vous le voulez bien, je vous ai en quelque sorte engendré par l'Évangile. Quel est mon espoir, ma joie , ma couronne de gloire? N'est-ce pas vous devant Dieu? Un flls sage est la gloire de son père. Toute l'assemblée des saints se réjouit de votre élévation et plus particulièrement l'Ëglise dont le sein vous a porté et dont vous avez sucé les mamelles. Comment ne serais-je pas du nombre de ceux qui se réjouissent (i)? »
L'abbé de Ciairvaux augure les meilleures choses pour r%lise universelle de ta sagesse d'Eugène III. D'instinct et comme malgré lui, il prête à son ancien disciple les sentiments dont il est rempli. Espérer que les peuples et les nations se ressentiraient de l'esprit de piété austère qui animait le nouveau pontife était en effet très légitime. Ce fut, du reste, bientôt une opinion assez généralement répandue que la papauté allait subir l'influence cister-
(1) Ep. S38. y'-Tts^
cienne. Clairvaux devint une sorte de succursale de la curie. Les solliciteurs s'y pressaient en foule, « Pardon, si je TOUS importune, écrit le saint abbé, l'apostolat d'Eugène forme mon excuse. On dit que c'est moi qui suis pape, et non vous. C'est pourquoi tous ceux qui ont des affaires affluent ici (1). »
Ce qui préoccupait avant tout l'abbé de Clairvaux, initié aux usages et aux mœurs du clergé romain , c'était la réforme de la curie , trop sensible à la tentation de l'or. " Qui me donnera, s'écrie-t-il, de voir avant de mourir l'Église de Dieu comme elle fut aux jours lointains où les apôtres lançaient leui-s fllets pour la pèche , non pour la pêche de l'or et de l'argent, mais pour la pèche des âmes- Tout le monde attend de vous que vous arrachiez du champ du père de famille l'ivraie de l'avarice. Beaucoup en apprenant votre élévation se sont écriés : « Voici « enfin que la hache est posée k la racine de l'arbre (2). »
Une telle mission, embrassant avec la réforme de l'église romaine la sollicitude de toutes les églises, paraîtrait redoutable même aux anges. Craignant que son disciple n'en fût accablé, Bernard l'encourage doucement et lui propose pour modèle le premier des papes, cet apôtre à la fois si humble et si fort. « Le lieu où vous êtes, dit-il, est une terre sainte ; c'est la place de Pierre , la place du prince des apôtres, l'endroit où ses pas se sont arrêtés; c'est la place de celui que le Seigneur a établi maître de sa maison et prince de tout son domaine. Il a été enseveli en ce lieu môme, afin que, si vous vous écartiez de la voie du Seigneur, il -se levât pour rendre témoignage contre vous, n
L'inquiétude de l'abbé de Clairvaux, tempérée, on le
(1) " Aiunt non tos esse papani, sed me. » Ep, 239. (î) Ep. 238.
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sent, par la confiance en son ancien disciple, eût été bien autrement poignante , s'il eût connu les tristes événements qui avaient accompagné ou suivi à Rome l'élection pontificale. Esaspéré par la fuite d'Eugène 111, le sénat prit le parti d'exécuter à lui seul la résolution politique dont la papauté refusait de se faire la complice. Il décréta l'abolition de la préfecture de Rome, et contraignitles habitants, riches ou pauvres, nobles ou bourgeois, à reconnaître l'autorité suprême du patrice. Rencontra-t-il quelque résistance dans la noblesse et le clergé? Tout porte à le croire. Le peuple alors prêta main forte , à sa manière, au nouveau gouvernement. H se précipita en fureur sur les palais des nobles , sur les demeures des cardinaux et des clercs, qu'il mit au pillage. Ce fut un horrible et sacrilège saccagement. Les émeutiers n'épargnèrent pas les églises; ils pénétrèrent dans Saint-Pierre , dépouillèrent violemment les pèlerins qui venaient y prier ou faire leurs offrandes, et par un criminel attentat, dit un chroniqueur, ne craignirent pas de mettre à mort les fidèles récalcitrants, dans le portique même et le vestibule du temple (1).
Grande fut la désolation de Bernard, quand il apprit ces lamentables nouvelles. A la joie de voir son disciple chéri occuper la chaire de saint Pierre succédait tout à coup, et sans transition, la douleur de savoir le pape eu exil et Rome en proie à la démagogie triomphante. Quel brusque revirement! et quel remède apporter à ces maux qui dépassaient par leur soudaineté et leur violence les craintes les plus vives qu'il eût pu concevoir? Laquelle, de la douceur ou de la force , était le moyen le plus propre à rétablir l'ordre troublé? L'abbé de Clairvaux, qui avait vainement sollicité, l'année précédente, le secours d'uno
(1) Otto FrJaing., Chron., Vil, 31 ; «sf. VUa Fug., Watlerich, II, 28Î. D,;..;.,CoOg[c
force étrangère, chercha celte fois dans Rome même le remède au mal. D'un ton suppliant, il fait appel au bon sens, à la piété, à l'énergie des catholiques restés fidèles à la Papauté.
« Je m'adresse à toi, peuple sublime et illustre, malgré la bassesse de ma condition. Il y a certes honte el embarras pour moi , quand je songe qui je suis et h. qui j'écris. Mais, malgré mon indignité , je ne crains pas d'avertir, de loin et par-dessus les Alpes, les Romains de leur propre péril el de leur faute. Heureux si, par hasard, ils m' écoutent et se tiennent en repos ! Qui sait s'ils ne se convertiront pas à la prière d'un pauvre, eux qui ne cèdent pas aux menaces des puissants ni à toutes les armes des forts? Jadis à Babylone tout un peuple, qui avait été séduit par le jugement de vieillards iniques, ne revint-il pas au tribunal à la voix d'un jeune enfant, et ce jour-là le sang innocent ne fut-il pas épargné? De même, bien que je sois un petit enfant sans crédit, — je ne parle pas de mon ége, mais de mes services, — Dieu peut donner h ma voix une telle force, que ce peuple, assurément séduit lui aussi , en soit frappé et revienne à la justice.
" Si cette excuse de ma démarche ne suffit pas, j'en ajoute une autre. II s agit ici d'une cause commune à tous les catholiques. Point de distinction de petits ou de grands : ta douleur qui atteint la tète n'est étrangère k aucune partie du corps, pas même à la plus petite, pas même à moi , par conséquent. — Laissez-moi donc, je vous prie, laissez-moi pleurer ma douleur devant vous, ma douleur qui est aussi celle de toute l'Église. N'est-ce pas l'Église qui par le monde entier crie : « Je souffre h. « la tète , je soulTre à la tète? » Et quel chrétien dans tout l'univers, fût-ce le dernier, ne se glorifierait de cette tèle, qu'ont élevée si haut par leur triomphe et ornée de
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