‹ Vie de Saint Bernard, abbé de ClairvauxChapitre 32 sur 58 · ARNAULD DE BRESCIA ET L EGLISE ROMAINE · texte numérisé non relu

ARNAULD DE BRESCIA ET L EGLISE ROMAINE

remplir sa bourse , » qu'à imiter le zèle des apùtres dont H tenait la place. Le droit de la papauté au respect et à l'obéissance des fidèles fut mis en doute, la légitimité du -pouvoir temporel ouvertement niée, l'anathème jeté au pontife qui appuyait sur la force et <i défendait par l'homicide » ses droits contestés (1).

A ces derniers traits, on reconnaît que l'orateur parlait en pleine révolution. Eugène III avait dû, en effet, quitter Rome encore une fois (janvier H46} (2), pour n'y plus rentrer avant le mois de novembre 1149. La démagogie triomphait avec Arnauld de Brescia. Ainsi s'accomplissait ou même était dépassée la prophétie de l'abbé de Clairvaux, qui avait dès longtemps dénoncé dans le disciple d'Abélard un sectaire dangereux et un adversaire irréconciliable de la papauté. Ainsi grossissait l'orage qui faillit abattre le pouvoir temporel des papes, mais qui. se retournant contre ceux qui l'avaient déchaîné, finit par emporter, comme nous le verrons, Amauld de Brescia lui-même.

(1) Bût. Pontifie, p. 538; Gilbert, Chron., ap. Mon. G., XXIX, 133; cf. Gualt. Mapcs. Kugx CuHal., I, 24; Otlo Frising-, Gesta frid,, II, 20.

(î] Olto Fming.. Chron.. Vit, 34. Une bulle il'EugËne III. du 28 janricr 1146 est déjà datée Ttans Taberim, Jaffé, Iteg., n° 8850.

Page 1