XXII , INTRODUCTION
de S. Bernadoei Gloria posthuma Bernardi, se trouvé , encore à Bruxelles dans les Collections des BoUandistes, ' n° 30, août 20-22; la seconde est inscrite à la Bibliothèque nationale à Paris sous le n° 17639, fonds latin. -
Gette oeuvre est capitale pour l'histoire de saint Bernard. Quel témoin était mieux placé que Geoffroy pour observer les actes de l'abbé de Glairvaux et en composer un recueil? Converti en 1140, et remplissant bientôt après les fonctions de secrétaire, l'ancien disciple d'Abélard ne perd pas de vue son nouveau maître (1). En 11-15, il l'accompagne dans le Languedoc et envoie à Glairvaux une relation des merveilles dont il est témoin. Ce fut le point de départ de toute une littérature bernardine. La première collection des lettres de l'abbé de Glairvaux date de cette époque; et c'est Geoffroy qui en est l'auteur. En même temps, il compulsait les souvenirs des vétérans du monastère et amassait ainsi des documents pour une histoire du saint fondateur. Ses notes embrassent toute la période qui précède la prédication de la seconde croisade (2).
Guillaume de Saint-Thierry n'utilisa pas tous les documents qui lui étaient fournis. Après la mort de saint Bernard , Ernaud de Bonneval reprit, sur les instances des moines de Glairvaux, l'œuvre interrompue et ré- , digea le second livre de la Vita prima. Une précieuse lettre nous révèle quels liens étroits unissaient Ernaud
(1) Sur Geoffroy, cf. Histoire liit. de la France, XIV, 430-458.
(2) M. Hiiffer {Bernard von Glairvaux, I, 33-49) est arrivé à peu près à cette conclusioa par l'étude des Fragmenta. Son opinion se trouve confirmée et précisée par l'étude des Épîtres de saint Bernard. Nous avons vu que le Corpus episiolarum, publié par Gleoffroy, s'arrêtait à l'épître ad Jtomanos (ép. 243 des éditions) qui est de 1145.
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à Bernard. Aussi' le^ second livre est-il, comme le premier, un hommage que Tamitié rendit à la vertu (1). Ernaud de Bonneval puise, comme l'avait fait Guillaume de Saint-Thierry, dans les Fragmenta de Geoffroy. C'est à ce recueil qu'il emprunte notamment les principaux éléments de son récit sur la translation de Clairvaux et sur le schisme d'Anaclet II, en France. D'autres relations furent évidemment à sa portée. Et en mettant en œuvre ces divers matériaux, Ernaud fait preuve d'une remarquable sagacité; même quand il suit les Fragmenta, il n'hésite pas à sacrifier les faits qui lui paraissent d'une authenticité douteuse. On ne trouve pas trace en son livre des divers songes fort suspects relatifs au second emplacement de Clairvaux, ni de la fameuse vision où se trouve prédite la mort violente et miraculeuse d'Anaclet II. Il vise aussi parfois à Texactitude chronologique et corrige à bon droit, par exemple, les novem fere annos du schisme. Bref, en véritable historien, il essaie d'épurer les documents soumis à sa critique.
Après sa mort, les Fragmenta retournèrent à leur auteur, qui en forma le quatrième livre de la Vita prima. Geoffroy, en les retouchant, supprima surtout les récits d'un caractère merveilleux dont il n'avait pas été témoin oculaire. Il semble que les scrupules de la vraie science historique se soient emparés de l'ancien secrétaire de saint Bernard, dès qu'il eut conscience de travailler pour la postérité. Il composa en même temps le livre troisième. A cette date (1154) le livre cinquième avait déjà paru; il avait même subi plusieurs remaniements que
(1) Suc Ernaud ou Arnauld de Bonneval, cf. Histoire littéraire, XII, 535-5U. Cf. Bern., ep. 310.