‹ Vie de Saint Bernard, abbé de Clairvaux [microform]Chapitre 24 sur 118 · CRÎTIQUE DES DOCUMENTS. . XXXIII · texte numérisé non relu

CRÎTIQUE DES DOCUMENTS. . XXXIII

connaissons d^jà Geoffroy d'Auxerre. Les abbés Frowin de Salmansweiler et Thierry ou Dietrich de Vieux-Camp se distinguaient, entre tous leurs confrères de l'Ordre cistercien, par leur piété et la sagesse de leur administration (1). Le prévôt de Steinfeld figure auprès de l'archevêque de Cologne dans un procès retentissant que nous aurons l'occasion de raconter. Enfin, Alexandre de Cologne devait se montrer digne du renom de science et de finesse qui s'attachait à son titre de docteur dans sa ville natale et sur les bords du Rhin; en moins de vingt années on le verra gravir successivement tous les degrés de la hiérarchie dans l'Ordre cistercien, et, devenu « patriarche de l'Ordre, » comme parle son biographe, recevoir du pape et de l'empereur les missions les plus délicates (2). Et l'on voudrait que de tels hommes, si divers d'origine, d'éducation, de goûts, d'habitudes, si étrangers l'un à l'autre avant leur rencontre auprès de l'abbé de Glairvaux, aient conspiré en commun, pour abuser, par un récit mensonger, de la crédulité publique? Une telle supposition ne supporte pas l'examen et ne vaut pas qu'on la réfute. Du reste peu de critiques ont osé la hasarder. Ce qu'ils mettent en cause, c'est moins la sincérité de ces témoins honorables que leur compétence et leur talent d'observation.

Ils croyaient au surnaturel, nous dit-on; ils n'ont donc pas qualité pour attester des faits miraculeux. La première condition de la critique est de ne pas admettre la

(1) Sur Frowin et Dietrich, cf. Hiiffer, Die Wunder, p. 76;3-765; Jananschek, Orig. cist., p. 50.

(2) Sur Alexandre, cf. Bern. Vita, lib. IV, cap. viii, n" 1; Herbert, De Miraculis, lib. Il, cap. xxii, ap. Migne, col. J 331; Hiiffer, Die Wwîtder, p. 768-769.

Page 1