CRITIQUE DES. DOCUMENTS. . XXXVII
témoignage est d'autant plus précieux à recueillir, qu'il est un hommage rétrospectif et désintéressé rendu à la puissance de l'abbé de Glairvaux; Othon, qui avait luimême pris part à la seconde.croisade, n'en îiviait rap;portéy comme l'on sait, que le plus, triste souvenir; les souffrances qu'il avait endurées en Asie Mineure ne devaient guère le prédisposer à glorifier indûment le principal promoteur de la malheureuse expédition. Nous n'invoquerons pas le témoignage conforme , des Anna/les de Braunveiler, à cause de leur rédaction tardive (1). Mais il n'est peut-être pas inutile de citer encore l'âutorrité du prévôt de Reichersperg, le fameux Geroh, dont la libre parole cinglait si âprement les mirabiliqrii ou faiseurs de faux miracles. On peut l'en croire, ce semble, quand, faisant une exception en faveur de l'abbé de Clairvaux, il salue en lui, comme la plupart de ses contemporains, un véritable thaumaturge, « dont les miracles éclatants ont fait trembler la terre (2) » et ont déterminé la croisade allemande.
jprincipibus... crucem accipere persuasit, plurima mpublico vel etiam in occulto faciendo miracuîa. » Frider, Gesta, I,40; cf. ibid., cap^ 35 : « Sigois et miraculis clarus. » ,
(1) « Bernardus..., mirabilium patrator operum..., viam IherosolimUanœ eipeditionis... indixit. » Mon. G., XVI, 727. Sur ce texte, cf. Hiiffer, Die TFMîider, p. 29-32.
(2).(t Certatino curritur ad bellum sanctum cum jubilantibus tubis argenteis Papa Ëugenio III et eju$ nuntiis, quorum praecipuus est Ber-, nardus abbas Glaravalleasis, quorum pTsadicationibus contonantibus et miraculis nonnulUs pariter coruscantibus terrée motus factus est magnus. » Migne, t. CXCIII, p. 1432-1433. A noter que ce texte fut écrit en 1148, et que les scènes de faux miracles dont parle Geroh, dans le JDg InvesUgat, Antichristi (lib. I, cap. 79, p. 156), sont de 1147. Sur l'autorité de ces textes, cf. Hiiffer, Die Wunder, p. 25- 29, 792-794. .
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