XLII INTRODUCTION
portante porte communément le nom de Testament dé saint Bernard.
Alain dédia son ouYïage à Pons, ab^é de Glairvaux. Ce proiog^ue nous fournit approximativement la date de la composition de la Secunda Vita. Pons, à la vérité, gouverna Glairvaux pendant cinq années, de 1165 à 1170. Mais nous savons que l'évêque d'Auxerre ne quitta son siège épiscopal qu'en 1167 (1). C'est donc entre les années 1167 et 1170 qu'il faut placer la rédaction de la nouvelle Vie de saint Bernard.
A cette époque la Recension B avait déjà paru. Alain s'en servit, comme on le voit par plusieurs emprunts caractéristiques.
Son abrégé a une libre allure. Mais il porte, à ce qu'il semble, la marque d'une préoccupation tendant au panégyrique. Quinze ou seize ans se sont à peine écoulés depuis la mort de saint Bernard; et déjà son caractère est devenu tellement sacré, que l'historien, craignant de le rabaisser, essaie de nous en dérober quelques traits, assez insignifiants du reste, mais peu conformes à l'idéal de la sainteté absolue. Dans la Secunda Vita, Bernard n'appelle plus son médecin une brute, cuidam bestiœ datus sum (2). Il ne lance plus à l'adresse des Romains le trait d'ironie que nous trouvons dans Geoffroy, au sujet d'un vol considérable : « Pardonnons aux voleurs : ce sont des Romains, et l'argent était pour eux une trop forte tentation (3). »
mat ia-12), qui paraît être du treizième siècle, a été trouvé à Ghâtillon-sur-Seine et appartient aux Pères de la maison de saint Bernard, à Fontaines-lèS'Dijon. -
(1) Chron. Autissiod., ap. Mon. G., XXVI, 239. Sur cette date, cf. Hùffer, Bernard von Glairvaux, 1, 143, note.
(2) Bern. VUa.VAi. I, cap. vu, n- 33.
(3) IMd,, lib. Iir,cap. yii, n" 24.