‹ Vie de Saint Bernard, abbé de Clairvaux [microform]Chapitre 33 sur 118 · XLIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XLIV INTRODUCTION

r-um de Herbert (1), et VExordium magnum Cistercîense (2) . On pourrait; à certains égards, ranger dans la même catégorie le Chronicon Claramllensè (3).

Jeaii l'Ermite a composé son livre à la demande du cardiiial Pierre de tusculum et de Herbert, archevêque de Torres en Sardaigne; c'est aussi à ces deux personnages qu'il Ta dédié entre 1180 et 1182 (4). On conçoit, qu'à cette époque, voisine encore delà canonisation de saint Bernard, Pierre et Herbert aient désiré un supplément d'informations sur sa vie et se soient adressés dans ce dessein à un moine lié dès sa jeunesse avec les disciples de l'abbé de Glairvaux.

Jean l'Ermite recueillit de leur bouche la plupart des renseignements qu'il nous a transmis. Il est assurément de bonne foi (5j; mais, sans suspecter sa sincérité, dont il fait Dieu même le garant, on peut dire que plusieurs épisodes qu'il nous raconte ont subi, en passant par son imagination ou par celle de ses inspirateurs, d'étranges altérations. Ce n'est donc qu'avec une extrême réserve qu'il faut invoquer son témoignage.

L'ouvrage se compose de deux livres très brefs, sortes d'additions ou suppléments aux récits de la Prima et de la Secunda Vita. Le premier livre renferme quelques détails précieux, que l'auteur tient du moine Robert, sur la famille et les aïeux de saint Bernard, son oncle.

(1) Migne, t. CLXXXV, col. 453-466 et 1273-1384. (2) /6îd., 415-453 et 993-1198.

(3) Ibid., 1247-1252. .

(4) Cf. Delehaye, Pierre dePavie, dans Revue des Quest. Mstor., janvierl891, p. 55-61.

(5) « Qui vitas sanctorum vult scribere débet se primum de men' daciis emendare, » etc. Ibid., prolog., col. 534-535,

CRITIQUE ©ES 'DOCUMENTS. ^ ' xLV

Les, récits, d'origines diverses, contenus dans le second livre, sont loin d'avoir une égale valeur. On peut considérer comme vraie ou du moins vraisemblable l'histoire des difficultés de la fondation de Glairvaux. Mais bientôt on surprend l'auteur brodant à son insu; sur un fond très réel, des détails légendaires: Il élève à cinq, par exemple, le nombre dés apparitions d'Aleth à André, pendant qiie Ouillaume de Saint-Thierry ne signale qu'un seul cas dé ce genre. La famine racontée pat l'auteur de la FifaPnwa. prend également sous la plume de Jean l'Ermite des proportions exorbitantes. Encore un pas, et l'auteur s'égarera dans la légende pure. Tel est le caractère de son explication de l'origine du Salve Régina. Tel encore son récit de la résurrection d'un mort, miracle dont aucun dés biographes autorisés de saint Bernard n'avait fait mention. M. Hûffer a émis l'opinion (1) que Jean l'Ermite, en ce dernier cas, s'était inspiré d'un prodige semblable rapporté par Herbert dans le IMer mir.aculorum (2). S'il en était ainsi, on saisirait sur le fait le procédé du narrateur. Tout son travail aurait consisté à désigner les personnes et les lieux par des noms propres, afin d'assurer à son téinoignage un plus grand caractère de vraisemblance. Sur cette pente on irait très loin. Mais alors il est évident qu'on aurait entièrement abandonné le terrain.de l'histoire. ,;Pu resté, l'ouvrage de JeanrErmité ne parait pas avoir eu un grand retentissement. Le manuscrit de Glairvaux sur lequel Ghifflet a donné son édition en 1660, le seul que l'on connût, a disparu de la Bibliothèque de Troyes par les soins du fameux Libri, dont on sait la délicatesse,

(1) Bernard von Clairvawx, 1, 154, note 6.

(2) Ljb. III, cap. XII, ap. Migne, col. 1364.

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