CRITIQUE DES DOCUMENTS. XLIX
quième et sixième nous introduisent dans un autre ^ ordre d'idées : Télément moralisant y domine les faits; et les faits même sont recueillis de divers endroits, particulièrement des cloîtres allemands.
Par cette seule analj^se, on voit que l'ouvrage n'a pas été composé d'un seul trait. Nous ajouterons même qu'il n'a pas été rédigé tout entier en un même lieu. Les quatre premiers livres respirent Glairvaux. C'est évidem* ment là qu'ils furent écrits, sous l'empire des souvenirs qu'y avait laissés saint Bernard, et sous la dictée, en quelque sorte, de ceux que l'on appelait les /Sfemor-e*, les survivants de l'âge d'or du monastère. 'L'auteur; prend soin de nous dire qu'il fut lui-même un élève de Notre- Dame de Clàirvaux (1). Il connut Geoffroy, qui résigna ses fonctions abbatiales en 1165, et l'abbé Garnier, dont ' la prélature ne commence qu'en 1180. Au livre cinquième la scène change : nous sommes transportés à Éberbach. VExordium magnum y fut achevé, on ne saurait dire à quelle époque, mais sûrement sous le gouvernement de l'abb^ Théobald, c'est-à-dire entre l'année 1206 et l'année 1221.
A l'aide de ces indications, la critique est parvenue à ^ , préciser davantage encore l'origine de VExordium, Bar- Rossel et le docteur Georg Huffer ne doutent pjas que Conrad d'Éberbach n'en soit l'auteur. Un vieux manuscrit de Foigny, qui se trouve aujourd'hui à la biblio^ thèque municipale de Laon, sous le numéro 331, confirme leur opinion.
Il est également facile de retrouver les sources où l'auteur de VExordium magnum a puisé. Pour la rédaction
(1) Dist. I, cap. 10; VI, cap. 9.