L , INTRODUCTION
du premier livre, il s'est évidemment inspiré de VExordium parvum composé par le troisième abbé de Citeàux, JÈtienne Harding (1109-1133). On remarque en outre en différents endroits de l'ouvrage des emprunts faits soit à la Vita prima, soit au Planctus d'Odon de Morimond (1), sorte d'oraison funèbre de saint Bernard improvisée huit jours après sa mort, soit même aux écrits du fondateur -4e Glàirvaux. Mais la mine la plus importante exploitée par Conrad fut le Liber miraculorum. Presque la moitié de ses récits, en particulier les Distinctions II-IV, bret soixante-douze chapitres sur cent cinquante-sept, sont tirés du recueil d'Herbert.
<* En somme VFxordium magnum n'offre rien de bien original. Les dires que l'auteur a recueillis par voie orale sont en assez petit nombre et n'ont qu'une médiocre valeur historique. Conrad ne sait pas toujours distinguer centre le fait et la fantaisie, le naturel et le surnaturel. On dirait même qu'il est en quête d'événements extraordinaires. Le merveilleux l'attire. Rien d'étonnant par conséquent qu'il ait recueilli, pour les transmettre à la postérité, à côté des faits les plus authentiques, quelques récits empreints d'un caractère légendaire.
A l'époque où il écrivait, l'histoire inédite du Clairvaux primitif était, du reste, déjà difficile à démêler. Chose étrange, les. annales de ce monastère nous font à peu près défaut. On ne saurait dire, en effet, que le Ckronicon Claravallense, édité par Ghifflet, en tienne lieu. Cette chronique, rédigée fort tard, n'embrasse que l'espace de quarante-six années, de 1147 à 1192, et elle est,
(1) Hûffer {Bernard mn Clairvaux, 1, 13-26) a consacré une étude spéciale au Planctus d'Odon de Morimond.