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LE DOMAINE DE GUIRVAUX; UTILITÉ SOCIALE DE CE MONASTÈRE

Constitution du domaine.

On ne connaîtrait pas l'abbé de Clairvaux tout entier, si on ne considérait en lui' qu'un moine, uniquement préoccupé des choses du ciel. Les soucis matériels de la vie l'ont maintes fois distrait de la contemplation. Directeur d'âmes, il remplissait en même temps l'office de propriétaire foncier, de petit fermier. Rien de ce qui regarde l'agriculture ne lui fut étranger, surtout au début de son ministère abbatial. Et jusqu'à la fin de ses jours, on le vit se mêler, soit comme arbitre, soit comme intéressé, à des questions de fermage, de clôture, de restitution d'argent ou de bétail. Une de ses lettrés au comte de Champagne, Henri le Libéral, n'a pour objet qu'une affaire de porcs volés (1). Vers le même temps, il écrivait à l'archevêque de Rouen au sujet de quatre acres de terre que l'évêque de Bayeux venait d'accorder sur sa demande aux moines de Savigny (2). Une autre fois il intervient pour la délimitation d'une propriété et

(1) Ep. 279.

(2) Ep. 418.

la plantation d'une haie (1). Bref, il est visible que les choses d'agriculture et d'exploitation rurale n'ont rien qui déconcerte sa piété.

Pendant dix ans, la constitution de la propriété foncière: de son abbaye avait été sûrement l'un de ses plus grands soucis. On se rappelle que jusqu'à l'année 1125 les religieux avaient été incapables de tirer de leur domaine tout ce qu- il leur fallait pour subsister (2). Cet état de choses n'aurait pu durer indéfiniment sans amener la fermeture, du couvent. Glairvaux n'eût pas été alors la seule fondation réduite à cette extrémité. Bien d'autres monastères furent ainsi arrêtés dans leur développement et supprimés tout à coup, faute de dotation suflisante. Ce qui permit aux religieux de Glairvaux de traverser' victorieusement cette période embryonnaire, ce fut l'aus-térité de leur Règle et leurs habitudes de mortification et de sobriété.

Autant qu'on en peut juger par le CartulairedG Glairvaux, les donations foncières de la première heure furent rares. Et cette rareté s'explique aisément. Au moment où Bernard prit possession du val d'Absinthe, les prieurés établis dans le voisinage avaient déjà pratiqué une sorte '* de drainage dans tout le pays. Bien des donateurs généreux s'étaient dessaisis d'une partie de leur domaine, en faveur soit du prieuré de la Ferté, dépendant de Sàint-Oyan, soit du prieuré de Saint-Étienne de Vignory, soit de Sainte-Germaine près de Bar, soit de la Maison- Dieu dé Bar, soit du prieuré de Glémentinpré (3), qui

(1) Migne, t.. CLXXXII, p. 717-720; cf. ep, .375 et 419.

(2) Bern. Fiîa, Ub. I, cap. x, n° 49.

(3) Nous n'avons pu jusqu'à présent découvrir l'emplacement de ce prieuré. Il était sûrement voisin dé Glairvaux (Bern, ep.. 441 : au lieu de in Dementini praio, lire in Clementini ou Clementino prato;

formaieut autour de Glairvaux un cercle d'un rayon de quelques lieues seulement. L'abbaye de Cluny ellemême avait des possessions dans le finage d'Arconville (1). Les églises paroissiales constituées depuis longtemps réclamaient, en outre, des paysans et des propriétaires ruraux une redevance pour l'entretien du culte et la subsistance du clergé. Or, ces églises étaient au moins aussi nombreuses qu'aujourd'hui : autour de Glairvaux, Yilie, Juvencourt, Longchamp, Arconville, Champignol, Monteville même, étaient paroisses; et pour décrire un cercle plus étendu, en partant de la Ferté pour y revenir, Girfontaine, Maranville,^Rennepont, Baroville, Bergères, Urville, Vitry, Saint-Usage, Pontette^ Gunfin, Vilars-en-Âzois avaient pareillement chacune son curél De là. des dîmes relativement considérables, qui grevaient le sol de toute la contrée. Or, c'était aux propriétaires de ces villages que Bernard allait s'adresser pour constituer, au milieu même de leurs domaines, un domaine nouveau, particulier, indépendant.

Quelques-uns seulement comprirent d'a:bord l'avantage de cette institution. Bien que la charte de Hugues, comte de Troyes, soit apocryphe, nous croyons pouvoir compter parmi les premiers bienfaiteurs de Glairvaux le comte lui-même, Josbert de la Ferté, et Raynaud de Perrecin (2). La dotation de Geoffroy Félonie est plus dou-

Bern. Yita quarta, lib, II, n» 4). Il semble que ce prieuré relevait de Saint-Bénigne de Dijon (cf. Jobin, Saint Bernard et sa famille, p. 577), Eudes ou Odon, prieur de Clémenlinpré, est cité comme témoin dans les deux volumes du Cartulaire de Glairvaux {Cartx communes, I; Fraville, I, p. 123). Sur les chartes utilisées dans ce chapitre, cf. 1" édit., 1. 1, p. 495-6.

(1) Cartx Comm., t. I, p. 3.

(2) Les donations primitives de Josbert et de Raynaud sont inscrites au Cartulaire, Cartse communes, I.

teuse à cette date (1). Mais en revanche, la première charte inscrite parmi les Cartse communes nous fournit d'autres noms qui doivent incontestablement figurer (parmi les fondateurs de la nouvelle abbaye : Frédéric surnommé le Sauveur ou Serveux, Drogon le Gros, Hugues de Ville, Guy de Yignory, Guyard de Juvencourt et Ancher de Bar.

La charte de donation de Josbert le Roux, chevalier de la Ferté et vicomte de Dijon, servit de type à beaucoup d'autres (2). On y voit de quelle nature étaient les droits dont le nouveau monastère était nantii Prairies, terres de labour, droits de pâture dans les bois, droits de pêche dans l'Aube, droits d'usage dans la forêt pour bois à brûler ou bois à bâtir, droit de recueillir le miel, le gibier ou tout autre objet perdu, tels étaient les biens dont le parent de Bernard se dessaisissait en faveur de l'abbaye de Glairvaux sur le territoire de Perrecin, et tout cela d'une façon absolue, sans exiger un droit de terrage, de pâturage, ni aucune autre redevance semblable.

Plus voisines du monastère, ce semble, étaient les , terres dont Frédéric le Serveux, Drogon le GroSj Hugues de Ville et Guy de Vignory dotèrent la troisième fille de Giteaux (3). Peu à peu le domaine de Glairvaux: s'accrut

(1) Le nom de Geoffroy, dit Félonie ou Félenie, ne se trouve pas dans la charte de 1135 {Carias communes, I). ïl figure pour la première fois dans la charte générale de 1147 [Cartsù comm., il). On le retrouve dans une charte confirmée par l'évêque de Langres en 1172 {Grangia abbatix, XXVI). Puis il reparaît dans une charte de 1179 {Ultra Albam, XXÏI) et une autre de 1190 (ibid., XLVI); ce qui noua fait' penser qu'il ne fut pas un des donateurs de la première heure.

(2) « Girardus de Giburreio... et Evrardus de Vacua silva... dederunt... ad eum videlicet modum ad quem supra diximus Josbertum intra finagium Pelrecini contulisse, » lisons-nous dans Garf. Comm.,1.

{l) IbidAl s'agit ici du finagium Gannispaniœ (ailleurs Gundree Hispanise, Mgne, t. CLXXXV, p. 987) dont nous n'avons pu déterminer l'ëraplacementi

d'une partie de la forêt voisine et de quelques pièces de terres situées dans la vallée de l'Aube, entre Ville au sud et PerreCin au nord (1). En même temps et dès 112f, Adon, abbé de Saint-Oyan (2), Pons, abbé de Cluny (3), Joceran, évoque de Langres (4), afin de provoquer de nouvelles donations, renonçaient en faveur de la naissante abbaye aux droits qu'ils possédaient dans les villages de Saint-Usage (ou Saint-Eusèbe), d'Arcon ville, de GevroUes, etc. Plus tard, Reinier du Ghâtel et Anséric de Ghàcenay léguaient à Bernard leurs terres de Fraville et de Fontarce (5), appelées à devenir le centre de deux granges fort prospères. Nous arrivons ainsi à l'année 1135, qui, à l'occasion de la translation de l'abbaye, ouvrit pour Clairvaux une ère de véritable richesse foncière.

Il n'entre pas dans notre plan d'énumérer ici toutes les donations contenues dans les cBartes qirî plus tard, de 1135 à 1147 (6), époque d'une révision générale des actes de propriété de l'abbaye, ou même de 1147 à 1153 (7), date de la mort du fondateur, étendirent si pro-

(Ij Perrecin, village à cheval sur l'Aube, entre les forges actuelles de Clairvaùi et Bayel. 11 est aujourd'hui détruit. Sur le cadastré 4e Ville-sous-Laferté, figure encore une contrée sousle nom dé «Tont de Persin » (évidemment le Perréçin du douzième siècle). Une charte de 1189 [Grangia abbatix, XLV) semble indiquer qu'une grande partie de ce village appartenait dès lors à Clairvaux.

(2) Foniarcia, XXX; Gallia Christ.yïV, Inst., p. 15.

(3) La charte de Pons fut renouvelée par Pierre le Yénérable (F^ville, XX; cf. Cart. comm..l).

(4) Migne, t. CLXXXV, p. 977-979. Bernard obtint cette charte, en se présentant lui-môme au synode de Langres. Nous voyons, par une charte de Geoffroy {Grangia abbat., V), que J'évéque de Langres possédait des droits à Gevrolles.

(5) CartdB comm.f L

(6) A l'occasion de la croisade, Godefroid, évêque de Langres, revit et confirma toutes les chartes de Clairvaux.

(7) Nous ne connaissons: que quelques chartes de cette période. Charte de Henri comte de Troyes, datée de 1148, Migne, t. CLXXXV,

digieusement le domaine de Glairvaux. Qu'il nous suffise de faire observer qu'après s'être avancé jusqu'à l'Aube, puis, outre Aube, autour du Periset ou Perisel, ruisseau qui porte aujourd'hui le nom de saint Malachie, puis dans toute la vallée entre Juvencourt et l'Aujon, le monastère finit par prendre pied dans tous les villages environnants, Ville , Maranville , Longchamp , Perrecin , Bayel , Baroville, Arconville, Ghampignol, Monteville, Vitry, Saint- Eusèbe, Fontette, Gunfin.

Peut-on savoir quels motifs inspiraient les bienfaiteurs du monastère? Une charte laisse entendre qu'elle fut rédigée en vue de secourir les pauvres de Jésus-Christ. Quelques autres donations figurent au Cartulaire comme une dot que de nouveaux convertis apportaient à l'abbaye, en entrant au noviciat (1). L'intention d'entrer avec la communauté en union de prières est rarement formulée, mais elle est évidemment au fond de la pensée de tous les donateurs. Si le comte Thibaut, par exemple, confirme et amplifie les donations de son oncle, le comte Hugues, c'est, dit-il expressément, « pour le remède de son âme (2) et l'âme de ses prédécesseurs. » Ce sentiment de foi dominait tout le reste au moyen âge. Il faut y voir l,à; causé principale de là prospérité matérielle de Glairvaqx.j

Comme on l'a justement remarqué, « c'était pour Tab-

p. 1750; charte inédite de Henri fils de Thibaut IV, en date de 1150, Cotnit. Caw/?., IX, p., 136; charte inédite de Thibaut, de 1151, Comii. Campan., lîl, p. 134.

(1) « In finagio villee Guiardus de Juvencurt... partem alodii quam h&hebat pauperibus ClarevalUs liberam dédit » [Cart. comm., 1).

■-« Tescelinus de Mundivilla et Josbertus fllius e\m, venientes ad conversionejn in monasterio Clàrevallensi, dederunt eidem, » etc. {Fravilla, I).

(2) Comitum Campanile, I, p. 134.

baye un magnifique honneur que ces témoignages de la sympathie des peuples... Toutes ces donations sont faites entre vifs. Le donateur se dépouille immédiatement luimême. » Il le fait « du consentement de ses héritiers, dont la législation d'alors exige le concours pour la validité de l'acte (1). On peut encore compter dans le CartU" làire de Clairvaux ces suffrages que tant d'hommes, au prix du sacrifice de leur fortune présente ou à venir, donnèrent il y a sept siècles et demi » à une institution qui allait devenir si glorieuse... « Toutes les classes se mêlent dans cette longue suite de donateurs, souverains et barons féodaux, évêques et dignitaires ecclésiastiques, bourgeois, artisans, modestes laboureurs, » colons, serfs même ou hommes de corps, comme on disait alors ; « tous confondent leurs rangs pour venir porter au monastère de saint Bernard l'hommage de leur libéralité (2). »

Le domaine de Clairvaux, composé de la sorte et sans cesse agrandi, comprenait des prairies, des terres arables, des bois, des cours d'eau, des vergers et enfin des vignes. La culture de la vigne n'avait pas d'abord été très appréciée des fondateurs. Un moine nommé Chrétien, ayant planté des ceps sur un coteau voisin, Guy et Gérard, frères du saint abbé, en furent scandalisés. » Frère Chrétien, à quoi pensez-vous?lui dirent-ils. Vous oubliez, donc que, selon l'Écriture, le vin n'est pas pour les moines. » A quoi celui-ci répondit : « Vous êtes des frères spiri-

(1) D'Arbois de Jubainvllle, Les Abbayes cisterciennes, p. 287. Voir par exemple de quelle façon fut légalisée la donation de Josbert, parent de l'abbé de Clairvaux (Caria? co?»m., I).

[2) Abbayes cisterc, f\oc. cit. Une charte de 1226 (Foniama, XLIII, p. 179) mentionne des donations antérieures faites par des serfs; Evrard de Chacenay donne « pro remedio animse meœ et antecessorum meorum, quidquid ipsa (ecclesia Clarev.) acquisierat ab (h)ominibus meis de corpore ubique in ioto posse meo. »

. lueis et vous ne buvez pas de vin; mais moi je suis un pécheur et je veux en boire. » Cette réponse fit horreur à Gérard (1). Plus tard son sentiment devait être tout autre : en 1134, le cellérier de Glairvaux, devenu gros fermier, ne dédaignait plus la culture de la vigne (2).

On remarquera que, dans l'énumération des biens de l'abbaye, il n'est aucunement question d'églises paroissiales, de villages, de colons ou de serfs. C'est qu'une clause de leur premier règlement (3) interdit ces possessions à tous les monastères de l'Ordre. Par là les Cisterciens entendaient réagir contre les usages d'un grand nombre d'abbayes, particulièrement de Gluny, dont les abbés, maîtres de châteaux, de villages avec leurs paysans^ de serfs de l'un et l'autre sexe, comptaient parmi les plus grands seigneurs terriens de l'époque. Le système cluniste peut historiquement se défendre. Pierre le Vénérable, l'un des hommes les plus modérés de son temps, a essayé d'en démontrer la légitimité. « Personne n'ignore, dit-il, les traitements que les seigneurs laïques font subir |i leurs serfs des deux sexes. Non contents du service qui leur est dû, ils revendiquent sans pitié les biens et les personnes, les personnes et les biens. Outre le cens accoutumé, trois ou quatre fois par an et aussi souvent que le veut leur caprice, ils s'emparent de leur avoir, les accablent de charges insupportables et sans nombre. Aussi voit-on ces malheureux déserter le sol qui les a vus naître et s'enfuir au loin. Mais, chose plus

(1) Bernardi Vita quarta, lib. II, n» 10.

(2) Quand il s'agit de transférer l'abbaye plus à l'est, on mit en avant tous les avantages qu'on retirerait de cette nouvelle situation, par exemple : (c locum esse spatiosum... ad virgulta et vineas, » etc.

|En 1143, une charte du comte Thibaut a pour objet la. donation d'une iVigne près de Baroville (Comif. Cawipan., II). (S) Cap. xy, ap. Guignard, ilforiwwewfs, p. 71.

affreuse, on trafique de ces âir tées de son sang, et on les moines, exerçant la même au ment. Ils n'exigent des colon et dus; ils ne les fatiguent pa sent pas un joug excessif ; s'il ils viennent à leur secours. G( serviteurs, des serfs, mais d voilà pourquoi les moines po et à nieilieur titre, même qu mentation de Pierre le Véné sion laplus piquante et sa pli un proverbe qui eut cours au en France mais encore; en Ail sous la crosse (2). .» Néanmo d'égalité . naturelle se produisi cle sous une forme plus hai nettement jusque dans les ( émanant de la chancellerie ]

(1) Pet. Yen,, lib. I, ep. 28, ap. M remarquer qu'Abélard [Sermo de 572) souUent précisément la thèse o subjectos nostros exactiones gravioi chari tyrannide, quam sseculares Vénérable généralise trop, Abélarde:

Cf. Luchaire, Manuel des Institut.

bulle de 1114, le pape Pascal II prot ecclésiastiques sont improprement a| qu'ils soient assujettis aux mêmes ques » (Guérard, Cartul. de N.-D. à des seigneurs laïques, cf. Flach, Le.

Païis, 1886, I, 413-434 et passim.

(2) « Unter dem Krummstaben is diplom., I, 693.

(3) Cf. une charte de Louis le Jeu monarch., 2« éd., II, 134.

ERNARD. ~. - .i '?;

que Jésus-Christ a racheînd à prix d'argent. Les [•ité, en usent tout autreiue les services légitimes 'exactions, ne leur impoes voient dans le besoin, e sont pas pour eux des frères et des sœurs. Et ident aussi légiUmement es laïques (1). »)L'argu- »le a trouvé son exprèshaute confirmation dans )yen âge, non seulement lagne : « Il fait bon vivre I les idées de justice et nt déjà au douzième sièe, et oh les voit percer rtes d'affranchissement, aie (3). Est-ce une illu-

î, t. CLXXXIX,p. 146. Il est à mie Baptista, éd. Cousin, I, aire : « Quis ignoret in ipsos nos exercere et majori debacint potestates. » Si Pierre le re sûrement davantage encore.

Mf aises, p. 310-313. Dans une ait en principe « que les serfs ;s serfs et qu'il n'est pas juste iditions que les serfs des laïaris, I, 223). Sur les exactions i^ines de l'ancienne France,

t wohnen. » Gudenus, Codex

Le 1152, dans Luchaire, Instit .

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Vie de saint Bernard, V édition.

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