BULLE DE CLÉMENT VIII
relayant à l'occasion, pouvant se jeter sur an lit, s ils n'ont pas de suppléants. Une nuit sans assistance ne se peut admettre, ni même concevoir. La sagesse parle par la bouche apostolique : « Que s'il arrivait, continue Clément VIII, que, pour détruire des germes de divisions et de péchés que peut fane naître la faiblesse humaine, il fallût rapporter cette concession, alors les Pères seront absolument obligés de garder sain et sauf le but de leur Institut.» C'est affaire de prudence et de gouvernement ; une mesure, bonne en elle-même, peut devenir fâcheuse ou funeste dans certaines circonstances; il ne faut pas la refuser lorsqu'elle produit de bons résultats; il faut la restreindre ou la supprimer suivant qu'elle prête à des inconvénients plus ou moins sérieux. Dans ce dernier cas, les Ministres des infirmes devraient revenir sur une concession périlleuse ou funeste et se tenir à la visite des malades, telle qu'elle est définie par Grégoire XIV. — « Pour que le soin spirituel et corporel des malades soit constant. Nous voulons que, dans les traités avec les administrateurs de nos hôpitaux, nos Frères restent soumis à leurs supérieurs. » Unité de règle, unité de gouvernement; c'est la condition indispensable de tout ordre actif; la déférence à l'autorité est, pour tout ministère, la condition de succès. Clément A III réitère l'obligation des trois vœux, plus le quatrième pour le service des malades, vœux dont il explique l'économie, la profession, la réitération, la constance : « Pour augmenter la stabilité de l'Ordre, Nous défendons sous peine d'excommunication latse sc/itc/itiic, dont l'absolution est réservée au Saint- Siège, qu'aucun de nos Pères, par lui-même ou par d'autres, directement ou indirectement, reçoive le domaine des hôpitaux ou quelque autre droit, ou l'administration des impôts et des revenus; bien plus, autant qu'il est en eux, ils auront soin que des soucis de cette sorte et des préoccupations administratives ne soient jamais admis dans l'Institut, puisqu'ils ne doivent embrasser que le pur ministère des corps et des âmes.» — Que si des prêtres confesseurs se trouvent simultanément pressés d as-
sister les malades et d'entendre les confessions, l'administration du sacrement de pénitence devra être préférée. Mais ils devront revenir bientôt à leur fonction propre de Ministres des infirmes dont on détaille les charges avec soin, notant avec scrupule ce qui doit être laissé aux médecins, aux chirurgiens et aux employés mercenaires des hôpitaux. Pour les Pères et Frères attachés au service des malades, sur un mois, le quart du temps devra être réservé aux exercices spirituels et au repos du corps. Cependant, si quelque Père veut consacrer tout son mois aux malades, on pourra le lui permettre. Du reste, on pourra prendre les moyens de parer à ces extrémités. En ce qui regarde la pauvreté, il est établi que l'Ordre pourra posséder des biens et avoir des rentes perpétuelles , pour le maintien des noviciats et des infirmeries générales ; néanmoins les maisons professes vivront dans la sainte pauvreté. Quant au gouvernement, on supprime la perpétuité des charges et l'on établit que la charge de Général et celle de Consulteurs ne seront pas données pour la vie, mais pour six ans; cependant le Père Camille, en sa qualité de Fondateur, sera perpétuellement maintenu dans sa dignité de Général. Quant au gouvernement de 1 Institut, on règle le fonctionnement régulier des chapitres généraux, leur composition, le travail des arbitres chargés de déterminer les matières à mettre en délibération. Il est question également du recrutement des novices, de leur âge, de leurs épreuves, de leurs études. Enfin la bulle continue ainsi, douze pages durant, décidant en détail tous les points de bonne pratique avec cette précision, ce discernement, cette exactitude et cette autorité qui caractérisent l'Église romaine1.
Ce ne fut pas sans prières et sans travail que Camille obtint cet heureux succès. D'abord, dès le second jour de 1 année, il commença à faire les œuvres prescrites pour gagner le jubilé. A cette pieuse intention, il visita trente lois chacune des quatre églises de la station, Saint-Pierre,