BULLE DK CLÉMENT VIII
Saint-Paul, Saint-Jean de Latran et Sainte-Marie-Majeure, n Ctant arrêté ni par le mauvais temps, ni par les difficultés des rues que les pluies continuelles et les boues de l'hiver avaient rendues presque impraticables. Tout le inonde lut étonné de le voir, trois ou quatre lois par semaine, avec sa jambe malade, toujours à jeun, principalement pendant le Carême; ce qui augmentait encore la surprise, c'est que, au retour des stations, quelquefois après avoir monté à deux genoux la ScâlaSanta, exercice très pénible à cause de la plaie de sa jambe, il arrivait nécessairement tard à 1 hôpital du Samt-Esprit et y veillait la nuit entière auprès des malades. Dans ces courses, il se servait d'un bâton, quand la plaie de sa jambe lui causait de trop vives douleurs; il marchait par les rues avec tant de recueillement qu on l'aurait pris pour un novice, récemment entré en religion : il gardait le silence, récitait le saint rosaire ou parlait de choses spirituelles. Dans la nuit du samedi saint, il lit avec le Père Profeta une confession générale de toute sa vie, non sans verser d'abondantes larmes, et termina les trente stations le 2 avril, jour de la solennité de Pâques. Après avoir montré tant de zèle et de piété, il fut consolé par Notre-Seigneur; trois jours avant la fin del'année, il obtint la bulle susdite qui mit fin aux controverses de l'Ordre et aplanit les difficultés qui avaient tant affligé son cœur1.
Camille, voyant ses souhaits accomplis par cette bulle, se remit avec la plus grande ardeur à propager sou Ordre dans différentes villes, à recevoir des novices de toute région et a se charger d un grand nombre d'hôpitaux. Mais, parce qu'il serait trop long de raconter en détail la série de ses vovages et les innombrables fatierues causées par l'extension instantanée du service des hôpitaux, nous nous contenterons de quelques lignes. A la lin de mai L601, sur les instances du duc de Mantoue, Yincenzo I\ , et de Francesco Gonzaga, ëvêque de cette ville, il envoya