‹ Vie de Saint Camille de LellisChapitre 33 sur 49 · COUPS DU SERVITEUR DE DIEU · texte numérisé non relu

COUPS DU SERVITEUR DE DIEU

saint sacrifice de la messe. Ou y plaça le crucifix miraculeux qui parla au Père Camille et le consola clans ses tribulations. On peignit, à ses pieds, le serviteur de Dieu à genoux; à droite, l'archange saint Michel; à gauche, l'Ange gardien; le retable se termine en arc jusqu'à la voûte. On y représenta le mystère ineffable de l'auguste Trinité, et la bienheureuse Vierge offrant à son divin Fils le Père Camille ainsi que tous ses disciples. Le ciel est orné d'une multitude de chœurs d'anges. Sur les autres

compartiments de la voûte sont peints des apôtres, des vierges, des confesseurs disposés dans un ordre admirable et d'une fort belle exécution. Au-dessus de la porte, dans l'intérieur, on voit les fondateurs d'ordres.

Du côté de l'Evangile, contre la paroi, se trouve un fort beau tableau, où l'on a peint le Père Camille sur son lit de mort et le cardinal protecteur lui donnant en viatique le Pain mystérieux des anges. Du côté de l'Épitre, on voit un autre tableau de même dimension, où est représenté Camille agonisant , visité par François <le Castro, ambassadeur de Philippe III, roi d'Espagne. On visite avec vénération cette chapelle : c'est le lieu où le père des pauvres et des malades quitta cette terre d'exil, pour aller jouir des douceurs de la céleste patrie.

Onze ans après que ses restes furent confiés à la terre, tombait l'année jubilaire de 1.625, sous le pontificat d'Urbain VIII. On tint, à Rome, le septième chapitre général, où expira le généralat de Sanzio Ciccatelli, premier biographe du Saint, et où fut élu le Père Frediano Pieri. Les Pères assemblés furent d'avis d'exhumer et de visiter le corps de leur bien-aimé Fondateur. La nuit de l'Ascension, le 8 du mois de mai, on fît retirer le cercueil, et, quoiqu il eût été si longtemps sous terre, dans un endroit très humide, ce précieux dépôt fut trouvé sans altération ni lésion aucune, à l'exception du visage brûlé par le décalque du masque en plâtre. Du reste, le corps était intact, sain et entier : les poils de la barbe, des sourcils, des paupières et de la tète étaient conservés comme si on l'eût enterré le même jour. Les

(treilles, le nez, les lèvres, étaient sans raideur comme tout le reste du corps ; les gencives étaient rouges, les dents blanches, les ongles blancs, et la plaie de la jambe en fort bel état. Les bras obéissaient au mouvement qu'on leur imprimait, comme si Camille eût été vivant. L'aube, dont on l'avait revêtu, était en partie teinte d'un sang si vermeil, qu'il semblait avoir coulé depuis peu ; les vêtements de dessous étaient un peu détériorés. Le second jour, les médecins firent encore une large incision sous le sein gauche; il en sortit une matière liquide d une odeur suave, en si grande abondance qu'on put en imbiber plusieurs mouchoirs.

Quand le bruit de l'exhumation des restes mortels de Camille se répandit dans Rome, une foule innombrable de personnes de tous rangs accourut pour les voir et les vénérer; c étaient non seulement des hommes du peuple, des dames nobles, des princesses, mais encore des ambassadeurs, des prélats et des cardinaux de la sainte Eglise. Ce concours dura neuf jours. Ce fut surtout pour les religieux une consolation ineffable de revoir leur Père bien-aimé, leur doux maître, le glorieux Fondateur de leur Ordre. Cette exhumation, au surplus, u avait pas seulement pour but de satisfaire la dévotion des fidèles et la piété filiale des enfants de saint Camille ; on voulut encore, pour l'introduction de la cause devant la Congrégation des rites, faire la reconnaissance légale du corps du serviteur de Dieu. On le replaça ensuite dans un tombeau de briques orné de stuc et de sculptures. A 1 époque de la béatification, il fut transporté dans la magnifique chapelle récemment construite en son honneur; ses reliques s'y conservent dans une urne de marbre précieux, renfermées dans le tombeau d'un autel doré avec des ornementations en argent. Les pieux fidèles viennent en grand nombre vénérer le Saint, et des orâees continuelles sont obtenues de Dieu par son intercession.

A cette occasion, on détacha plusieurs reliques, actuellement dispersées dans tout l'univers; entre autres l'os ilr la jambe affligée pendant quarante-six ans, par une

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