VERTUS *DE FOI ET D'ESPERANCE 2'J
du Christ qui m'attirera miséricorde et me sauvera. » C était un de ses propos ordinaires, que « tout chrétien, it l'exemple de saint Hilarion, devait se rappeler de ses bonnes œuvres, seulement lorsqu'il se voyait agité par la tempête, tenté de faiblesse ou de désespoir; autrement il devait mettre toute son espérance dans l'infinie bonté de Dieu, ne présumer rien de lui-même, mais renvoyer au Seigneur tout honneur et toute gloire ». Ce qu'il recommandait aux autres, il le pratiquait pour lui-même avec grand fruit; bien qu'il lût souvent assailli par le démon, incliné a la méfiance, travaillé de craintes importunes, il ne se laissait jamais abattre; mais, dans les plus grandes angoisses, il restait plein de confiance en Dieu : et, se rappelant les promesses magnifiques faites à ceux qui visitent les malades, il se tranquillisait par cette espérance. Telle était sa confiance d'obtenir le salut avec le secours des promesses divines, que, le premier jour de carême, lorsqu'on prêchait le jugement, il avait coutume de dire à ses religieux : « Allons, mes Frères, entendre la récompense que Dieu a promise à ses bons Ministres des infirmes. » Du reste, il était tellement convaincu d'être le plus grand pécheur du monde, qu'il réputait miracle de la divine clémence d'avoir obtenu le pardon de ses péchés, avec réserve, comme trop doux châtiment, des peines du purgatoire. Tout ce qu'il disait, il le sentait vraiment dans son cœur, mais en tournant ses regrards vers le sang- précieux de Jésus-Christ, il renaissait à l'espérance ; il croyait impossible que la divine piété fût vaincue par la malice du plus vil scélérat ; pour lui, il attendait, du sang' de Jésus-Christ, son salut certain et son entrée immédiate au paradis. Dans ce sentiment, il était le bourreau de son corps, il le méprisait, il ne lui laissait de repos ni jour ni nuit Lorsqu'on l'exhortait à en avoir plus de soin, il répondait : « J'ai peu de souci des maux de mon corps ; quand le tabernacle terrestre sera rompu et brisé, j'en aurai acquis un autre, immortel et éternel. » De la même espérance en Dieu et dans son infinie miséricorde, procédait encore cette fermeté d'esprit et ce
courage héroïque avec lequel il résistait aux nombreuses et graves contrariétés qui l'assaillaient, surtout dans l'établissement de la Congrégation. Encouragé dans cette ferme espérance que Dieu l'avait secouru pour L'achèvement de l'œuvre qu'il avait commencée pour sa gloire, il la poursuivit avec une invincible persévérance, jusqu'il ce qu il la vît établie en perfection. Aussi, dans les occasions assez nombreuses au début, où il éprouva de très pressants besoins d'argent, il ne se montra ni épouvanté, ni troublé; il se contentait de recourir à l'oraison et n était jamais confondu : Dieu s'était, en quelque sorte, engagé à exaucer sa prière. Nous avons cité plusieurs exemples de pareils prodiges. A Rome, lorsqu'il manquait du nécessaire pour l'entretien de quarante religieux; dans la même ville, pendant la famine de 1591, lorsqu'il se voyait réduit à la dernière extrémité; plus tard, à Naples et dans d'autres villes, lorsqu'il dépouillait ses maisons pour assister les pauvres, il espérait toujours «que Dieu serait fidèle à ses promesses : « J'ai confiance, disait-il, que Dieu ne manquera pas d'aider ses serviteurs. » Une autre fois, voyant sa bourse vide, il ajoutait qu'il avait confiance en Dieu et qu'il allait prier pour que le Seigneur vint à son secours. En effet, un pieux laïque lui donna bientôt tout l'argent dont il avait besoin, et comme quelqu'un avait exprimé à cet égard quelque doute : « Une autre fois, lui dit-il, ayez un peu plus de foi et d'espérance en Dieu, et ne craignez plus qu'il laisse au dépourvu ses serviteurs. » — Nous pourrions citer d'autres faits (pu témoigneraient également de sa confiance en Dieu et de la fidélité de Dieu dans ses promesses d'assistance paternelle envers tous ses enfants.
Pour revenir à l'espérance de Camille en la vie éternelle, son sentiment était si ferme qu'il pensait toujours à la mort; se souciant peu ou point des dons et des promesses du monde, il tournait toutes ses pensées à la brièveté de la vie présente et à la perpétuité de l'autre vie. En conséquence, il ne mettait aucun espoir dans la faveur des grands, et ne perdait pas son temps à fréquen-