DE L'ILLUSTRATION
«nsstsss ' livre où est racontée une si touchante, une si S'-'f-XiJ, belle histoire, il convenait de donner une ï £pJS$ illustration digne de lui. C'est ce qu'on a tenté de faire, et l'on a même essayé ici d'un système nouveau, dont nous recommandons l'emploi à tous ceux (iui se préoccupent de mettre l'image au service de la Vérité. Rien ne semble plus logique, ni plus clair.
Les anciennes Vies de saint Camille étaient ornées d'un certain nombre de gravures, plus ou moins grossières, où Ton se proposait uniquement de reproduire les principaux traits de la biographie du Saint. Nous avons du, dans le livre nouveau, laisser quelque place à cette illustration spéciale, et de là ces quatre compositions que Ciappori a consacrées à la mission de ce grand
ami des pauvres. Mais ce n'est jmint la l'élément nouveau de notre œuvre : il est ailleurs.
A côté de cette illustration spéciale, nous avons réservé une place beaucoup plus large à une illustration générale, philosophique, théologique, et dont le plan mérite d'être mis en lumière.
Durant toutes les années qu'il a passées sur la terre en faisant le bien, saint Camille a été guidé par des principes, par une doctrine à laquelle il doit réellement tout le bien qu'il a fait. Ce sont ces principes, c'est cette doctrine, que nous avons voulu populariser par l'image. Une telle illustration, on le comprend, n'a rien de superficiel : elle va jusqu'au fond des choses et éclaire les profondeurs d'un sujet. Toutes les autres illustrations sont extérieures : celle-là est intime.
« Le péché avait éloigné de Dieu l'homme, que Jésus- Christ en rapproche » : tout est contenu en cette proposition substantielle qui sert de base à « l'imagerie » de ce livre. Pour en composer les éléments, on a fait appel à tous les génies, à toutes les écoles. Dans ses fresques immortelles de Samt-Gcrmain-des-Prés, Hippolvte Flandrin nous montre le premier Péché, qui sépare l'homme de son céleste Auteur; Giotto fait passer sous nos yeux les différentes formes du Vice qui perpétue cette épouvantable séparation, et Orcagna nous force d'assister avec lui au triomphe de cette Mort qui est la fille du Péché. Mais voici venir l'Expiateur, le Justificateur suprême; voici venir l'Eglise qu'il a créée pour être le trait d'union éternel entre l'humanité pécheresse et Dieu enfin apaisé. Raphaël, Giotto, les manuscrits et les autres monuments figurés du moyen âge, tout parle, tout chante ici la gloire de cette humanité réconciliée et cette victoire décisive de la bonté de notre Dieu. Les Œuvres de miséricorde, les Béatitudes, les Vœux de religion, tout se déroule sous
notre regard; nous voyons, nous comprenons tout. L'image triomphe.
A cette illustration d'ordre général on ne pourrait faire qu'un reproche : celui de nous éloigner un peu trop de
la figure de Saint Camille qui fait l'objet précis de notre ouvrage. Ce reproche n'est pas fondé, et chacune de ces images « théologiques » se rapporte, très directement, à un épisode de la vie de notre Saint. Cette représentation du Péché originel nous rappelle qu'il a consacré sa vie à combattre la Maladie qui est née du Péché; cet Orgueil, figuré sons l'aspect d'un roi, nous remet en mémoire ces belles paroles du saint Infirmier à ses malades : « Mes enfants, je suis votre esclave »; ce Pater, en images, il en a (ait mille fois répéter les divines paroles à ses pauvres agonisants; cette Eglise, à laquelle nous avons donné la forme d'une Orante des catacombes, il lui a soumis ses constitutions et sa règle; ce « Satan en furie », il s'est étudié à l'éloigner du chevet de ses chers mourants; ces Béatitudes, il les leur a prèchées, il les leur a montrées de son doigt qui se dirigeait sans cesse vers le ciel. On en peut dire autant de chacune des figures qui sont la parure de ce livre si profondément chrétien, et c'est ainsi que cette illustration n'est gênerait- qu'en apparence. Saint Camille y est partout présent, partout visible, partout vivant.
VIE DE SAIXT CAMILLE DE LELLIS
Saint Camille, réduit à la pauvreté, est force de travailler pour vivre. Page l
Saint Camille et sa dévotion au crucifix 39
Saint Camille distribuant des secours aux pauvres 52
Saint Camille assisté par les anges. Saint Philippe de Neri vit les anges suggérer à saint Camille les paroles par- lesquelles il exhortait les moribonds 6\
Ces quatre compositions sont de M. Ciappori.
Portrait de saint Camille, gravure exécutée d'après le masque du saint, conservé chez les RR. PP. Camilliens, à Rome. — Le costume de saint Camille est celui de l'Ordre, avec la croix rouge, signe distinctif concédé aux Camilliens parle pape Sixte-Quint, comme étant l'emblème de la charité qui s'immole. Les anciens
ordres hospitaliers, et presque tous ceux qui ont une mission de charité, portent une croix. « C'est cette croix, disait saint Camille dans sa requête au Pape, qui attendrira l'âme de mes religieux dans l'exercice de la charité, qui leur dira d'aimer jusqu'à la mort. <n même temps qu'elle sera la consolation des pauvres malades et le dernier objet sur lequel se fixeront les yeux voilés des agonisants. » Frontispice.