JEUNESSE DE FRANÇOIS
Purifié par Feau du baptême, fortifié par la grâce de FEsprit-Saint, François ressemblait à une jeune plante qui réclame les soins les plus attentifs. Il fallut de longs jours pour qu'elle vînt à fleurir, à porter des fruits et à remplir le monde de ses parfums. Pendant quelque temps même, il sembla qu'elle ne dût jamais arriver à la maturité de la perfection chrétienne et de la sainteté. Cette plante fut confiée aux soins de Pica et de Bernardone.
Pica était une femme de grande piété, de grande vertu (i) et d'une parfaite honnêteté (2). Elle nourrit et soigna Fenfant avec l'amour le plus tendre, et s'efforça d'écarter de lui tout ce qui aurait pu nuire à son corps et à son âme. Elle le considérait comme un gage de la bonté divine, comme un don du ciel, dont elle aurait à rendre compte un jour. Avec le lait maternel, elle lui communiqua le sens du bien et l'amour de la vertu, elle vécut à ses cotés en le gardant, le protégeant et priant
1. Très socii, édit. Pisaiir., c. i, 1 iippellt'nt : - Matrem honestissimam. »
•2. Cki.ano, Vita IL p. I, c. i : •■ Tolius lioncslatis arnica ciiioddam \ irtutis insigiu' prjeforebat iii niorihus. ■-
pour lui; elle tenait à élever François pour le ciel, et ne perdait pas de vue les paroles du mystérieux étranger lui recommandant de ne pas contribuer par sa propre faute au malheur de son fils.
Heureux l'enfant qui prend de bonne heure rhabitude du bien, et plus heureux s'il possède une mère qui le surveille avec sollicitude, surtout au moment où apparaissent les mauvais penchants. Pica reconnut et utilisa ce moment dans la vie de François ; elle posa ainsi le fondement de la vertu et de la sainteté futures de son fils.
Bernardone paraît s'être moins préoccupé de l'éducation familiale; toutes ses pensées allaient aux choses extérieures ; ses efforts, ses actions avaient pour but d'augmenter les richesses et l'éclat de sa famille. Placé à la tête d'une maison importante dont les relations commerciales s'étendaient au delà de l'Italie, favorisé par le ciel d'un héritier, Bernardone s'adonnait uniquement aux choses du temps, contrairement aux paroles du Sauveur ; « Ne vous amassez point de trésors sur la terre, où la rouille et les vers rongent, et où les voleurs fouillent et dérobent ; mais amassez-vous des trésors dans le ciel (i). »
Les années d'enfance du Saint noffrent rien de particulier ; du moins les historiens sont muets à cet égard. Encore jeune, il fréquenta