I. Cki.ano, Vita I. 1. 1. c. iv. m
l88 VIE DE SAINT FRAN.ÇOIS d' ASSISE
vint solliciter avec larmes la faveur d'entrer dans rOrdre. François le regardant avec sévérité lui dit : « Homme pervers et sensuel, vous ne craignez pas de mentir au Saint-Esprit et à moi ! Vous soupirez après la chair, votre cœur n'est pas avec Dieu. Retirez-vous, car vous ne comprenez pas ce qui est de l'Esprit. » A peine eut-il fini de parler que les parents du solliciteur arrivèrent pour le reprendre, même par la force, si c'était nécessaire; mais ils n'eurent pas à faire emploi delà violence, car ils emmenèrent sans difficulté leur fils, qui renonça pour toujours à se faire religieux (i).
Les Frères ne devaient repousser aucun candidat, riche ou pauvre, noble ou roturier, instruit ou ignorant, lorsqu'ils étaient convaincus de sa vocation. Ils devaient encore, en ce qui concernait les riches et les nobles, préférer la noblesse de Tesprit à celle de la naissance ; si le candidat réunissait en lui les deux noblesses, il convenait de Taccueillir avec joie, parce que Fexemple donné de haut est de plus grande influence, et que la noblesse d'esprit, quand elle existe réellement, donne aux sentiments une élévation qui porte aux grandes actions dans le service divin (2).
Bien que François tint les portes de son Ordre ouvertes en faveur des riches et des nobles, il était cependant très prudent pour leur admission. Pourquoi? Parce qu'il craignait pour