‹ Vie de Saint François d'AssiseChapitre 115 sur 239 · AVadding, Annal. Minor., ad ann. 1210, n · texte numérisé non relu

AVadding, Annal. Minor., ad ann. 1210, n

convient pas aux héritiers du ciel davoir honte du gage de l'héritage céleste. Oui, la pauvreté est notre héritage, que le Seigneur Jésus-Christ a acquis pour nous, et quil a laissé à nous et à tous ceux qui, à son exemple, veulent vivre dans la sainte pauvreté. En vérité, je vous le dis, beaucoup d'hommes, considérés dans le monde, entreront dans l'Ordre et regarderont comme un honneur et une grâce de pouvoir aller mendier. Vous, donc, qui êtes les premiersnés, réjouissez-vous et ne rougissez pas de faire ce que vous devez transmettre à ces saints futurs, allez à la quête avec pleine confiance, avec joie et avec la bénédiction de Dieu. »

Les premiers Frères-Mineurs, encouragés par de telles paroles, allaient joyeusement à la quête ; et ils s y adonnaient d'autant plus volontiers qu'à leur retour, leur Père les recevait toujours avec la plus grande tendresse. Ainsi, un jour qu'un Frère revenait content et en chantant, François s'approcha de lui, prit sa besace, le baisa sur l'épaule, se chargea luimême du fardeau, et dit à ses Frères : « Je veux que tous vaquent à la quête et reviennent, comme ce Frère, joyeux en rendant grâces à Dieu de ses bienfaits (i). »

S'apercevait-il que, malgré ses exhortations et ses exemples, quelqu'un rougissait encore de quêter, il allait plus loin , en paroles et en action : « Mes Frères, disait-il, Dieu a suscité les

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