CÉLANO, Vita I, L I, c. v, n
satisfaction. Ils se rencontraient avec plaisir et s'entretenaient avec cordialité. Chaque séparation leur paraissait pesante, dure et amère (i). »
Heureuse la vie dans une maison, dans une famille et surtout dans une communauté religieuse, lorsque l'amour en est Tâme! Hélas! pourquoi les hommes ne veulent-ils pas avoir le ciel sur la terre, alors qu'ils pourraient le posséder dans le pur et saint amour de Dieu et du prochain!
La mortification intérieure et extérieure, l'humilité, l'obéissance et l'amour unis à une paternelle autorité, telles étaient donc les choses qui guidaient François dans l'éducation de ses disciples. Était-il malaisé dans ces conditions de les façonner en peu de temps à toutes les vertus? Assurément non. Ils avançaient à grands pas dans la voie de la sainteté.
Dans la pauvreté, ils étaient les fidèles imitateurs de leur Père; ils ne possédaient rien, ne tenaient à rien et ne craignaient non plus aucune perte. Un seul habit, réparé au dedans et au dehors, une corde autour des reins leur suffisaient comme vêtement; ils ne se préoccupaient pas de leurs besoins temporels, pas même de ceux du lendemain. En voyage, un morceau de pain mendié et un misérable réduit constituaient leur nourriture et leur abri, même pendant les froids les plus rigoureux (2). Ils travaillaient aussi, mais plutôt pour les autres, et