Ibici
148 YIK DE SAINT FRANÇOIS d'aSSISE
en particulier pour leur permettre de servir et d'aider les malheureux lépreux, plutôt que pour gagner quelque chose pour eux-mêmes (i). Et parce qu'ils aimaient la pauvreté, ils aimaient aussi toutes les misères qui en sont inséparables : la raillerie, le mépris, les mauvais traitements, les coups et même les privations, la faim, la soif, la chaleur et le froid (2). Mais tout cela ne leur suffisait pas.
Dieu était tout pour eux; c'est avec lui qu'ils conversaient dans la prière. Venaient-ils à être accablés, dans cet exercice, par le sommeil, la paresse ou la négligence, ils faisaient tous leurs efforts pour se reprendre. Ils châtiaient alors leurs corps avec des instruments de pénit-ence, et, afin d'anéantir en eux tout penchant sensuel, ils se roulaient dans la neige et la glace et se flagellaient jusqu'au sang avec des épines. Ils expiaient par de longs jeûnes le moindre écart dans le manger et dans le boire. En un mot, par amour de Dieu, ils s'efforçaient de détruire entièrement en eux l'homme sensuel (3). Et ils apprenaient tout cela de leur Père. Quel que fut leur zèle, celui de François le surpassait; ils ne parvenaient à l'imiter que de loin et ils n'osaient pas le suivre. C'est en cela que le Saint se montre un habile éducateur.
De même que tous les saints, François était sévère pour lui-même et indulgent pour les